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Blog 73

Camarades Blogers , c'est ici que je copie tous ce qui m'interpele, y'a pas grand chose, je tapote que d'un doigt,forcément c'est plus long !!!
Allons-y de bon :) blogons ,c'est gratuit ou presque... :)


  • <<<Stratégie de la réussite>>>

    Un jour, un non-voyant

    était assis sur les marches d'un bâtiment avec un chapeau à ses

    pieds et un morceau de carton portant l'inscription :

    'Je suis aveugle, aidez-moi, s'il vous plait '. Un

    publicitaire qui se promenait près de là s'arrêta et remarqua qu'il

    n'y avait que quelques centimes dans son chapeau. Il se pencha et y

    versa sa monnaie, puis, sans demander son avis à l'homme, prit le

    carton, le retourna et y écrivit une autre phrase.. Le

    même après-midi, le publicitaire revint près de l'aveugle et vit

    que son chapeau était plein de monnaie et de billets.

    Le non-voyant reconnut le pas de l'homme et il lui> demanda si

    c'était lui qui avait réécrit sur son carton et ce qu'il avait

    noté. Le publicitaire répondit : ' Rien qui ne soit pas vrai,

    j'ai seulement réécrit ta phrase d'une autre manière. ', il sourit

    et s'en alla. Le non-voyant ne sut jamais que sur son

    carton il était écrit :'Aujourd'hui, c'est le

    printemps, et moi je ne peux pas le voir' Change ta

    stratégie quand les choses ne se passent pas bien et tu verras que

    ça ira mieux.

  • Nos amies les Femmes !

    Allez je me lance, advienne que pourra, j' :) les femmes :). . .le ciel m'en est témoin !
    On sait trés bien qu'en réunion,elles causent bcp des hommes alors je partage quelques moments d'humour pour se moquer un peu des dames :)






    Ouh la la , je vais me faire un tas d'amies moi ! :)

  • Bridget Riley



    Bridget Riley (née en 1931 à Londres en Angleterre) est une Artiste-peintre Op Art anglaise.

    La vue se brouille, lorsqu'on regarde un tableau de Bridget Riley. Les lignes ondulent, les surfaces planes se creusent d'abîmes. Depuis le début de sa carrière, l'artiste britannique, née en 1931 à Londres, explore les effets optiques de la couleur et de la forme. Le déclic se produit en 1959, lorsqu'elle copie un tableau de Seurat, Le Pont de Courbevoie. La juxtaposition des larges touches colorées, selon la technique pointilliste, produit l'éblouissement. Bridget Riley sera également influencée par les oeuvres cinématiques de Vasarely. Comme le montre cette rétrospective, elle ne cessera par la suite d'explorer les mécanismes de la perception, déclinant ses recherches en séries méthodiques. La combinaison, la répétition, l'interaction, le rapprochement, la perturbation des formes et des couleurs dynamisent ses compositions géométriques, introduisant la sensation de rythme et de mouvement. Cette exposition rassemble une soixantaine de tableaux, quelque 80 dessins explicitant le processus d'élaboration, ainsi qu'une peinture murale monumentale, spécialement créée par l'artiste.





    Bridget Riley, rétrospective du 12 juin au 14 septembre

    Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente la première rétrospective française consacrée au peintre britannique Bridget Riley. Depuis le début des années soixante, cette artiste de renommée internationale développe une œuvre abstraite fondée sur l’exploration des effets optiques de la couleur et de la forme.
    Bridget Riley, rétrospective du 12 juin au 14 septembre

  • Le spectre de la rose (Léo Ferré)

    Le spectre de la rose

    Tout est bien qui finit mal
    Tout est mal qui ne finit pas
    Et rien ne finit jamais
    Au commencement il y avait le verbe
    A la fin il n'y a que des fleurs sous le verbe
    Des dents sous les fleurs
    A croquer le rien de rien
    Comme un plat de resistance
    Et dans le cercle fermé de nos vissicitudes
    Tout est bien qui finit mal
    Adieu à tous
    Adieu à la décharge
    Et que vienne la vie donner la mort à qui voudra
    Et que vienne la mort rendre la vie à qui pourra la vivre
    Je rentre dans l'habitude et le confort de la solitude retrouvée
    Je suis seul avec vous et vous êtes vous avec moi

    Comme la mer s'en va là-bas
    Au bout de la marée au bout de rien
    Vers l'azur en vacances
    Et que durent vos vacances éternellement
    Et que durent vos vacances éternellement
    Je suis Nijinski Nijinki
    Le silence s'arrête pour donner le temps à la parole
    Et la parole vous crevera les yeux
    Parce que je parle à ce que vous voyez
    Aux orages de folie qui donnent la main à l'habitude
    Au savoir se tenir debout malgré tout
    Dans la folie dans l'exaspération des mots lancés comme ça au hasard
    Je t'aime toi qui part je t'aime toi qui reste



    Je saute regarde

    Et qui s'invente des mirages

    Je saute regarde

    Regarde la rose qui monte qui monte

    Et qui n’en finit pas de monter sans faner jamais

    Je suis le miracle et Dieu c’est moi

    Je saute regarde

    Regarde la rose qui monte qui monte

    Et qui n’en finit pas de monter sans faner jamais

    Je suis le miracle et Dieu c’est moi

    Je suis Nijinski c’est moi

    Je saute regarde

    Je suis l'oiseau sans aile et qui s'invente des mirages

    Je saute regarde

    Regarde la rose qui monte qui monte

    Et qui n’en finit pas de monter sans faner jamais

    Je suis Nijinsky Nijinsky voilà

    Regarde je saute

    Je suis le miracle et Dieu c’est moi

    Je suis le spectre de la rose

    Et hop !

    Tout est bien qui finit mal

    Tout est mal qui ne finit jamais

    Et rien ne finit jamais

    Au commencement il y avait le verbe

    A la fin il n’y a que des fleurs sous le verbe

    Des dents sous les fleurs

    A croquer le rien de rien

    Comme un plat de resistance

    Et dans le cercle fermé de nos vissicitudes

    Tout est bien qui finit mal

    Adieu à tous

    Adieu à la décharge

    Et que vienne la vie

    Donner la mort à qui voudra

    Et que vienne la mort

    Rendre la vie à qui pourra la vivre

    Je rentre dans l’habitude

    Et le confort de la solitude retrouvé

    Je suis seul avec vous

    Et vous êtes vous avec moi

    Le silence s’arrête

    Pour donner le temps à la parole

    Et la parole vous crevera les yeux

    Parce que je parle

    A ce que vous voyez

    Aux orages de folie

    Qui donnent la main à l’habitude

    Au savoir se tenir debout malgré tout

    Dans la folie

    Dans l’exaspération des mots

    Lancés comme ça au hasard

    Je t’aime toi qui part

    Je t’aime toi qui reste

    Et vous partez

    Sous le vent de mon souffle

    Comme la mer s’en va là-bas

    Au bout de la marée

    Au bout de rien

    Vers l’azur en vacances

    Et que durent vos vacances éternellement

    Je suis Nijinski

    Regarde

    Je saute

    Regarde

    Je suis l’oiseau sans aile

    Et qui s’invente des mirages

    Je saute

    Regarde

    Regarde la rose qui monte

    Qui monte

    Et qui n’en finit pas de monter

    Sans faner jamais

    Je suis le miracle

    Et Dieu c’est moi

    Je suis le spectre de la rose

    Et hop !

    Je t’aime toi qui part

    Je t’aime toi qui reste

    Et vous partez

    Sous le vent de mon souffle

    Comme la mer s’en va là-bas

    Au bout de la marée au bout de rien

    Vers l’azur en vacances

    Et que durent vos vacances éternellement

    SALUT


    (EXTRAIT DE LA PIECE DE RICHARD MARTIN "L'OPERA DES RATS"
    DIALOGUES de LEO FERRE)

  • The "Festival Express" (1970)



    Le Festival Express devait être un festival hors norme - un festival « mobile ». Les artistes devaient apparaître lors de différents concerts aux quatre coins du territoire canadien, de Toronto à Calgary. Le mode de déplacement devait être le train. Ce concept s’est révélé être un véritable coup de génie, et donna à cet événement une aura éternellement magique. La plupart des artistes avaient accepté de participer avec des cachets bien en deçà de ce qu’ils exigeaient habituellement. Les musiciens pensaient aussi que cette épopée en train serait « la fête ultime ».

    Festival Express Movie Trailer


    Et ils avaient raison… Ces cinq jours en train furent l’occasion unique pour des artistes divers et variés comme
    Rick Danko de The Band, Jerry Garcia, Janis Joplin, Delaney & Bonnie, et Buddy Guy de se détendre tous ensemble dans un environnement jamais recréé depuis. Livrés à eux-mêmes, ces grands noms de la musique s’en donnèrent à cœur joie : drogues, alcool, conversations psychédéliques et musique bigarrée, inimaginable pour tous ceux qui n’étaient pas présents.

    Rick Danko, Janis Joplin, Jerry Garcia


    Toutefois, tout comme Woodstock, le Festival Express a été victime de la contre culture de l’époque. Lors des deux journées d’ouverture, à Toronto, le ton fut donné. Le prix d’entrée était fixé à 14 dollars pour assister aux concerts de plus de vingt groupes sur deux jours. Pour certains, c’était une affaire. Mais pour d’autres, sensibles aux mouvements protestataires du moment, la musique devait rester gratuite pour tous. Un groupe bien organisé, dénommé le « M4M » (May 4th Movement) inonda la ville de tracts incitant à forcer les barrières au lieu de payer le billet d’entrée.

