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De la Littérature, rien que de la Littérature


  • Haïti à l'honneur au 18ème Salon de la Revue, à Paris

    Source: HaitiPresseMagazine

    Culture
    PUBLICATION / Haïti à l’honneur au 18e salon de la Revue, avec la présentation de
    la Ralm #8, Cahier Haïti, à Paris

    La maison d’édition, Le Chasseur abstrait, connue pour son site Internet la Revue d’art et de littérature, musique (www.lechasseurabstrait.com), publie le 8e numéro de ses Cahiers de la Ralm, consacré à la création littéraire et artistique d’Haïti.
    Haïti sera à l’honneur au 18e Salon de la Revue Ralm à Paris qui se déroulera du 10 au 12 octobre. Y sera présenté notamment le Cahier spécial Haïti, un document de plus de 600 pages préfacé par l’écrivain franco-haïtien Jean Métellus et qui regroupe trois générations d’artistes haïtiens, qu’ils soient peintres, musiciens ou poètes.
    « Ce cahier se propose de donner une idée de la création artistique en Haïti après les années 1920 », a écrit le romancier et poète Jean Métellus qui a reçu, le 13 juin dernier en France, l’insigne de Chevalier de la légion d’honneur.
    « Malgré cette limitation, poursuit l’auteur de La famille Vortex, le projet paraît encore presque utopique, vu la richesse de la production littéraire et picturale dans ce pays depuis cette époque. Mais en segmentant l’histoire des réalisations artistiques et littéraires par générations d’âge, les concepteurs de ce document ont fait preuve de réalisme et d’efficacité, leur entreprise acquiert une véritable crédibilité et force l’admiration ».
    Ce « Cahier spécial Haïti » a pour but d’instaurer un dialogue entre trois générations : génération 1, années 20-40 ; génération 2, années 50-60 ; génération 3, années 60-80. »
    On y retrouve toute une pléiade d’écrivains, de poètes, de plasticiens ou de musiciens de diverses tranches d’âge, tels que Frankétienne, René Depestre, Anthony Phelps, Jean Métellus, Gary Klang, Josaphat Robert Large, Syto Cavé, Marie Alice Théard, pour la première génération.
    Parmi les artistes de la 2e génération, l’on a Michèle Voltaire Marcelin, Elsie Suréna, Jean François Avin, Frantz Dominique Batraville, Marc Exavier, Rodney Saint-Éloi, Mario Benjamin, Pradel Henriquez, Alex Laguerre, Sergine André…
    Et pour la troisième, l’on retrouve des artistes ayant déjà une certaine notoriété dans le milieu, comme Emmelie Prophète, André Fouad, Pascale Monnin, Guy Junior Régis, Pierre Pascal Merisier dit Pasko, Patrick Louis dit Kanga, James Noël ou de nouvelles têtes comme Pierre Moïse Célestin, Jonel Juste, Duckens Charitable dit Duccha, Fred Edson Lafortune, Joseph Edgard Célestin, Jean Pierre Jacques Adler, AntoineHubert Louis, Jean François Toussaint, Jean Emmanuel Jacquet, Angie Fontaine, Makenzy Orcel, Coutechève Lavoie Aupont, Jean Venel Casseus et la liste n’est pas exhaustive.
    « Certains auteurs qui figurent dans cette revue ne sont plus à présenter, a indiqué Jean Métellus. Ils sont connus et souvent traduits dans plusieurs langues. Il faudrait peut-être alors s’attarder sur les nouveaux venus, ceux qui ont 20 ans ou à peine plus. »
    « Le projet est de faire connaître la jeune poésie haïtienne ainsi que les artistes de toutes les disciplines », a, pour sa part, souligné la poétesse Denise Bernhardt qui, avec le jeune poète Fred Edson Lafortune, a lancé l’appel à divers artistes à prendre part à ce projet.
    « Le critère le plus important a été celui de la qualité des textes, a indiqué l’écrivain. Nous n’avons eu aucun rôle dans la sélection, il est important de le préciser. Pas de favoritisme. Nous avons transmis simplement les réponses », a ajouté Mme Bernhardt reconnaissant toutefois que certains auteurs ont plus de notoriété que d’autres. « Le talent n’est pas en cause, car la notoriété s’acquiert avec le temps. »
    L’objectif du Chasseur abstrait, a, pour sa part, indiqué son directeur Patrick Cintas, n’est pas de publier un « trombinoscope », mais véritablement un ouvrage collectif donnant l’image la plus fidèle possible d’une littérature guère pratiquée en France.
    « Le Cahier spécial Haïti, a ajouté M. Cintas, peut ouvrir des perspectives et dans son prolongement, des livres, des CD, voire des expositions... »
    L’éditeur Le Chasseur abstrait éditeur, qui publie le Cahier, fait montre d’une grande ouverture d’esprit, vers tous les genres artistiques et vers les auteurs de toutes nationalités.
    Ce cahier spécial consacré à Haïti sera présenté au 18e Salon de la Revue qui se tiendra les 11 et 12 octobre prochain à l’espace des Blancs-Manteaux à Paris.
    (Davantage d’informations sur le Cahier Haïti sont disponibles sur le site www.lechasseurabstrait.com).
    Source : HPN

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  • Littérature, Histoire et Identité chez J-R Large

    Haitian Times
    Bridging the Gap

    Vol. 10 NO.35/Septembre
    Du Côté de chez Hugues

    Littérature, Histoire et Identité
    Par Hugues St.Fort

    A cheval entre sa société d’accueil (NY) et sa société d’origine (Haïti), Josaphat-Robert Large s’affiche comme l’écrivain transnational par excellence et son œuvre littéraire le démontre amplement : il écrit en créole (Pè Sèt, 1996) et ce volume a été traduit en anglais sous le titre « Keep On keeping’On » par le poète américain Jack Hirschman en 2006 ; en français deux recueils de poésie « Nerfs du vent » (1975) et « Chute de Mots » (1989); et trois romans : « Les sentiers de l’enfer », « Les récoltes de la folie », et « Les terres entourées de larmes », tous trois publiés chez L’Harmattan à Paris en 1990, 1996, et 2002 respectivement. Le roman « Les terres entourées de larmes » a obtenu le Prix littéraire des Caraïbes en 2003.

    « Partir sur un coursier de nuages » constitue le second tome d’une trilogie amorcée avec « Les terres entourées de larmes ». On y retrouve les principaux personnages de ce dernier roman : le pharmacien Auguste Cadet, du Cap-Haïtien, sa femme, Gisèle Villegrâce, de Jérémie, sa seconde femme Monique, la sœur de Gisèle, que Auguste Cadet avait épousée en secondes noces, croyant que Gisèle avait été tuée « au cours de l’embuscade meurtrière qui avait coûté la vie » à ses parents. Mais là s’arrête toute tentative de relier l’histoire qui se déroule dans les deux volumes. En fait, il faudrait se demander dans quelle mesure le second volume fait vraiment suite au premier. Après tout, « Partir sur un coursier de nuages » peut très bien se lire sans se référer absolument au précédent roman. Le lecteur n’est pas obligé d’avoir recours aux principaux personnages de « Les terres entourées de larmes ».

