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De la Littérature, rien que de la Littérature


  • HAITI NOIR



    HAITI NOIR published by AKASHIC BOOKS and edited by award winner Haitian author
    Edwidge Danticats

    18 authors (Haitians and Americans) with brand new stories
    First Review on Haiti Noir by Kirkus/BPI

    Kirkus Reviews 2010 December #1
    A wide-ranging collection from the beloved but besieged Caribbean island.

    The 18 new stories, most by native Haitians, are introduced by Haitian-born National Book Award finalist Danticat. The editor/introducer does triple duty with "Claire of the Sea Light," which focuses on the sensuality of the island seen through a young girl's eyes. Each remaining tale has a different geographical setting. The opening and closing stories, Patrick Sylvain's "Odette" and Rodney Saint-??loi's "The Blue Hill," deal with the recent earthquake. The former follows a grandmother's movements shortly after the disaster; the latter gives the quake a more metaphoric dimension. Other highlights: "Paradise Inn," by Kettly Mars, begins with the hero, Gokal's new police chief, arriving at his new post on a dark, humid night. In Josaphat-Robert Large's "Rosanna," the heroine's excitement over an outing with her beloved aunt soon turns to fear. Izzy Goldstein, the hero of Mark Kurlansky's wry "The Leopard of Ti Morne," knows that inside his Jewish exterior is a Haitian soul and decides to live accordingly. "The Harem," by Ibi Aanu Zoboi, probes the MO of Jean-Robert, an incorrigible seducer known to his conquests as Robby.

    The 36th entry in Akashic's Noir series (which ranges from Bronx to Delhi to Twin Cities) is beautifully edited, with a spectrum of voices, stories grouped under three headings, maps that pinpoint story settings and pictures accopmanying the thumbnail author bios.

    Copyright Kirkus 2010 Kirkus/BPI Communications.All rights reserved.

    List of the authors:

    Danticat Edwidge, Gary Victor, Madison Smartt Bell, Rodney Saint-Eloi, M.J. Fievre, Mark Kurlansky, Kettly Mars, Evelyne Trouillot, Marvin Victor, Ibi Aanou Zoboi, Josaphat-Robert Large, Mary Lily Cerat, Louis-Philippe Dalembert, Katia D Ulysse, Nadine Pinede, Yanick Lahens, Marie Ketsia Theodore-Pharel, Patrick Sylvain.

  • THE ART OF PHOTO APPRECIATION

    Sunday April 25th, 2.00-4.00

    Brooklyn Public
    Library


    THE ART OF PHOTO APPRECIATION
    BEAUTY PRESERVE
    SOME CHERISHED ASPECTS OF HAITI
    WITH
    JOSAPHAT ROBERT LARGE
    WRITER PHOTOGRAPHER









    Brooklyn Public Library
    10 Grand Army Plaza
    Second Floor Meeting room
    718.230.2417

  • Écrivains haïtiens au Salon du livre de Québec



    Au salon du livre de Québec, l'espace haïtien (le kiosque de Mémoire d'encrier), est celui qui a accueilli le plus de visiteurs. Rappelons que Dany Laferrière qui signait son Tout bouge autour de moi, avait été élu, cette année, le Président d'honneur du Salon.
    La photo historique ci-dessus a été prise le 8 avril 2010. Y figurent:

    De gauche à droite:
    Josaphat-Robert Large, Rodney Saint-Éloi, James Noël, Dany Laferrière, Gary Klang, Emmelie Prophète, Evelyne Trouillot, Makenzy Orcel.

    Nouveautés :

    1- Tout bouge autour de moi de Dany Laferrière, Mémoire d'encrier, Canada, mars 2010
    2- Toute terre est prison de Gary Klang, Mémoire d'encrier, Canada, janvier 2010.

  • Commentaire sur l'article de Frank Laraque



    Commentaire de Lionel Martin sur l'article de Frank Laraque, autour du roman Partir sur un coursier de nuages de J-R Large