    Les scènes de chaos du concert de Toronto permettent de mieux comprendre la politique de l’époque. Les fans essaient d’escalader les barrières alors que la police montée tente en vain de les en dissuader. Dans ce contexte, la réponse de The Grateful Dead consista à organiser un concert gratuit dans un parc de la ville. Ce mini-festival a également été filmé, tout comme une conférence de presse organisée à Winnipeg, arrêt suivant du train, au cours de laquelle les promoteurs tentent de se justifier devant des médias hostiles. Quel qu’ait pu être le comportement des uns ou des autres, la musique est toujours au rendez-vous.

    Grateful Dead - New Speedway Boogie (197 …


    Les images du train sont tournées avec une ou deux caméras dans un style Cinéma vérité. Elles nous permettent d’entrevoir un mode de vie qui a peut-être disparu à jamais. Une vie où les rock stars font la fête au cours d’une tournée psychédélique dans le nord du Canada, alors que le train traverse des villes totalement inconnues aux noms improbables, comme Medicine Hat ou Moosejaw. Des images d’une frénésie de shopping à Saskatoon sont entrecoupées de celles de Janis Joplin chantant avec Jerry Garcia, Bob Weir et Rick Danko, de Delaney Bramlett en plein jam avec les membres de Mountain, du bassiste de Buddy Guy fredonnant des vieux airs de soul, etc.

    The Band - I Shall be Released


    Le montage du film correspond à l’époque du tournage. Les techniques télévisuelles modernes n’ont pas été utilisées. L’écran est parfois divisé en deux, ce qui permet visualiser de nombreuses heures d’images qui auraient sinon sombré dans l’oubli. Enfin, outre les échanges enregistrés lors du tournage, le film propose des interviews avec une sélection de musiciens, de techniciens et d’amateurs de musique présents à l’époque pour donner aux spectateurs d’aujourd’hui (et de demain) la pleine mesure de ce qui fut probablement
    la dernière grande virée rock & roll.

    Des vidéos à votre disposition en suivants les liens :)
    "Festival Express" (1970) dans le clan "Fondus de musique" :)

    :)

  • Martin Luther King a fait un rêve . . .

    Martin Luther King



    Militant non-violent et formidable orateur, Martin Luther King fut l’une des grandes figures spirituelles du XXème siècle. Participant activement à l’émancipation des Afro-américains alors victime de la ségrégation, il devint par la même, le symbole de l’entente et de la fraternité entre les peuples.
    Ayant toujours refusé de céder à la tentation de la violence, Martin Luther King devint en 1963, le plus jeune lauréat du prix Nobel de la Paix
    40 ans après sa mort, son combat contre les injustices et pour le respect d’autrui reste plus que jamais d’actualité.

    Les idées de non-violence, de justice et de réconciliation étaient au coeur du combat de Martin Luther
    King.

    Une action non-violente mais une pensée radicale

    Trop souvent, on a tendance à aseptiser la pensée de Martin Luther King, à en faire une sorte de pasteur, illuminé par la grâce, rejetant toute forme de violence et marchant vers la voie de la sainteté. La réalité est plus nuancée. Certes, l’homme était pasteur baptiste, et fortement influencé par la bible mais le message qu’il faisait passer n’avait rien de celui d’un enfant de chœur. Il ne faut pas oublier que Martin Luther King, en s’affirmant comme le leader de la lutte pour les droits civiques à partir de 1955, s’attaque à un système politique, social et économique qui, dans les Etats du Sud des Etats-Unis, est fondé sur la domination des blancs sur les noirs. Remettre en cause cette situation et pointer le racisme qui justifie un tel système de discriminations et de ségrégation amène de fait à une confrontation politique violente sur le modèle de société souhaité de part et d’autre.

    Martin Luther King veut, face à l’existence de cet ordre raciste injuste, délivrer un message politique. Pour lui, « la violence exercée par la pauvreté et l’humiliation blesse aussi douloureusement que la violence des matraques ». Les discriminations, les inégalités économiques et sociales ont fait des noirs américains une classe politique de laissés-pour-compte. Il faut partir en guerre contre la pauvreté et la ségrégation. MLK ne cautionne pas les violentes émeutes raciales de Watts à Los Angeles en 1965 mais il rappelle que, sans changement législatif et concret, on doit s’attendre à « des accès de rage massifs » car les noirs sont « négligés et privés de voix au chapitre ».

    La non-violence comme principe et comme stratégie. Un choix politique courageux

    Martin Luther King refuse d’obéir à la philosophie de la loi du Talion qui stipule « œil pour œil, dent pour dent ». Il préfère au contraire s’inspirer de la philosophie de la non-violence que Gandhi avait exercée en Inde afin de contester la domination coloniale de la Grande-Bretagne. Ce choix politique est loin d’être évident pour un militant des droits civiques qui agit dans le contexte raciste des Etats-Unis des années 1950. Par exemple, lors de la campagne pour la déségrégation à Birmingham, le choix de la non-violence relève d’un choix courageux, face aux lances à incendie et aux meutes de chiens. En leader politique, MLK a parfaitement compris qu’en faisant preuve d’exemplarité, il finirait par conquérir le cœur de tous les progressistes, blancs compris. Et effectivement, la non-violence s’avèrera fédératrice. Il a aussi constaté que répondre à la haine par la haine revenait à jouer contre son propre camp. Un mouvement politique ne se nourrit pas de l’échec et de la vengeance mais de « la victoire et de la raison ». La non-violence sera l’une des conditions pour obtenir gain de cause.
    Dans sa fameuse lettre ouverte écrite dans la prison de Birmingham où il répond à des prêtres blancs - qui disent que, face aux injustices sociales, il faut agir devant les tribunaux et non dans la rue -, Martin Luther King répond qu’il revendique l’action pacifique et directe. Pour lui, la désobéissance civile est une responsabilité morale. Il faut être capable de désobéir aux lois injustes, sans quoi les droits civiques ne seront jamais obtenus. Comme le disait MLK, « Une justice trop longtemps retardée est une justice refusée ». Privilégier une action directe et pacifique, créera une situation de crise telle, qu’elle ouvrira alors nécessairement la voie des négociations.

    MLK présentant son livre "Why we can’t wait"


    Le pouvoir de la non-violence. Un legs historique

    Aujourd’hui, on constate que la stratégie de MLK a été payante. En effet, les actions pacifiques, comme le boycott des bus à Montgomery, la campagne d’actions non-violentes de Birmingham, la marche sur Washington ont entraîné des modifications législatives conséquentes avec le « Civil Right act » en 1964 et le « Voting Right Act » en 1965. Ces lois ont fait des noirs des citoyens américains à part entière, en contribuant notamment à briser les dernières résistances législatives des Etats du Sud face à la logique de la déségrégation. Ces actions ont changé les lois mais aussi les mentalités. Grâce à Martin Luther King et à ceux qui se retrouvaient dans la philosophie et la stratégie qui étaient les siennes, un large mouvement d’éveil des consciences américaines a vu le jour.

    En finir avec l’injustice raciale : la bataille pour les droits civiques

    Dans son célèbre discours « I have a dream », prononcé le 28 août 1963 à Washington, Martin Luther King prononce cette phrase : « Le moment est venu d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier de la justice raciale. »
    Tout au long de son combat, Martin Luther King se bat pour en finir avec la plus criante manifestation de l’injustice : la ségrégation. Cette ségrégation qui sépare les noirs des blancs dans les transports, dans les établissements scolaires, dans les lieux publics, le pasteur la dénonce par des actions de résistance non-violentes comme le boycott, les marches ou les manifestations.
    Grâce - entre autre - à son combat, la ségrégation va d’ailleurs effectivement être mise à bas aux Etats-Unis. Ainsi, à partir de 1954, la Cour Suprême va déclarer contraires à la Constitution les lois dites « lois Jim Crow » (ces lois en vigueur dans les Etats du sud qui faisaient de la ségrégation une pratique légale).
    En 1964 et en 1965, ce sont les parlementaires américains qui porteront un coup fatal à la ségrégation. Tout d’abord en adoptant le Civil Rights Act, loi fédérale qui brise les résistances des Etats fédérés en matière de déségrégation. Ensuite en adoptant le Voting Rights Act grâce auquel les noirs deviennent des citoyens américains à part entière, en obtenant la levée de toute condition à l’exercice du droit de vote.
    Certes, les Noirs disposaient formellement du droit de vote au même titre que les Blancs depuis 1868 mais, par toute une série de conditions (tests de connaissances, clause du grand-père, paiement d’une taxe…) mais également d’intimidations (dissuadant les Noirs de s’inscrire sur les listes électorales ou d’user de leur droit de vote), ce droit de vote était illusoire dans beaucoup d’Etats. C’est pourquoi, dans ce contexte, le Voting Rights Act constitue une victoire juridique et politique fondamentale.
    Seulement, elle n’est pas suffisante. Souvent, les noirs subissaient encore les pressions des gros propriétaires terriens et votaient sous leur influence. Martin Luther King mène alors des campagnes pour s’inscrire sur les listes électorales pour qu’enfin les noirs américains puissent faire entendre leur voix politique.

    ...lors de son célèbre discours "I Have A Dream" le 28 août 1963.