    Pour expliquer ce paradoxe, il faut comprendre que « Partir sur un coursier de nuages » semble avoir été conçu comme un texte tout à fait nouveau. La problématique qui y est posée rejoint des questions fondamentales puisant ses sources dans l’essence identitaire à partir des grandes migrations africaines forcées vers le Nouveau Monde. La structure même de ce second volume diffère largement de celle du premier. « Partir sur un coursier de nuages » est bâti en petites tranches d’histoire, dix-huit tranches exactement qui changent de contenu, de voix narratrice, et de perspective générale à mesure qu’elles se déroulent. Elles mettent en scène le nommé Cyparis, unique rescapé de la formidable et meurtrière éruption du volcan la Montagne Pelée qui détruisit la ville de Saint-Pierre en Martinique sous un amas de flammes, de lave et de cendres le 6 mai 1902. En tant que seul survivant, Cyparis raconte à la première personne les détails de l’engloutissement de Saint-Pierre et comment il a pu survivre une telle catastrophe. Il revient en arrière pour expliquer les lentes transformations de l’évolution de l’homme, débutant en tant que petit-fils de l’homme-gorille des plaines de l’Afrique, devenu singe, orang-outang, être bipède, doué de paroles, et changeant de régime alimentaire. Capturé, il se retrouva enchaîné au fond des cales des négriers en partance pour le Nouveau Monde où sa force de travail fut exploitée « pour favoriser l’enrichissement de ceux qui fabriquaient les chaînes qu’on attachait à [ses] pieds. » Cyparis raconte son histoire avec sa perspective d’insulaire martiniquais, mais il aurait pu tout aussi bien être né au Brésil, en Haïti, aux États-unis, à Cuba…

    En fait, Cyparis symbolise l’homme noir et sa condition dans le monde. Il fut évangélisé par les missionnaires, devint prêtre, répandit la parole de Dieu, passa boxeur sous la houlette des entraîneurs et « gravit l’esplanade des rings » pour « rapporter plus d’argent aux Maîtres ». Cyparis a été tour à tour esclave manchot, dévoré par « des meutes de chiens galeux assoiffés de sang », lynché « dans une rue ensoleillée de l’Alabama », arrêté pour vol et incarcéré dans une cellule crasseuse de Saint-Pierre, combattant aguerri dans l’armée de Toussaint Louverture, « fusillé pour la millième fois sur la place publique du Cap Français le jour de l’arrestation de Toussaint Louverture »…

    Le véritable objectif du roman de Robert Large tient en ceci : dresser un portrait de la condition et du passé historique de l’homme noir à travers les siècles. Ce n’est pas un thème nouveau dans la littérature haïtienne. Il a été chanté par nombre de poètes : Jean Brierre, Jacques Roumain… Mais c’est la première fois à ma connaissance qu’il est traité dans les cadres du roman par un écrivain haïtien. Ce n’est pas une construction facile car il mobilise à la fois les techniques narratives et le lyrisme particulier cher aux poètes au sein d’un même texte. Grâce à ses qualités confirmées de poète et de romancier, Large a plus ou moins réussi son pari. « Partir sur un coursier de nuages » est un magnifique texte littéraire où se développent à l’infini des structures de formes et de significations que j’ai pris un plaisir immense à déguster. Je suis cependant un peu moins enthousiaste quant à la réussite des principes du récit contenu dans ce roman. Prenant comme point de départ la temporalité minimale de l’expérience humaine, Paul Ricœur (1986) explique ainsi le récit : « Tout ce qu’on raconte arrive dans le temps, prend du temps, se déroule temporellement ; et ce qui se déroule dans le temps peut être raconté. » (Du texte à l’action, Seuil, Paris). Un récit est toujours tendu vers sa fin et organisé en fonction de cette situation finale, d’après la majorité des théoriciens du récit. Ce critère est minimalisé dans le roman de Large malgré quelques excellentes remises en selle vers la fin du texte. On espère que la dernière partie de cette trilogie remette les choses en place.

    Contactez Hugues St. Fort à : Hugo274@aol.com
    Pour se procurer ce livre, Allez sur le site de l'auteur en cliquant sur le lien ci-dessous:

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    Bonne Lecture

  • Les Dossiers d'Aquitaine

    Les Editions les Dossiers d’Aquitaine viennent de lancer leur dernière anthologie : Monde de la Poésie

    Sur la quatrième de couverture, on lit ceci :
    « Les petits ruisseaux font les grandes rivières qui se perdent dans les immenses océans…
    Les petits poèmes, parfois, en disent long et pour longtemps…
    Dans cette anthologie, les mots se côtoient, brièvement certes, mais à jamais enlacés, pour notre plus grande joie…
    Amis lecteurs, laissez-vous surprendre… »
    Au milieu d’une centaine d’écrivains francophones, figurent dix poètes haïtiens :
    Franz Benjamin, Janie Bogart, Gary Klang, Jean Fayolle, Frantz Mars, Saint-John Kauss, André Fouad, Federel Alexandre, Josaphat-Robert Large et Lenous Supprice.

    Nous publions des extraits de trois de ces poètes :

    1- Gary Klang :

    Me revient l’effervescence des premiers jours
    Par la robe verte couleur d’espoir
    Je te croyais perdue dans les marées
    Au vent breton qui se perd dans la mer
    L’ombre de l’homme
    S’efface comme un très mauvais rêve
    Et soudain par magie d’une image
    Je te revois au soleil de Bretagne
    Avec les vaches qui n’étaient pas les mêmes

    Nous visitions Cambourg
    Port-Blanc Goasvininic
    Brocéliande et le château de la Roche-Jagu
    Comment épeler ces noms étranges au cœur des mémoires
    d’outre-tombe
    Ces noms bretons qui me font tant rêver
    Même si tu n’en dis mot pas même à Waterloo que tu compares
    aux champs à vaches sans rien voir de l’Histoire ni de l’épopée
    partie de l’île à la conquête de l’univers

    Je te revois soudain surgissant du passé
    Comme si des voiles jalouses t’avaient longtemps portée
    Donnant aux gestes à tout contact un goût amer
    Rendant la vie obscure
    Ecartant la lumière

    Mais le songe d’une image
    Et ton sourire
    Font renaître ce passé que je n’espérais plus


    2- Franz Benjamin :

    Une enfance aride
    cueillie à l’orée
    des matins blêmes

    une enfance de clous
    dans un pays perché
    sur les chiffons d’automne

    je dirai ma ville aux châteaux de cartes
    ma rue de panse trouée
    ma maison blessée

    je dirai l’eau de mon matin
    les arbres de mon jardin
    la pierre de mon gratte-ciel
    Jusqu’à l’éclosion des oliviers


    3- Janie Bogart :

    Par inadvertance j’entrai dans le monde de l’écriture les yeux fermés pour laisser la parole me diriger dans ma quête d’absolu. Il neige dans mon cœur et les mots tels des flocons éparpillés obstruent ce cœur qui s’efforce de palpiter en l’absence de l’amour. Je ne parlerai plus dans ces mots d’amour, de cœur et de bonheur puisque mes « je t’aime » me miroitent, puisque j’ai enseveli l’amour sans le savoir avec mes vingt ans.
    […] Je veux rentrer chez moi pour laisser la pluie couler sur mes déboires et dans mes incertitudes. Je veux rentrer chez moi et marcher pieds nus sur le vert gazon des prés, arracher au passage une tige de canne à sucre, un maïs vert, attraper une mangue mûre qui tombe,
    Je veux rentrer chez moi voir Jean jouer au football, Marie danser sur un rythme de guédé et Pierre jouer à la guitare. Je veux retourner chez moi, là où l’on me connaît, là où je ne suis point un numéro de sécurité sociale sur une liste.


    Pour placer une commande de l'Anthologie, s'adresser à :
    Dossiers d'Aquitaine,
    7, impasse Bardos
    33800 Bordeaux
    France

  • Article de Robenson Bernard dans le Nouvelliste

    LE NOUVELLISTE

    F o n d é e n 1 8 9 8
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    Section: Culture
    22 Août 2008

    Un roman ardent et lumineux

    Dans Partir sur coursier de nuages, on vit une chronique. Mieux: derrière l'anecdote, la masse des souvenirs et des peintures un superbe style artiste se précise. Perceptible. Ce roman à épisodes sirupeux, trépidants, ténébreux et enchantés s'attache, à plaisir, à son fil conducteur ancré dans l'histoire. Ou ses avatars.