    31 mars 2010
    Professeur Franck Laraque

    Vos réflexions sur le roman de Josaphat Large: Partir sur un coursier de nuages* ont réveillé dans ma ma mémoire émoussée par de traumatisantes vicissitudes et les luttes stériles et quotidiennes; les nostalgiques souvenirs de mon enfance.
    Vos poignantes réminiscences puisées au fond d'un coeur meurtri par ce long voyage à travers le temps, vous ont conduit vers les rives du passé, vers vos rêves éteints, qui ne veulent pas mourir.
    "Partir c'est mourir un peu"a dit le poète. Mais, ce départ délibéré vers les régions oniriques, est une aventure spirituelle, un 'pèlerinage sentimental aux sources de l'amour et du bonheur.
    Les douloureuses évocations de notre tragique histoire, ont actualisé le combat insensé, cruel et inégal que nous avons mené contre les envahisseurs, les colons, les prédateurs, les faux patriotes, (et j'en passe).
    Dans les forges de l'épreuve, ce peuple s'est acquis cet irreductible caractère qui l'a rendu invulnérable à la souffrance et à la misère.
    Les anecdotes croustillantes: tel l'épisode de l'homélie improvisée de Paulémon (le fou) sur la chaire de l'église Saint Louis roi de France, pleine à craquer, au cours de la messe dominicale.
    Pour ceux qui ont assisté à cette scène hilarante et pour les profanes incrédules et sceptiques; les images sont superflues, incapables de rendre dans la réalité absolue les profondes répercussions de cet incident mémorable.
    Le souvenir est un poète
    N'en fait pas un historien

    Paul Géraldi
    Les envolées d'un lyrisme passionné qui décrivent de façon poétique les vents aux couleurs différentes qui guident les marins expérimentés sur la mer houleuse de l'existence.
    A, noir, E, blanc, I, rouge, U, vert, O, bleu: voyelles
    Je dirai quelque jour vos naissances latentes,
    A, noir corset velu de mouches éclatantes
    Qui bombinent autour de puanteurs cruelles...

    Arthur Rimbaud
    Vous avez brossé, dans ce bref exposé, un tableau ombré de lumières subtiles et de magiques réminiscences, qui éclairent, à la fois, la pensée de l'auteur de Partir sur un coursier de nuages et la maîtrise incomparable d'un écrivain chevroné, qui, en peu de mots a fait pénétrer dans les arcanes secrets et le symbolisme envoûtant de cet ouvrage nostalgique.

    Honneur et Respect !
    Comme dirait Hérard Jadotte.

    Lionel Martin
    * Ce roman avait été sélectionné par l'Association Tout-Monde d'Edouard Glissant pour le Prix Carbet 2008.

  • Sur le Roman Partir sur un coursier de nuages



    Partir sur un coursier de nuages (1)
    Roman de Josaphat-Robert Large
    Par Frank Laraque

    Le 8 mars 2010
    Cher Josaphat,

    Je tiens à donner suite à notre conversation qui s'épuisait de longueur au téléphone. Je n'ai pas la sotte prétention de te raconter ton propre roman, ni ne suis dans l'état d'esprit d'écrire une critique littéraire. Je désire simplement te dire la grande joie ressentie à la lecture de ton remarquable et exceptionnel Partir sur un coursier de nuages (2) et te communiquer mes vives impressions.
    Voici comment tout a commencé. Il y a trois jours, j’ai trouvé comme par hasard, sous une débordante paperasse qui ne se contente plus de mon bureau et envahit chambres, salon et salle-à-manger, Rete! Kote Lamèsi! et Partir sur un coursier de nuages que je comptais lire deux mois auparavant. Ancien écuyer et passionné d'équitation, j'ai été séduit par le titre du deuxième roman (malgré la mine pitoyable du cheval et sa misérable babouquette en première page de couverture). Je l’ai lu tout d'une traite, emporté par mon propre coursier de nuages qui a pris le mors aux dents. Mon beau cheval de bataille qui franchit les espaces sans peur des dangers. J'ai aussi éprouvé le désir, le besoin de me détacher des images déchirantes, déprimantes de la Télé projetant les corps pris sous les décombres, les amputations, les millions de sans-abri crevant de faim et de soif; la mauvaise foi, l'incompétence et le lucre manifestes des dirigeants déprédateurs; l'impuissance générale d’Haïtiens tant de l'intérieur que de la diaspora qui préfèrent la dénonciation à l'action d'ensemble salvatrice indispensable durant cette étape humanitaire. Tu m'as interpellé, exhorté à partir, moi aussi sur mon coursier de nuages, non pas une échappatoire mais un chevauchement historique et identitaire pour une reconscience de solidarité nationale. J'ai donc enfourché l'imaginaire, créateur de réalités. Un imaginaire confondant, sans les détruire, espaces, temps, lieux, sujets, personnages. Un voyage intersidéral chevauchant notre histoire avec ses envahisseurs et ses rebelles, ses esclavagistes de tout poil et ses héros, ses zombificateurs et ses zombis en quête du sel libérateur, ses intellectuels et artistes, fanatiques de l'art pour l'art, c'est-à-dire du statu quo, et ses intellectuels de la liberté prônant l'art comme arme de combat et de libération. Ainsi se déroule sous nos yeux, la conquête de notre île par les civilisateurs européens, les Espagnols qui ont commis le génocide d'une race, introduit l'esclavage, un système que les Français perfectionnent et codifient pendant des siècles.
    Ce déroulement n'oublie pas les résistants: Caonabo, Anacaona, caciqueHenri ( premier guerillero vainqueur de l'Amérique) , Mackandal, Boukman (premier protagoniste de la théologie de la libération, voodoo vs. esclavage) ; les fondateurs de l'indépendance ; Péralte (la résistance contre l'occupation américaine). La poésie se fait prose ou la prose poésie tout le long de l'ouvrage, sur terre et dans l'espace. La geste du petit soldat Pierre Sully est ainsi narrée:

    Les Américains revinrent en force avec leurs tanks, leurs bazookas et leurs mortiers.
    ...malgré la pluie des balles de tous calibres qui perforaient les murs, le petit Sully, le petit
    soldat resta à son poste. Le fusil à la main, sans galons, sans dentelles sur les épaules, il fit changer les couleurs de la face de l'espoir, il fit mettre le bleu à la place du jaune, accrocher le vert d'un fond de mer aux cimes des lampadaires. Il tirait malgré ses blessures, il tirait alors même qu'il perdait le souffle; le doigt sur la gachette, il rêvait qu'il transplantait des arbres sur les étoiles. Non seulement il venait de combattre un ennemi qu'on disait invincible, mais aussi la peur, l a lâcheté et le déshonneur. Et c'est sur son cadavre qu'on passa pour pénétrer à l'intérieur de l’ arsenal et prendre possession des lieux.

    Il en est de même pour Charlemagne Péralte quand le surnaturel auréole la réalité pour convertir l'héroïsme en légende.

    Charlemagne Péralte s'était échappé, comme un petit poisson entre les roches d'une rivière.
    Il était parti, disait-on, sur un cheval de nuages, pour un voyage vers
    le sud du pays. On arrivait pas non plus à retrouver son balai."
    Le balai, il l'utilise pour, comme les sorcières, crever les plus
    grands espaces et se retrouver face à l'occupant américain, le balai
    cette fois converti en fusil.


    Tu appelles notre attention sur des personnages humains coiffés d'un plus grand surnaturel: Gabéllus, Cyparis; sur des personnages de différentes sortes: le miroir, les éléments de la nature comme les vents, le volcan du Mont Pelée. Jetons un coup d'oeil sur chacun d'eux. Gabéllus est à la fois, allumeur de la lune, marabout devin, médecin d'âme. Il avait prédit l'éruption du volcan du Mont Pelée du 6 mai 1902 mais personne n'en a tenu compte. Il a le même jour quitté la Martinique pour regagner sa demeure au village des Roseaux où il a retrouvé ses femmes et ses enfants abandonnés pendant dix ans. Personne n’a su comment. Guérisseur, houngan apprécié, il n'a pas tardé à se faire une clientèle et une grande popularité. Il se considère pourtant un philosophe qui ne discerne pas le réel du rêve, l'habitant d'un îlot qui glisse sur le temps. Le théoricien du concept de la couleur des vents.

    Cyparis, dont l’orthographe se rapproche de Cyparisse qui dans la mythologie grecque était un favori du dieu Apollon. Celui-ci l’a métamorphosé en cyprès. Cyparis ressemble plutôt à Jacques Roumain qui dans son Prélude de Bois-d’ébène s’identifie aux damnés de toutes les races et de toutes les époques .
    Cyparis se multiplie, lui aussi, dans le temps et des lieux fort distants pour exprimer l’unité de la souffrance des exploités où qu’ils soient. Il confie que flibustier à l’époque de la conquête de l’île par les Espagnols, il a perdu un oeil au cours d’une échauffourée, a été soldat de Toussaint Louverture contre l’armée d’invasion française. Fusillé, jeté à la mer, son corps que les requins ont bouffé et rejeté à la Martinique y a revécu jusqu’à l’éruption du volcan du Mont Pelée. Il en est sorti indemne mais sa femme et ses enfants ont été carbonisés. Il a coupé la canne-à-sucre dans les bateys de Cuba, du vivant de José Marti. Il a été manchot à Camaguey . Voyageur impénitent , il est revenu dans son pays, son « cadavre ne saurait supporter le poids d ’une autre terre. »

    IL s’assimile à l’auteur en avouant que son ancêtre est un Français, de la Chassaigne devenu Chassagne par déformations syllabiques et se veut le Gabellus des temps modernes. Gabellus, Cyparis(le narrateur), l’auteur ne font-ils qu’un ?

