SYL2Oh
Trust Garçon - 45 ans, Aubervilliers, France
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Blog 73
Camarades Blogers , c'est ici que je copie tous ce qui m'interpele, y'a pas grand chose, je tapote que d'un doigt,forcément c'est plus long !!!
Allons-y de bon
blogons ,c'est gratuit ou presque... 
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Giant Steps
A pas de G.é.A.N.T.s ,les notes défilent sur les feuillets de musique .
C'est rhytmé !
Ces noires,ces blanches,ces rondes dansent aux milieux des silences et des soupirs . . .
Avant la pause ,la clé de Sol, imperturbable ,préside majestueusement ce ballet majeur soutenue par une batterie aérienne .
Après moults accords de 7ièmes ,le solo de piano discret mais magique laisse place à la note bleue...
Have Mercy pour ce moment de pur bonheur !
-
le destin de Saartjie Baartman ,la Vénus Hottentot
Le 19ème siècle est désormais connu tant pour ses lumières que pour ses obscurantismes, et on peut s’attendre à déterrer des histoires individuelles extraordinaires, des tragédies.
Née en 1789 -tiens?- d’un père Khoisan -hottentot pour les hollandais- et d’une mère Bochiman, Saartjie (Sara) Baartman devient très jeune, l’esclave d’un fermier boer -colon hollandais d’Afrique du Sud- après le massacre de sa famille. Elle est convaincue par un sergent de la marine anglaise, William Dunlop, que tous deux pourraient faire fortune en Angleterre où la haute société paierait des sommes considérables pour admirer ses particularités anatomiques, fessiers et organes génitaux tout spécialement protubérants.
Londres. . . où elle devait entamer 187 années de calvaire européen, exhibée dans les cirques, les musées, les bars, les universités pour finir disséquée, le corps moulé dans du plâtre et les restes humains conservés dans un bocal de formol au Musée de l‘Homme à Paris... jusqu’en mai 2002 !. . . .
Triste destinée que celle de cette femme bushman ,Saartjie Baartman,la Vénus Hottentot. Puisse son ame reposer en Paix . . . -
Les mésaventures du P.S.G. . . .
C'est un homme qui regarde un match de foot (PSG vs Bormes-les-Mimosas) à la télé dans un bar.
Son chien est assis à coté de lui et regarde aussi le match lorsque le PSG marque un but (si,si...) .
Le chien se met à japper et à courir dans tout le bar en sautant sur les tables !
Le serveur demande à l'homme:
-Qu'est ce qu'il lui arrive à votre chien ?
-Il est supporter du PSG , il est content !
-Ben dites donc, juste pour un but ! Et qu'est qu'il fait quand le PSG gagne un match ! ! ?
-Je sais pas,je l'ai que depuis deux ans !!!
C'est l'équipe du PSG qui part s'entrainer en Islande.Dans l'avion,le commandant de bord n'arrête pas de sentir l'avion bouger dans tous les sens,il appelle l'hotesse :
-qu'est ce qui se passe derrière ?
-Oh rien c'est l'équipe qui s'entraine. . .
-faites ce que vous voulez mais il faut que ça s'arrête. . .
L'hotesse s'en va,au bout de 5 minutes de calme le commandant rappelle l'hotesse et lui demande:
-Que leur avez vous dit pour obtenir le calme si rapidement ?
-Je leur ai dit d'aller jouer dehors ! ! !
L'équipe du PSG va participer à une rencontre en Chine.Tous les joueurs doivent donc être vaccinés contre la grippe du poulet !
Tout le monde passe,on arrive au dernier,le goal:son entraineur lui dit -"toi ce n'est pas la peine ,
tu n'attrapes jamais rien! "
Que font les joueurs du PSG quand ils ont gagné un match ?
Ils éteignent la Playstation ! ! !
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"Nous Avons MANGé La FORêt . . ." Georges Con
Nous avons mangé la forêt... : Georges Condominas
Sar Luk, 1949.
Georges Condominas s'installe dans un village du plateau du Dac Lac, au centre du Vietnam, chez les Mnong Gar, population de montagnards austro-asiatiques. Il a vingt-sept ans. Guidé par la volonté d'une immersion complète, il entend dépasser une certaine ethnographie indochinoise, œuvre de missionnaires ou d'administrateurs, parfois de qualité, mais à laquelle ont manqué les méthodes que réclame une démarche professionnelle et scientifique. Pendant une année, correspondant au déroulement d'un cycle agraire en son entier, il partage l'existence des villageois de Sar Luk et poursuit un travail ethnologique d'une rare intensité.