    Ouvrir un nouveau roman de Josaphat-Robert Large ressemble à un rendez-vous jalousement espéré. On sait que l'on retrouvera, sans aucun doute, un récit dont la trame produit un effet de réel qui contribue à l'intensité dramatique. Le rythme est déterminé par les rapports entre le temps de la fiction (celui de la durée de l'intrigue) de la narration (celui nécessaire pour raconter l'histoire). Et ce, au moyen d'ellipses qui s'ajoutent aux repères temporels aussi bien qu'aux repères spatiaux.

    Partir sur un coursier de nuages, second tome de la trilogie les empreintes de la vie dont le premier Les terres entourées de larmes ( l'Harmattan 2002) avait remporté le prix littéraire des Caraïbes en 2003, semble restituer toute la mesure des techniques de construction romanesque de Dos Pasos. Il obéit au postulat des formes nouvelles de création du genre chères à Mussil et Durrell.

    Loin des routines narratives imprescriptibles, Josaphat-Robert Large demande au roman autre chose qu'un récit, une analyse, une étude socio-historique. Il propose que le roman soit une recherche, une quête esthétique avant d'être un récit soucieux des formes polyphoniques, musicales, stéréophoniques. Son intention est carrément phénoménologique, encore que s'y mêlent subjectivité et objectivité. Le roman est présenté comme une matière fluide, à essence poétique. On y entre à plaisir sans aucun désir d'en sortir. Cela va de soi.

    D'emblée, il est loisible de suivre l'aventure personnelle de Cyparis, le rescapé de la déflagration qui se déploya au-dessus de la Grand-Case puits de la Montagne-Guirlande. Explosion labyrinthique. Le fond du tableau n'est plus la réalité objective sur laquelle se découpe la silhouette du protagoniste, mais c'est son profil mythique qui domine une certaine tranche de l'histoire déjà légendaire en raison de la pneumatologie qu'elle sous-tend.

    Romancier de l'histoire, Josaphat-Robert Large entreprend d'amasser, de codifier et d'annoter le passé ou certains de ses aspects émouvants ou terribles avant qu'il ne se perde dans le tourbillon de l'oubli. C'est la tâche surhumaine qu'il s'est assignée. « L'Afrique est une forêt que mes pas ont arpenté de long en large. C'était le lieu où j'avais l'habitude de franchir tous les obstacles pour atteindre les bleds où se maintenait l'équilibre de mon existence ». ( p. 11)

    Le miroir brisé du romancier

    Clins d'oeil sur la revanche de l'Histoire, de l'assassinat systématique de la mémoire collective prise sous un angle d'éternité, instruction apparente du procès du néocolonialisme et de ses instances de légitimation, ce roman de Josaphat-Robert Large est tout cela. Et plus encore. Sûr d'avoir tout compris jusque dans ses idées reçues, le Narrateur est capable de toutes les émotions comme de toutes les lucidités. « Je suis né une fois dans le ventre d'un requin. Comme Jonas dans sa baleine. J'ai fait le tour du monde à l'intérieur du terrible prédateur, et c'est là que j'ai curieusement appris à me défendre ». (p. 12)

    En tout, c'est l'homme et l'homme seulement et les contours passionnants de son existence qui intéresse le romancier au miroir brisé, mais l'homme tel qu'il se sent lui-même, dans la méditation intime du moi plein et profond. La force de ses sentiments est telle qu'il lui faut un ciel, un purgatoire et un enfer pour pulvériser les motifs secrets de sa violence concentrée, de ses utopies jubilatoires, de son impossible idéal, de sa mélancolie presque toujours sérieuse et grâve. Quel auteur avait écrit, on est pessimiste pour rendre les tâches collectives encore plus urgentes. Large semble voué au pessimisme affectif, voire métaphysique. Son image s'apparente à celle de Sisyphe qui signifie que la douleur est sans remède et que le propre de cette souffrance c'est d'être encore plus pénible (par les temps qui courent), d'exiger de tous les hommes, dans une action concertée, solidaire l'effort qu'il faut sinon pour la vaincre du moins pour la contourner.

    Un écrivain nomade au sourire mi-ironique

    Ce roman aura le mérite de retenir l'attention à un double titre : c'est d'abord un projecteur qui se promène sur des pans entiers de notre vie (de peuple). Il reflète l'azur des cieux, la fange des bourbiers et le spectacle bigarré de nos nuits de veille. Ensuite, le livre expose, par ricochet, les lois générales de l'existence que le romancier a lui-même découvertes. En vrac. Tout le secret se trouve dans l'hybridité de la pratique de création romanesque de Large et du caractère nomade de l'écrivain qui arpente à sa guise les allées tristes et sombres du Soudan, du Nil, du Bahoruco, de la Martinique, de la Fossette, de la Havane et des Bateys : « lieux puants d'une autre forme d'esclavage ».

    Il faut prendre en compte le sens radicalement antithétique et prométhéen dans lequel Josaphat-Robert Large opère le choix qui inaugure sa démarche par rapport au roman classique conventionnel. Pénétré des défis de la modernité et de sa soif inextinguible, il analyse jusqu'à l'épuisement ou presque le domaine sous-jacent de ses perceptions. Phantasmes romantiques. Mais il y a le style de celui qui sait rendre légère et souple comme une plume chacune des 215 pages de ce roman qui ne cache ni ne modèle rien, mais dévoile bien des dimensions de la vie.

    Robenson Bernard
    Rbernard@LeNouvelliste.com
    Robernard2202@yahoo.fr

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    Copyright © 2008 Le Nouvelliste, Haïti. Tous droits réservés.

  • Interview accordée à TICKET MAGAZINE

    Ticket Magazine
    Numéro du 8 juillet 2008

    Josaphat Robert Large en voyage sur des coursiers de nuages


    Interview avec le journaliste Toussaint T. Jean-François

    Vient de paraitre chez L'Harmattan "Partir Sur un Coursier de Nuages", un roman signé Josaphat Robert Large, deuxième tome d'une trilogie, dont le premier, Les Terres entourées de larmes, a obtenu en 2003 le Prix Littéraire des Caraïbes...

    TJF: Josaphat-Robert Large, vous êtes poète, romancier et homme de théâtre. Si l'on se rappelle votre passage au sein de la troupe de Théâtre Kouidor aux côtés de Syto Cavé, Jacques Charlier, et consorts ...

    Présentez-vous aux lecteurs de Ticket Magazine?

