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Le_BlogDeJosaphatRobertLarge

Garçon - 65 ans, Saratoga Springs (historical), United States


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  • Interview accordée à TICKET MAGAZINE

    Ticket Magazine
    Numéro du 8 juillet 2008

    Josaphat Robert Large en voyage sur des coursiers de nuages


    Interview avec le journaliste Toussaint T. Jean-François

    Vient de paraitre chez L'Harmattan "Partir Sur un Coursier de Nuages", un roman signé Josaphat Robert Large, deuxième tome d'une trilogie, dont le premier, Les Terres entourées de larmes, a obtenu en 2003 le Prix Littéraire des Caraïbes...

    TJF: Josaphat-Robert Large, vous êtes poète, romancier et homme de théâtre. Si l'on se rappelle votre passage au sein de la troupe de Théâtre Kouidor aux côtés de Syto Cavé, Jacques Charlier, et consorts ...

    Présentez-vous aux lecteurs de Ticket Magazine?

    JRL: J’ai commencé avec la poésie, j’étais très jeune. J’avais au fil des ans découvert qu’écrire un poème était le moyen le plus sûr d’épancher mes sentiments quand la timidité quasiment maladive de ma jeunesse m’empêchait de le faire. Courtiser le premier cœur en a apporté la preuve la plus tangible. J’employais le même système pour alimenter une relation amoureuse. Les déceptions au niveau du social (les disparités qui sautaient aux yeux, les injustices), tout devenait prétexte à la composition de vers. Durant les premières années d’exil, j’ai eu la chance d’avoir rencontré à New York Syto Cavé et Jacques Charlier, deux amis jérémiens avec qui j’allais déclamer des vers à « La Pointe », lors des grandes vacances en Grand’Anse. Nous avons formé le noyau principal d’où allait prendre naissance la Troupe de théâtre Kouidor. Sont venus dans nos rangs, Hervé Denis, Georges Castéra fils, Cécile Corvington, Yanick Jean, Jean-Marie Roumer, Michel Aubri. Max Kénol, Eddy Guerrier, Daniel Huttinot, etc… Ces années dans le champ de la dramaturgie ont été enrichissantes, nous avons suivi des cours de Jean-Marie Serrau de passage à New York. Serreau était alors un metteur-en-scène français très connu.
    J’attaquais de front la timidité de la jeunesse qui gênait mes activités et me livrait corps et âme aux choses de l’esprit. Mon passage au Greenwhich Village où j’ai travaillé avec des poètes américains à l’époque du bouillonnement culturel des "Hyppies" allait de pair avec l’ascension de Kouidor. J’ai alors rencontré Dylan, Marilyn Hacker et le romancier Samuel Delany. Mes lectures boulimiques m’entraînèrent dans le monde du Surréalisme qui fut longtemps source d’inspiration. Et les Claude Simon, Butor, Sarrault me firent admirer le Nouveau Roman. Avec ses yeux-là, je lisais mieux les Roumain, Alexis et Depestre. En fait, dans Kouidor, nous avons réalisé des montages avec Cahier d’un Retour au pays natal de Césaire (Que nous avons présentés à Fort-de-France en présence de l’auteur. (je parlerai un jour de ses réactions ces soirs-là)) et avec Journal d’un animal marin de Depestre. Parallèlement à l’expérience Kouidorienne et à celle du Village, je travaillais avec des membres du Groupe Houghenikon se trouvant à New York : Gérard Campfort, philosophe et poète, (mon préfacier qui m’a énormément aidé), Jean-Max Calvin et Jean-Claude Charles avec qui j’ai entretenu au fil des ans une amitié fraternelle. Nous observions avec intérêt les avancées du Groupe Tel Quel des Philippe Sollers, Marcelin Pleynet, etc...Et leur influence est visible dans nos textes de l’époque.
    Avec tous ses bagages qu’alimentaient mes lectures et relectures de Proust, de Flaubert, de Le Clezio, de Maalouf, de Roumain, de Lherisson, d’Alexis, de Marquez, il était plus que normal que je me jette dans le domaine romanesque.
    Dans Kouidor, nous employions les deux langues, le français et le créole. Certes, quand j’ai pris la décision d’écrire en créole, j’ai fréquenté un certain temps ceux de la "Sosyete Koukouy" de Miami. A l’époque, Jan Mapou, Kiki Wainwright, Gary Daniel, Michel-Ange Hyppolite, Lochard Noël et Janjan Désiré étaient les principaux poètes. Le linguiste Ernst Mirville m’a alors beaucoup aidé. C’est ainsi qu’a pris naissance le recueil Pè Sèt ! Dans les années 1990, la rencontre avec certains acteurs de la scène littéraire a eu un heureux apport. Je pense à Anthony Phelps avec qui j’ai été en Espagne pour la première fois, Claude Pierre et Jean-Claude Fignolé, des amis dont l’amitié remonte aux années formatives dans la Grand’Anse, Donald Assali, Lyonel et Evelyn Trouillot (avec qui j’avais aussi travaillé à New York), Jean-Euphèle Milcé, les professeurs Buteau , Acacia et enfin Gary Klang qui est jusqu’à date comme un frère. Voilà ! Un tour d’horizon qui englobe le principal, pour le retraçage des premiers pas dans la littérature.

    TJF: En 2003, avec le roman "Les Terres entourées de larmes", vous avez remporté le Prix Littéraire des Caraïbes. Un nouveau roman vient de paraître chez L'Harmattan, parlez-nous de ce roman Josaphat R. Large

    JRL: Partir sur un coursier de nuages est en fait le second tome d’une trilogie dont les terres entourées de larmes, le premier, avait remporté le Prix. Ce roman révèle bien le projet ambitieux de cette trilogie. Projet qui s’appuie sur trois axes : le fil de la narration (la petite histoire), la progression chronologique de l’Histoire d’Haïti (la grande) et l’évolution de l’écriture, d’un tome à l’autre. Il s’agit donc, si j’ose dire, d’une triple trilogie.

    TJF: D'ou est venue l'idée de cette trilogie?

