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Blog / Mots-clés / Art
Articles avec le mot-clé 'Art' :
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Oraison du soir
Verlaine et Rimbaud que l'on reconnait à gauche, ont rendu célèbre ce Coin de table, peint par Fantin-Latour en Janvier 1872 (j'y étais !
) .
Rimbaud, qui venait d'immortaliser sa p.i.p.e Gambier dans le sonnet Oraison du soir, méprisait ouvertement Ernest d'Hervilly, modeste poète qu'on voit ici fumer sa p.i.p.e .
ORAISON DU SOIR
Je vis assis, tel qu’un ange aux mains d’un barbier,
Empoignant une chope à fortes cannelures,
L’hypogastre et le col cambrés, une Gambier
Aux dents, sous l’air gonflé d’impalpables voilures.
Tels que les excréments chauds d’un vieux colombier,
Mille rêves en moi font de douces brûlures ;
Puis par instants mon cœur triste est comme un aubier
Qu’ensanglante l’or jaune et sombre des coulures.
Puis quand j’ai ravalé mes rêves avec soin,
Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes,
Et me recueille pour lâcher l’âcre besoin.
Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
Avec l’assentiment des grands héliotropes. -
Le spectre de la rose (Léo Ferré)
Le spectre de la rose
Tout est bien qui finit mal
Tout est mal qui ne finit pas
Et rien ne finit jamais
Au commencement il y avait le verbe
A la fin il n'y a que des fleurs sous le verbe
Des dents sous les fleurs
A croquer le rien de rien
Comme un plat de resistance
Et dans le cercle fermé de nos vissicitudes
Tout est bien qui finit mal
Adieu à tous
Adieu à la décharge
Et que vienne la vie donner la mort à qui voudra
Et que vienne la mort rendre la vie à qui pourra la vivre
Je rentre dans l'habitude et le confort de la solitude retrouvée
Je suis seul avec vous et vous êtes vous avec moi
Comme la mer s'en va là-bas
Au bout de la marée au bout de rien
Vers l'azur en vacances
Et que durent vos vacances éternellement
Et que durent vos vacances éternellement
Je suis Nijinski Nijinki
Le silence s'arrête pour donner le temps à la parole
Et la parole vous crevera les yeux
Parce que je parle à ce que vous voyez
Aux orages de folie qui donnent la main à l'habitude
Au savoir se tenir debout malgré tout
Dans la folie dans l'exaspération des mots lancés comme ça au hasard
Je t'aime toi qui part je t'aime toi qui reste
Je saute regarde
Et qui s'invente des mirages
Je saute regarde
Regarde la rose qui monte qui monte
Et qui n’en finit pas de monter sans faner jamais
Je suis le miracle et Dieu c’est moi
Je saute regarde
Regarde la rose qui monte qui monte
Et qui n’en finit pas de monter sans faner jamais
Je suis le miracle et Dieu c’est moi
Je suis Nijinski c’est moi
Je saute regarde
Je suis l'oiseau sans aile et qui s'invente des mirages
Je saute regarde
Regarde la rose qui monte qui monte
Et qui n’en finit pas de monter sans faner jamais
Je suis Nijinsky Nijinsky voilà
Regarde je saute
Je suis le miracle et Dieu c’est moi
Je suis le spectre de la rose
Et hop !
Tout est bien qui finit mal
Tout est mal qui ne finit jamais
Et rien ne finit jamais
Au commencement il y avait le verbe
A la fin il n’y a que des fleurs sous le verbe
Des dents sous les fleurs
A croquer le rien de rien
Comme un plat de resistance
Et dans le cercle fermé de nos vissicitudes
Tout est bien qui finit mal
Adieu à tous
Adieu à la décharge
Et que vienne la vie
Donner la mort à qui voudra
Et que vienne la mort
Rendre la vie à qui pourra la vivre
Je rentre dans l’habitude
Et le confort de la solitude retrouvé
Je suis seul avec vous
Et vous êtes vous avec moi
Le silence s’arrête
Pour donner le temps à la parole
Et la parole vous crevera les yeux
Parce que je parle
A ce que vous voyez
Aux orages de folie
Qui donnent la main à l’habitude
Au savoir se tenir debout malgré tout
Dans la folie
Dans l’exaspération des mots
Lancés comme ça au hasard
Je t’aime toi qui part
Je t’aime toi qui reste
Et vous partez
Sous le vent de mon souffle
Comme la mer s’en va là-bas
Au bout de la marée
Au bout de rien
Vers l’azur en vacances
Et que durent vos vacances éternellement
Je suis Nijinski
Regarde
Je saute
Regarde
Je suis l’oiseau sans aile
Et qui s’invente des mirages
Je saute
Regarde
Regarde la rose qui monte
Qui monte
Et qui n’en finit pas de monter
Sans faner jamais
Je suis le miracle
Et Dieu c’est moi
Je suis le spectre de la rose
Et hop !