    JRL: J’ai commencé avec la poésie, j’étais très jeune. J’avais au fil des ans découvert qu’écrire un poème était le moyen le plus sûr d’épancher mes sentiments quand la timidité quasiment maladive de ma jeunesse m’empêchait de le faire. Courtiser le premier cœur en a apporté la preuve la plus tangible. J’employais le même système pour alimenter une relation amoureuse. Les déceptions au niveau du social (les disparités qui sautaient aux yeux, les injustices), tout devenait prétexte à la composition de vers. Durant les premières années d’exil, j’ai eu la chance d’avoir rencontré à New York Syto Cavé et Jacques Charlier, deux amis jérémiens avec qui j’allais déclamer des vers à « La Pointe », lors des grandes vacances en Grand’Anse. Nous avons formé le noyau principal d’où allait prendre naissance la Troupe de théâtre Kouidor. Sont venus dans nos rangs, Hervé Denis, Georges Castéra fils, Cécile Corvington, Yanick Jean, Jean-Marie Roumer, Michel Aubri. Max Kénol, Eddy Guerrier, Daniel Huttinot, etc… Ces années dans le champ de la dramaturgie ont été enrichissantes, nous avons suivi des cours de Jean-Marie Serreau de passage à New York. Serreau était alors un metteur-en-scène français très connu.
    J’attaquais de front la timidité de la jeunesse qui gênait mes activités, tout en me livrant corps et âme aux choses de l’esprit. Mon passage au Greenwhich Village où j’ai travaillé avec des poètes américains à l’époque du bouillonnement culturel des "Hyppies" allait de pair avec l’ascension de Kouidor. J’ai alors rencontré Dylan, Marilyn Hacker et le romancier Samuel Delany. Mes lectures boulimiques m’entraînèrent dans le monde du Surréalisme qui fut longtemps source d’inspiration. Et les Claude Simon, Butor, Sarrault me firent admirer le Nouveau Roman. Avec ces yeux-là, je lisais mieux les Roumain, Alexis et Depestre. En fait, dans Kouidor, nous avons réalisé des montages avec Cahier d’un Retour au pays natal de Césaire (Que nous avons présentés à Fort-de-France en présence de l’auteur. (je parlerai un jour de ses réactions ces soirs-là)) et avec Journal d’un animal marin de Depestre. Parallèlement à l’expérience Kouidorienne et à celle du Village, je travaillais avec des membres du Groupe Houghenikon se trouvant à New York : Gérard Campfort, philosophe et poète, (mon préfacier qui m’a énormément aidé), Jean-Max Calvin et Jean-Claude Charles avec qui j’ai entretenu au fil des ans une amitié fraternelle. Nous observions avec intérêt les avancées du Groupe Tel Quel des Philippe Sollers, Marcelin Pleynet, etc...Et leur influence est visible dans nos textes de l’époque.
    Avec tous ses bagages qu’alimentaient mes lectures et relectures de Proust, de Flaubert, de Le Clezio, de Maalouf, de Roumain, de Lherisson, d’Alexis, de Marquez, il était plus que normal que je me jette dans le domaine romanesque.
    Dans Kouidor, nous employions les deux langues, le français et le créole. Certes, quand j’ai pris la décision d’écrire en créole, j’ai fréquenté un certain temps ceux de la "Sosyete Koukouy" de Miami. A l’époque, Jan Mapou, Kiki Wainwright, Gary Daniel, Michel-Ange Hyppolite, Lochard Noël et Janjan Désiré étaient les principaux poètes. Le linguiste Ernst Mirville m’a alors beaucoup aidé. C’est ainsi qu’a pris naissance le recueil Pè Sèt ! Dans les années 1990, la rencontre avec certains acteurs de la scène littéraire a eu un heureux apport. Je pense à Anthony Phelps avec qui j’ai été en Espagne pour la première fois, Claude Pierre et Jean-Claude Fignolé, des amis dont l’amitié remonte aux années formatives dans la Grand’Anse, Donald Assali, Lyonel et Evelyn Trouillot (avec qui j’avais aussi travaillé à New York), Jean-Euphèle Milcé, les professeurs Buteau , Acacia et enfin Gary Klang qui est jusqu’à date comme un frère. Voilà ! Un tour d’horizon qui englobe le principal, pour le retraçage des premiers pas dans la littérature.

    TJF: En 2003, avec le roman "Les Terres entourées de larmes", vous avez remporté le Prix Littéraire des Caraïbes. Un nouveau roman vient de paraître chez L'Harmattan, parlez-nous de ce roman Josaphat R. Large

    JRL: Partir sur un coursier de nuages est en fait le second tome d’une trilogie dont les terres entourées de larmes, le premier, avait remporté le Prix. Ce roman révèle bien le projet ambitieux de cette trilogie. Projet qui s’appuie sur trois axes : le fil de la narration (la petite histoire), la progression chronologique de l’Histoire d’Haïti (la grande) et l’évolution de l’écriture, d’un tome à l’autre. Il s’agit donc, si j’ose dire, d’une triple trilogie.

    TJF: D'ou est venue l'idée de cette trilogie?

    JRL : Suite à la parution des Terres, j’ai reçu des lettres de trois groupes de lecteurs d’horizons différents qui m’ont suggéré de continuer avec la Saga de la famille Cadet. Car, selon eux, la narration elle-même en appelait à cette suite. La demande la plus importante est venue d’un Français, avec la phrase suivante : « Car, après tout, Monsieur, vous ne pouvez laisser Gisèle seule sur un quai, dans la froidure d’un mois de décembre parisien » Or, ne voulant pas tomber dans le piège d’une histoire linéaire pour uniquement plaire à un lectorat, l’idée m’est venue d’essayer de réaliser trois trilogies en une seule. Car l’écriture aussi est trilogique, dont le registre varie d’un volume à l’autre. Ceux qui ont lu les Terres se retrouveront dans Partir mais ceux qui commenceront leur lecture avec ce second volume n’auront aucune difficulté à le lire. Chaque tome doit garder une sorte d’autonomie et ceci est aussi une condition sine qua non à la réussite de ce projet pour le moins qu’on puisse dire audacieux.

    TJF : Quelle est la thématique de cette trilogie?

    JRL: La Saga familiale des Cadet, avec pour toile de fond l’Histoire d’Haïti, utilise la thématique de l’amour pour le tissage des liens entre les générations. L’Histoire contribue fortement avec une approche thématique qui introduit le phénomène de l’errance. Le général Cadet tombe amoureux d’une femme de la République dominicaine alors qu’il est commandant en chef de l’armée de Boyer lors de l’occupation de la partie Est d’Hispaniola. Cette thématique joue une partition importante dans Partir, comme le suggère le titre d’ailleurs. L’exil entre en jeu puisque le rôle principal d’un dictateur haïtien est de déboulonner de leur position historique des tranches importantes de la communauté haïtienne.

    TJF: Dans le premier tome les femmes ont eu une place de première loge, au point qu'un article a paru dans le quotidien "Le Nouvelliste" sur le rôle des femmes dans ce roman de plus de 300 pages. Qu'en est-il pour Partir sur un coursier nuages?

    JRL: Vous posez de bonnes questions. Isabela-la-belle, la Dominicaine, joue le rôle le plus important dans le premier tome. Et tout se passe comme si elle servait aussi de modèle aux autres femmes du roman. Les deux sœurs qui épousent le même homme conduisent dans leur rôle le fil romanesque qui traverse ces livres. Malgré l’approche éclatée des deuxième et troisième tomes, ces femmes conduisent, je me répète, le fil de la narration vers sa fin. Je suis déjà à écrire ce troisième tome. Le ton est donné. Pour sa réussite, il faudra que j’arrive à tenir le rythme éclaté de son registre d’écriture, sur près de deux cents pages. On verra !

    TJF: En quoi ces deux romans sont-ils différents?

    JRL: Je crois avoir déjà répondu à cette question. Comme si je savais que vous la poseriez. (Rire entre nous) Ce sont surtout les registres d’écriture d’un tome à l’autre. C’est comme si dans un certain sens je piégeais mes lecteurs. Je les porte à aimer le premier tome qui est tissé avec les fils d’une écriture facile à suivre, et, soudainement, dans le deuxième tome, il y a un éclatement évident à ce niveau. Mais il faut faire de son mieux pour arriver à maîtriser l’écriture surtout quand on tient à aller jusqu’au bout de l’histoire. J’aurai gagné mon pari si les lecteurs du premier tome ont du plaisir à lire le second. Ensuite, toujours d’après moi, le lecteur qui arrive jusqu’à la dernière page de ce second tome voudra assurément lire le troisième. Car la fin du second est comme une introduction aux premières pages du troisième tome.

    TJF: Avec Les terres entourées de larmes, vous avez abordé une tranche de l'histoire d'Haïti, comment expliquer ce va-et-vient de la fiction au réel?
    Avez-vous fait le même choix pour Partir...