    Le miroir, dont l’auteur signale le rôle dans la construction du roman, a suscité la curiosité de scientistes et d’écrivains. Archimède, l’illustre savant né à Syracuse en l’an 287 avant Jésus-Christ, disait qu’avec un levier(ou point d’appui) il pourrait soulever le monde. On a affirmé qu’à l’aide de miroirs ardents, il arrivait à enflammer les navires romains qui attaquaient sa ville natale. Ce qui, à l’encontre de ses autres expériences scientifiques, n’a jamais pu être prouvé. Lewis Carroll, pseudonyme de Charles Ludwig Dodgson mathématicien anglais (1332-1898), dans deux livres célèbres a introduit le rêve et le miroir dans la littérature enfantine de son époque .Dans le premier, Alice in Wonderland (1865) (Alice au pays des merveilles) la rêverie de la petite Alice sans but précis lui montre les merveilles du monde . Dans le second, Through the Looking-Glass, and What Alice Found There(1872) ( Ce qu’Alice trouva de l’autre côté du miroir et plus simplement : De l’autre côté du miroir) curieuse, elle veut dans son rêve, découvrir un autre monde, celui qui qui se cache derrière le monde inversé du miroir. C’est l’apparition de l’imaginaire qui dépasse désormais le cadre de la littérature enfantine.
    Dans ton ouvrage, tu fais rire, pleurer ton miroir qui se brise en miettes que tu restitueras pour offrir le troisième tome de ta trilogie et pour te citer « qui fera aussi son apparition dans quelques morceaux de mon miroir brisé. »

    Les vents , car selon Gabellus, il n’ y a pas qu’un vent. Sans connaître Baudelaire et Rimbaud, il a intuitivement découvert les correspondances. Les vents, selon lui, se différencient par leurs couleurs. Le vent bleu zigzague ; le vent vert souffle droit et ne reste pas immobile ; le vent jaune circule en roue libre avec les saccades de ses petites brises ; le vent des cyclones est orange vif ou rouge. Le marin expérimenté connaît ces différences ; cette connaissance influence ses décisions et peut être utile à tous.

    Le volcan du Mont Pelée qui dans la réalité a éclaté en Martinique et dans l’imaginaire également à Port-au-Prince préfigure le tremblement de terre du 12 janvier 2010 . Bien que de nature différente, leurs effets dévastateurs sont pareils. On s’en rend bien compte en lisant les rapports sur ces deux catastrophes.

    Au cœur de ces séismes humains ou naturels se noue le drame d’Auguste Cadet amoureux de deux femmes, deux sœurs Gisèle et Monique, qu’il a épousées, la cadette lorsqu’il a cru l’ainée morte. Un véritable nœud gordien que rien ne peut trancher. Ni l’idée, ni une tentative de suicide. La situation d’un homme amoureux de deux femmes ou d’une femme amoureuse de deux hommes, n’est pas une exception mais évidemment une cruelle tragédie pour les trois, surtout dans une société où la bigamie est interdite. Très souvent, l’amour-destinée butant sur l’amour-passion.

    Ces personnages qui peuvent paraître singuliers à plus d’un sont pourtant familiers à nous autres, Jérémiens. Nous avons connu Antoine lan Gomier au don de voyance ou entendu parler de lui, connu le médecin et professeur au Lycée Nord-Alexis, qui a épousé deux sœurs mais l’ainée était bien morte. Nous avons côtoyé nos fous ou habitués d’un autre monde : Dodo filée parce qu’elle se couvrait de fils et de rubans de toutes les couleurs. Timojèn, grand et efflanqué, qui armé de son bâton noueux, nous poursuivait pour nous rosser lorsqu’en essayant de se cacher, on lui criait : Timojèn vòlò bosou. Je n’oublie pas Paulémon, un bonhomme court et trapu, toujours vêtu d’une sorte de redingote aux larges boutons qui s’ouvrait sur un ventre plantureux à force d’absorber des crapauds agrémentés de varech de mer. A notre grande surprise, un jour à la grand’messe du dimanche à l’église Saint- Louis , roi de France, Paulémon s’est amené, majestueux, cérémonieux. Tout de suite après le sermon du père Fourquet, vieux curé breton irascible et craint, Paulémon a gravi les marches de la chaire. Voici notre Paulémon, orateur éloquent, parlant latin. Son sermon qui n’était pas plus incompréhensible que celui du père Fourquet et pour nous, gosses, beaucoup plus plaisant n’a pas duré longtemps. Des fidèles outrés n’avaient pas tardé à déloger Paulémon de sa tribune, fier de son haut fait.

    Ces propos , je te les offre pour célébrer avec toi, parents et copains le troisième anniversaire du départ de mon frère Paul le 8 mars 2007. Vivant, il aurait pleuré avec nous et dressé haut, une fois de plus, l’étendard de l’Amour, de la Liberté et de la Révolution. Abrazo.