    « L’inséparable sœur de l’injustice raciale, c’est l’injustice économique », M. Luther King

    Toujours dans son discours « I have a dream, Martin Luther King rappelle aux pouvoirs publics que les noirs américains veulent toucher le chèque de la liberté et de la justice promis par la Constitution. Car jusqu’alors « l’Amérique a délivré au peuple noir un chèque sans provisions. » Pour Martin Luther King, derrière le combat politique et moral pour l’égalité se cache un problème social auquel le gouvernement américain doit apporter des solutions. Le combat pour la justice n’est pas le seul fait des lois. En effet, comment un noir pourrait être sur un pied d’égalité avec un blanc s’il continue à être moins bien éduqué, moins bien logé, moins bien payé ? L’autre grande bataille, c’est donc celle pour la justice sociale. Un noir américain ne pourra être l’égal d’un blanc que si les mêmes chances de réussir lui sont données au départ. Tout comme n’importe quel blanc, le noir américain doit être à présent un membre actif et intégré de l’économie, de la société en général.
    Ce message social de Martin Luther King dépasse le clivage noir/blanc. Ce dépassement est certes du à sa formation de pasteur et donc à un message humaniste et universel issu de sa culture religieuse. Mais il provient également de l’expérience propre de Martin Luther King. Il raconte ainsi, dans son autobiographie, l’expérience qui a été la sienne lorsque, adolescent, il a été amené à travailler dans une usine. Il y raconte comment il a pu observer que le blanc pauvre était exploité tout autant que le noir. C’est pourquoi, pour MLK, il faut en finir avec toutes les injustices, quelle que soit la couleur de peau de ceux qui en sont victimes. On remarquera d’ailleurs que, dans sa lutte contre la pauvreté, MLK, tout en remarquant que la pauvreté touche évidemment les noirs au premier plan, doit aussi être éradiquée dans le reste de la société américaine. Il faut sans doute voir là aussi, au-delà de l’approche morale, une approche stratégique consistant à créer de la cohésion et du vivre ensemble par la démonstration qu’il existe des problèmes communs aux noirs et aux blancs.

    A l’aube des années cinquante, les Afro-américains, descendants d’esclave pour l’immense majorité, constituent une classe politique bien distincte. Dans cette période de bouleversements et de révoltes, certains sont tentés de prendre la voie de la vengeance. Un certain discours, revanchard et séparatiste, séduit alors une partie de ces laissés-pour-compte.
    Rencontré déjà avant la Seconde Guerre Mondiale autour de personnalités comme Marcus Garvey, on le retrouve également, notamment à partir des années 1950 et sur un mode beaucoup plus radical, chez les Black Muslims de la Nation of Islam. Le discours de Martin Luther King vient prendre ces sentiments à
    contre-pieds.

    Malcom X & MLK


    « I have a dream » ou vouloir vivre ensemble

    Martin Luther King n’aura de cesse de rejeter une logique de vengeance ou de revanche. Cette tendance sera notamment symbolisée par son célèbre discours « I have a dream », prononcé le 28 août 1963 à Washington : « Ne cherchons pas à étancher notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume. » Il refuse clairement ce discours qui consiste à répondre à la violence et à la haine par la violence et par la haine.
    Les blancs et les noirs doivent apprendre à vivre ensemble. Il fait ce rêve « qu’un jour, sur les collines rouges de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. » L’union des noirs et des blancs, c’est la condition sine qua non pour faire du peuple noir américain un peuple libre. C’est l’homme d’église mais aussi l’homme politique qui parle. Il sait que c’est à cette seule condition que la cause des noirs pourra être entendue et qu’un avenir est possible. Mais pour vivre ensemble, blancs et noirs doivent avant toute chose se réconcilier en faisant la paix.

    Vider les contentieux : une réconciliation possible à cette seule condition

    Martin Luther King rêve d’une société métissée où les noirs et les blancs se seront réconciliés, où ils sauront vivre en paix ensemble. Mais il ne s’agit ni d’une réconciliation naïve, ni d’une volonté de nier la réalité des noirs qui ont subi le racisme et la discrimination. Pour MLK - contrairement à ce que pouvaient affirmer ses détracteurs qui l’accusaient d’angélisme - se réconcilier ne signifie pas renier l’histoire douloureuse des afro-américains. Un vivre ensemble n’est possible que si la société américaine et l’Etat assument leur part de responsabilité. S’ils admettent que l’injustice, la ségrégation, l’humiliation et la honte ont été le lot quotidien des noirs américains pendant plusieurs siècles. S’ils admettent qu’il est difficile pour un homme d’apprendre à relever la tête quand on l’a toujours considéré comme un sous-homme. S’ils admettent enfin les ravages de l’esclavage, cette histoire sombre qui matrice le passé et le présent des familles afro-américaines. Martin Luther King a compris qu’il est indispensable - non seulement pour les noirs mais pour la société tout entière - qu’il y ait une reconnaissance de cette histoire et des injustices intolérables dont ont été victimes les noirs. Vider les contentieux, c’est admettre qu’il y a eu préjudice car les lois, à elles seules, ne suffisent pas à effacer les stigmates. Sans cette reconnaissance, la rancœur et l’amertume continueront à alimenter les esprits échauffés.

    Se réconcilier avant tout avec soi-même

    Sous l’impulsion du mouvement des droits civiques, les changements progressifs mais profonds que connaissent les Etats-Unis au cours des années cinquante, soixante et soixante-dix modifient très nettement la société américaine. Mais les mentalités des blancs ne changent pas aussi vite, et celles des noirs non plus. Si la bataille politique a été menée et en grande partie gagnée avec le vote du Civil Rights Act en 1964 et du Voting Rights Act en 1965, il en reste une, et certainement encore plus difficile : apprendre à se déconditionner. Comme le disait Luther King dans un discours au SCLC (Southern Christian Leadership Conference ) le 16 août 1967 :
    « Aussi longtemps que l’esprit est mis en esclavage, le corps ne peut jamais être libre. La liberté psychologique, un ferme sens d’estime de soi, est l’arme la plus puissante contre la longue nuit de l’esclavage physique. Aucune proclamation d’émancipation ne peut apporter totalement cette sorte de liberté. Le nègre sera libre quand il atteindra les profondeurs de son être et qu’il signera avec le stylo et l’encre de son humanité affirmée sa propre déclaration d’émancipation. Et avec un esprit tendu vers la vraie estime de soi, le nègre doit rejeter fièrement les menottes de l’auto-abnégation et dire à lui-même et au monde, "je suis quelqu’un. Je suis une personne. Je suis un homme avec dignité et honneur. J’ai une histoire riche et noble" ».

    Biographie

    Martin Luther King, né le 15 janvier 1929 à Atlanta (Géorgie), pasteur baptiste Afro-américain est un des fers de lance de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis, et ce depuis le milieu des années 50 jusqu’au 4 avril 1968, jour de son assassinat à Memphis.
    A la tête de la S.C.L.C. (Southern Christian Leadership Conference : « Conférence des Chrétiens Dirigeants du Sud »), il attire l’attention du monde entier sur le sort des citoyens noirs américains grâce aux manifestations non violentes qu’il met en œuvre selon les principes de non-violence de Gandhi. Son engagement personnel dans l’action directe non violente lui attirera un harcèlement judiciaire aussi violent que le seront les réactions des mouvements racistes et les répressions policières face aux grandes marches pacifiques qu’il organise. Entre 1957 et 1968, il parcourra 9 millions de kilomètres, prononcera 2500 discours dont le fameux « I have a dream » à Washington. Enfin, il est déclaré homme de l’année par le Time Magazine en 1963, ce qui lui confère une dimension mondiale avant de devenir en 1964 le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la Paix.

    Enfance et études

    Fils de pasteur comme son père et son grand-père, il grandit dans un milieu imprégné de morale évangélique comme la plupart des foyers de la classe moyenne américaine de l’époque. Avant d’embrasser la carrière sacerdotale, il effectue des études brillantes au Séminaire de Crozer en Pennsylvanie. Diplômé d’une Licence en Théologie qui l’a initié à l’évangélisme social et lui a fait lire Gandhi, il s’engage dans un doctorat de théologie à l’Université de Boston qu’il obtiendra en juin 1955.
    Auparavant, il est ordonné dans le temple de son père à Atlanta dès 1947 comme assistant de paroisse alors qu’il a déjà une activité intense au sein de la N.A.A.C.P. (National Association for the Advancement of Colored People). Cette « Association nationale pour le progrès des gens de couleur » est une organisation créée en 1909 qui jouera un rôle important dans le succès du Mouvement des Droits Civiques des années 50 et 60.
    Bien qu’issu d’un milieu relativement aisé, il n’en est pas moins concerné par la situation d’injustice sociale et d’insécurité morale qui frappe tous les citoyens noirs de son pays. Comme son père, Martin Luther King veut s’élever dans cette société et la faire évoluer en y acquérant de l’influence. Ce sera en tant que responsable spirituel car il en possède les qualités essentielles : le talent oratoire, l’opiniâtreté, le sens tactique et les qualités d’un théologien inspiré et d’un intellectuel créatif.
    Pendant ses études, où il se dote d’une solide érudition, sa pensée est marquée par le théologien américain Walter Rauschenbusch, les philosophes Henri-David Thoreau, Hegel ou le dirigeant politique Gandhi. Se définissant comme « personnaliste », il estimait que l’Eglise avait à jouer un rôle actif dans l’établissement de la justice sociale.

    MLK & Coretta Scott King son épouse en 1964


    En 1952, il rencontre Coretta Scott, pédagogue de formation et chanteuse, qu’il épouse le 18 juin 1953. Ils auront ensemble quatre enfants : Yolanda en 1955, Martin Luther III en 1957, Dexter Scott en 1961 et Bernice en 1963. L’année de son mariage, Martin Luther King devient le pasteur de l’église baptiste de l’avenue Dexter à Montgomery, ville de l’Alabama où vivent cinquante mille Noirs et quatre-vingt mille Blancs.
    Au moment de l’installation des King à Montgomery, le sud des Etats-Unis est marqué depuis longtemps par des violences commises contre les Noirs, notamment les meurtres en 1955 de l’adolescent Emmet Till, du pasteur activiste George W. Lee et du militant des droits civiques Lamar Smith.
    Pendant la période de l’esclavage jusqu’en 1865 et après la Reconstruction de 1876, une politique de ségrégation a été appliquée légalement aux Etats-Unis, consistant à séparer physiquement les personnes au regard de leur origine ou couleur de peau, dans les activités qu’elles exercent couramment ou les lieux publics où elles sont amenés à se rendre.
    Or, la N.A.A.C.P. lutte systématiquement contre la ségrégation en mettant au point au cas par cas des stratégies non violentes. Une stratégie consiste par exemple, à provoquer une arrestation pour déclencher un procès, puis de faire appel en espérant que la Cour suprême finisse par déclarer anticonstitutionnelle la ségrégation là où elle a été constatée. C’est cette tactique qui conduit à l’arrêt Brown vs Board of Education en 1954.