    JRL: Comme le dit si bien Barthes, le style de l’écrivain est « Le terme d’une métamorphose où se trouve incorporer son vécu ». Le déroulement de l’Histoire chez nous, ne se produit-il pas aux pôles importants de notre vie. Quel Haïtien n’a pas été affecté à un moment de sa vie par un fait historique. Certains ont même péri en prison, d’autres en bravant les mers lors de leurs traversées des océans pour voguer vers un mieux-être. D’autres, assassinés, victimes des fois, simplement, de fausses accusations. D’autres en exil. Enfin, la liste serait longue, où répertorier les effets de l’Histoire dans le courant de notre vie. Normal donc que cette tranche importante de notre vécu ait une place importante dans la pluralité de nos textes.

    TJF: Pourquoi ce choix?

    JRL: En parlant au début des trois trilogies en une seule, je crois avoir répondu au second volet de votre question.

    TJF: Quels sont vos projets littéraires à court à moyen termes?

    JRL: Les Presses nationales d’Haïti viennent de publier mon premier roman en créole : Rete ! Kote Lamèsi, dont le lancement officiel aura lieu, si je ne me trompe, lors de la semaine internationale du créole, au mois d’octobre. Voici pour le court terme. S’agissant du long terme, il y a le troisième tome de la trilogie qui est en chantier. Juste à côté de ce projet, il y a un recueil de poèmes en français qui se dessine. Je dis bien qui se dessine car cette écriture poétique accompagne l’écriture romanesque depuis quelques années. Après des heures de travail sur un roman, je jouis d’une sorte de relaxation en écrivant des poèmes. Un registre en influence-t-il l’autre ? Je n’en sais rien. Mais je fais un triage dans le tas pour y trouver les différents thèmes et construire un ou deux recueils avec ce que je jugerai valable dans ces centaines de pages. Il y a aussi un disque compact de poèmes en créole sur les rivières de la Grand’Anse, Eko Dlo: La Grandans debòde, avec un accompagnement musical d'Eddy Prophète, qui paraît cet été. Le projet d’un livre d’imageries sur la ville de Jérémie, Jérémie, l'éternellement belle me tient aussi à cœur. Je pars fort souvent à la chasse aux images dans tous les recoins de ma ville natale. Ce qui, une fois, a failli me coûter la vie. Au sommet de Caracoli, j’essayais lors de prendre une photo du Pont de la Grand’Anse, quand je vis arriver les gens du village machette en main. Ils pensaient que j’étais un descendant français venu récupérer « Une jarre » que mes arrières grands-parents auraient enfouie dans la zone. Je l’ai échappé belle. En passant, j’ai pu faire ma photo ailleurs. Voilà !

    TJF: Avez-vous un passage preféré dans ce roman? Si oui, lequel et qu'est-ce qui explique cette affinité entre l'auteur et sa création?

    JRL: C’est « La sixième tranche de l’histoire ». Une bataille entre les villageois haïtiens de la zone des Roseaux (Grand’Anse) avec des prêtres français du presbytère de l’endroit.J’ai employé dans cette scène les points forts de mon style. Enfin, selon moi. La tragi-comédie, la violence, les luttes de la vie qui ne mènent nulle part. Les chocs culturels qui n’en finissent pas de se produire dous les cieux des anciennes colonies. Les divergences religieuses, etc, etc...Je ne veux pas trop en parler. Ce serait de dévoiler un secret clef du livre. Au lecteur de le découvrir.

    Toussaint T. Jean François
    toussaintjeanfrancois@yahoo.fr

  • Rete, Kote Lamèsi (Presses Nationales d'Haïti 2008)

    NAN OKAZYON JOUNEN ENTÈNASYONAL LANG MANMAN TOUT NASYON, NAN MWA FEVRIYE 2008 LA, "PRESSES NATIONALES D’HAÏTI" AP PIBLIYE KÈK WOMAN AN KREYÒL. YOUN LADAN YO, SE “RETE, KOTE LAMÈSI ! ”, YON WOMAN OTÈ JOSAPHAT-ROBERT LARGE. N AP PIBLIYE 2 EKSTRÈ LADAN LI, POU APRESASYON LEKTÈ NOU YO.

    Ekstrè I

    Depi yè mwen chita la a, m’ap tann. Men, sa m’ap tann konsa ? La a, m’ap gade letan k’ap deplotonnen kò l ; mwen ap obsève yon òlòj kote lè ap disparèt san mizèrikòd. Zegwi òlòj la fware, kidonk, la a, m’ap swiv yon tan k’ap fennen devan je m. Men, sa m’ap tann pou mwen kòmanse chèche vre rezon ki fè m’la a, lakòz ki fè mwen rete kole sou teren lavi a. Sa m’ret ap fè la a ! Gade van k’ap pase, ouragan k’ap kase kòd tout sèvolan, bwote yo ale. Van ki ap demare kòd ki te makònen lespwa mwen ak lyann. Limyè ap danse sou tèt mwen, akote m, nan fenèt kay la. Mwen sitèlman ap fwole arebò legzistans, m’sanlè tonbe nan ravin dikdantan. Men sa m’ap fè la a, kote devenn kòde mare sou lonbraj mwen ap toufounen nanm mwen. Sa m’ap fè la a, fwenk, lavi m andegraba ap desann nan rigòl si ou konn dlo lapli. Mwen antre andedan tèt mwen pou mwen poze keksyon an : sa m’ap fè la a, alòske mwen gen yon fanm ki disparèt depi ayè. Ki ale ak kè mwen, ak kouraj mwen, ak zye mwen, ak zantray mwen. Sa m’ap fè la a ! Mwen ap tann on mirak ki ta sot nan syèl vin sove lesperans mwen. Tankou m’ap tann mirak depi mwen fèt. Tankou m’ap tann depi lakataw te fè taw sou tèt mòn. Sou tèt mòn ki ansent pou lespwa, sitèlman yo gen lontan y’ap tann Vyèj/Mirak tou. Rete, kote Lamèsi ? Mezanmi, kote fanm zantray mwen an !, manman kè m nan, ki kote li fè ? Se konmsi te gen yon van ki pase sou tèt kay la, yon van ki frape chanmòt chanm nan pou bwote Lamèsi ale ; yon van ki pran chapo m, voye l al viwonnen nan syèl la, pou salye fanm nan pandan li prale. Yon van ki voye tèt kay tòl al fè soukoup volant nan lespas, tankou toupi zetwal, ki voye tout fèy pye palmis anlè al plannen. Mezanmi ! Se depi yè wi, depi yè Lamèsi soti swadizan al nan dlo. Yè maten li te sizè. Depi lè sa a, mwen chita la a, m’ap tann. Gade wotè sèvolan Bondye k’ap file depi fenèt lalin. Mezanmi, mwen gen yon sigarèt etenn nan bouch mwen, m’ap bave lafimen, m’ap kalkile konbyen minit mwen fin pèdi nan trakasman sa a k’ap mòde kè m, ki ap mòde nanm mwen, ki ap mòde fyèl mwen. Fè lespri m kokobe. Wi, fanm mwen ale depi yè maten, swadizan al larivyè al chèche dlo. Epi, mwen chita la a, m’ap gade letan k’ap deplotonnen. Zwezo ap vole ak moso tan nan bèk yo, papiyon ap papiyonnen ak bout tan sou zèl yo, kolibri ap chante nòt tan, wanganègès ap danse ann ekilib sou lèzè, ti elis zèl yo ap fè tan vire. Mezanmi, sa m’ap fè la a. Solèy la, pandan l’ap leve, li gen yon kafe l’ap griye nan recho l. Yon kafe ki ap voye sant li al benyen latè. Maten an santi odè kafe. Yon ti lafimen fen ap fofile kò l al vizite kay chak moun nan zòn nan. Timoun kou granmoun ap leve nan mitan lafimen sa a. Mwen ap rele pou yo tande : Mezanmi, kote Lamèsi ? Depi yè maten wi, li ale larivyè l’al chèche dlo, tè a te glise, lakòz yon ti lapli ak grenn pitipiti, ak grenn dlo pi piti pase lawouze ki tonbe nan mitan lannwit. Epi, kote m’prale ? Chimen ki blayi kò l devan m nan, li pa pral okenn kote. Wout solèy la ap desinen lan maten an, pandan l’ap leve, s’on wout ki p’ap mennen pyès kote. Lanmè ki devan m nan, pou apante l, ou mèt pran vwalye, kannòt, bato, ou pap janm rive sou lorizon. Mwen tèlman raz, m’ap konte grenn bab ki ap pouse sou machwa m, pandan m’ap tann. Mwen tèlman raz, mwen wè cheve letan k’ap blanchi. Lavi a tou, li ap blanchi devan zye m. Mwen tèlman raz, kòn ap pouse sou tèt mwen, sou tèt vwazen mwen, sou tèt fanmi mwen, fè tout moun sanble ak bouk-kabrit, ak torobèf, ak sèf. Legzistans nou fin pouri. Mezanmi, kote nou prale ? Nou pa gen chimen devan nou. Pa gen santye nonplis. S’on ravin ki fann debò ki blayi devan m nan. Kote nou prale ? Pandanstan, linivè limenm, l’ap vanse. Nan miwa tan modèn, nan televisyon lavni, mwen wè tout pèp ap make lepa pou vanse, al nan randevou ak pwogrè. Mwen wè timoun lòt bò dlo ak linèt envansyon yo, y’ap kalkile ki distans ki separe lavi ak lavni. Mwenmenm menm, mwen la a, ak bourik chaje ak bannann mi, ak yon bann betiz nan lespri m. La a, mwen s’on madigra ki pap janm chanje inifòm.