    Franck Laraque

    (1) Cet article a paru dans le journal Haïti Liberté Vol 3 #35, du 17 au 23 mars 2010
    (2) A noter que ce roman avait été sélectionné par l'Association Tout-Monde, pour le Prix Carbet 2008

    Appréciation favorable d'Eddy Cavé

    A verser dans un florilège

    Comme « le vent du Nord, le vent des naufrages, [qui] apporte sur la plage une perle au pêcheur », la mort de Kalisia m'a apporté avec la volumineuse correspondance engendrée par mon témoignage du 26 mars, un vrai petit bijou ciselé deux semaines plus tôt par le grand intellectuel jérémien Franck Laraque. La lettre à Josaphat Large, notre Bobisson, est un vrai modèle du genre, avec, pour attribut particulier, ce que je me suis permis d'appeler « la sensibilité jérémienne».

    Cette lettre sommeillait encore dans la corbeille de mes messages à lire quand, après avoir lu la page sur Kalisia, mon ami Serge Pierre m'a téléphoné pour me parler du passage où Franck Laraque où il est question de Polémon. Je ne lui ai pas caché mon embarras et, tenant d'une main le combiné, j'ai parcouru de l'autre ma boîte de réception. C'est ainsi que j'ai pris lecture de ce joyau digne de figurer dans n'importe quelle anthologie de critique littéraire ou du genre épistolaire. Ce texte avait été distribué aux amis jérémiens le 8 mars par mon ami Carlier Guillard qui, de New York, veille patiemment et méthodiquement à nous tenir au fait des belles choses que font nos peyisan.

    Je préciserai, à l'intention des non-Jérémiens que Polémon, alias Ti-Ka, est l'un des cinq personnages classés comme les plus aimés de mon livre De Mémoire de Jérémien, qui contient près de 200 photos. Toujours vêtu de haillons, déambulant sans but précis dans les rues de la ville, Polémon n'était pas à proprement parler un pòv. C'était un ancien séminariste qui avait perdu la raison et qui deviendra au fil des ans une sorte de monument de la mémoire collective jérémienne. Comme la folle Konstans Men La Kwa, Loui Fannal, Dodo Filé, dont les parents nés au début de XXe siècle contaient souvent les exploits...

    Je saisis l'occasion pour attirer l'attention de tous et de toutes sur le site Web de Bobisson, devenu avec la célébrité Josaphat Large. Vous n'avez qu'à écrire ce nom dans Google et le moteur de recherche vous amène tout droit, sans passer par Quatre Chemins, chez Madan Laj, où Bobisson tient son blog.

    Bonne lecture!

    Eddy

  • Lancement de POUR HAITI


    Photo:Anne-Marie Jacquemin

    Suzanne Dracius présente POUR HAITI au Salon du Livre de Paris
    Dimanche 28 mars 2010 de 17h à 18h - stand E 72 - E 82
    samedi 13 mars 2010

    Pour Haïti sera présenté au Salon du Livre de Paris
    dans l’espace rencontres « Terres d’Océan », au stand E 72/E82 du Ministère chargé de l’Outre-mer
    le dimanche 28 mars 2010 de 17h à 18h, par Suzanne DRACIUS, coordinatrice et coauteure de l’ouvrage collectif POUR HAITI, anthologie d’inédits de 130 auteurs en prose et en poésie.
    Rencontre animée par Guy REGISTE, journaliste à Radio France, en présence de plusieurs des 130 coauteurs ; lectures et signatures. 130 mains, en un tournemain, jointes en coup de main POUR HAÏTI : beaucoup de mains allègent la charge (proverbe haïtien) !

    Les plus grands noms de la poésie contemporaine :

    Abdelatif Laâbi (Prix Goncourt de poésie 2010), Juan Gelman (Prix Cervantes 2007), Tahar Bekri, Suzanne Dracius (Prix Fetkann), Jack Hirschman (Poète officiel de San Francisco), Denise Bernhardt (de l’Association des poètes français), Ernest Pépin, Daniel Maximin, Hervé Le Moigne, Bruno Doucet, Yvon Le Menn, Benoit Coppée, Claudine Bertrand, Francis Combes...et une centaine d’autres.

    Parmi les poètes haïtiens :

    René Depestre, Jean Metellus, Gary Klang, Joël Des Rosiers, Maggie De Coster, Josaphat-Robert Large, Denize Lauture, Fred Edson Lafortune.

    Les recettes iront à Bibliothèque sans Frontières, pour la reconstruction des bibliothèques et librairies en Haïti.

    Prix de l’ouvrage : 30 dollars

    Pour placer une commande, contacter :

    info@desnel.com

  • SOS POUR LA GRAND'ANSE



    Par Eddy Cavé

    S.O.S. POUR LA GRAND’ANSE

    Le retour des Grand’Anselais dans leurs patelins a commencé dans la générosité. Il doit se poursuivre dans la solidarité.