    JRL : Suite à la parution des Terres, j’ai reçu des lettres de trois groupes de lecteurs d’horizons différents qui m’ont suggéré de continuer avec la Saga de la famille Cadet. Car, selon eux, la narration elle-même en appelait à cette suite. La demande la plus importante est venue d’un Français, avec la phrase suivante : « Car, après tout, Monsieur, vous ne pouvez laisser Gisèle seule sur un quai, dans la froidure d’un mois de décembre parisien » Or, ne voulant pas tomber dans le piège d’une histoire linéaire pour uniquement plaire à un lectorat, l’idée m’est venue d’essayer de réaliser trois trilogies en une seule. Car l’écriture aussi est trilogique, dont le registre varie d’un volume à l’autre. Ceux qui ont lu les Terres se retrouveront dans Partir mais ceux qui commenceront leur lecture avec ce second volume n’auront aucune difficulté à le lire. Chaque tome doit garder une sorte d’autonomie et ceci est aussi une condition sine qua non à la réussite de ce projet pour le moins qu’on puisse dire audacieux.


    TJF : Quelle est la thématique de cette trilogie?

    JRL: La Saga familiale des Cadet, avec pour toile de fond l’Histoire d’Haïti, utilise la thématique de l’amour pour le tissage des liens entre les générations. L’Histoire contribue fortement avec une approche thématique qui introduit le phénomène de l’errance. Le général Cadet tombe amoureux d’une femme de la République dominicaine alors qu’il est commandant en chef de l’armée de Boyer lors de l’occupation de la partie Est d’Hispaniola. Cette thématique joue une partition importante dans Partir, comme le suggère le titre d’ailleurs. L’exil entre en jeu puisque le rôle principal d’un dictateur haïtien est de déboulonner de leur position historique des tranches importantes de la communauté haïtienne.

    TJF: Dans le premier tome les femmes ont eu une place de première loge, au point qu'un article a paru dans le quotidien "Le Nouvelliste" sur le rôle des femmes dans ce roman de plus de 300 pages. Qu'en est-il pour Partir sur un coursier nuages?

    JRL: Vous posez de bonnes questions. Isabela-la-belle, la Dominicaine, joue le rôle le plus important dans le premier tome. Et tout se passe comme si elle servait aussi de modèle aux autres femmes du roman. Les deux sœurs qui épousent le même homme conduisent dans leur rôle le fil romanesque qui traverse ces livres. Malgré l’approche éclatée des deuxième et troisième tomes, ces femmes conduisent, je me répète, le fil de la narration vers sa fin. Je suis déjà à écrire ce troisième tome. Le ton est donné. Pour sa réussite, il faudra que j’arrive à tenir le rythme éclaté de son registre d’écriture, sur près de deux cents pages. On verra !

    TJF: En quoi ces deux romans sont-ils différents?

    JRL: Je crois avoir déjà répondu à cette question. Comme si je savais que vous la poseriez. (Rire entre nous) Ce sont surtout les registres d’écriture d’un tome à l’autre. C’est comme si dans un certain sens je piégeais mes lecteurs. Je les porte à aimer le premier tome qui est tissé avec les fils d’une écriture facile à suivre, et, soudainement, dans le deuxième tome, il y a un éclatement évident à ce niveau. Mais il faut faire de son mieux pour arriver à maîtriser l’écriture surtout quand on tient à aller jusqu’au bout de l’histoire. J’aurai gagné mon pari si les lecteurs du premier tome ont du plaisir à lire le second. Ensuite, toujours d’après moi, le lecteur qui arrive jusqu’à la dernière page de ce second tome voudra assurément lire le troisième. Car la fin du second est comme une introduction aux premières pages du troisième tome.

    TJF: Avec Les terres entourées de larmes, vous avez abordé une tranche de l'histoire d'Haïti, comment expliquer ce va-et-vient de la fiction au réel?
    Avez-vous fait le même choix pour Partir...

    JRL: Comme le dit si bien Barthes, le style de l’écrivain est « Le terme d’une métamorphose où se trouve incorporer son vécu ». Le déroulement de l’Histoire cheznous, ne se produit-il pas aux pôles importants de notre vie. Quel Haïtien n’a pas été affecté à un moment de sa vie par un fait historique. Certains ont même péri en prison, d’autres en bravant les mers lors de leurs traversées des océans pour voguer vers un mieux-être. D’autres, assassinés, victimes des fois, simplement, de fausses accusations. D’autres en exil. Enfin, la liste serait longue, où répertorier les effets de l’Histoire dans le courant de notre vie. Normal donc que cette tranche importante de notre vécu ait une place importante dans la pluralité de nos textes.

    TJF: Pourquoi ce choix?

    JRL: En parlant au début des trois trilogies en une seule, je crois avoir répondu au second volet de votre question.

    TJF: Quels sont vos projets littéraires à court à moyen termes?

    JRL: Les Presses nationales d’Haïti viennent de publier mon premier roman en créole : Rete ! Kote Lamèsi, dont le lancement officiel aura lieu, si je ne me trompe, lors de la semaine internationale du créole, au mois d’octobre. Voici pour le court terme. S’agissant du long terme, il y a le troisième tome de la trilogie qui est en chantier. Juste à côté de ce projet, il y a un recueil de poèmes en français qui se dessine. Je dis bien qui se dessine car cette écriture poétique accompagne l’écriture romanesque depuis quelques années. Après des heures de travail sur un roman, je jouis d’une sorte de relaxation en écrivant des poèmes. Un registre en influence-t-il l’autre ? Je n’en sais rien. Mais je fais un triage dans le tas pour y trouver les différents thèmes et construire un ou deux recueils avec ce que je jugerai valable dans ces centaines de pages. Il y a aussi un disque compact de poèmes en créole sur les rivières de la Grand’Anse, Eko Dlo: La Grandans debòde, avec un accompagnement musical d'Eddy Prophète, qui paraît cet été. Le projet d’un livre d’imageries sur la ville de Jérémie, Jérémie, l'éternellement belle me tient aussi à cœur. Je pars fort souvent à la chasse aux images dans tous les recoins de ma ville natale. Ce qui, une fois, a failli me coûter la vie. Au sommet de Caracoli, j’essayais lors de prendre une photo du Pont de la Grand’Anse, quand je vis arriver les gens du village machette en main. Ils pensaient que j’étais un descendant français venu récupérer « Une jarre » que mes arrières grands-parents auraient enfouie dans la zone. Je l’ai échappé belle. En passant, j’ai pu faire ma photo ailleurs. Voilà !

