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Articles avec le mot-clé 'amour' :


  • Alix Renaud chez France Loisirs

    Un roman d'Alix Renaud fait son entrée chez France Loisirs

    Le roman érotique À corps joie d'Alix Renaud, d'abord publié au Québec en 1985 par Nouvelle Optique, avait été réédité un peu plus tard par les Éditions Balzac, toujours à Montréal. Il a de nouveau été réédité en 2006, cette fois par La Musardine, à Paris, dans la collection «Lectures amoureuses» dirigée par nul autre que Jean-Jacques Pauvert.

    Depuis le début de l'été, À corps joie, réédité pour la troisième fois, fait désormais partie du catalogue du célèbre club France Loisirs (4 millions de membres).

    On peut en lire une brève présentation et un extrait à l'adresse suivante : http://www.franceloisirs.com/catalogue/produit...

    Notez qu'au Québec, l'édition de La Musardine est toujours disponible en libraire.

  • Le retour de mon Pays que Voici

    Le Retour de « Mon Pays que Voici »

    Par Josaphat-Robert Large

    Tout chef-d’œuvre arrive à traverser les courants du temps, à s’imposer si l’on peut dire dans un encadrement intemporel, après avoir surmonté diverses sortes d’obstacles, après avoir contourné nombre de pièges, jusqu’à atteindre le lieu où il s’imprègne dans le tissu même de la durée. Un chef-d’œuvre a la vie dure : il perdure sans ne rien perdre de sa finesse.

    C’est dans le champ de ces chefs-d’œuvre qu’il faut classer le recueil « Mon Pays que Voici » d’Anthony Phelps, ce long poème dont les vers chargés d’espoir, d’amour et de sensualité, avaient aidé les Haïtiens des années 1960 (ces exilés de l’espace, ces prisonniers dans les rues de leur propre pays, ces victimes d’une dictature odieuse) à se frayer une route sur la terre rugueuse de l’existence, pour se rendre vers un sommet du temps où contempler, en train de se lever, le soleil de l’espérance !

    Je me souviens de la réaction d’un ami poète en écoutant pour la première fois les échos de la voix d’Anthony Phelps se répercutant dans les salles où notre soif de valeurs prenait si souvent l’écoute :

    « Je me mets à genoux, j’ouvre mes bras au ciel pour crier en face de l’avenir : Voici enfin mon Pays ! »

    Phelps, poète humaniste, porte-parole des grandes douleurs du peuple haïtien, avec son verbe qui arrive à métamorphoser les formes sensibles du subconscient en phrases musicales, a peint sa ville de Port-au-Prince plongée dans les horreurs du duvaliérisme. C’était l’époque où l’on se levait pour constater que « Le soleil a un caillot de sang dans la gorge ». C’était l’époque où, pour avoir la vie sauve, on accueillait sans se plaindre « Le temps de se parler par signes ».

    L’enfance d’Anthony Phelps s’enracine dans cet espace port-au-princien : cette ville où poète, il découvre dès son jeune âge le langage de l’amour. Langage dont le vocabulaire lui fournit les mots quasiment magiques de sa poésie. Langage qui transforme son inspiration en vers élégants, gracieux, dans le dessein d’installer Haïti dans l’orbite de la modernité. Une Haïti épurée de toute présence dictatoriale ; une Haïti détachée du port des Occupations étrangères. Bref, un pays idéal :

    "Viendra le jour des cerfs-volants
    avec le vent chantant l’amour
    sur le double clavier des franges de couleurs
    Viendra le jour de plein soleil
    avec des fleurs à chaque branche
    et dans les mains l’épi doré de la bonne récolte
    Mais patiente mon fils
    Donne-moi ta main frêle
    et tes pas dans mes pas
    et ton oreille sur mon cœur
    écoute battre
    écoute vivre
    ma ville et mon Pays
    ta ville et ton Pays"

    Les Editions Mémoire d’Encrier de Rodney Saint-Eloi viennent de réaliser à Montréal une réédition du chef-d’œuvre de Phelps : "Mon Pays que Voici, suivi de Au jardin extravagant de la mémoire : parcours d’un écrivain !" C’est le retour triomphal d’une œuvre que les jeunes goûteront à la lumière d’une autre forme d’exil et non loin du martellement des bottes d’une Occupation cette fois multilatérale.

    Les vers ont conservé leur fraîcheur des années 1960 et, une fois n’est pas coutume, leurs vagues de rêves vont faire rêver d’autres lecteurs. Comme ça avait été le cas dans l’édition originale, le verbe phelpsien, bien cousu dans l’espace de la phrase, transforme la laideur en beauté et ouvre, en face de la haine instituée par le duvaliérisme, les panneaux à claire-voie d’une série de persiennes donnant sur l’amour.

    Le Prix de Poésie de Ouessant que décernent à Phelps les membres d’un Jury éblouis par la succulence de sa poésie, est-il le coup d’envoi tant attendu pour déclencher une série d’activités sur tout le territoire de notre (Pays que Voici), pour accueillir le retour de cet immense chef-d’œuvre. Poètes, romanciers, hommes de théâtre, artistes haïtiens, lecteurs amoureux de la poésie, mettons ensemble nos ressources pour rendre un hommage bien mérité à ce poète national, pendant qu’il est encore en vie.

    Josaphat-Robert Large
    Août 2007.