    Boycott des bus

    Le 1er décembre 1955, Rosa Parks, une femme noire d’une quarantaine d’années, couturière de profession et militante de la N.A.A.C.P., refuse de laisser sa place dans le bus à un voyageur blanc. Elle est arrêtée pour avoir violé les lois ségrégationnistes de la ville. Martin Luther King, avec l’aide du pasteur Ralph Abernathy et d’Edgar Nixon, décident de mener le boycott des bus de Montgomery.
    La population noire soutient le mouvement et un système de covoiturage est organisé avec les automobilistes et les taxis volontaires, tandis que la plupart des gens se déplacent à bicyclette, en carriole ou à pieds. Les militants créent la Montgomery Improvement Association (M.I.A.) pour encourager l’entraide des passagers noirs, au cas où le mouvement durerait. Il va durer 182 jours et c’est King qui est choisi pour diriger cette association.
    Il est arrêté pendant cette campagne qui devient tendue quand des ségrégationnistes blancs ont recours au terrorisme : les domiciles de Martin Luther King, de Ralph Abernathy et quatre églises sont attaqués à la bombe incendiaire. Des boycotters sont également attaqués physiquement mais ce sont 40 000 Noirs qui continuent de résister pacifiquement jusqu’à ce que la compagnie de bus se retrouve au bord de la faillite.
    La Cour suprême des Etats-Unis déclare le 13 novembre 1956 la ségrégation illégale dans les autobus, autant que dans les restaurants, écoles et autres lieux publics. Ce qui avait commencé comme une action judiciaire de plus s’est transformé en un mouvement populaire non violent qui a attiré l’attention du pays tout entier sur Montgomery.
    Non seulement le boycott des bus de Montgomery fonde le Mouvement pour les Droits Civiques, mais son leader, Martin Luther King, devient une personnalité nationale et un homme politique de premier ordre.

    Rosa Parks


    Extension de l'action

    Martin Luther King, leader incontesté dès lors du mouvement de résistance des Noirs, participe dès janvier 1957 à une rencontre de dirigeants noirs de dix Etats du Sud pour former une organisation censée encadrer le Mouvement des Droits Civiques et aider les populations à s’organiser activement. Il s’agit de la S.C.L.C. (Southern Christian Leadership Conference ou « Conférence des Dirigeants Chrétiens du Sud ») dont King est élu président et qui le restera jusqu’à sa mort.
    Pendant cette année 1957, il parcourt des dizaines de milliers de kilomètres, prononce plus de deux cents discours, inspirés de la philosophie de désobéissance civile non violente de H. D. Thoreau, telle qu’elle a été appliquée avec succès en Inde par Gandhi. La défense des droits civiques devient le leitmotiv de toutes ses allocutions dont à l’action non violente et le respect de soi sont les seules armes viables.
    Pour preuve de la popularité grandissante de King, le Premier ministre du Ghana, Kwame Nkrumah, l’invite en mars 1957 aux cérémonies qui marquent l’indépendance de cette ancienne colonie britannique. Dès son retour d’Afrique, la S.C.L.C. et la N.A.A.C.P. décident d’organiser une manifestation à Washington le 17 mai 1957 pour le troisième anniversaire de la décision de la Cour suprême de supprimer la ségrégation dans les écoles.
    Ovationné ce jour-là par trente mille Noirs et quelques Blancs, King est reçu avec d’autres dirigeants noirs en audience par le vice-Président Nixon quelques jours plus tard puis, le 23 juin, par Eisenhower. Malgré la force de conviction des militants et leur pouvoir d’influence grandissant, ils ne reçoivent aucune garantie d’application des lois affirmant l’égalité raciale en général et le droit de vote des Noirs en particulier.
    Martin Luther King continue à être régulièrement molesté y compris par des agents de police ou par des campagnes de diffamation présentant le pasteur de l’Alabama comme un communiste. En septembre 1958, alors qu’il signe des exemplaires de son livre Stride toward freedom (La Marche vers la liberté) dans un magasin de Harlem, une femme exaltée lui plante un coupe-papier dans la poitrine. King s’en sort de justesse et pardonne son agresseur dans une déclaration à la presse où il souligne « le climat de haine et d’amertume qui imprègne totalement » la nation américaine et « le besoin urgent de la non-violence pour gouverner les affaires des hommes ».
    Après sa convalescence chez le révérend Sandy F. Ray, King se rend en Inde sur l’invitation de Nehru en février 1959 où, voyageant avec sa femme sur les traces de Gandhi, il déclarera dans l’Etat du Kerala à l’extrême sud de l’Inde : « Oui, je suis un intouchable, et chaque Noir aux Etats-Unis d’Amérique est un intouchable. » Il fera quelques escales sur le chemin de retour aux Etats-Unis fin mars, dont à Jérusalem et au Caire.
    L’apparition de nouvelles forces a entraîné une crise dans les relations raciales. Dans une société transformée par les deux conflits mondiaux et les progrès de l’industrie, ces bouleversements sociaux ont fait apparaître aux Noirs l’opportunité de sortir de leur isolement rural pour améliorer leurs conditions économiques, acquérir une bonne instruction et ouvrir leurs horizons.
    Mais la situation de la population noire et pauvre aux Etats-Unis n’évolue guère en matière de droits civiques pendant l’année 1959. Le gouvernement fait quelques gestes symboliques, en octroyant par exemple l’inscription de quelques élèves noirs dans une école blanche pour la proclamer « intégrée ». Six ans après l’arrêt Brown of Education, seulement 1 % des enfants noirs du Sud sont scolarisés dans des écoles intégrées.
    C’est dans ce contexte socioculturel que d’autres voix revendicatives des droits des Noirs se démarquent de la démarche non violente de King et commencent, sous la direction d’Elijah Muhammad des Black Muslims ou de Malcolm X, à acquérir une large audience, surtout dans les ghettos noirs des grandes villes du Nord, en prônant un combat agressif basé sur le radicalisme religieux, l’autodéfense et le nationalisme noir.

    Le Pasteur de l'Alabama

    A la fin de 1959, la famille King quittent Montgomery où Martin Luther, vu ses fonctions à la tête de la S.C.L.C., ne peut plus assurer un service pastoral normal, et ils s’installent à Atlanta (Alabama) où King prend la succession de son père comme co-pasteur de l’église baptiste Ebenezer (qui signifie « la pierre de secours » en hébreu). Il écrit le livre The Measure of A Man (La Mesure d’un homme) où il tente de dépeindre une structure optimale de la société politique, sociale et économique des Etats-Unis, livre dont sera tirée la pièce What is Man ?
    Il espère que les protestations non violentes organisées contre le système de ségrégation au Sud connu sous les lois « Jim Crow » vont amener une importante couverture médiatique et qu’une vague de sympathie de l’opinion publique pour le Mouvement des Droits Civiques résultera des nombreux reportages sur les privations et humiliations quotidiennes des Noirs ou sur les violences exercées par les ségrégationnistes sur les militants des droits civiques.
    Lorsqu’à Greensboro, en Caroline du Nord, quatre étudiants noirs s’installent le 1er février 1960 dans un buffet réservé aux Blancs et refusent d’en partir, une station de radio transmet immédiatement l’information et aussitôt, des dizaines d’étudiants viennent en renfort soutenir leurs camarades : les sit-in (occupation des lieux) viennent de faire leur apparition comme tactique de masse et essaiment dans toute la région. Cette autre forme de lutte non violente permet d’accomplir l’intégration des ségrégés dans toutes sortes de lieux publics, non sans violence de la part des ségrégationnistes : injures, coups et blessures reçus ne sont suivis d’aucune réplique de la part des protestataires pacifiques, qui prient et supportent tout dans la dignité.
    C’est aussi en 1960 que des jeunes de la S.C.L.C. organisent un groupe distinct qu’ils nomment Student Nonviolent Coordinating Committee (S.N.C.C. ou Snick). Ce « comité de coordination des étudiants non violents » s’éloignera de la non-violence quelques années plus tard sous l’influence de Stokely Carmichael.
    En février de la même année, King est arrêté par l’Etat de l’Alabama sous l’accusation d’avoir fait de fausses déclarations de revenus en 1956 et 1958. Il sera acquitté le 28 mai par un jury populaire composé exclusivement de Blancs grâce au courage et à l’éloquence de ses avocats. Mais fin octobre, il sera à nouveau arrêté à la suite de sa participation aux campagnes non violentes destinées à obtenir l’intégration raciale sur les lieux réservés à la restauration dans les magasins d’Atlanta.
    Les accusations sont abandonnées en ce qui concerne sa participation aux sit-in, mais King est maintenu en détention pour avoir enfreint les règles de sa mise en liberté conditionnelle par une infraction au code de la route survenue antérieurement. Pendant son transfert au pénitencier de l’Etat de Géorgie, à Redsville distant de trois cents kilomètres d’Atlanta, il est traité comme un criminel endurci, ligoté tout le long du voyage sans boire ni manger. Il ne sera libéré deux jours plus tard que grâce à l’intervention de Robert Kennedy, quelques semaines avant la victoire de John aux élections présidentielles.



