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Blog / Mots-clés / bouddhisme

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  • LE CHAT ET LE BOUDDHA

    Le Chat et le Bouddha, (Un Conte pour TOUS)



    Il était une fois, pas une de plus - pas une de moins,
    un homme qui, après avoir visité un monastère bouddhiste, se vit offrir en souvenir un médaillon à l’effigie du Bouddha.

    Rentré chez lui, ne sachant trop qu’en faire, il vit passer le chat et eut l’idée de le lui accrocher au cou. Quant à ce chat, il faut bien dire qu’il était particulièrement redoutable et redouté des souris de la maison : il les dévorait à belles dents après avoir joué avec elles - avec un sadisme poussé jusqu’au dernier degré du raffinement de la cruauté (d’ailleurs l’expression « jouer au chat et à la souris » viendrait de là). Patient, rusé, se déplaçant sans le moindre bruit
    -  transparent  ou  invisible  - tant son art de se dissimuler atteignait la perfection et les souris vivaient dans un état de « stress » permanent qui était chez elles responsable de dépressions nerveuses, suicides et infarctus ! elles n’osaient même plus sortir de leur trou pour chercher leur nourriture et l’on raconte que certaines étaient déjà mortes de faim !

    Néanmoins, ces souris étaient très pieuses et priaient beaucoup le Seigneur soit seules, soit en groupe (c’est à cette occasion que sont nés les groupes de prière) pour qu’elles soient débarrassées d’une façon ou d’une autre de ce diable poilu et moustachu qui les terrorisait et les traumatisait. Et à force de prier avec humilité et sincérité, leurs prières finirent par être entendues en « haut lieu » et apparemment exaucées (c’est du moins ce que décréta la grande prêtresse des souris quand elle vit le chat porter le Bouddha autour du cou).

    Elle fit alors sonner les cloches, réunit toutes ses ouailles – pardon ses souris - et au comble de l’exaltation mystique, entre deux alléluias, annonça que le miracle tant attendu était enfin arrivé, que leur hydre assoiffé de sang de souris s’était converti au bouddhisme - preuve à l’appui le Bouddha en pendentif - et que de ce fait, il était nécessairement devenu non violent et qui plus est, végétarien. Autant de bonnes raisons pour reconnaître à travers cet événement la manifestation de la Sagesse et de la Bonté divine qui les libéraient d’une façon élégante du monstre (car on peut bien l’avouer ici - dans leurs prières pleines d’Amour envers le Seigneur - elles en étaient venues à souhaiter la mort du chat, ce dont elles se repentaient bien évidemment).

    :)

    Toujours est-il que « leur calvaire était enfin terminé ! » (la grande prêtresse l’avait proclamé) et qu’ « il fallait maintenant organiser une grande fête de remerciements ».

    Le « téléphone souris » fonctionna à la perfection de trou en trou et le soir même, endimanchées, pomponnées, parfumées, le chapelet fraîchement astiqué entre les doigts et le missel sous le bras, la gent souris fut fin prête pour la grand-messe.

    Cependant, on n’osait guère s’aventurer hors de son trou (la foi a quand même ses limites) d’autant que le matou trônait en pleine vue au beau milieu du grenier, les yeux clos (ou plutôt mi-clos – à y voir de plus près) .

    Aveuglée par la Foi, la grande prêtresse harangua alors ses troupes pacifistes :

    Souris de peu de Foi, sortez de vos trous ! venez sans crainte louer le Seigneur et le
    remercier pour ce miracle !

    Mais personne n’osait toujours avancer … Désignant le chat, elle s’écria encore :

    Espèces d’incrédules ! ne voyez-vous donc pas qu’il médite !

    Cet argument massue finit par décider la troupe qui s’avança naïvement vers le chat.
    Quand toutes furent enfin sorties de leur trou, suffisamment près de lui, le matou tel un fauve bondit et ce fut le plus grand carnage de tous les temps, une vraie boucherie, du sang partout, des tas de cadavres et d’agonisants dans des plaintes horribles – bref, la Saint-Barthélemy des souris !

    L’une des rares survivantes qui avait pu se traîner jusqu’à son trou malgré d’atroces blessures - apercevant la grande prêtresse des souris qui avait dirigé fort prudemment les manœuvres, bien à l’abri depuis l’arrière (comme tous les chefs) – lui demanda des comptes.
    Immédiatement et d’une voix péremptoire, elle lui donna alors l’explication du désastre :

    Ma pauvre ! les temps ne sont plus ce qu’ils étaient ! tout change, quel malheur :
    ou les bouddhistes ne sont plus non violents
    ou les bouddhistes ne sont plus végétariens
    ou pire encore, les deux à la fois !



    Contes inspirés d’histoires racontées par Mr Prem Rawat lors de ses Conférences

    :)

  • LE MANTRA SACRE




    CETTE LITANIE MILLENAIRE EST A LA FOIS LE SYMBOLE DE LA VIE BOUDDHISTE AU TIBET ET L'EXPRESSION D' UNE MANIERE D'ETRE.