Je t’aime toi qui part
Je t’aime toi qui reste
Et vous partez
Sous le vent de mon souffle
Comme la mer s’en va là-bas
Au bout de la marée au bout de rien
Vers l’azur en vacances
Et que durent vos vacances éternellement
SALUT
(EXTRAIT DE LA PIECE DE RICHARD MARTIN "L'OPERA DES RATS"
DIALOGUES de LEO FERRE) -
Le Bateau ivre de Rimbaud
Arthur Rimbaud
Le Bateau ivre (1871)
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et des lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
− Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
− Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer !
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons. -
Tu es plus belle que le ciel et la mer
Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t'en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l'œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime
Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924
Ce poème est un éloge du voyage fictif, une évasion mentale, mais aussi une déclaration d'amour générale, à tout le monde ou à une personne. Le poète a instauré une atmosphère mystérieuse, où le lecteur doit s'interroger sur la ou les personnes concernées par son amour.
Bernard Lavilliers reprend ce poème dans l'album " If " (1988)
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Oscar Peterson , le roi du Jazz...
Montréal, début des années 1940. Un jeune pianiste de jazz, Oscar Peterson, fait sensation. À cette époque, la ville bat au rythme de cette musique venue du sud des États-Unis, et Peterson est un de ceux qui la fait vibrer. Soixante ans plus tard, le jeune virtuose est devenu un monument à la hauteur des Charlie Parker, Art Tatum et autres Thelonious Monk. Un grand parmi les grands du jazz.
Oscar Peterson commença à apprendre la trompette et son père lui apprit à jouer du piano à l'âge de cinq ans, mais vers l’âge de sept ans, il se consacra au piano après avoir passé presque un an à l'hôpital, victime de la tuberculose. Son frère succombera à ce fléau. Il gagna rapidement une réputation de pianiste techniquement brillant et de pianiste de jazz mélodieusement inventif, et devint un invité régulier des radios. Il apparut la première fois au Carnegie Hall en 1949.
Il joua et enregistra entre autres accompagné par Ray Brown, Herb Ellis, Ed Thigpen, Niels-Henning Orsted Pedersen, Louis Armstrong et accompagna Ella Fitzgerald, Clark Terry et Joe Pass.
Un des grands tournants de sa carrière son engagement par l’imprésario Norman Granz au sein de l'écurie Verve Records, grâce auquel il put jouer avec les artistes de jazz les plus importants du moment.
Ses premières influences furent Teddy Wilson, Nat King Cole, James P. Johnson et le légendaire Art Tatum, avec lequel beaucoup essayèrent plus tard de le comparer. En fait, Oscar s’imprégna des talents musicaux d'Art Tatum assez tôt, lorsqu’il avait dix ans, et quand son père lui fit écouter un des disques de cet artiste, il fut si ému par ce qu’il entendit qu'il ne toucha pas le piano pendant plus d'un mois.
De 1991 à 1994 il fut chancelier à l’université d'York à Toronto. Il était aussi franc-maçon .
En 1993, Oscar fut victime d’une sérieuse attaque qui affaiblit son bras et sa main gauche et qui le rendit inactif pendant deux années. Cependant, il surmonta cette infirmité et poursuivit ses tournées, enregistrant et composant comme il l’avait toujours fait.
Il meurt chez lui, dans la banlieue de Toronto le 23 décembre 2007 des suites de complications rénales.
RIP gentleman . . .