    Ekstrè II

    Trèzyèm estasyon:

    Nan zòn katrèdimaten, bòs jankit leve, li gade lalin nan, li gade direksyon vwalye a, li di m, gason, epa ou konn navige. Eben ! al kouche kouche w, ban m volan an, mwen an plènfòm, m’sot pase yon lannwit benyen ak bèlrèv. Mèsi monkonpè. Mwen al blayi kò m nan tikwen m nan, mwen lage lespri m nan lesomèy. Lamèsi Ohhh, kokidò t’ap chante nan rèv mwen an, rete tann lòt bò dlo a, rete tann mwen wi !
    Opipiritchantan, on kout tonè ki manke pete tenpan m leve mwen nan dòmi kote m’te plonje a. Syèl la bouche ak yon bann nyaj nwa kon chabon, nyaj van ap bwote alevini nan tout lantouraj lespas la. Zèklè tankou epe limyè ap dechire lorizon. Yon tilafredite vlope ak tigrenn lapli ap fwete figi m. Pare kò nou, kaptenn an di, pare kòn n, jodi a, nou pra l bare ak move tan ! Men, gason, pa kite laperèz anvayi ou, vwalye a ou wè la a, s’on vwalye ki byen manbre, ou ta di se ak fè li fèt, tèlman li solid. Kaptenn nan ajoute, epi, menmenm ki sou gouvènay la, nan pwen move tan ki pou fè m pè ! Bòs la leve Tisirik ki t’ap dòmi toujou, malgre petarad loray kale ki t’ap fann syèl la de bò. Bondye move jodi a TiSirik deklare pandan l’ap lave je l. Fè yon kafe, kaptenn nan di li, fè yon kafe vit-e-prese, pou n mare kouray nou ansanm pou n sa sòti nan move tan sa a. Vwalye a ap danse nan mitan bann vag k’ap bouyi nan lanmè a. Lè li monte men wotè sou youn, li plonje ak tout fòs li nan mitan yon basen kote l’al kontre ak lòt vag. Se lè sa a, kaptenn nan, pandan vwalye a ap pike, li fè yon manèv ak gouvènay la ansanm ak vwal yo, fè vwalye a drese tèt li tankou yon chwal, al monte sou tèt on lòt vag. Van an limenm, sou bò pa l, otan n’ap vanse sou lanmè a, otan l’ap pran fòs. Ou tande bri l deyò a, tankou yon bann toro bèf k’ap kouri alevini nan lespas. Vag yo lè konsa, yo fin anraje, y’ap kalote arebò vwalye a ak tout fòs yo. Genyen ladan yo ki tèlman wo, se andedan batiman an menm yo vin blayi kò yo, youn apre lòt. Mezanmi, mwen di nan kè m, ou kwè se mouri m’vin mouri sou lanmè sa a ! Memwa m fè yon plonje nan lespas. Mwen rewè tèt mwen nan kal batiman «Négrier» yo, m’ap rame. San ap koule sou tout kò m, sou tout do m. Van !, van deyò a fin anraje. Van an leve batiman an men wotè, al fese li nan mitan yon bann vag. Ankò, kaptenn nan fè tèt bato a kanbre. Men, van an ogmante volim li, grapiyen fòs li mete nan yon bann van ki ap chasekwaze anlè a. Yo pase yon vitès siperyè, yo tout ansanm, konmsi yo te sòti pou kraze nou. Yo mete ak vag, y’atake nou ankò. Yo fè vwalye a vire ababòtribò, tankou yon topi, tankou yon fèy ki ap degrengole nan lespas, vwalye a, ou ta kwè li pral koule nan lantónwa lanmè. Dlo anvayi batiman an, vag yo, se tankou kout fwèt lapli ki ap fwete nou. Nou mare kò nou, youn ak lòt, pou okenn lan nou pa glise al tonbe nan lanmè. TiSirik pran de gwo gòdèt, li ban m youn, li di m, an nou wete dlo, an nou jete dlo. Lanmè a ap bouyi akote vwalye a. Kaptenn nan la, l’ap fè manèv. Gendelè, li kanpe, gendelè, li chita, gendelè, li ajenou. Vwal yo nan yon men, gouvènay la nan yon lòt, l’ap goumen ak van. Chak kou yon kokennchenn vag frape nou, li redrese tèt vwalye a. Tisirik avèk mwen, n’ap jete dlo. Otan dlo ap rantre, otan n’ap jete dlo. Mezanmi, mwen di, epa vwalye sa a s’on soumaren ! Mezanmi, se anba dlo wi n’ap file. Ni kapten nan, ni Tisirik, toulede tonbe ri m. Nou goumen ak van, nou goumen ak dlo, nou goumen ak lapli, jouktan nou rive nan yon kalmi, jouktan nou glise desann nan yon zòn kote dlo lanmè a vin frèt k’on tibebe, dous k’on siwolin. Lite nevèedmidimaten. Sa ki fè, batay la, li dire katrèdtan. Ti gason, kaptenn nan di, lamarin pa metye w, men jodi a, ou mèt di : ou se maren !
    Jouvajouvyen, kakajepalinèt : apre yon tan, s’on lòt. Vwalye a, kè kontan, ap file sou yon lanmè siwolin, van ap danse nan vwal li, tireyon solèy ap jwe anlè. Mwen chita lan tikwen m nan, m’ap panse. Solèy la maten an s’on miwa kote pwojè lanmou m ak Lamèsi ekri ak kreyon koulè wouj. Sadin ansanm ak pwasonvolan ap bat bravo pou li. Kaptenn nan di, ak fyète nan vwa li, n’ap rive sou waf Sen-Mak titalè konsa. Bravo ! Bravo ! Nou tout tonbe bat bravo !