    Eddy Cavé,
    Ottawa, ce mercredi 20 janvier 2010

    Je viens de recevoir du poète Josaphat (Bobisson) Large l’instantané ci-dessus illustrant un moment crucial de l’exode massif des Jérémiens vers leur ville après le séisme du 12 janvier. Voilà déjà quatre ou cinq jours que j’ai appris que Roger Rouzier, un autre ami d’enfance, avait mis son traversier, le Trois Rivières, à la disposition des Jérémiens résidant à la capitale détruite pour les ramener gratuitement dans leur ville natale. De toute évidence, l’aide offerte s’adressait à tous les Grand’Anselais, sans considération du lieu de destination finale : Marfranc, Moron, Corail, Pestel, Roseaux, Dame-Marie, Anse d’Hainault, Bonbon, Abricots, etc.

    De son côté, l’entrepreneur Eddy René, de qui je disais récemment dans mon livre De mémoire de Jérémien tout le bien que je pense, a mis deux camions de la flotte Dieu qui décide à la disposition des sinistrés rapatriés au quai de Jérémie. Ce service, gratuit également, servait à ramener les rescapés à leur destination finale dans la Grand’Anse. Je n’ai pas encore entendu parler de Brunel Pierre, mais je suis convaincu qu’il est partie prenante à toute opération d’accueil et de relocalisation des Jérémiens.

    Ces premiers actes de générosité passés et les réserves de carburant épuisées, la population de Jérémie a pris la relève en venant directement en aide aux rapatriés. Les prochains gestes de solidarité devront venir de notre diaspora.

    Dans l’intervalle, les premiers contingents sont arrivés, mais l’exode continue, et les besoins se multiplient. Riquet Dorimain, ex-directeur du collège Saint-Louis, m’a transmis le SOS du comité local mis sur pied pour accueillir les rescapés, soigner les blessés, aider, nourrir, assister et ramener les uns et les autres dans leurs foyers.

    Engagé jusqu’au cou dans les activités de collecte de fonds entreprises par divers organismes de la région de la capitale nationale, à Ottawa, je n’ai personnellement pas pu m’impliquer jusqu’ici comme je l’aurais souhaité dans une activité d’envergure focalisée sur Jérémie. (Si Jean-Max Beauchamps était encore là!) La deuxième activité d’envergure à l’organisation de laquelle je participe aura lieu le 30 janvier, et je pourrai dès la semaine suivante m’embarquer dans une opération sérieuse et transparente d’aide à la Grand’Anse.

    Dans l’intervalle, je lance un appel désespéré à tous les Grand’Anselais du Canada, en particulier de Montréal et d’Ottawa, pour qu’ils se mettent en branle afin de (deux pour de suite) venir en aide aux rescapés de leur région. Une fois que je me serai libéré de mes engagements actuels, j’ajouterai mes efforts aux leurs pour contribuer dans toute la mesure du possible à la réalisation des projets entrepris.

    Pour l’instant, je tiens à souligner une chose d’une importance capitale. Le SOS lancé pour Jérémie n’est en rien une manifestation d’un régionalisme de mauvais aloi ni d’une forme d’égoïsme quelconque. En aidant à rapatrier les dizaines ou les centaines de milliers de Jérémiens et autres Grand’Anselais vivant à la capitale, nous aiderons sans aucun doute ces personnes. Mais tout aussi importante est la contribution que, ce faisant, nous apporterons au pays sur les plans du désengorgement de la capitale et de l’atténuation des tâches incombant aux donneurs d’aide et aux équipes de secouristes.

    En souhaitant que cet appel soit entendu et que les mobilisations nécessaires commencent tout de suite, je formule le vœu que cette épreuve soit l’occasion d’une prise de conscience nationale. Qu’elle aide le pays à se ressaisir pour renaître de ses cendres. Que nos compatriotes, sans distinction de classe, de fortune, de couleur, de religion, de niveau d’instruction, réapprennent à s’aimer, à vivre dans l’harmonie et à pratiquer les vertus du partage, du pardon et de l’abnégation dans lesquelles nous avons grandi.

    Que Dieu nous bénisse

  • Des Jérémiens lancent un appel!


    Exode vers la Grand Anse sur le bateau 3 Rivières

    Nouvelles de Jérémie
    De Johel Dominique
    Professeur/Avocat/Consultant en
    Droit et en Relations internationales
    Mèt Johel Dominique
    Pwofesè/Avoka/Konsiltan an
    Dwa ak Relasyon Entènasyonal
    Sitwayen Ayisyen nan Lavil Jeremi
    Delege Gwoup Inisyativ la

    Tel : 34 60 58 55
    36 81 09 34

    Bonjour, Bonsoir,

    Ce dimanche 16 janvier 2010, le bateau trois Rivières est rentré à Jérémie avec sa cargaison de plus de 1500 de nos compatriotes grand-anselais en provenance de Port-au-Prince. Ils ont été transportés gracieusement par Monsieur Roger Rouzier.