    Les voyages de la liberté

    En 1961, un nouveau moyen d’action apparaît organisé par le CORE (Congress Of Racial Equality, « Congrès pour l’égalité raciale ») : les freedom rides ou « voyages de la liberté », consistent à faire voyager dans les Etats du Sud des Noirs et des Blancs qui apportent leur soutien à la population noire et testent les lois de ségrégation.
    Le premier bus des freedom rides quitte Washington pour la Nouvelle-Orléans le 4 mai et le trajet est émaillé de violence provenant de Blancs racistes et des autorités qui entendent mettre fin à cette "provocation". Le 13 mai, King accueille les riders à Atlanta et leur recommande de ne pas traverser l’Alabama, en vain : le lendemain, près d’Anniston, une foule vociférante met le feu au bus et tente de bloquer ses portes pour que les voyageurs soient brûlés vifs. Ils sont sauvés in extremis par un policier qui leur évite de justesse le lynchage.
    L’Attorney General exprime la position officielle de l’administration Kennedy : la loi impose la déségrégation des écoles publiques. A l’été 1961, les gares routières sont déségrégées et la garde nationale est mobilisée pour escorter les bus des riders.
    Le 15 décembre, King arrive à Albany, appelé par la Dr W. G. Anderson, chef du Mouvement d’Albany où toutes les formes de discrimination ont été simultanément déployées : de la ségrégation dans les écoles et lieux publics, au déni du droit de vote en totale contradiction avec le Premier Amendement de la Constitution. Le lendemain, King est arrêté avec plus de sept cents contestataires d’Albany. Il est condamné le 10 juillet à une peine de quarante-cinq jours de prison, mais la quitte au bout de deux grâce au paiement de son amende par une personne désirant rester anonyme.
    Le mouvement s’étiole peu à peu car des divisions se font jour entre les jeunes Noirs radicaux qui veulent en découdre avec la police et King qui tient aux principes de non-violence. King demande une halte de toutes les protestations suite à des jets de pierres sur la police par des jeunes Noirs. Il organise une manifestation en forme de séance de prière devant l’hôtel de ville d’Albany qui se termine par son arrestation.
    Il quitte la prison le 10 août et accepte de mettre fin aux manifestations pour racheter les excès de violence commis. Si le mouvement à Albany n’obtient pas de résultats immédiats malgré la mobilisation, King en retire la leçon de se concentrer sur des sujets spécifiques afin d’obtenir des victoires symboliques. Pour autant, l’activisme local continue et le printemps suivant, la ville annule toutes ses lois ségrégationnistes.

    La lettre de Birmingham

    Conscient qu’il doit faire la preuve de l’efficacité de la non-violence, Martin Luther King lance une campagne de contestations à Birmingham avec la S.C.L.C. et l’Alabama Christian Movement for Human Rights au printemps 1963, après que Albert Boutwell remporte les élections à la mairie de Birmingham contre le commissaire de police, Eugene « Bull » Connor (surnommé « le Taureau »).
    A Birmingham, symbole d’intolérance raciste et de violences sanglantes dès les années 30, dû au rapport de force entre les pouvoirs publics et les syndicats, les droits de l’homme étaient bafoués depuis longtemps, quand un pasteur local et un militant des droits civiques, Fred Shuttleworth, appelle Martin Luther King pour l’aider à renverser Bull Connor et son règne de la terreur.
    Ils décident de mettre à exécution le « Projet C », comme confrontation : par une manifestation pacifique, il s’agissait de pousser les forces policières à intervenir face aux caméras et reporteurs, quitte à ce qu’elles abusent de leur pouvoir pour que l’Amérique entière y assiste. Contre des hommes, des femmes et des enfants, la police utilise des lances d’incendie, des chiens d’attaque et des bombes lacrymogènes. Ce spectacle fait le tour du monde.
    Bravant une ordonnance judiciaire, King et Abernathy décident de se joindre aux manifestants le 12 avril (un vendredi saint). Ils sont incarcérés parmi plus de trois mille personnes. C’est lors de ce séjour en prison que, porté par sa foi et par sa confiance dans le Mouvement, le pasteur de l’Alabama répond par une longue lettre à une coordination de pasteurs et de rabbins locaux qui enjoignent les « agitateurs de l’extérieur » de mettre fin aux manifestations.
    C’est la fameuse Lettre de la geôle de Birmingham où il affirme la nécessité de la désobéissance civique et de la protestation non violente car « il est mauvais d’user de moyens immoraux pour atteindre des buts moraux » autant que « de moyens moraux pour atteindre des fins immorales ». Il démontre que l’action directe non violente donne des résultats plus rapides que les juridictions : « Nous attendons depuis plus de trois cent quarante ans… il y a un moment […] où les hommes ne veulent plus vivre dans les abysses du désespoir. » Et il signe : « Vôtre pour la paix et la fraternité, Martin Luther King, Jr. »
    Le mouvement de Birmingham se termine environ un mois après la libération de King et d’Abernathy avec l’intervention des troupes fédérales, le 13 mai 1963. Avant cela, la police de la ville se distingue encore en arrêtant des centaines de jeunes ayant participé à la « Croisade des enfants » organisée par quelques membres de la S.C.L.C. Par ailleurs, le motel où réside King ainsi que le domicile de son frère, le révérend A. D. King, sont incendiés.

    La marche sur Washington



    Un mois après ces événements, le 11 juin 1963, le président Kennedy annonce une nouvelle proposition de loi sur les droits civiques. Et onze jours plus tard, il rencontre Martin Luther King pour le convaincre de changer le message de la marche pour les emplois et la liberté, organisée par les six grandes formations de défense des droits civiques.
    Le but initial de la marche du 28 août est de démontrer l’échec du gouvernement fédéral à assurer les droits et la sécurité des Afro-américains des Etats du Sud. Le groupe des six accepte sur l’insistance présidentielle de faire passer un message moins radical. Certains activistes des droits civiques, comme Malcom X, y voient une version édulcorée de leur lutte et rebaptisent la marche « la farce de Washington ».
    Pourtant, plus de deux cent cinquante mille personnes noires et blanches participent à la Marche sur Washington et se réunissent face au Capitole, dans ce qui est la plus grande manifestation ayant eu lieu jusqu’ici dans l’histoire de la capitale américaine. King y délivre son fameux discours « I have a dream » où il manifeste, dans un puissant sermon qui fait suite au discours, sa ferme volonté de connaître une Amérique fraternelle.



    Il prononce cette déclaration un siècle exactement après le discours d’abolition de l’esclavage de Lincoln sur le champ de bataille de Gettysburg et se hisse à son niveau en lui faisant écho. Retransmis en direct par trois chaînes de télévision nationale, ce discours transforme une manifestation en événement historique où King rappelle les idéaux de justice et d’égalité, et demande que la couleur de la peau ne soit plus un handicap ou un malheur aux Etats-Unis.
    Deux semaines plus tard, une charge de dynamite ravage l’église baptiste de la 16e rue de Birmingham, tuant quatre fillettes noires. King, qui rencontre à nouveau Kennedy, prononce leur éloge funèbre le 22 septembre. Mais cette explosion de violence fait vaciller la détermination de certains militants de la lutte non violente, comme Anne Moody qui déclare : « plus jamais je ne serai battue par un homme blanc […] La non-violence est terminée. »
    Le 22 novembre 1963, J. F. Kennedy est assassiné à Dallas. Martin Luther King, las et déprimé, écrit : « La perte personnelle, pour chacun de nous, est profonde et écrasante ; la perte pour le monde et accablante. » Et il prophétise : « Voilà ce qui va m’arriver à moi aussi. Cette société est malade. »



    Vers la loi des Droits Civiques

    avec le Président Lyndon Johnson...


    Alors que le Mouvement pour les Droits Civiques connaît une baisse de moral, la popularité de Martin Luther King atteint des sommets en 1964. Et tandis que l’assassinat politique a remplacé le lynchage comme arme raciste, le Président Johnson fait voter le 2 juillet 1964 la loi Civil Right Act interdisant les discriminations basées sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l’origine concernant l’emploi, l’éducation et le logement.
    Le 1er mars 1964, le magazine Times a fait de King son « homme de l’année » pour 1963. Et le 14 octobre, King reçoit le Prix Nobel de la Paix pour avoir mené, en tant que membre de la branche américaine de la Réconciliation, une résistance non violente aux préjudices raciaux aux Etats-Unis. Il en est le plus jeune lauréat, mais surtout, la place centrale de Martin Luther King dans le Mouvement des Droits Civiques est reconnue par tous.
    Pour autant, cette célébrité mondiale n’empêche pas les émeutes des Noirs d’éclater dans les ghettos des grandes villes américaines et la mort de faire des ravages dans les quartiers misérables des métropoles du Nord, dont les habitants font déjà un autre rêve : celui du « Black Power » et d’une Amérique sans les Blancs.
    King condamnait la philosophie de Malcolm X qu’il respectait par ailleurs, comme une « victime du désespoir qu’avait fait naître en lui une société [favorable à] l’injustice raciste, à la dépression économique et à l’inhumanité de l’homme pour l’homme. » Martin Luther King et Malcolm X ne se sont parlés que brièvement et rencontrés que moins d’un an avant l’assassinat de ce dernier, le 21 février 1965 à Harlem.