    TJF: Avez-vous un passage preféré dans ce roman? Si oui, lequel et qu'est-ce qui explique cette affinité entre l'auteur et sa création?

    JRL: C’est « La sixième tranche de l’histoire ». Une bataille entre les villageois haïtiens de la zone des Roseaux (Grand’Anse) avec des prêtres français du presbytère de l’endroit.J’ai employé dans cette scène les points forts de mon style. Enfin, selon moi. La tragi-comédie, la violence, les luttes de la vie qui ne mènent nulle part. Les chocs culturels qui n’en finissent pas de se produire dous les cieux des anciennes colonies. Les divergences religieuses, etc, etc...Je ne veux pas trop en parler. Ce serait de dévoiler un secret clef du livre. Au lecteur de le découvrir.


    Toussaint T. Jean François
    toussaintjeanfrancois@yahoo.fr

  • Rete, Kote Lamèsi (Presses Nationales d'Haïti 2008)

    NAN OKAZYON JOUNEN ENTÈNASYONAL LANG MANMAN TOUT NASYON, NAN MWA FEVRIYE 2008 LA, "PRESSES NATIONALES D’HAÏTI" AP PIBLIYE KÈK WOMAN AN KREYÒL. YOUN LADAN YO, SE “RETE, KOTE LAMÈSI ! ”, YON WOMAN OTÈ JOSAPHAT-ROBERT LARGE. N AP PIBLIYE 2 EKSTRÈ LADAN LI, POU APRESASYON LEKTÈ NOU YO.


    Ekstrè I

    Depi yè mwen chita la a, m’ap tann. Men, sa m’ap tann konsa ? La a, m’ap gade letan k’ap deplotonnen kò l ; mwen ap obsève yon òlòj kote lè ap disparèt san mizèrikòd. Zegwi òlòj la fware, kidonk, la a, m’ap swiv yon tan k’ap fennen devan je m. Men, sa m’ap tann pou mwen kòmanse chèche vre rezon ki fè m’la a, lakòz ki fè mwen rete kole sou teren lavi a. Sa m’ret ap fè la a ! Gade van k’ap pase, ouragan k’ap kase kòd tout sèvolan, bwote yo ale. Van ki ap demare kòd ki te makònen lespwa mwen ak lyann. Limyè ap danse sou tèt mwen, akote m, nan fenèt kay la. Mwen sitèlman ap fwole arebò legzistans, m’sanlè tonbe nan ravin dikdantan. Men sa m’ap fè la a, kote devenn kòde mare sou lonbraj mwen ap toufounen nanm mwen. Sa m’ap fè la a, fwenk, lavi m andegraba ap desann nan rigòl si ou konn dlo lapli. Mwen antre andedan tèt mwen pou mwen poze keksyon an : sa m’ap fè la a, alòske mwen gen yon fanm ki disparèt depi ayè. Ki ale ak kè mwen, ak kouraj mwen, ak zye mwen, ak zantray mwen. Sa m’ap fè la a ! Mwen ap tann on mirak ki ta sot nan syèl vin sove lesperans mwen. Tankou m’ap tann mirak depi mwen fèt. Tankou m’ap tann depi lakataw te fè taw sou tèt mòn. Sou tèt mòn ki ansent pou lespwa, sitèlman yo gen lontan y’ap tann Vyèj/Mirak tou. Rete, kote Lamèsi ? Mezanmi, kote fanm zantray mwen an !, manman kè m nan, ki kote li fè ? Se konmsi te gen yon van ki pase sou tèt kay la, yon van ki frape chanmòt chanm nan pou bwote Lamèsi ale ; yon van ki pran chapo m, voye l al viwonnen nan syèl la, pou salye fanm nan pandan li prale. Yon van ki voye tèt kay tòl al fè soukoup volant nan lespas, tankou toupi zetwal, ki voye tout fèy pye palmis anlè al plannen. Mezanmi ! Se depi yè wi, depi yè Lamèsi soti swadizan al nan dlo. Yè maten li te sizè. Depi lè sa a, mwen chita la a, m’ap tann. Gade wotè sèvolan Bondye k’ap file depi fenèt lalin. Mezanmi, mwen gen yon sigarèt etenn nan bouch mwen, m’ap bave lafimen, m’ap kalkile konbyen minit mwen fin pèdi nan trakasman sa a k’ap mòde kè m, ki ap mòde nanm mwen, ki ap mòde fyèl mwen. Fè lespri m kokobe. Wi, fanm mwen ale depi yè maten, swadizan al larivyè al chèche dlo. Epi, mwen chita la a, m’ap gade letan k’ap deplotonnen. Zwezo ap vole ak moso tan nan bèk yo, papiyon ap papiyonnen ak bout tan sou zèl yo, kolibri ap chante nòt tan, wanganègès ap danse ann ekilib sou lèzè, ti elis zèl yo ap fè tan vire. Mezanmi, sa m’ap fè la a. Solèy la, pandan l’ap leve, li gen yon kafe l’ap griye nan recho l. Yon kafe ki ap voye sant li al benyen latè. Maten an santi odè kafe. Yon ti lafimen fen ap fofile kò l al vizite kay chak moun nan zòn nan. Timoun kou granmoun ap leve nan mitan lafimen sa a. Mwen ap rele pou yo tande : Mezanmi, kote Lamèsi ? Depi yè maten wi, li ale larivyè l’al chèche dlo, tè a te glise, lakòz yon ti lapli ak grenn pitipiti, ak grenn dlo pi piti pase lawouze ki tonbe nan mitan lannwit. Epi, kote m’prale ? Chimen ki blayi kò l devan m nan, li pa pral okenn kote. Wout solèy la ap desinen lan maten an, pandan l’ap leve, s’on wout ki p’ap mennen pyès kote. Lanmè ki devan m nan, pou apante l, ou mèt pran vwalye, kannòt, bato, ou pap janm rive sou lorizon. Mwen tèlman raz, m’ap konte grenn bab ki ap pouse sou machwa m, pandan m’ap tann. Mwen tèlman raz, mwen wè cheve letan k’ap blanchi. Lavi a tou, li ap blanchi devan zye m. Mwen tèlman raz, kòn ap pouse sou tèt mwen, sou tèt vwazen mwen, sou tèt fanmi mwen, fè tout moun sanble ak bouk-kabrit, ak torobèf, ak sèf. Legzistans nou fin pouri. Mezanmi, kote nou prale ? Nou pa gen chimen devan nou. Pa gen santye nonplis. S’on ravin ki fann debò ki blayi devan m nan. Kote nou prale ? Pandanstan, linivè limenm, l’ap vanse. Nan miwa tan modèn, nan televisyon lavni, mwen wè tout pèp ap make lepa pou vanse, al nan randevou ak pwogrè. Mwen wè timoun lòt bò dlo ak linèt envansyon yo, y’ap kalkile ki distans ki separe lavi ak lavni. Mwenmenm menm, mwen la a, ak bourik chaje ak bannann mi, ak yon bann betiz nan lespri m. La a, mwen s’on madigra ki pap janm chanje inifòm.