    Pour le moment les camions les acheminent les rescapés vers leurs communes respectives. Plusieurs dizaines de blessés reçoivent actuellement des soins à l’Hôpital Saint Antoine de Jérémie. Tous les médecins et infirmiers ont été réquisitionnés. Les médecins cubains sont venus en renfort. Le personnel médical de la MINUSTAH est disponible en cas d’ultime nécessité.

    Un rapport devra être acheminé incessamment sur la levée de fonds à Jérémie. Pour le moment les chiffres dont nous disposons font état pour les deux jours de la levée de fond à Jérémie de 68298,50 gourdes collectées et de 53 380 gourdes dépensées, soit une balance de 15 918,50.

    Or, nous avons besoin :

    - D’approvisionner le bateau Trois Rivières de carburant pour ses prochains voyages

    - De nous procurer du carburant pour acheminer les rescapés vers leurs familles

    - D’alimenter le Centre d’hébergement en nourriture et en eau ;

    - De couvrir plusieurs autres dépenses que nécessite cette opération de secours.

    Pour ce qui concerne le support de la diaspora, nous avons jusqu’ici, les promesses suivantes :

    - 100 $ de Francis Hilaire

    - 50 $ de Jean Richard Joseph

    - 200 $ de Marc Arthur Jean Louis

    - 5000 Gdes de François Chavenet

    Nous avons plusieurs autres promesses !, notamment de

    - Gaetjeens Louis

    - Kettlie Louis

    - Jomanas Eustache

    Pour le moment nous pensons qu’il est important pour nous d’agir au plus vite. A Port-au-Prince l’aide abonde et ne parvient pas aux victimes en raison notamment des difficultés d’accès. Notre but est de permettre aux grand-anselais en difficulté de retourner dans leurs communes.

    Toutes les institutions et associations de la ville continuent à travailler en parfaite symbiose pour accueillir les sinistrés.

    Le comité réitère auprès de vous la même demande de support en faveur des sinistrés. Ceux qui sont à l’étranger, prenez l’attache de Marc Arthur Jean-Louis, de Grégoire Accluche…

    IL NOUS FAUT AGIR VITE ! C’EST UN DEVOIR DE CITOYEN !

  • Étonnats Voyageurs en Haïti


    La première décennie du nouveau millénaire arrive au bout de sa carrière. 2010, déjà ! Fort heureusement, dans certains domaines en Haïti, on continue d’obtenir de beaux résultats. En tête de liste : La littérature ! Faut-il le rappeler, durant les années 2008 et 2009, des écrivains haïtiens ont lancé une offensive littéraire dont les retombées ne cessent de se propager. Le linguiste et critique Hugues Saint-Fort a même parlé de l’âge d’or de la Littérature haïtienne, et les faits semblent approuver sa clairvoyance. Ils sont nombreux, les romanciers qui reviennent au pays avec des Prix littéraires (et pas des moindres) dans leurs bagages. En plus, c’est sur cette île où s’épanouit une si merveilleuse littérature que les Étonnants-Voyageurs vont organiser leur première rencontre de 2010. Ils seront à leur deuxième Festival dans la capitale haïtienne. La première fois, c’était en décembre 2007.
    Du 14 au 17 janvier, près de cinquante auteurs se réuniront à Port-au-Prince pour parler de leurs dernières productions et de leurs œuvres en général. Ils visiteront des écoles, iront dans certaines provinces, organiseront des débats, feront des lectures de textes et donneront peut-être des conférences. De quoi nourrir de beauté un public si fier déjà de sa belle littérature.

    Voici la liste des participants :