    Selma et Chicago



    En mars 1965, Martin Luther King remporte son dernier grand succès avec la marche de Selma à Montgomery. Le gouverneur de l’Alabama, George Wallace, refusait d’abandonner sa politique ségrégationniste malgré les directives gouvernementales, notamment en matière de droit de vote. La moitié des habitants de Selma étaient noirs mais seul 1 % d’entre eux avaient pu s’inscrire sur les listes électorales, à cause de la mauvaise volonté administrative.
    King et le S.C.L.C. rejoignent le S.N.C.C. à Selma pour organiser une grande marche de protestation pacifique de cent dix kilomètres, entre Selma et Montgomery, la capitale de l’Etat. Le 7 mars, six cents défenseurs des droits civiques sont arrêtés au bout de quelques kilomètres au pont Edmund Pettus par la police et une foule hostile. Dix-sept marcheurs sont blessés au cours de cette journée passée à la postérité sous le nom de « Bloody Sunday », « dimanche sanglant ». Les reportages montrant la violence policière apporte au mouvement le soutien de l’opinion publique et permet à King d’organiser une deuxième marche, deux jours plus tard, qui devra rebrousser chemin pour éviter un autre affrontement.
    Le mouvement trouve alors la protection de la justice afin d’accomplir sa marche auprès du juge de la Cour fédérale qui tranche en faveur des manifestants. Sur la route nationale 80, trois mille deux cents personnes, dont King, partent finalement de Selma le 21 mars 1965, parcourant vingt kilomètres par jour et essuyant insultes et coups sur le passage. Etape après étape, des gens viennent de tout le pays. Preuve de la solidarité en faveur de la liberté qui ait jamais été donnée sur les marches du Capitole d’un Etat sudiste, ils sont vingt-cinq mille « pèlerins » à l’atteindre le 25 mars 1965, quand Martin Luther King prononce le discours « How Long, Not Long ».
    Mais les espoirs de King ne font pas l’unanimité au sein du cortège : de plus en plus de jeunes Noirs doutent désormais des possibilités de l’action directe non violente et se détournent des propositions ou de ses principes. C’est lors d’un grand rassemblement convoqué dans le parc municipal de Greenwood que Stockely Carmichael et Willie Ricks, le farouche orateur du S.N.C.C., font de l’expression de l’écrivain Richard Wright « Black Power » un slogan qui deviendra même un nom de parti.
    Les événements de Selma, endeuillés jusqu’au bout avec l’assassinat par le Klan d’une militante blanche, Viola Gregg Liuzzo, émeuvent l’Amérique tout entière. Après le Civil Right Act de l’année précédente rendant illégale la ségrégation dans les lieux publics, le président Johnson signe en juillet 1965 le Voting Right Act, accordant le droit de vote sans restriction en interdisant tous les stratagèmes juridiques pour empêcher les Noirs d’en bénéficier. Depuis les événements de Birmingham et le discours de Washington, il est indiscutable que sans la mobilisation populaire pour les droits civiques et la couverture médiatique, qui ont obligé le pouvoir politique à intervenir, la ségrégation serait restée en place.
    Martin Luther King, qui l’a compris le premier, peut maintenant se tourner vers d’autres réalités, au-delà du Sud. Dans le Nord, la misère économique rejète les Noirs autant ou plus que les lois racistes. A Chicago comme à New York, Detroit ou d’autres grandes métropoles, les Noirs vivent dans des quartiers réservés où sévit la misère et la violence. Cette ségrégation spatiale crée une Amérique noire qui risque de sombrer dans le meurtre et début janvier 1966, King avec d’autres organisations de défense des droits civiques annoncent le début de la campagne de Chicago.
    Pendant le printemps, des testings sont réalisés par des couples noirs ou blancs pour dévoiler les pratiques discriminatoires des sociétés immobilières, plusieurs grandes marches pacifiques sont organisées et rencontrent des réactions violentes de la part d’une foule haineuse qui secouent King et Abernathy. Car ces deux amis de la classe moyenne ont déménagé dans les bidonvilles de Chicago pour mener une expérience éducative et apporter leur soutien aux pauvres. Ce séjour accentue la dimension de classe dans l’analyse par le pasteur de l’Alabama des inégalités en Amérique, et fin 1966, King quitte Chicago sans avoir pu contribuer à améliorer la situation. Il laisse Jesse Jackson organiser les boycotts pour le droit à l’accès aux mêmes emplois qui obtiendront un tel succès qu’ils déboucheront sur le programme d’opportunités égales dans les années 70.

    Ses derniers combats

    Contre la guerre du Viêt-Nam…

    Martin Luther King a commencé à exprimer ses doutes sur le rôle des Etats-Unis dans la Guerre du Viêt-Nam dès 1965. Le 4 avril 1967, il lance une « Déclaration d’Indépendance à l’égard de la Guerre du Viêt-Nam » où il fait valoir que celle-ci empêche tout investissement sérieux contre la misère aux Etats-Unis et que c’est en premier lieu un acte criminel. King rencontre de nombreuses divergences au sein de la S.C.L.C., et déjà haï par les racistes blancs des Etats du Sud, retourne des médias importants contre lui avec ce discours.
    C’est le reflet de l’évolution politique de King vers un socialisme démocratique à l’américaine, ce qui lui aliène le gouvernement et attise les soupçons du FBI. Martin Luther King, qui a lu Marx à Morehouse, rejette le « capitalisme traditionnel » autant que le communisme à cause « de son interprétation matérialiste de l’histoire » qui nie la religion, son « relativisme ethnique » et son « totalitarisme politique ». Face aux émeutes incessantes, le pasteur ne change pas un terme de son programme d’action directe non violente, qui n’est « plus un choix pour l’analyse intellectuelle » écrit-il, mais « un impératif pour l’action ».

    …et contre la pauvreté…

    Début 1968, King et le S.C.L.C. organisent la « Poor People’s Campaign » ou « campagne des pauvres » pour mobiliser les plus démunis selon les recettes éprouvées des droits civiques : rassembler une « arme multiraciale des pauvres » qui marcherait vers Washington et engager une désobéissance civile au Capitole pour réclamer un salaire minimum, de meilleures conditions de logement, etc. Mais King ne parvient pas à rassembler les autres figures du Mouvement qui lui reprochent des objectifs trop larges, des demandes irréalisables risquant d’entraîner par réaction le retour des conservateurs au pouvoir.
    Alors qu’il se démène pour organiser la « marche des pauvres », Martin Luther King se rend à Memphis (Tennessee) pour soutenir la grève des éboueurs qui dure depuis huit semaines et leurs marches pacifiques contre la police qui a causé la mort d’un homme et de nombreuses arrestations. Le 18 mars, il prend la parole devant eux et le 3 avril, Martin Luther King prononce sa dernière allocution « I’ve Been to The Mountaintop » (« Je suis allé au sommet de la montagne ») au temple de l’évêque Charles J. Mason, à Memphis. Il y évoque prophétiquement sa disparition possible sans crainte ni regret pour ce qu’il a été « autorisé » à accomplir pour « les affamés » et « les nus ».

    « Le tambour-major du bon droit »

    Le lendemain vers dix-huit heures, depuis le balcon de son motel, il interpelle un musicien qui doit se produire ce soir-là à une réunion publique où se rendra King : « Prévois de jouer Precious Lord, Take My Hand (« Seigneur, prends ma main ») et joue-le le mieux possible, s’il te plaît, pour moi ». Des coups de feu retentissent : King s’effondre, atteint à la gorge ; il meurt au St. Joseph’s Hospital dans l’heure qui suit. L’assassinat provoque des émeutes raciales dans plus de soixante villes des Etats-Unis qui font de nombreux morts et oblige l’intervention de la garde nationale.
    Le 9 avril, le président Johnson déclare un jour de deuil national (le premier pour un Afro-américain) en l’honneur de Martin Luther King. Trois cent mille personnes, dont le vice-président Hubert Humphrey, assistent à ses funérailles qui ont lieu le même jour. A la demande de sa veuve, King fait sa propre oraison funèbre avec son dernier sermon « Drum Major » (« le Tambour-major ») enregistré à l’église baptiste Ebenezer, où il demande qu’à ses funérailles aucune mention ne soit faite de ses honneurs, et qui se termine par ces mots :
    « Si je peux aider quelqu’un au passage, si je peux donner de la joie à quelqu’un avec un mot ou une chanson, si je peux montrer à quelqu’un qu’il est sur la mauvaise pente, je n’aurai pas vécu en vain. Si je peux faire mon devoir de chrétien, si je peux travailler au salut de ce monde, si je peux répandre le message comme me l’a enseigné mon maître, alors je n’aurai pas vécu en vain. »





    "I Have A Dream"

