Blog / Commentaire sur l'article de Frank Laraque

vendredi 2 avril 2010 à 07:55



Commentaire de Lionel Martin sur l'article de Frank Laraque, autour du roman Partir sur un coursier de nuages de J-R Large

31 mars 2010
Professeur Franck Laraque

Vos réflexions sur le roman de Josaphat Large: Partir sur un coursier de nuages* ont réveillé dans ma ma mémoire émoussée par de traumatisantes vicissitudes et les luttes stériles et quotidiennes; les nostalgiques souvenirs de mon enfance.
Vos poignantes réminiscences puisées au fond d'un coeur meurtri par ce long voyage à travers le temps, vous ont conduit vers les rives du passé, vers vos rêves éteints, qui ne veulent pas mourir.
"Partir c'est mourir un peu"a dit le poète. Mais, ce départ délibéré vers les régions oniriques, est une aventure spirituelle, un 'pèlerinage sentimental aux sources de l'amour et du bonheur.
Les douloureuses évocations de notre tragique histoire, ont actualisé le combat insensé, cruel et inégal que nous avons mené contre les envahisseurs, les colons, les prédateurs, les faux patriotes, (et j'en passe).
Dans les forges de l'épreuve, ce peuple s'est acquis cet irreductible caractère qui l'a rendu invulnérable à la souffrance et à la misère.
Les anecdotes croustillantes: tel l'épisode de l'homélie improvisée de Paulémon (le fou) sur la chaire de l'église Saint Louis roi de France, pleine à craquer, au cours de la messe dominicale.
Pour ceux qui ont assisté à cette scène hilarante et pour les profanes incrédules et sceptiques; les images sont superflues, incapables de rendre dans la réalité absolue les profondes répercussions de cet incident mémorable.
Le souvenir est un poète
N'en fait pas un historien

Paul Géraldi
Les envolées d'un lyrisme passionné qui décrivent de façon poétique les vents aux couleurs différentes qui guident les marins expérimentés sur la mer houleuse de l'existence.
A, noir, E, blanc, I, rouge, U, vert, O, bleu: voyelles
Je dirai quelque jour vos naissances latentes,
A, noir corset velu de mouches éclatantes
Qui bombinent autour de puanteurs cruelles...

Arthur Rimbaud
Vous avez brossé, dans ce bref exposé, un tableau ombré de lumières subtiles et de magiques réminiscences, qui éclairent, à la fois, la pensée de l'auteur de Partir sur un coursier de nuages et la maîtrise incomparable d'un écrivain chevroné, qui, en peu de mots a fait pénétrer dans les arcanes secrets et le symbolisme envoûtant de cet ouvrage nostalgique.

Honneur et Respect !
Comme dirait Hérard Jadotte.

Lionel Martin
* Ce roman avait été sélectionné par l'Association Tout-Monde d'Edouard Glissant pour le Prix Carbet 2008.


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