    Ekstrè II

    Trèzyèm estasyon:

    Nan zòn katrèdimaten, bòs jankit leve, li gade lalin nan, li gade direksyon vwalye a, li di m, gason, epa ou konn navige. Eben ! al kouche kouche w, ban m volan an, mwen an plènfòm, m’sot pase yon lannwit benyen ak bèlrèv. Mèsi monkonpè. Mwen al blayi kò m nan tikwen m nan, mwen lage lespri m nan lesomèy. Lamèsi Ohhh, kokidò t’ap chante nan rèv mwen an, rete tann lòt bò dlo a, rete tann mwen wi !
    Opipiritchantan, on kout tonè ki manke pete tenpan m leve mwen nan dòmi kote m’te plonje a. Syèl la bouche ak yon bann nyaj nwa kon chabon, nyaj van ap bwote alevini nan tout lantouraj lespas la. Zèklè tankou epe limyè ap dechire lorizon. Yon tilafredite vlope ak tigrenn lapli ap fwete figi m. Pare kò nou, kaptenn an di, pare kòn n, jodi a, nou pra l bare ak move tan ! Men, gason, pa kite laperèz anvayi ou, vwalye a ou wè la a, s’on vwalye ki byen manbre, ou ta di se ak fè li fèt, tèlman li solid. Kaptenn nan ajoute, epi, menmenm ki sou gouvènay la, nan pwen move tan ki pou fè m pè ! Bòs la leve Tisirik ki t’ap dòmi toujou, malgre petarad loray kale ki t’ap fann syèl la de bò. Bondye move jodi a TiSirik deklare pandan l’ap lave je l. Fè yon kafe, kaptenn nan di li, fè yon kafe vit-e-prese, pou n mare kouray nou ansanm pou n sa sòti nan move tan sa a. Vwalye a ap danse nan mitan bann vag k’ap bouyi nan lanmè a. Lè li monte men wotè sou youn, li plonje ak tout fòs li nan mitan yon basen kote l’al kontre ak lòt vag. Se lè sa a, kaptenn nan, pandan vwalye a ap pike, li fè yon manèv ak gouvènay la ansanm ak vwal yo, fè vwalye a drese tèt li tankou yon chwal, al monte sou tèt on lòt vag. Van an limenm, sou bò pa l, otan n’ap vanse sou lanmè a, otan l’ap pran fòs. Ou tande bri l deyò a, tankou yon bann toro bèf k’ap kouri alevini nan lespas. Vag yo lè konsa, yo fin anraje, y’ap kalote arebò vwalye a ak tout fòs yo. Genyen ladan yo ki tèlman wo, se andedan batiman an menm yo vin blayi kò yo, youn apre lòt. Mezanmi, mwen di nan kè m, ou kwè se mouri m’vin mouri sou lanmè sa a ! Memwa m fè yon plonje nan lespas. Mwen rewè tèt mwen nan kal batiman «Négrier» yo, m’ap rame. San ap koule sou tout kò m, sou tout do m. Van !, van deyò a fin anraje. Van an leve batiman an men wotè, al fese li nan mitan yon bann vag. Ankò, kaptenn nan fè tèt bato a kanbre. Men, van an ogmante volim li, grapiyen fòs li mete nan yon bann van ki ap chasekwaze anlè a. Yo pase yon vitès siperyè, yo tout ansanm, konmsi yo te sòti pou kraze nou. Yo mete ak vag, y’atake nou ankò. Yo fè vwalye a vire ababòtribò, tankou yon topi, tankou yon fèy ki ap degrengole nan lespas, vwalye a, ou ta kwè li pral koule nan lantónwa lanmè. Dlo anvayi batiman an, vag yo, se tankou kout fwèt lapli ki ap fwete nou. Nou mare kò nou, youn ak lòt, pou okenn lan nou pa glise al tonbe nan lanmè. TiSirik pran de gwo gòdèt, li ban m youn, li di m, an nou wete dlo, an nou jete dlo. Lanmè a ap bouyi akote vwalye a. Kaptenn nan la, l’ap fè manèv. Gendelè, li kanpe, gendelè, li chita, gendelè, li ajenou. Vwal yo nan yon men, gouvènay la nan yon lòt, l’ap goumen ak van. Chak kou yon kokennchenn vag frape nou, li redrese tèt vwalye a. Tisirik avèk mwen, n’ap jete dlo. Otan dlo ap rantre, otan n’ap jete dlo. Mezanmi, mwen di, epa vwalye sa a s’on soumaren ! Mezanmi, se anba dlo wi n’ap file. Ni kapten nan, ni Tisirik, toulede tonbe ri m. Nou goumen ak van, nou goumen ak dlo, nou goumen ak lapli, jouktan nou rive nan yon kalmi, jouktan nou glise desann nan yon zòn kote dlo lanmè a vin frèt k’on tibebe, dous k’on siwolin. Lite nevèedmidimaten. Sa ki fè, batay la, li dire katrèdtan. Ti gason, kaptenn nan di, lamarin pa metye w, men jodi a, ou mèt di : ou se maren !
    Jouvajouvyen, kakajepalinèt : apre yon tan, s’on lòt. Vwalye a, kè kontan, ap file sou yon lanmè siwolin, van ap danse nan vwal li, tireyon solèy ap jwe anlè. Mwen chita lan tikwen m nan, m’ap panse. Solèy la maten an s’on miwa kote pwojè lanmou m ak Lamèsi ekri ak kreyon koulè wouj. Sadin ansanm ak pwasonvolan ap bat bravo pou li. Kaptenn nan di, ak fyète nan vwa li, n’ap rive sou waf Sen-Mak titalè konsa. Bravo ! Bravo ! Nou tout tonbe bat bravo !