Vidéo/the Theme/Oscar Peterson Trio;
>http://beta.fr.netlog.com/go/explore/videos/vid...-
Photo de O.Peterson;
>http://beta.fr.netlog.com/SYL2Oh/photo/photoid=...-
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Citations d' Alexander Calder
« Pourquoi l'art devrait-il être statique ? En regardant une œuvre abstraite, qu'il s'agisse d'une sculpture ou d'une peinture, nous voyons un ensemble excitant de plans, de sphères, de noyaux sans aucune signification. Il est peut-être parfait mais il est toujours immobile. L'étape suivante en sculpture est le mouvement. » (1932).
« Je suis entré dans le champ de l’art abstrait après avoir visité l’atelier de Piet Mondrian à Paris en 1930. (…) Je fus particulièrement impressionné par des rectangles de couleur qu’il avait collés au mur. (…) Je lui dis que j’aimerais les faire osciller ».
« La forme qui soustend mon œuvre est le système de l’Univers ».
« Je me suis pour l’essentiel limité au noir et au blanc, les plus dissemblables des couleurs. Le rouge est la couleur qui leur est le plus radicalement opposée – et ensuite les autres primaires. Les couleurs secondaires et les teintes intermédiaires n’apportent que confusion et désordre à la netteté et à la clarté de l’œuvre ».
« Je suis sculpteur pour éviter les histoires ».
le Cirque de Calder
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L' EXPO -
Victor Hugo par Ousmane Sow ;
« Pour avoir moi-même exercé pendant trente ans en milieu hospitalier, dans des conditions sanitaires supposées normales, j’éprouve une grande compassion pour les problèmes rencontrés par les acteurs de Médecins du Monde. Ces derniers accomplissent leur mission, parfois fatalement inutile, dans des conditions extrêmes,. Et sans connaître, la plupart du temps, la reconnaissance de leur travail.
Je connais les difficultés du métier de soignant. Et je sais que, sur les terrains où ils opèrent, elles sont démultipliées.
Victor Hugo fait partie, au même titre que Gandhi ou Mandela, d’un collège d’hommes que j’admire et qui me font encore croire en l’humanité. Ils sont pour moi comme des amis auxquels j’aurais aimé ressembler.
Si j’ai choisi de représenter Victor Hugo pour incarner l’image de la misère, c’est qu’il n’y a pas, dans la vie, que la misère physique : il y a la misère morale. Victor Hugo l’a connue. Elle l’a poursuivie depuis une enfance malmenée, tiraillée entre des parents qui le renvoyaient d’une maison à l’autre, jusqu’à son interminable exil.
Cet infatigable combattant a connu aussi la misère indicible de se sentir impuissant, parfois, au cours des batailles qu’il a menées. Cela aurait pu le pousser au désespoir. Or, il n’a jamais baissé les bras. C’est parce qu’il savait ce qu’était la misère qu’il a su parler aussi fortement des misérables. »
Ousmane Sow -
Jean Genet peint par Alberto Giacometti
Qui d’Alberto Giacometti ou bien de Jean Genet me fascina le plus ? Apprenant un jour l’existence de ce tableau, je fus ravi de savoir que le sculpteur ait voulu portraiturer le poète.
Ses hommes qui marchent, squelettiques tandis que les femmes se dressent debout face à l’adversité, me bouleversent.
Ils incarnent la menace que des hommes portèrent sur d’autres hommes tout au long du vingtième siècle.
Le poète de Notre Dame des fleurs et du Condamné à mort est assis dand un siège. Ni debout, ni marchant, il rayonne dans le halo d’une lumière grise, projeter vers nous dans une rigidité inquiétante.
Je sui frappé par la noirceur du portrait. Puis il me revient une anecdote raconter sur Giacometti. Il fumait sa cigarette en prenant soin que la cendre ne tombât jamais jusqu’à ce qu’elle se soit consumée entièrement. Puis il laissait tomber l’amas de cendre dans le noir de son café serré et avalait d’un trait le curieux mélange.
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Paï _Whale rider de Niki Caro (2003 )
"La légende Maori du Whale Rider raconte l’histoire de l’esprit gardien qui veille depuis la mer sur son peuple. Il est dit qu’il arriva sur leur île (Aotearoa dans la langue indigène) en premier sur le dos d’une baleine depuis la terre mythique du Hawaïki. Depuis, tous les chefs sont ses descendants, de sexe mâle, et premiers de chaque lignée. "
Après avoir survécu à son frère jumeau et à sa mère, morts lors de l'accouchement, la jeune Paï supporte seule le poids de la culpabilité. Elle se doit de rompre la tradition ancestrale, où seul le premier mâle d’une famille noble peut prétendre devenir chef et perpétrer le culte de Paikea.