Réalisée à l'occasion d'une des expositions inaugurales du musée du quai Branly, cette publication reflète non seulement la richesse d'une telle entreprise et du fonds inestimable ainsi constitué : carnets de notes, feuilles de dessins, lexiques, photos et surtout cent quarante objets sélectionnés parmi les cinq cents que comprend cette collection, mais aussi la personnalité de Georges Condominas, né à Haiphong en 1921, qui est aujourd'hui emblématique d'une école d'ethnologues pour qui le " terrain " prime
J'ai lu ce livre il ya une dizaine d'année,il m'a vraiment marqué,à l'égal de "Tristes tropiques" de C.L.Strauss ou " L'Afrique fantome" de M.Leiris,des livres qui donne envie de voyager utilement,pas en touriste,s 'immerger dans le village ,la brousse ou le quartier,observer,comprendre, partager
avec l'habitant ...
J'aime les instruments de musiques et je me suis demandé si je n'aurais pas du poursuivre des études pour apprendre l'ethno-musicologie.
Zut j'ai raté ma vocation !
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les bon mots de Pierre Doris . . .
_J’ai connu un gars qui avait le front tellement ridé que pour mettre son chapeau, il le vissait !
_Conseil désintéressé : ne vous tuez pas au travail ! Achetez un revolver, c’est moins fatigant !
_On ne peut pas être et avoir été ! Ce n’est pas tout à fait vrai... J’ai connu des mecs cons qui le sont toujours.
_Nuance : quand l’homme est mort, on l’enterre ; quand l’arbre est mort, on le déterre !
_Si votre femme a envie d’habiter un appartement plus cher, inutile de déménager. Allez voir votre propriétaire et demandez-lui d’augmenter son loyer.
_Conseil d’un chasseur : pour chasser le lapin, mettez-vous derrière un arbre et imitez le cri de la carotte !
_Le véritable mélomane est celui qui colle son oreille à la serrure d'une salle de bains afin d'entendre une femme chanter.
_Tous les matins, j’apporte à ma femme le café au lit... Elle n’a plus qu’à le moudre !
_Les morts ont de la chance : ils ne voient leur famille qu'une fois par an, à la Toussaint.
_Beaucoup de femmes élégantes s’habillent à crédit et se déshabillent au comptant.
finalement j'avais bons gouts quand j'étais gamin,il me faisait biens marrer Mr. Pierre Doris ! ! !
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Un florilège de blagues à l'intention de nos hôtes !
*Dans un café à Bruxelles, un client demande au serveur un sucre pour son café
- Mais monsieur, je vous en ai déjà donné cinq !
- Oui je sais, mais ils ont tous fondu !
*On est en plein Paris-Dakar, l'équipage Belge est dans le Ténéré.
Soudain le copilote se met à hurler:
- Frein mais freiiine !
- Bah pourquoi ? La piste est dégagée...
- Y'a du verglas, mais freiiiine !!!
- En plein désert ? Bon je vais vérifier si ça peut te faire plaisir...
Il arrête la voiture et descend voir. Il remonte, l'air complètement défait:
- Ah ben oui t'as raison, ils ont sablé la route !!!
*Pourquoi les belges écoutent la radio dans la cave ?
- Pour capter les pays-bas.
*Un belge a été retrouvé pendu et la tête écrabouillée...
... Il s'était passé un élastique autour du cou.
*Pourquoi les mères belges ne nourrissent pas leur bébé au sein?
- Parce que ça fait vraiment trop mal de se faire bouillir le téton
*Un couple de belges fait l'amour dans leur voiture stationnée au bord de la route.
Un policier frappe alors à la vitre, l'homme ouvre la fenêtre et le policier:
- "Bonjour monsieur,que faites vous là?"
- "Je fais l'amour."
- "Mais cela est interdit ici... Cela fait 2000 fb d'amende."
C'est alors que sa femme apparaît:
- "Que se passe-t-il, chéri."
- "Ah, parce qu'en plus vous êtes deux, cela fera 4000 fb !!"
*La belgique entraine depuis de longs mois un spationaute en vue de sa prochaine mise sur orbite: régime alimentaire, draconien, entrainement physique intense, levé tôt tous les matins, abstinence sexuelle absolue, et cette p#ù%&¬de$^Û"#de,?*-de fusée qui veut jamais décoller.