  • 150ème Anniversaire des Fleurs du Mal

    Article Paru dans le Matin du 21 novembre 2007

    150e ANNIVERSAIRE DES FLEURS DU MAL / Baudelaire : Regards renouvelés sur les Fleurs


    Point Barre, revue mauricienne entièrement consacrée à la poésie contemporaine des auteurs locaux et étrangers, quelles que soient leur sensibilité et leur langue d’expression, célèbre dans son dernier numéro le 150e anniversaire des « Fleurs du mal » de Charles Baudelaire. Y ont collaboré des poètes haïtiens Claude Pierre et Josaphat-Robert Large.

    Point Barre, revue ouverte à toutes les tendances de la poésie contemporaine, propose dans son troisième numéro ce que vingt-quatre poètes (Mauriciens, Guadeloupéens, Réunionnais, Haïtiens, Tunisiens, Belges, Français) suggèrent comme inspiration nouvelle des « Fleurs du Mal » de Charles Baudelaire (1821-1867). «Nos Fleurs du Mal » (Cygnature Publications, 2007) offre l’occasion de redécouvrir la pensée de Baudelaire à travers des textes poétiques qui font écho à certains poèmes des Fleurs. La thématique explorée dans Point Barre numéro 3 l’axe nord-sud étant choisi angle trans-poétique est riche en surprises et plaisirs littéraires. La revue a été lancée conjointement avec la réédition de Baudelaire aux Mascareignes de Jean Urruty (Éditions Vizavi) au Centre Charles Baudelaire mardi.
    Le travail mené par les vingt-quatre poètes qui ont collaboré à cette nouvelle édition de Point Barre (chacun en quête de sa voie ou poursuivant une œuvre débutée depuis longtemps) cherche la synthèse entre des influences très diverses et un héritage moderne des Fleurs du Mal. Un tour d’horizon rapide fait apparaître les nouvelles lectures et inspirations des noms suivants : Edouard J. Maunick, Alex Jacquin-Ng, James Noël, Michel Ducasse, Arnaud Delcorte, Ananda Devi, Catherine Boudet, Claude Pierre, Yusuf Kadel, Daniel Maximin, Gillian Geneviève, Denis Heudré, Jean Claud Andou, Jocelyn Siou, Emmanuel Richon, Jeanne Gerval-Arouff, Ernest Moutoussamy, Judex Viramalay, Rattan Gujadhur, Josaphat-Robert Large, Sylvestre Lebon, Tahar Bekri, Umar Timol, Anil Rajendra Gopal. Leurs textes révèlent le lien qui les unit, les idées qui divergent autour de l’œuvre de Baudelaire.
    (.)
    mercredi 21 novembre 2007


    © 2006 Le matin, Conception: Paul R. Ménager

  • HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    1- Par Josaphat-Robert Large (Poète-Romancier)

    (Thomas Spear : Regard passionné et admirateur jeté des États-Unis d’Amérique sur l’espace de la littérature de notre île)

    Il était une fois, un Américain du nom de DeWitt Peters, tournant le dos aux activités pourtant multiples découlant de sa culture, jetait la lumière de ses connaissances sur le monde en gestation de la peinture haïtienne. Et le voile levé sur le travail qu’il encourageait fit découvrir, partout dans le monde, les palettes d’une centaine de peintres dont le talent n’eut de cesse d’étonner les esthètes de l’art. Le grand Malraux fut de ceux-là.
    Bien des années plus tard, le professeur Thomas Spear, Américain lui aussi (Ou devrais-je tout simplement dire New Yorkais), fait plonger ses préférences dans le champ de la littérature haïtienne. Et les résultats de ses efforts promettent de surpasser ceux obtenus par Dewitt Peters. Puisque le Site de littérature francophone « île-en-île » dont Spear est l’auteur, mutatis mutandis, attire déjà l’attention de tous ceux qui placent un intérêt dans le travail des écrivains des îles où la langue française, baignée de soleil, continue de rayonner. C’est un site bien encadré dans une perfection technologique indiscutable. Bernard Pivot lui-même n’a pas su résister à la tentation d’en parler dans sa fameuse émission « Bouillon de cultures » et le Journal « Le Monde », dans une livraison de son « le Monde des Livres », a jeté beaucoup d’encre pour porter aux nues le travail de Monsieur Spear.
    Le livre "Une journée haïtienne" (Mémoire d’encrier et Présence africaine, 2007), sous la direction du même Thomas Spear, est comme la goutte d’eau qui va faire déborder le vase des bienfaits qu’effectue ce professeur de CUNY, dans la sphère des valeurs haïtiennes. Nous préparons à son honneur un bouquet d’hommages que nous comptons lui offrir sous la forme d’un recueil. La reconnaissance, chers amis, n’est pas une faiblesse ! Il revient donc aux auteurs figurant dans « île-en-île » (et aussi aux admirateurs du Site) d’ajouter des branches à ce tronc en train de pousser. Allez-y, Messieurs et Dames, écrivains et écrivaines, envoyez-nous vos textes à l’adresse suivante : josaphatlaj@hotmail.com. Et faites-le vite, car le temps ces jours-ci, en passant à une vitesse vertigineuse, semble être plus pressé que jamais.