  • 150ème Anniversaire des Fleurs du Mal

    Article Paru dans le Matin du 21 novembre 2007

    150e ANNIVERSAIRE DES FLEURS DU MAL / Baudelaire : Regards renouvelés sur les Fleurs

    Point Barre, revue mauricienne entièrement consacrée à la poésie contemporaine des auteurs locaux et étrangers, quelles que soient leur sensibilité et leur langue d’expression, célèbre dans son dernier numéro le 150e anniversaire des « Fleurs du mal » de Charles Baudelaire. Y ont collaboré des poètes haïtiens Claude Pierre et Josaphat-Robert Large.

    Point Barre, revue ouverte à toutes les tendances de la poésie contemporaine, propose dans son troisième numéro ce que vingt-quatre poètes (Mauriciens, Guadeloupéens, Réunionnais, Haïtiens, Tunisiens, Belges, Français) suggèrent comme inspiration nouvelle des « Fleurs du Mal » de Charles Baudelaire (1821-1867). «Nos Fleurs du Mal » (Cygnature Publications, 2007) offre l’occasion de redécouvrir la pensée de Baudelaire à travers des textes poétiques qui font écho à certains poèmes des Fleurs. La thématique explorée dans Point Barre numéro 3 l’axe nord-sud étant choisi angle trans-poétique est riche en surprises et plaisirs littéraires. La revue a été lancée conjointement avec la réédition de Baudelaire aux Mascareignes de Jean Urruty (Éditions Vizavi) au Centre Charles Baudelaire mardi.
    Le travail mené par les vingt-quatre poètes qui ont collaboré à cette nouvelle édition de Point Barre (chacun en quête de sa voie ou poursuivant une œuvre débutée depuis longtemps) cherche la synthèse entre des influences très diverses et un héritage moderne des Fleurs du Mal. Un tour d’horizon rapide fait apparaître les nouvelles lectures et inspirations des noms suivants : Edouard J. Maunick, Alex Jacquin-Ng, James Noël, Michel Ducasse, Arnaud Delcorte, Ananda Devi, Catherine Boudet, Claude Pierre, Yusuf Kadel, Daniel Maximin, Gillian Geneviève, Denis Heudré, Jean Claud Andou, Jocelyn Siou, Emmanuel Richon, Jeanne Gerval-Arouff, Ernest Moutoussamy, Judex Viramalay, Rattan Gujadhur, Josaphat-Robert Large, Sylvestre Lebon, Tahar Bekri, Umar Timol, Anil Rajendra Gopal. Leurs textes révèlent le lien qui les unit, les idées qui divergent autour de l’œuvre de Baudelaire.
    (.)
    mercredi 21 novembre 2007

    © 2006 Le matin, Conception: Paul R. Ménager

  • HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    1- Par Josaphat-Robert Large (Poète-Romancier)

    (Thomas Spear : Regard passionné et admirateur jeté des États-Unis d’Amérique sur l’espace de la littérature de notre île)

    Il était une fois, un Américain du nom de DeWitt Peters, tournant le dos aux activités pourtant multiples découlant de sa culture, jetait la lumière de ses connaissances sur le monde en gestation de la peinture haïtienne. Et le voile levé sur le travail qu’il encourageait fit découvrir, partout dans le monde, les palettes d’une centaine de peintres dont le talent n’eut de cesse d’étonner les esthètes de l’art. Le grand Malraux fut de ceux-là.
    Bien des années plus tard, le professeur Thomas Spear, Américain lui aussi (Ou devrais-je tout simplement dire New Yorkais), fait plonger ses préférences dans le champ de la littérature haïtienne. Et les résultats de ses efforts promettent de surpasser ceux obtenus par Dewitt Peters. Puisque le Site de littérature francophone « île-en-île » dont Spear est l’auteur, mutatis mutandis, attire déjà l’attention de tous ceux qui placent un intérêt dans le travail des écrivains des îles où la langue française, baignée de soleil, continue de rayonner. C’est un site bien encadré dans une perfection technologique indiscutable. Bernard Pivot lui-même n’a pas su résister à la tentation d’en parler dans sa fameuse émission « Bouillon de cultures » et le Journal « Le Monde », dans une livraison de son « le Monde des Livres », a jeté beaucoup d’encre pour porter aux nues le travail de Monsieur Spear.
    Le livre "Une journée haïtienne" (Mémoire d’encrier et Présence africaine, 2007), sous la direction du même Thomas Spear, est comme la goutte d’eau qui va faire déborder le vase des bienfaits qu’effectue ce professeur de CUNY, dans la sphère des valeurs haïtiennes. Nous préparons à son honneur un bouquet d’hommages que nous comptons lui offrir sous la forme d’un recueil. La reconnaissance, chers amis, n’est pas une faiblesse ! Il revient donc aux auteurs figurant dans « île-en-île » (et aussi aux admirateurs du Site) d’ajouter des branches à ce tronc en train de pousser. Allez-y, Messieurs et Dames, écrivains et écrivaines, envoyez-nous vos textes à l’adresse suivante : josaphatlaj@hotmail.com. Et faites-le vite, car le temps ces jours-ci, en passant à une vitesse vertigineuse, semble être plus pressé que jamais.

    Josaphat-Robert Large

    2- Par Gary Klang (Poète-Romancier)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR, HOMME LIBRE

    Il y a des gens qui se replient sur leur identité, leur île, leur nation ou que sais-je. Ils vivent chez eux, entre eux, et passent leur vie frileuse sans jamais rien connaître de l’extérieur. L’existence leur fait peur. Les nationalistes font partie de cette engeance.

    Il y a, en revanche, des gens grands ouverts sur l’extérieur, comme les fleurs, les arbres et la nature, et qui non contents de s’ouvrir à l’autre et de l’accepter tel quel, adoptent sa culture et la diffusent. C’est le cas de Thomas Spear. Thomas est américain, mais il fréquente surtout des Haïtiens et des gens du tiers-monde. C’est là qu’il s’épanouit, et sa ville de New York semble lui être étrangère. On dirait qu’il n’y est pas chez lui et, pourtant, des millions de gens aimeraient être new-yorkais. Mais lui s’en fout. C’est un homme libre.

    Il est le créateur du site île en île où il a mis de nombreux écrivains haïtiens qu’il a aidé à faire connaître dans le monde entier. Bernard Pivot et le journal Le Monde lui ont rendu hommage. Toujours souriant, toujours heureux de vous voir, il est pour moi le prototype de l’homme décontracté qui ne se complique jamais la vie. Être avec lui permet d’oublier les raseurs et les emmerdeurs, ceux qui se sont donné pour unique but dans l’existence d’empêcher l’autre d’être heureux.

    En plus du site, Thomas est aussi le maître d’œuvre du collectif, Une journée haïtienne, coédité par les Éditions Mémoire d’encrier et Présence Africaine, et où il réunit une quarantaine d’écrivains d’Haïti. Rassembleur une fois de plus, il montre ici encore sa générosité.

    Je veux te dire un grand merci pour tout, mon cher Thomas. Rien ne t’obligeait à t’occuper de nous.