    Anglade Georges, (Haïti/Québec): Chronique d’une espérance ; L’Hebdo de Georges Anglade (2007-2008, L'Imprimeur II, PAP 2008.
    Auguste Bonel (Haïti) : Poèmes (Nouvelle Revue française 576, janvier 2006)
    Augustin Garry (Haïti) : Terre brûlée (Éditions Mémoire, Port-au-Prince, 2004)
    Barberry Muriel (France) : L’élégance du hérisson (Gallimard, 2006)
    Batraville, Dominique (Haïti) : Le récitant zen (Rivarticollection, New York, 2006)
    Bramli Serge (France) : Le premier principe. Le second principe (J-C Lattès 2008)
    Castera Georges (Haïti) : Le trou du souffleur (Caractères 2006)
    Cavé Syto (Haïti) : Van Cortland Court (RivartiCollection, New York 20040
    Charles Christophe J. Philippe (Haïti) : Je vous salue déesse, (2006)
    Couder Régis (France) : L'acheteur de temps, (l'Une et l'Autre, 2008)
    Dalembert Louis-Philippe (Haïti/France): Le roman de Cuba, (Éditions de Rocher 2009)
    Darras Jacques (France) : Samuel Taylor Coleridge, La ballade du Vieux Marin (Poésie/Gallimard, 2008)
    Devi Ananda (Ile Maurice) : Le sari vert (Gallimars 2009)
    Dickner Nicolas (Canada) : Tarmac (Alto, Québec, 2009)
    Djian Jean-Michel (France) : Rêver le Français (2008, 3x52’, Grenade Productions), Vincennes : Une aventure de la pensée critique (Flammarion, 2009)
    Efoui Kossi (Togo) : Solo d’un revenant (Seuil, 2008)
    Ejèn Manno (Haïti/Québec) : Aganmafwezay (Edisyon Près Nasyonal d’Ayiti, 2008)
    Franketienne (Haïti) : La Diluvienne (Port-au-Prince : Spirale 2006)
    Harris Eddy (États-Unis) : Paris en noir et black (Liana-Levi, 2009)
    Joris Lieve (Belgique) : Les hauts-plateaux (Actes Sud, 2009)
    Kanor Fabienne (France) : Anticorps (Gallimard, 2010)
    Kauss Saint-John (Haïti/Québec) : Poèmes exemplaires (Éditions Joseph Ouaknine, Montreuil, 2007)
    Laferrière Dany (Haïti/Québec) ; L'énigme du retour (Grasset 2009)
    Lahens Yanick (Haïti) : La couleur de l’aube (Éditions Sabine Wespieser, 2008)
    Large Josaphat-Robert (Haïti/États-Unis) : Partir sur un coursier de nuages (l'Harmarratn 2008)
    Lebris Michel (France) : Nous ne sommes pas d’ici (Grasset, 2009)
    Mabanckou Alain (Congo) : Black Bazar (Seuil, 2009)
    Mathurin Rodolphe (Haïti) : Sens et Lieu - Dictatures et Contrées, (Pages Folles, 2007)
    Milcé Jean-Ephèle (Haïti) : Pase m yon kout foli (Presses nationales d'Haiti, 2008)
    N'Djehoya (République Centre africaine) : Un Sang d’encre (La Huit et ABSYNTHE production, 1997)
    Noël James (Haïti) : Quelques poèmes et des poussières (Editions Albertine, Paris, 2009)
    Pean Stanley (Haïti-Québec) : Zombi Blues (Montréal : La Courte Échelle, 1996 ; Paris : J’ai lu, 1999 ; Montréal : La Courte Échelle, 2007)
    Pierre Claude C. (Haïti) : Le dit du lierre (Editions Zémès, 2006)
    Pineau Gisèle (France) : Morne Câpresse (Mercure de France, 2008)
    Prophète Emmelie (Haïti) : Les testament des solitudes (Mémoire d'encrier 2007)
    Quadrupani Serge (france) : J’ai jeté mon portable (Rat Noir/Syros, octobre 2007)
    Saint-Eloi Rodney (Haïti/Québec) : J’ai un arbre dans ma pirogue (Mémoire d’encrier, 2004)
    Santos-Febres Mayra (Porto-Rico) : Nuestra Señora de la Noche (2006)
    Tavernier Janine (Haïti) : La Gravitante (Presses nationales d’Haïti, 2007)
    Trouillot Evelyne (Haïti) : Le mirador aux étoiles (2007)
    Trouillot Lyonel (Haïti) : Yanvalou pour Charlie (Actes Sud 2009)
    Vezina Michel (Canada) : Sur les rives (Coups de tête, 2009)
    Victor Gary (Haïti) : Saisons de porcs (Mémoire d'encrier 2009)
    Wheatle Alex (Angleterre) : Island song (Au diable vauvert, 2007)
    Widelman John Edgar (États-Unis) : Le rocking-chair qui bat la mesure (Gallimard, 2008)

    Pour plus de renseigements, visitez le site des Étonnants-Voyageurs

  • L'automne en Mille Morceaux

    Grande Première de l'Automne en Mille Morceaux à New York. Le samedi 19 décembre au "First Baptist Church Cathedral", 145 N. Franklin Street, Hempstead, NY. Pour Informations concernant cette fameuse soirée, prière de contacter: Jacques Pardovany, au 718 525-2900, ou Robert Large, au 516 425-0524, ou Louis Legrand, au 516 481-0915. Venez y en foule.
    Un film de Bob Lemoine, avec Rolande Coradin, Bob Lemoine, Allessandra Lemoine, Josaphat-Robert Large, Jenky Sajous, Jean Domond. Voir l'avant-première sur Youtube

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