    Josaphat-Robert Large



    2- Par Gary Klang (Poète-Romancier)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR, HOMME LIBRE

    Il y a des gens qui se replient sur leur identité, leur île, leur nation ou que sais-je. Ils vivent chez eux, entre eux, et passent leur vie frileuse sans jamais rien connaître de l’extérieur. L’existence leur fait peur. Les nationalistes font partie de cette engeance.

    Il y a, en revanche, des gens grands ouverts sur l’extérieur, comme les fleurs, les arbres et la nature, et qui non contents de s’ouvrir à l’autre et de l’accepter tel quel, adoptent sa culture et la diffusent. C’est le cas de Thomas Spear. Thomas est américain, mais il fréquente surtout des Haïtiens et des gens du tiers-monde. C’est là qu’il s’épanouit, et sa ville de New York semble lui être étrangère. On dirait qu’il n’y est pas chez lui et, pourtant, des millions de gens aimeraient être new-yorkais. Mais lui s’en fout. C’est un homme libre.

    Il est le créateur du site île en île où il a mis de nombreux écrivains haïtiens qu’il a aidé à faire connaître dans le monde entier. Bernard Pivot et le journal Le Monde lui ont rendu hommage. Toujours souriant, toujours heureux de vous voir, il est pour moi le prototype de l’homme décontracté qui ne se complique jamais la vie. Être avec lui permet d’oublier les raseurs et les emmerdeurs, ceux qui se sont donné pour unique but dans l’existence d’empêcher l’autre d’être heureux.

    En plus du site, Thomas est aussi le maître d’œuvre du collectif, Une journée haïtienne, coédité par les Éditions Mémoire d’encrier et Présence Africaine, et où il réunit une quarantaine d’écrivains d’Haïti. Rassembleur une fois de plus, il montre ici encore sa générosité.

    Je veux te dire un grand merci pour tout, mon cher Thomas. Rien ne t’obligeait à t’occuper de nous.

    Gary Klang

    3- Roland Paret (Cinéaste-Romancier)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    Quelque part aux alentours des années trente du dix-neuvième siècle – c’était en tout cas avant Bismarck - des intellectuels allemands se réunirent à Paris en un congrès qui devait marquer le destin des Allemands. Le président prit la parole : « Nous autres Allemands, nous n’existons pas. Nous sommes une poussière de principautés, de royautés, de villes, mais comme nation nous n’existons que parce que nous parlons la même langue. Nous n’existons que parce que nous parlons la langue de Goethe. »
    L’entreprise de Thomas Spear ressemble un peu – beaucoup – à celle de cette réunion d’Allemands du Dix-huitième siècle : Voilà tout un peuple d’écrivains, de romanciers, de poètes, qui viennent d’Haïti mais qui sont d’origines culturelles, idéologiques, politiques différentes, parfois – souvent -diamétralement opposées. Ils ne se rencontrent que dans ce recueil. Dans « Une journée haïtienne » Ailleurs, ils ne se salueraient même pas. Seul, dans ce recueil, ils s’embrassent. Parce que là seulement nous entreprenons, chacun à notre manière, de présenter Haïti à la communauté des nations, et que là, nous essayons de vêtir l’être haïtien, puisqu’il va dans le monde, de cette étoffe qui est la soie dont, d’après nous, il doit s’habiller.

    Que Thomas Spear soit remercier !

    4- N. Donald Assali (Poète-Professeur de Littérature)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    A few years ago I had the opportunity to meet Professor Thomas Spear and his colleague Joëlle Vitiello in Haïti. The day I spent with them in Jacmel has been a fruitful experience for me.
    I wish to add that Professor Spear ahould be commended for the excellent work he has done and continues to do for the literature of Haiti.


    5- Dr Jean-Robert Léonidas (Médecin-écrivain)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    Thomas Spear, tel un luminaire, jette un éclairage intelligent sur la littérature et la pensée d’un monde. Comme par hasard, le premier poème de mon Parfum de bergamote est un éloge à la lumière. Pourquoi ne pas le lui dédier, à lui et à tous ceux qui font avancer les lettres haïtiennes.

    Luminaire ( Par Jean-Robert Léonidas)

    (extrait de Parfum de bergamote, cidihca Montréal, 2007)

    un afflux de lumière
    sur ma natte de jonc
    coule d’un luminaire
    me caresse le front

    dès lors artiste en pleurs
    je m’enrichis d’émoi
    dès lors arbuste en fleurs
    tout est fertile en moi

    le souffle des matins
    sifflotant dans les airs
    comme un parfum de thym
    envahit tous mes nerfs

    la poésie m’éclaire
    dans mes lombes s’ébat
    devient ma partenaire
    m’enjoint de mettre bas

    suprêmement vaincu
    je tremble en mes artères
    et la science cocue
    m’accuse d’adultère

    JEAN-ROBERT LÉONIDAS

  • Salon du Livre de Montréal (Mémoire d'encrier)

    Mémoire d’encrier
    au Salon du livre de Montréal

    Novembre 2007- Mémoire d’encrier est présente encore une fois au Salon du
    livre de Montréal au STAND 532 - DIMEDIA. Le salon se déroule du 14 au
    18 novembre 2007 à la Place Bonaventure.
    Nos auteurs invités pour cette 30ème édition du salon :
    1. Gary Victor (Haïti)
    2. Thomas C. Spear (États-Unis).

    Jeune maître du fantastique, Gary Victor est romancier et nouvelliste.
    Il réside à Port-au-Prince et signe son dernier titre Treize nouvelles vaudou,
    considéré comme un véritable régal.

    Thomas Spear vit à New York et enseigne à CUNY. Il dirige le collectif
    Une journée haïtienne, qui rassemble les textes de quarante auteurs haïtiens.
    Cet ouvrage est « désormais une référence », dit l’écrivain Édouard J. Maunick.

    Le militant et enseignant Normand Baillargeon est en signature avec
    le collectif Sève et sang, chants et poèmes de révolte et d’espoir ;
    Jean Florival, DUVALIER La face cachée de Papa Doc ;
    Gary Klang, Il est grand temps de rallumer les étoiles ;
    Marie-Julie Gagnon, Cartes postales d’Asie ;
    Anthony Phelps, Mon pays que voici.