Aussi un matin le brave et unique membre d'équipage craque décide de rester au lit mais quand même d'envoyer Janik son épouse à sa place, pas risquer de se faire foutre à la porte de la boite quand même
- Mais cheri tu n'y pense pas
- Mais si je t'assure en plus avec le scaphandre personne ne verra que ce n'est pas moi! de toute façon ça marche jamais.
L'épouse se laisse convaincre et évidemment ce jour là, la fusée part. Janik fait 70 fois le tour de la terre et amerit au large d'Ostende, complètement groggie.
Elle se reveille allongée sur une table, la combinaison défaite jusqu'au nombril, avec au dessus d'elle un type qui lui masse violemment les seins de haut en bas. Elle dit au gars:
- Mais, mais qu'est ce que vous faîtes????
- Vous inquietez pas mon commandant, on va vous les faire redescendre...
*Comment identifier un hélicoptère adapté pour l'armée belge?
- Il a un siège éjectable
NIÈRE MINUTE -- DERNIÈRE MINUTE -- DERNIÈRE MINUTE -- DERNIÈRE MINUTE -- *******************
Des savants belges ont trouvé le plus grand os de seiche du monde : 2 m 50 de long sur 10 cm de large !
Déception, après analyse, il ne s'agissait que d'une planche à voile abandonnée sur une plage...
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Anti Raciste !
C'est un belge du Vlaam's Block (un extrémiste de droite) qui part en vacances
aux USA. Au bout de quelques jours, il se fait chier à mourir et décide de
s'inscrire au Ku Klux Klan.
Pour fêter l'arrivée d'un nouvel adhérant, les membres décident de faire une
descente dans un bowling du coin.
Ils rentrent tous et commencent à tabasser la gueule de tous les joueurs de
couleur présents. Au bout d'un moment, des sirènes de police retentissent et les
agresseurs se sauvent en courant. Il se retrouvent tous dans leur véhicule prêts
a partir quand ils s'aperçoivent qu'il manque le belge. Ils y retournent et
voient ce dernier en train de filer des grands coups de battes de base-ball dans
les boules de bowling. La bande l'interroge sur ce comportement plus que bizarre
et ce dernier de répondre :
'Maintenant que l'on a tabassé tous les vivants, il faut pas oublier de casser
tous les oeufs...'
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Le Bateau ivre de Rimbaud
Arthur Rimbaud
Le Bateau ivre (1871)
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et des lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
− Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
− Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer !
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons. -
Tu es plus belle que le ciel et la mer
Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t'en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l'œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime
Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924
Ce poème est un éloge du voyage fictif, une évasion mentale, mais aussi une déclaration d'amour générale, à tout le monde ou à une personne. Le poète a instauré une atmosphère mystérieuse, où le lecteur doit s'interroger sur la ou les personnes concernées par son amour.
Bernard Lavilliers reprend ce poème dans l'album " If " (1988)
-
Lavilliers, dernier baroud à Beyrouth . . . (Janvier 2008)
Bernard LAVILLIERS, poète à la plume précieuse
, voix chaude et généreuse,nous entraîne dans les profondeurs de l'âme humaine et des pays de cette belle et petite planète en souffrance. Tout au long de son parcours,
il a su évoluer, surprendre avec des mots justes et percutants dans des styles musicaux différents. Enorme présence scénique ! Une belle rencontre musicale.
Un nouvel album de Nanar, 4 ans après son excellent dernier album
...Lavilliers je l'aime depuis mon adolescence: chanteur engagé d'un autre calibre que Renaud. Troubadour des mots, voyageur insatiable..
Le chanteur sort son 18e album aux rythmes chaloupés et aux textes parait-il toujours prenants.
"Samedi Soir à Beyrouth__________________________________________- ____________________
Un aperçu en vidéo . . .
>http://fr.netlog.com/go/explore/videos/videoid=...-
Quatre ans après l’album Carnets de bord, marquant, entre New York, Kingston, Paris et Toulouse, les retrouvailles avec le percussionniste Mino Cinelu, Bernard Lavilliers revient avec un disque adéquat - écriture, mélodies, arrangements et mixage au cordeau. Enregistré exclusivement à Memphis (Tennessee) et à Kingston (Jamaïque), chez Rita Marley, il rappelle que la langue de l’alexandrin se décompose de plusieurs façons, sur un 4/4 bien binaire, ou sur un 12/8 ternaire. En mélangeant bien, on peut faire un reggae mâtiné de soul - avec deux reggaes caribéens de Jehro. Alors, si la musique n’est pas un cri qui vient du ministère de l’Intérieur, Bernard Lavilliers peut laisser glisser sa plume.