    Gary Klang

    3- Roland Paret (Cinéaste-Romancier)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    Quelque part aux alentours des années trente du dix-neuvième siècle – c’était en tout cas avant Bismarck - des intellectuels allemands se réunirent à Paris en un congrès qui devait marquer le destin des Allemands. Le président prit la parole : « Nous autres Allemands, nous n’existons pas. Nous sommes une poussière de principautés, de royautés, de villes, mais comme nation nous n’existons que parce que nous parlons la même langue. Nous n’existons que parce que nous parlons la langue de Goethe. »
    L’entreprise de Thomas Spear ressemble un peu – beaucoup – à celle de cette réunion d’Allemands du Dix-huitième siècle : Voilà tout un peuple d’écrivains, de romanciers, de poètes, qui viennent d’Haïti mais qui sont d’origines culturelles, idéologiques, politiques différentes, parfois – souvent -diamétralement opposées. Ils ne se rencontrent que dans ce recueil. Dans « Une journée haïtienne » Ailleurs, ils ne se salueraient même pas. Seul, dans ce recueil, ils s’embrassent. Parce que là seulement nous entreprenons, chacun à notre manière, de présenter Haïti à la communauté des nations, et que là, nous essayons de vêtir l’être haïtien, puisqu’il va dans le monde, de cette étoffe qui est la soie dont, d’après nous, il doit s’habiller.

    Que Thomas Spear soit remercier !

    4- N. Donald Assali (Poète-Professeur de Littérature)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    A few years ago I had the opportunity to meet Professor Thomas Spear and his colleague Joëlle Vitiello in Haïti. The day I spent with them in Jacmel has been a fruitful experience for me.
    I wish to add that Professor Spear ahould be commended for the excellent work he has done and continues to do for the literature of Haiti.

    5- Dr Jean-Robert Léonidas (Médecin-écrivain)

    HOMMAGE À THOMAS SPEAR

    Thomas Spear, tel un luminaire, jette un éclairage intelligent sur la littérature et la pensée d’un monde. Comme par hasard, le premier poème de mon Parfum de bergamote est un éloge à la lumière. Pourquoi ne pas le lui dédier, à lui et à tous ceux qui font avancer les lettres haïtiennes.

    Luminaire ( Par Jean-Robert Léonidas)

    (extrait de Parfum de bergamote, cidihca Montréal, 2007)

    un afflux de lumière
    sur ma natte de jonc
    coule d’un luminaire
    me caresse le front

    dès lors artiste en pleurs
    je m’enrichis d’émoi
    dès lors arbuste en fleurs
    tout est fertile en moi

    le souffle des matins
    sifflotant dans les airs
    comme un parfum de thym
    envahit tous mes nerfs

    la poésie m’éclaire
    dans mes lombes s’ébat
    devient ma partenaire
    m’enjoint de mettre bas

    suprêmement vaincu
    je tremble en mes artères
    et la science cocue
    m’accuse d’adultère

    JEAN-ROBERT LÉONIDAS

  • Salon du Livre de Montréal (Mémoire d'encrier)

    Mémoire d’encrier
    au Salon du livre de Montréal

    Novembre 2007- Mémoire d’encrier est présente encore une fois au Salon du
    livre de Montréal au STAND 532 - DIMEDIA. Le salon se déroule du 14 au
    18 novembre 2007 à la Place Bonaventure.
    Nos auteurs invités pour cette 30ème édition du salon :
    1. Gary Victor (Haïti)
    2. Thomas C. Spear (États-Unis).

    Jeune maître du fantastique, Gary Victor est romancier et nouvelliste.
    Il réside à Port-au-Prince et signe son dernier titre Treize nouvelles vaudou,
    considéré comme un véritable régal.

    Thomas Spear vit à New York et enseigne à CUNY. Il dirige le collectif
    Une journée haïtienne, qui rassemble les textes de quarante auteurs haïtiens.
    Cet ouvrage est « désormais une référence », dit l’écrivain Édouard J. Maunick.

    Le militant et enseignant Normand Baillargeon est en signature avec
    le collectif Sève et sang, chants et poèmes de révolte et d’espoir ;
    Jean Florival, DUVALIER La face cachée de Papa Doc ;
    Gary Klang, Il est grand temps de rallumer les étoiles ;
    Marie-Julie Gagnon, Cartes postales d’Asie ;
    Anthony Phelps, Mon pays que voici.

    Venez rencontrer d’autres auteurs et amis de Mémoire d’encrier comme
    Stanley Péan (Jazzman) et Dany Laferrière ( Les années 80 dans ma vieille Ford).
    Venez enfin vous perdre dans le catalogue de Mémoire d’encrier : palette
    chaude, coloriée, diversifiée... comme un grand soleil de novembre !

    Mémoire d’encrier :
    une autre manière de lire, un pari sur l’Autre,
    sur l’imaginaire, et le vivre-ensemble.
    www.memoiredencrier.com
    Pour information : contacter Stéphanie Robert : smeraldinadenfer@hotmail.com

  • Parution de : "Une Journée haïtienne"

    Une co-édition entre Présence Africaine (Paris) et Mémoire d'Encrier (Canada)
    Sous la direction de Thomas Spear. Présentations de Maryse Condé, René Depestre et Edouard Maunick.

    Communiqué de Presse:

    Mémoire d’encrier et Présence africaine
    www.memoiredencrier.com ; www.presenceafricaine.com

    Une journée haïtienne
    Textes réunis et présentés par
    Thomas C. Spear

    40 écrivains haïtiens racontent Haïti !
    Le 21 juin 2006, solstice de l'été boréal, un appel est lancé pour célébrer Haïti. Décrire une journée haïtienne de la saison en cours. Quarante auteurs haïtiens (du dedans et du dehors) ont répondu à cet appel consistant à composer un texte à partir des impressions prises sur le vif.
    Ces brèves visions d'Haïti si différentes se retrouvent dans un recueil d'une seule journée, si spécifiquement haïtienne tout en étant universelle. Instantanés. Récits. Lettres. Poèmes. Fictions.
    Thomas C. Spear, né aux Etats-Unis, est professeur de littérature à CUNY. Il est le fondateur de Ile en Ile, célèbre site web, avec sa base de données d’auteurs insulaires francophones.
    --
    Parler par-delà les stéréotypes et les clichés, donner à sentir sa terre coincée entre l’image mythique du pays où la Négritude se mit debout pour la première fois et celle d’une nation pathétique, dégringolant de déchoucage en déception, tel est le défi que relève une moisson de natifs-natals, les uns connus, les autres
    à connaître, tous brûlant d’un irrépressible amour pour Haïti Toma.
    Maryse Condé

    On a affaire dans ce livre à diverses formes d’héroïsation de la difficulté d’être haïtien. On voit celle-ci aux prises avec le despotisme, la misère, la violence, la magie, la solitude de la tendresse et de la rage de vivre, dans le temps des humanités de la Caraïbe et dans l’éternité indestructible de l’espèce.
    René Depestre

    Décidément, combien généreuse cette Journée haïtienne, qui est désormais pour nous, une référence.
    Édouard J. Maunick

    Les auteurs : Marie-Célie Agnant, Georges Anglade, Bonel Auguste, Mimi Barthélémy, Dominique Batraville, Gérald Bloncourt, Jean-Marie Bourjolly, Georges Castera, Syto Cavé, Raymond Chassagne, Pierre Clitandre, Louis-Philippe Dalembert, Edwidge Danticat, Joël Des Rosiers, Jan J.Dominique, Gérard Étienne, Jessica Fièvre, Jean-Claude Fignolé, Odette Roy Fombrun, Frankétienne, Geneviève Gaillard-Vanté, Gary Klang, Dany Laferrière, Yanick Lahens, Josaphat-Robert Large, Jean-Robert Léonidas, Kettly Mars, Stéphane Martelly, Michel Monnin, James Noël, Margaret Papillon, Roland Paret, Claude C. Pierre, Paulette Poujol Oriol, Emmelie Prophète, Guy Junior Régis, Rodney Saint-Éloi, Évelyne Trouillot, Lyonel Trouillot, Gary Victor.

    En librairie le 5 novembre, 246 pages | 20 $
    Contact de presse : Patricia Lamy | (514) 525-7443 | patlamy@sympatico.ca

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