Précédé par une réputation flatteuse et couvert de prix divers, Paï est une œuvre aux riches vibrations. L’histoire parvient à entremêler subtilement des thèmes aussi variés que la condition de la femme, ou les mythes et coutumes du peuple Maori. A l’instar de L’Ame des guerriers de Lee Tamahori, Paï avance un dur constat sur la situation ethnique néo-zélandaise. Niki Caro choisit pourtant de ne pas s'attarder sur l'aspect social pour se focaliser sur la fable formant la fibre de son récit. Sa limpidité apparaît au gré d'images magnifiques des côtes néo-zélandaises en apportant une certaine poésie visuelle basée sur le bleu et le vert; la rencontre de l'océan et de la terre. L’essentiel de l’histoire est contenu dans l’espace qui sépare, et rapproche, les deux personnages principaux (Paï et son grand-père). Le vieil homme, déchiré entre le respect de la tradition et l’amour filial qu’il éprouve pour sa petite-fille, porte la lourde responsabilité de transmettre l’héritage spirituel et historique d’un peuple. Alors que la jeune fille ne cherche rien d’autre que l’amour inconditionnel de son grand-père, pour qui elle voue une admiration sans borne. Toute la subtilité de Paï est contenue dans cette relation ambivalente.
Paï demeure un film sensible, doux, passionnant, illuminé par la musique de Lisa Gerrard, et ébloui par les qualités du jeu de son interprète principal, Keisha Castle-Hughes.
Laissez-vous transporter par ce beau film !
Retrouvez cette chronique dans le clan
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Quatrevingt-Treize de Victor Hugo
J'ai un peu honte de l'avouer ,mais c'est le premier livre de ce géant de la littérature française que je lis. Je ne suis vraiment pas déçu,ce roman historique est une tragédie épique magnifiquement couché sur le papier par un Monsieur qui ne démérite pas son titre de père de la langue que nous aimons.
Comme son titre l'indique, Quatre-vingt-treize retrace quelques épisodes de l'année 1793 où sévit la Terreur. Sont mis en scène trois personnages principaux :
- le marquis de Lantenac, un homme fanatique et impitoyable, revenu d'Angleterre pour prendre la tête de la rébellion vendéenne ;
- son neveu, Gauvain, vicomte acquis à la cause de la république, épris d'idéal, ardent et efficace au combat mais clément dans la victoire ; et
- Cimourdain, ancien prêtre, qui fut un temps précepteur de Gauvain, lequel a été la seule personne au monde qui ait su toucher son coeur et y éveiller une sincère affection. Ceci mis à part, Cimourdain est tout aussi inexorable dans la défense de la république, selon la conception qu'il s'en fait, que le marquis de Lantenac l'est dans la défense de l'ancien ordre.
Ces trois personnages sont jetés dans la tourmente d'une période pleine de rebondissements meurtriers. Des liens de sang ou d'affection les unissent. Pourtant, ils se retrouveront dans des camps opposés. Lorsqu'ils devront tour à tour choisir entre le devoir - l'idée qu'ils s'en font - et la simple humanité, à quelles valeurs seront-ils fidèles ?
Les plus beaux passages sont à mon sens ceux où sont décrits les débats moraux des personnages : soit en leur for intérieur, soit sous forme de dialogue avec un autre personnage.
Il y a là de la grandeur, de la noblesse, de l'universalité.
Les chapitres centrés autour des personnages, où Victor Hugo ravit par son sens de la mise en scène, son style puissant et son sens psychologique, sont entrecoupés d'instructifs passages historiques . Les dialogues entre Marat,Danton et Robespierre sont inoubliables et on se plait à cotoyer les chouans ou les républicains .
Résonnant comme en écho aux turbulences de la Commune, l'œuvre délivre les préoccupations sociales et humanistes de l'auteur , son idée de la fatalité, dans une imposante lutte entre le bien et le mal.
Tout simplement superbe.Je pense déjà à mon prochain Hugo