Echos. Cela fait quarante ans qu’il a débuté. Et trente ans qu’on oublie d’écouter ce qu’il dit sur la société à force de s’attarder sur ses pantalons en cuir. Trente ans d’allers-retours avec les musiques du monde, reggae, salsa, et autant d’échos avec les thèmes de l’isolement, du fou, de l’étranger.
Le premier tube de Samedi soir à Beyrouth se trouve en quatrième plage. Sur un swing gainsbourien, Bosse renoue de manière narquoise avec les chants de la Commune du Stéphanois. Refrain : «Il faut qu’tu bosses.» Plus loin : «Ils ont séquestré le travail.» «Ils vont le trouver où, le travail ?, s’indigne le chanteur. Je bosse depuis mes 14 ans, mais c’est pour mon père que ce genre de discours est le plus méprisant. Après avoir fait la guerre, s’être tué à la tâche…»
Le monde ouvrier a muté depuis Fensch Vallee (1976). Délocalisations, sociétés parallèles : Beyrouth était donc symbolique pour planter ce décor transitoire, avec ses clans, ses non-dits, ses reconstructions perpétuelles et ses multiples religions. «C’est une ville littéralement souterraine, que je ne reconnais jamais. Depuis mes premières visites en 1982, elle n’arrête pas de changer, elle semble toujours en guerre. Il y a une réalité tangible et une réalité invisible. Comme pour l’écriture, il y a ce qu’on dit et ce qu’on ne dit pas. Le plus important se trouve souvent dans cet entre-deux.»
Deux vers accueillent tout le propos de ce 18e album - dont l’écriture a littéralement été esquissée un samedi soir à Beyrouth en plein embouteillage, quand tout le Golfe s’y retrouve pour ses alcools et music-halls qui se transforment en boîtes à minuit : «Femmes voilées-dévoilées/ Bloquées sur l’autoroute/ Dans leurs voitures blindées.» Il y avait un type dégarni à cheveux blancs qui chantait ce genre de prophéties. Le chanteur voyageur ne s’y compare pas mais ses mots sont dans sa bouche.
En septembre 2006, Lavilliers a revisité Ferré pour douze concerts. Aujourd’hui, dans un café parisien de la rue Oberkampf où il a son QG, il cite toujours le vieil anar de mémoire («Les coquillages figurant sous les sunlights cassés liquides/ jouent de la castagnette tant qu’on dirait l’Espagne livide») entre un mot d’ordre situationniste («Nous ne voulons pas échanger la certitude de ne pas mourir de faim contre celle de mourir d’ennui») et un proverbe brésilien («Les gens raffinés, c’est une autre histoire, mais les gens d’une autre histoire sont d’une autre distinction»).
Journaliste. Nous tenons là un rescapé du monde d’alors, qui emploie des mots comme «anarchiste», «romantique», «solitaire». Ils sont dans le titre d’ouverture de l’album, Rafales, une chanson sur le vent. Drôle de thème… « Les romantiques, les poètes, c’est toujours plein de vent. C’est un anarchiste absolu. On ne peut pas lutter contre. C’est donc un personnage démoniaque et indispensable. Il naît dans le désert. Et, une fois passé les dunes, c’est un moteur pour les bateaux, l’eau, la pluie. Il est devenu plus fort qu’il y a vingt ans.»
Près d’un siècle après le Front populaire, Bernard Lavilliers, musicien journaliste, questionne le désir et le temps sur un groove laid-back black. Parce qu’il est moins facile d’être libre aujourd’hui ? «Non, la liberté a toujours été difficile à prendre. Il faut être lucide, mature, responsable. Mais, chaque jour, de nouvelles lois nous infantilisent. La liberté dans la transgression uniquement, est-ce encore de la liberté ? Vais-je me sentir plus libre de fumer maintenant dans ce café, alors qu’il y a quinze jours je le pouvais, que je ne suis pas mort depuis et que l’Etat continue de taxer à 80 % le tabac ?»