    Venez rencontrer d’autres auteurs et amis de Mémoire d’encrier comme
    Stanley Péan (Jazzman) et Dany Laferrière ( Les années 80 dans ma vieille Ford).
    Venez enfin vous perdre dans le catalogue de Mémoire d’encrier : palette
    chaude, coloriée, diversifiée... comme un grand soleil de novembre !

    Mémoire d’encrier :
    une autre manière de lire, un pari sur l’Autre,
    sur l’imaginaire, et le vivre-ensemble.
    www.memoiredencrier.com
    Pour information : contacter Stéphanie Robert : smeraldinadenfer@hotmail.com

  • Parution de : "Une Journée haïtienne"

    Une co-édition entre Présence Africaine (Paris) et Mémoire d'Encrier (Canada)
    Sous la direction de Thomas Spear. Présentations de Maryse Condé, René Depestre et Edouard Maunick.

    Communiqué de Presse:

    Mémoire d’encrier et Présence africaine
    www.memoiredencrier.com ; www.presenceafricaine.com

    Une journée haïtienne
    Textes réunis et présentés par
    Thomas C. Spear

    40 écrivains haïtiens racontent Haïti !
    Le 21 juin 2006, solstice de l'été boréal, un appel est lancé pour célébrer Haïti. Décrire une journée haïtienne de la saison en cours. Quarante auteurs haïtiens (du dedans et du dehors) ont répondu à cet appel consistant à composer un texte à partir des impressions prises sur le vif.
    Ces brèves visions d'Haïti si différentes se retrouvent dans un recueil d'une seule journée, si spécifiquement haïtienne tout en étant universelle. Instantanés. Récits. Lettres. Poèmes. Fictions.
    Thomas C. Spear, né aux Etats-Unis, est professeur de littérature à CUNY. Il est le fondateur de Ile en Ile, célèbre site web, avec sa base de données d’auteurs insulaires francophones.
    --
    Parler par-delà les stéréotypes et les clichés, donner à sentir sa terre coincée entre l’image mythique du pays où la Négritude se mit debout pour la première fois et celle d’une nation pathétique, dégringolant de déchoucage en déception, tel est le défi que relève une moisson de natifs-natals, les uns connus, les autres
    à connaître, tous brûlant d’un irrépressible amour pour Haïti Toma.
    Maryse Condé

    On a affaire dans ce livre à diverses formes d’héroïsation de la difficulté d’être haïtien. On voit celle-ci aux prises avec le despotisme, la misère, la violence, la magie, la solitude de la tendresse et de la rage de vivre, dans le temps des humanités de la Caraïbe et dans l’éternité indestructible de l’espèce.
    René Depestre

    Décidément, combien généreuse cette Journée haïtienne, qui est désormais pour nous, une référence.
    Édouard J. Maunick

    Les auteurs : Marie-Célie Agnant, Georges Anglade, Bonel Auguste, Mimi Barthélémy, Dominique Batraville, Gérald Bloncourt, Jean-Marie Bourjolly, Georges Castera, Syto Cavé, Raymond Chassagne, Pierre Clitandre, Louis-Philippe Dalembert, Edwidge Danticat, Joël Des Rosiers, Jan J.Dominique, Gérard Étienne, Jessica Fièvre, Jean-Claude Fignolé, Odette Roy Fombrun, Frankétienne, Geneviève Gaillard-Vanté, Gary Klang, Dany Laferrière, Yanick Lahens, Josaphat-Robert Large, Jean-Robert Léonidas, Kettly Mars, Stéphane Martelly, Michel Monnin, James Noël, Margaret Papillon, Roland Paret, Claude C. Pierre, Paulette Poujol Oriol, Emmelie Prophète, Guy Junior Régis, Rodney Saint-Éloi, Évelyne Trouillot, Lyonel Trouillot, Gary Victor.

    En librairie le 5 novembre, 246 pages | 20 $
    Contact de presse : Patricia Lamy | (514) 525-7443 | patlamy@sympatico.ca

  • Prix du Gouverneur Général du Canada

    Le poète et Romancier haïtien Anthony Phelps est l'un des finalistes du Prix du Gouverneur général du Canada pour son roman La Contrainte de l'Inachevé. Le nom du lauréat sera annoncé le 27 novembre, juste après le salon du livre de Montréal. En cette année 2007 où des intellectuels, des poètes et des romanciers préparent un bouquet d'Hommages pour Monsieur Phelps, nous appuyons vivement sa candidature et souhaitons que son beau Roman remporte le Prix.

  • Il est en grand temps de rallumer les étoiles (Gary Klang)

    Vient de paraître (octobre 2007)
    Le 6e livre de poésie de
    GARY KLANG
    Il est grand temps de rallumer les étoiles
    Aux éditions Mémoire d’encrier, à Montréal

    D’après Klang, le mal du pays est devenu une contrainte, car toute terre est prison et lui cache les étoiles. Il veut ici les rallumer. Il ne renie rien de ses premiers poèmes, il aime autant sa terre natale, mais il aimerait ouvrir toutes grandes les portes de la Fraternité universelle.

    EXTRAITS


    Comme une feuille égarée dans le vent
    Qui cherche l’arbre qu’elle a perdu

    Comme un enfant courant dans une ville morte
    Cherchant en vain sa mère dans les décombres

    Le poète court après des mots muets
    Pour donner sens à l’indicible
    Et à l’inexprimable

    ------

    Les petits hommes éteignent les flambeaux
    Et font de l’ombre sur la terre

    Il est grand temps
    Grand temps
    Vous dis-je
    De rallumer les étoiles

    ------

    Dans la maison du cœur
    Accueille
    Aussi bien l’ombre
    Que la lumière


    Le livre est disponible en librairie au Québec.
    Rendez-vous au Salon du livre de Montréal
    du 14 au 19 novembre
    où l’auteur Gary Klang dédicacera son recueil.