    Ce discours fut prononcé le 28 août 1963 sur les marches du Lincoln Memorial pendant la Marche vers Washington pour les droits civiques. Il illustre clairement le désir de voir dans le futur les Noirs et les Blancs coexister harmonieusement et vivre égaux.
    Version originale et traduction (extrait) :
    I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed : "We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal."
    Je rêve qu’un jour cette nation se dressera et fera honneur à la vraie signification de son credo : "Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux."
    I have a dream that one day on the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.
    Je rêve qu’un jour sur les collines rouges de Georgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
    I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
    Je rêve qu’un jour, même l’état du Mississippi, un état qui étouffe dans la fournaise de l’injustice, qui étouffe dans la fournaise de l’oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice.
    I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.
    Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère.
    I have a dream today !
    I have a dream that one day, down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of "interposition" and "nullification" — one day right there in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.
    J’ai un rêve aujourd’hui !
    Je rêve qu’un jour, au fin fond de l’Alabama, avec ses racistes pleins de haine - avec son gouverneur des lèvres de qui dégoulinent les mots de l’interposition et de la nullification - un jour, même là, en Alabama, les petits garçons noirs et les petites filles noires pourront aller la main dans la main avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et soeurs.
    I have a dream today !
    I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight ; "and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together."
    J’ai un rêve aujourd’hui !
    Je rêve qu’un jour, chaque vallée sera rehaussée et chaque colline et chaque montagne sera aplanie, les aspérités seront nivelées et les endroits torteux seront rendus rectilignes, et "la gloire de Dieu sera révélée et tout ce qui est chair le verra ensemble."
    This is our hope, and this is the faith that I go back to the South with.
    With this faith, we will be able to hew out of the mountain of despair a stone of hope. With this faith, we will be able to transform the jangling discords of our nation into a beautiful symphony of brotherhood. With this faith, we will be able to work together, to pray together, to struggle together, to go to jail together, to stand up for freedom together, knowing that we will be free one day.
    C’est notre espérance et c’est cette foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
    Avec cette foi nous pourrons tailler dans la montagne du désespoir, la stèle de l’espoir. Avec cette foi, nous pourrons transformer la cacophonie des discordes de notre nation en une belle symphonie de la fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, défendre la cause de la liberté ensemble, sachant qu’un jour nous serons libres.
    And this will be the day, this will be the day when all of God’s children will be able to sing with new meaning :
    My country ’tis of thee, sweet land of liberty, of thee I sing.
    Land where my fathers died, land of the Pilgrim’s pride,
    From every mountainside, let freedom ring !
    And if America is to be a great nation, this must become true.
    Et ce sera le jour, ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter avec une signification nouvelle :
    Ma patrie c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante.
    Terre où mes aïeux sont morts, terre fierté du Pélerin,
    que du versant de chaque montagne retentisse le carillon de la liberté !
    Et si le destin de l’Amérique est d’être une grande nation, tout cela doit devenir vrai.
    And so let freedom ring from the prodigious hilltops of New Hampshire.
    Let freedom ring from the mighty mountains of New York.
    Let freedom ring from the heightening Alleghenies of Pennsylvania.
    Let freedom ring from the snow-capped Rockies of Colorado.
    Let freedom ring from the curvaceous slopes of California.
    But not only that :
    Let freedom ring from Stone Mountain of Georgia.
    Let freedom ring from Lookout Mountain of Tennessee.
    Let freedom ring from every hill and molehill of Mississippi.
    From every mountainside, let freedom ring.
    Que la liberté retentisse donc des collines prodigieuses du New Hampshire
    Que la liberté retentisse des imposantes montagnes de New York.
    Que la liberté retentisse du sommet des majesteuses Alleghenies de Pennsylvanie.
    Que la liberté retentisse des pics couronnés de neige des Rocheuses du Colorado.
    Que la liberté retentisse des versants mamelonés de la Californie.
    Mais non seulement cela :
    Que la liberté retentisse du haut de Stone Mountain en Georgie.
    Que la liberté retentisse du haut de Lookout Mountain au Tennessee.
    Que la liberté retentisse de chaque colline, et des moindres monticules dans le Mississippi.
    Que du versant de chaque montagne retentisse le carillon de la liberté !
    And when this happens, when we allow freedom ring, when we let it ring from every village and every hamlet, from every state and every city, we will be able to speed up that day when all of God’s children, black men and white men, Jews and Gentiles, Protestants and Catholics, will be able to join hands and sing in the words of the old Negro spiritual :
    Free at last ! Free at last !
    Thank God Almighty, we are free at last !
    Et quand cela se produira, quand nous permettrons à la liberté de retentir, quand elle retentira dans chaque village, et dans chaque hameau, dans chaque état et dans chaque ville, nous serons à mesure de hâter l’arrivée du jour où tous les enfants de Dieu, noirs et blancs, juifs et non juifs, protestants et catholiques, pourrons chanter en se tenant la main ces mots du vieux Negro Spiritual :
    Libres enfin ! Libres enfin !
    Béni soit le Tout-Puissant, nous sommes libres enfin !

    "I’ve Been to the Mountaintop"

    Ce discours prophétique prononcé le 3 avril 1968 au Mason Temple est le dernier de Martin Luther King. En effet, le lendemain, le 4 avril 1968, Martin Luther King est assassiné sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee.
    Version originale et traduction (extrait) :
    Well, I don’t know what will happen now. We’ve got some difficult days ahead. But it really doesn’t matter with me now, because I’ve been to the mountaintop.
    Eh bien, je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m’importe ce qui va m’arriver maintenant, car je suis allé jusqu’au sommet de la montagne.
    And I don’t mind. Like anybody, I would like to live a long life. Longevity has its place. But I’m not concerned about that now. I just want to do God’s will.
    Et je ne m’inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m’en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite.
    And he’s allowed me to go up to the mountain. And I’ve looked over. And I’ve seen the Promised Land. I may not get there with you. But I want you to know tonight, that we, as a people, will get to the promised land !
    Et il m’a permis d’atteindre le sommet de la montagne. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la Terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise.
    And so I’m happy, tonight. I’m not worried about anything. I’m not fearing any man. Mine eyes have seen the glory of the coming of the Lord !
    Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur.

    Quelques citations de MLK. . .

    _"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."

    _"Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier."

    _"Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui."

    _"La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l'agression et l'esprit de revanche. Le moyen d'en sortir est l'amour."

    _"La haine trouble la vie ; l'amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie ; l'amour la rend lumineuse. "

    _"Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m'aimer mais il est important qu'elle lui interdise de me lyncher."

    _"L'homme bon ne regarde pas les particularités physiques mais sait discerner ces qualités profondes qui rendent les gens humains, et donc frères."

    _"Rien n'est plus dangereux au monde que la véritable ignorance et la stupidité consciencieuse."

    Album Photos Martin Luther King

  • Un écrivain blanc chez les rappeurs de la Nouvelle-Orléans

    Nik Cohn - Triksta
    Un écrivain blanc chez les rappeurs de la Nouvelle-Orléans
    2006, Editions de l'Olivier




    Nik Cohn est le type le plus rock'n'roll du monde. Affirmation qui peut sembler quelque peu déplacée au sujet d'un écrivain de 60 ans qui ne s'intéresse plus au rock depuis longtemps. Et ce n'est sûrement pas le fait qu'il soit considéré comme "le père de la critique-rock" et qu'il ait écrit le premier bouquin de l'histoire sur le rock qui va jouer en sa faveur. Si écrire des livres n'est déjà pas très rock'n'roll, écrire des livres sur le rock l'est encore moins (vous auriez imaginé une "histoire du rock" ou un "dictionnaire du rock" écrit par Elvis ? Sid Vicious ? Jim Morrison :) A priori, Nik Cohn serait plutôt en lice pour le titre de "type le moins rock'n'roll du monde".
    Car quand on est rock'n'roll :

    1. On aime le rock
    2. On n'écrit pas de livres
    3. A 60 ans... on est déjà mort depuis longtemps...

    Alors pourquoi le présenter comme "le type le plus rock'n'roll du monde" ? Parce qu'à un âge où la plupart comptent leurs points retraite, passent leurs week-end en pantoufles devant la télé, Nik Cohn part s'installer dans les ghettos de la Nouvelle-Orléans, là où - comme il l'explique - on tue pour une poignée de dollars. Il ne part pas en touriste, ni en "aventurier inconscient qui veut jouer à se faire peur"... d'ailleurs, il fait preuve de beaucoup de dérision et de sincérité, bien conscient de n'être pas vraiment à sa place, d'avoir l'air d'un pathétique "petit blanc" qui cherche à s'encanailler et se retrouve dans de nombreuses occasions tétanisé par la peur. Mais voilà, sa passion pour le rap est telle qu'il dépasse ses doutes et appréhensions, et bossera avec plusieurs rappeurs du coin qu'il essayera de produire, pour le meilleur et pour le pire (surtout le pire).

    Nik Cohn n'a rien du critique-rock qui veut lui aussi sa part de luxe, stupre et bling-bling en s'acoquinant avec des stars du rap, ni, à l'inverse, d'un "petit blanc" qui s'imagine investi d'une mission humanitaire pour aider les populations défavorisées. Il est bien loin d'un sociologue de gauche qui tiendrait à "faire remonter la parole des exclus", ou d'un idéaliste qui prend à son compte leur combat contre l'injustice sociale. Ce qui d'ailleurs ne serait pas très rock'n'roll... non, il est là pour une seule raison, la bounce, ce rap très "physique et sexuel" de la Nouvelle-Orleans.
    Si Nik Cohn s'est désintéressé du rock et s'est tourné vers le rap, c'est parce qu'il ne retrouvait plus dans le rock ce qui était son essence même : une musique brute, sauvage, une musique de l'urgence, faite de rythme, sang, sexe et sueur, une musique qui parle uniquement aux tripes et au bas-ventre. Dans son "historique" premier livre sur le rock (Awopbopaloobop Alopbamboom), il regrette déjà l'âge d'or du rock, celui des années 50, et voit d'un très mauvais oeil ces Dylan, Beatles et Doors qui "intellectualisent" le rock. Pour lui, le rock perd sa force lorsqu'il se pare d'ambitions métaphysico-philosophiques, d'intelligence ou de sophistication. Il l'explique d'ailleurs de façon très sarcastique dans Triksta (p.126-127) :

    Pendant les années soixante-dix, à l'époque de mon installation en Amérique, j'avais complètement cessé de m'intéresser aux vieillards cacochymes qui torturaient une guitare. L'hypothèse centrale du rock d'alors, pré-punk, était que la musique pouvait changer le monde. Je n'y croyais pas, pas plus qu'en un nirvana acide de karma instantané. Je ne croyais pas que l'amour est tout ce dont nous avons besoin, ni que les réponses nous sont apportées par le vent, et je pensais qu'"Imagine" est plus ou moins le morceau le plus cruche jamais écrit.
    La musique qui me touche ne se préoccupe pas de métaphysique de pacotille; elle est dure et coriace, et elle est l'écho des lieux d'où elle vient, du bruit des rues. Le moment où quelque chose de nouveau surgit d'en bas en bouillonant, plein de sexe et de fureur, juste avant que l'industrie de la musique l'enchaîne et en fasse une marchandise - de ça, je ne me suis jamais lassé.