    ***

    Mémoire d’encrier
    www.memoiredencrier.com
    Il est grand temps de rallumer les étoiles
    de
    Gary Klang

    J’ai souvenance
    De l’amour
    Tendre comme la durée
    Dur comme un fleuve au temps d’orage
    J’ai souvenance
    Il est grand temps de rallumer les étoiles, sixième livre de poésie de Gary Klang, marque un
    tournant dans son évolution. De la nostalgie et du retour au pays natal, il habite désormais le
    monde. Le poète joue avec ses fantasmes et, de cette matière, il extrait la beauté. Comme le
    sculpteur tire l’harmonie du marbre informe, Gary Klang rallume les étoiles et donne sens à
    l’obscur.
    Né en Haïti, Gary Klang est docteur ès lettres de la Sorbonne avec une thèse sur Proust. Auteur
    de poèmes, de romans, de nouvelles, d’essais et d’une pièce de théâtre. Membre du PEN Club
    international et de l’Union des écrivains québécois, et président de la société des Écrivains
    francophones d’Amérique, section de Montréal. Gary Klang vit à Montréal depuis 1973.
    En librairie le 9 octobre 2007
    80 pages – 15 $
    Contact de presse :
    Patricia Lamy
    Tél : 514-525-7443 patlamy@sympatico.ca

  • Le Prix Nobel de Littérature 2007

    Par Josaphat-Robert Large

    Une fois de plus, les membres du Comité du Prix Nobel n’ont pas tenu compte ni des pronostics qui avançaient les noms de l’Italien Claudio Magris, du Japonais Haruki Muramaki et de l’Américain Philip Roth, ni des paris organisés par l’Agence Ladbrokes qui mettaient en premières lignes le Coréen Ko Un, le Syrien Adonis et la romancière guadeloupéenne Maryse Condé.
    Ils ont porté leur choix sur l’auteure britannique Doris Lessing, âgée de 87 ans.
    Doris Lessing est née en 1919 en Iran de parents anglais. Elle a vécu en Rhodésie du Sud (Zimbabwe), à la fin des années 1920. Cette période passée dans un pays à l’époque colonisé a fortement marqué son vécu d’écrivaine. Elle a toujours fait ressortir, dans ses écrits, les abus perpétrés par les Colons, tout en épousant la cause des victimes de cette période affreuse de l’humanité. A Salisbury, elle a même été membre d’un Parti Communiste, de 1939 à 1954.
    Lessing est l’auteure de plus de 70 ouvrages (Le premier : The Grass is Singing, Thomas Y. Crowell, 1950, et le dernier : The Clift, Harper Collins, US, 2007).

    Les distinctions littéraires de Doris Lessing :

    Le Prix Medicis (1976)
    The Austrian State Prize (1982)
    The Shakespear Prize (1982)
    The Palmero Prize (1987)
    The James Tait Black Prize (1995)
    The Prince of Asturias Prize in literature (2001)
    The David Cohen British literature Prize (2001)
    Le Prix Nobel de littérature (2007)

  • Les Étonnants Voyageurs à Haïti

    Par Josaphat-Robert Large

    L’année 2007 s’approchant de sa fin, les nouvelles en provenance de Haïti ne transmettent que des échos parlant haut de notre richesse culturelle. À la une des journaux : un chant collectif dont le refrain tourne autour d’une série de thèmes resplendissants : La Littérature haïtienne, la Peinture haïtienne, la Sculpture haïtienne ! Des signatures occupent l’agenda de plus d’un centre littéraire ; des expositions et des vernissages s’étalent dans les galeries d’art les plus importantes et au Parc historique de la canne à sucre.
    Certes, les activités littéraires en hommage à Jacques Roumain, minutieusement planifiées par des intellectuels qui semblent en avoir assez des malversations d’une clique de politiciens en panne d’idées, ont été des actes importants sur l’échiquier des premiers huit mois de 2007. Et, quel programme autre que celui du passage à Port-au-Prince des Étonnants Voyageurs aurait-on pu mettre sur pied, dans le dessein de couronner une année si fructueuse ?
    Du 1er au 4 décembre, un bon nombre de poètes, des dizaines de romanciers, des essayistes, vont défiler dans les rues de notre capitale. Où, pour une multitude de lecteurs, ce sera l’occasion de découvrir les œuvres d’une vingtaine d’auteurs étrangers. Dans certaines institutions scolaires, il y aura des débats, des lectures de poèmes, des signatures. Et les portes seront ouvertes à tous ceux qui voudront mêler leurs voix à l’orchestration des idées. Des écrivains qui vivent en Haïti, de concert avec d’autres de la diaspora, accompagneront ces invités qui viendront, qui de la Guadeloupe, qui du Canada, qui de la France, qui de la Martinique. Il y en aura aussi du Mali, du Congo, de La Suisse, de Djibouti, des Etats-Unis. La première semaine du mois de décembre, le soleil se lèvera à Port-au-Prince au rythme de la littérature. Et ce sera l’occasion de proclamer, en souvenir de René Philoctète, que « Toute écriture est une île qui marche »

    Voici la liste des auteurs qui seront présents :

    Auguste Bonel, Augustin Gary, Banks Russell, Batraville Dominique, Bell Madison-Smartt, Bernard Philippe, Brival Roland, Buch Hans Christoph, Castera Georges, Cavé Syto, Charles Christophe Philippe, Condé Maryse, Dalembert Louis-Philippe, Danticat Edwidge, Des Rosiers Joël, Exavier Marc, Fignolé Jean-Claude, Franketienne, Kanor Fabienne, Konate Moussa, Laferrière Dany, Lahens Yanick, Large Josaphat-Robert, Le Bris Michel, Le Men Yvon, Mabanckou Alain, Mars Kettly, Maximin Daniel, Métellus Jean, Milce Jean-Euphèle, Pasquet Fabienne, Pépin Ernest, Phelps Anthony, Pierre Claude C., Pineau Gisèle, Poujol-Oriol Paulette, Raynal Patrick, Rouaud Jean, Schwarz-Bart Simone, Trouillot Evelyne, Trouillot Lyonel, Victor Gary, Waberi Abdourahman A.

    Responsables Étonnants Voyageurs-Haïti:
    France: Michel Le Bris, Mélani Le Bris, Jean Rouaud.
    Haïti : Lyonel Trouillot, Dany Laferrière

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