    On ne s'étonnera donc pas que les Who soient un des derniers groupes de rock qui ait passionné Nik Cohn. Il a pas mal traîné avec eux (il raconte son premier voyage à la Nouvelle-Orléans lorsqu'il accompagnait les Who en tournée), et, fan de flipper, il a inspiré Townshend qui a écrit Pinball Wizard et intégré le thème du flipper dans Tommy en son honneur. Certes, les Who se sont lancés dans des albums concepts, et Townshend était loin d'un "crétin rock'n'roll". Mais la musique des Who avait cette puissance rythmique, cette spontanéité qui ne pouvait que plaire à Nik Cohn.

    Si la lecture des écrits de Nik Cohn est indispensable à tout fan de rock, c'est parce qu'il nous ramène à nos fondamentaux, et va à contre-courant des 9/10° des critiques-rock et goûts de la majorité des passionnés de rock. Nous tous qui encensons des Beatles, Dylan, Doors, Velvet, Radiohead, Pink Floyd, Cure ou autres Smiths, ne devons pas oublier que le rock est à l'origine un truc qui prend aux tripes, accroche et frappe fort. Une musique de défoulement faite pour générer de la sueur, pas de grandes réflexions. Jailhouse Rock, Sweet Little Sixteen, Rock around the Clock, Tutti Frutti, c'est pas de la poésie, et encore moins de la philosophie...

    Au premier abord, Triksta peut en rebuter beaucoup... ceux qui imaginent qu'il faut être fan de rap pour apprécier le bouquin, sachant, de plus, qu'il n'est même pas question de grands noms du rap, mais de rappeurs quasi-inconnus dès qu'on sort de la Nouvelle-Orléans. Tant pis pour ceux qui s'arrêteront à ce préjugé, ils louperont un excellent bouquin, vif, drôle, très ironique, intelligent, et parfois même émouvant. L'épilogue, par exemple, où il est question des ravages de Katrina. Nik Cohn était parti de la Nouvelle-Orléans à ce moment, mais il reprend contact avec quelques amis rappeurs du coin, qui lui livreront des témoignages rageurs et poignants de ce désastre et du scandale du laisser-aller des autorités.

    Un rappeur qu'a fréquenté Nik Cohn, 5th ward Weebie, dans un titre libérateur de circonstance : "Fuck Katrina" :



    Un des "tubes" de la bounce, par Choppa, autre rappeur avec lequel collaborera Nik Cohn : Choppa Style.



    Pour terminer... à tout seigneur tout honneur, un petit passage assez réjouissant du bouquin qui, j'en suis sûr, saura donner envie à certains d'en lire plus :

    La critique principale, chez les Noirs comme chez les Blancs, était que le rap n'était pas de la musique. On aurait pu penser qu'une industrie qui s'engraissait avec Olivia Newton-John et les Bay City Rollers se serait gardée de porter des jugements esthétiques. Toutefois, l'ironie n'a jamais été la qualité principale de l'industrie du disque. Tout au long de son histoire, chaque fois que quelque chose de nouveau et de stimulant surgit, elle hurle au meurtre et proclame la mort de la vraie musique. Quand la menace venait du rock'n'roll, la vraie musique était représentée par Frank Sinatra et Perry Como. Sous l'effet des assauts du rap, elle l'était maintenant par Paul Simon et Billy Joel. (...) Ces paniques ne sont pas tant provoquées par l'amour de l'art pour l'art que par une paresse crasse. Il n'existe pas de secteur professionnel plus parasitique que l'industrie du disque. (...)
    Tout ce qui faisait du rap une chose neuve et stimulante était considéré comme une menace. A l'écoute, le fait que le rap ait mis à la poubelle la forme pop classique - la chanson de trente-deux mesures définie par l'industrie du disque - était un immense progrès. Qu'y a-t-il de si merveilleux à régurgiter les mêmes suites d'accords et les mêmes progressions harmoniques jusqu'à plus soif ? Il se trouve que nous vivons dans une époque électronique. Mieux vaut une machine, utilisée avec inventivité, que des milliers de ballades sentimentales décervelées. Sacrilège, hurlaient les vétérans de l'industrie du disque; les machines n'ont pas d'âme. Davantage d'âme que Michael Bolton, selon moi.


    Soulja Slim- U Bootin' Up



    Juvenile - Back That Ass Up



    Pour terminer un lien vers Last.Fm et la page de Master P avec du streamable et telechargements gratuits,:) une radio spéciale des fans et quelques vidéos à visionner.
    http://www.lastfm.fr/music/Master+P

    Faites-vous playsir ! ! ! :)

  • SAUVONS LES J.O.

    Avec les jeux olympiques, voici venu le moment crucial pour convaincre les dirigeants chinois à ouvrir le dialogue et lutter pour les droits de l'homme au Tibet, en Birmanie et au Darfour. Cette opportunité doit être saisie !

    La Chine souhaite que ces jeux soient la vitrine d'une nation moderne, puissante et respectable. L'esprit olympique prône l'humanité et l'excellence - nous ne pouvons donc les célébrer en ignorant les souffrances des Tibétains et des autres peuples opprimés.

    avaaz@avaaz.org lance une grande campagne: SAUVONS LES JO. Nous demandons à la Chine de sauver les jeux olympiques pour nous tous, en faisant des avancées considérables dans le dialogue avec le Dalaï Lama, la sécurisation et la libération des prisonniers politiques tibétains et birmans, et en soutenant le maintien de la paix au Darfour.

    L'appel sera sur des panneaux d'affichage, des publicités dans des grandes captiales et dans les publications touchant la diaspora chinoise. Une équipe de langue chinoise sera embauchée pour gérer sur place des blogs et des chats.



    Ces Jeux Olympiques étaient, pour la Chine, synonymes d'internationalisation et d'ouverture. Mais les débats ont pris une autre tournure. En Chine, la colère monte, considérant les manifestations anti-JO comme partiales et "anti-Chine". Si les jeux sont un fiasco, l'on peut pressentir la pire répression de la part des autorités.

    Mobilisons-nous, réagissons afin d'y mettre un terme. Avec cette campagne nous souhaitons montrer à la Chine et à son peuple que nous ne sommes pas hostiles . Soutenir les Jeux olympiques de 2008 et non les saboter.
    «Un monde, un rêve», tel est le slogan des Jeux olympiques de 2008. Dépassons les barrières de perception et de division, et demandons aux chinois de faire de ce rêve une réalité pour nous cet été.

    Avec espoir . . . :)

  • Les choses à savoir sur le Tibet

    Le Tibet a été envahi de manière violente par la Chine en 1949. Depuis, 1,2 millions de Tibétains sont morts des suites directes de l'invasion.

    Le 10 mars 1959, les Tibétains se sont soulevés contre l'occupation illégale du Tibet par la Chine. Le Dalaï Lama, chef politique et spirituel du Tibet, s'est enfui en Inde et plus de 100 000 réfugiés l'ont suivi.

    La Chine a lancé sa " solution finale ", la relocalisation de colons chinois au Tibet. Il y a aujourd'hui plus de Chinois que de Tibétains au Tibet !

    Les femmes tibétaines sont sujettes à la stérilisation et à des avortements forcés, façon d'exterminer la population tibétaine. Les femmes souffrent des formes les plus dégradantes de torture. Bastonnades impitoyables, viols et agressions sexuelles : lacération des bouts de seins, matraques électriques enfoncées dans le vagin et l'anus, enveloppement du corps par des fils électriques sous tension… sont parmi les atrocités décrites.

    Aujourd'hui, on compte 250 prisonniers politiques dont le Panchen Lama qui n'a que 14 ans et a passé la moitié de sa vie en prison. Les prisonniers politiques sont régulièrement soumis à des extractions de sang, à des exercices intensifs et aux travaux forcés. Ils subissent des lavages de cerveau, des tortures physiques et psychiques et des classes de rééducation.

    Depuis que la Chine a signé la Convention contre la torture en 1988 (cf Art.12), 84 Tibétains sont morts conséquemment à des tortures.

    Dans la capitale du Tibet, Lhassa, il y a maintenant plus de prisons que de monastères. Cette ville est devenue un lieu de tourisme sexuel comparé à Bangkok.

    Environ 80% des forêts au Tibet ont été rasées par les Chinois. On trouve dans certaines zones un taux de radioactivité bien trop élevé. Les ressources naturelles sont consommées sans souci de leur renouvellement. 10 barrages sont en train d'être construits.

    La liberté de religion est sévèrement réprimée et souvent punie plus sévèrement qu'un meurtre. Aujourd'hui, plus de 100 moines et nonnes bouddhistes seraient toujours détenus. La répression, la volonté d'intimidation et l'étouffement de l'identité et de la culture tibétaines se poursuivent.

    2004 était l'année de l'amitié franco-chinoise alors, au nom des Droits de l'Homme, soutenons les peuples chinois et tibétain persécutés par le gouvernement du président chinois Hu Jintao.

  • Tibet Libre !

    Solidarité avec le peuple Tibétain.

    Pétition au Président Hu Jintao

    Depuis des décennies de répression, les tibétains réclament au monde un changement. Les leaders de la Chine sont en ce moment même en train de faire un choix crucial entre l'escalade de la brutalité ou le dialogue, ce qui pourrait déterminer le futur du Tibet et de la Chine.

    Nous pouvons avoir un impact sur ce choix historique. La Chine tient à sa réputation internationale. Mais il faudra une avalanche de pouvoir populaire mondial pour obtenir l'attention du gouvernement. Le leader spirituel des tibétains, le Dalai Lama, a appelé à la mesure et au dialogue: il a besoin que les peuples du monde le soutienne. Remplissez le formulaire ci-dessous pour signer la pétition - Elle était remise aux ambassades et consulats chinoises au niveau mondial et continuera de grandir et être remise jusqu'à ce qu'un dialogue pertinent a commencé.

    Pétition au Président Hu Jintao

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