    [center]

    Elle a fait l'objet de centaines d'exégèses, de milliers d'interprétations. Les tibétains la prononcent OM MANI PEME HUM, et la traduction la plus simple serait OM JOYAU DU LOTUS HOM. Pour le commun des fidèles, sa récitation incantatoire suffit à assurer son bien-être spirituel pourvu qu'il y mette la sincérité requise. Pour l'adepte avancé, la complexité des significations gigognes de chacun des sons, pris individuellement ou ensemble, dévoile les milles et huit facettes de la réalité - ou de l'illusion.
    L'origine de ce mantra est lié à Chenrésig-Avalokiteçvara, le Grand Compatissant. Il est le Protecteur par excellence du Haut~Pays et s'incarne dans le dalaï-lama, qui en demeure envers et contre tous le chef intemporel.



    Pour le pratiquant du Vajrayâna ou Tantrayâna, les premières et la dernière syllabes ont la réputation d'être chargées de puissance, et on doit le manier avec une infinie précaution. OM c'est le corps, la parole et l'esprit du disciple, en même temps que ceux d'un Bouddha : elle symbolise leur métamorphose, soit l'accès à l'Eveil. MANI, le Joyau proprement dit, exauce tous les désirs et figure le but suprême auquel on aspire. PEME, le lotus, incarne la sagesse, en particulier celle de la parfaite vacuité. Enfin HUM exprime l'indivisibilité, l'unité indissociable de la méthode et de la sagesse.



    En somme, le Grand Mantra tibétain exprime que la pratique d'une voie, par l'union inséparable de la sagesse et de moyens appropriés, peut mener à transformer un corps, une parole et un esprit communs en ceux, parfaitement purs, d'un Bouddha : tout un programme de vie fondé sur la discipline et la réflexion poussée dans ses retranchements ultimes, jusqu'à accéder enfin à la pleine lumère.



    Partout sur le haut plateau, la présence du Grand Mantra s'affirme sur les bannières de prière, les pierres gravées au bord des chemins, les inscriptions victorieusement étalées au flanc des montagnes. Le Tibet tout entier se reconnaît dans ces quelques mots qui l'accompagnent d'un temps à l'autre, d'une vie à la prochaine. C'est son miroir magique, sa protection préférée, habitée de l'intérieuret suprême parmi les paroles de pouvoir, puisque ce mantra est indissolublement associé au dalaï-lama

  • LE LOTUS



    LE LOTUS ; D'OMBRE ET DE LUMIÈRE



    OMNIPRESENTE DANS LES REPRESENTATIONS BOUDDHIQUES,LA FLEUR DE LOTUS SEMBLE INDISSOCIABLE DES DIVINITES QUI PEUPLENT CE MONDE OU ETROITEMENT MELEES,
    ombres et lumières n'en finissent pas de jouer à cache-cache sur l'Octuple Sentier de l'Eveil. Symbole cardinal, le lotus l'est depuis la nuit des temps védiques indiens : qu'il soit ouvert ou en bouton, blanc, rose, rouge ou bleu, il est associé à un aspect déterminé de l'enseignement, ou de la sagesse, et il en traduit un trait révélateur.



    Rappel implicite de la vraie nature de l'homme, le lotus y renvoie par analogie : il a beau naître dans la fange boueuse des étangs assoupis, une fois qu'il a traversé la perfide douceur de l'eau, il jaillit et s'épanouie dans l'air ou à sa surface comme un miracle d'harmonie continuellement renouvelé. La fascination qu'il exerce depuis si longtemps sur l'esprit des hommes a conduit les artistes d'Asie à le choisir comme assise privilegiée des Bouddhas et des Bodhisattvas, tandis qu'il est en même temps l'un des attributs les plus fréquents des divinités protectrices ou bienveillantes. Le Protecteur attitré du Haut-Pays, Chenrésig, est incarné parmi les hommes par son émanation le dalaï-lama, qui porte le titre de Seigneur du Lotus Blanc, cette couleur qui résume en elle toutes les autres symbolisant la perfection spirituelle du Bouddha.



    Rose, le lotus est l'apanage de Siddharthà, le Bouddha historique. Rouge, la fleur représente la compassion, ou encore la nature originelle des Bodhisattvas, et est alorsdirectement associé à Avalokiteshvara-Chenrésig, tandis que le lotus bleu, toujours figuré en bouton, est un emblème distinctif de Manjushri, bodhisattva de la connaissance, celui qui est l'image de la victoire de l'esprit sur les sens.



    Sa double nature fait parallèlement du lotus un symbole solaire, dans la mesure où les variations de la floraison se déclinent en fonction de la puissance de l'astre. Ses huit pétales stylisées renvoient naturellement à l'Octuple Sentier, et il accompagne les tibétains dans la psalmodie en solitaire, il peut symboliser le Bouddha lui-même, voire le double aspect, masculin et féminin, de la divinité : entre la corolle et la tige, il y a une complicité qui est aussi une complémentarité, comme sont complémentaires l'ombre et la lumière qui sculptent les creux et les bosses de l'existence quotidienne.

  • LE DALAÏ-LAMA


    Incarnation de la divinité sur Terre, ou l'accomplissement de l'être

    0CéAN DE SAGESSE, INCOMPARABLE MAÎTRE, YéSHé NORBÛ OU JOYAU-QUI-EXAUCE-TOUS-LES-DéSIRS, PRéCIEUX VICTORIEUX ou Gyalwa Rimpoché, Seigneur du Lotus Blanc, ou tout simplement Kundûn,la Présence : autant de titres parmi beaucoup d'autre évoquant à la fois la puissance, la connaissance, la bienveillance et la compassion, dont les tibétains se servent pour désigner le plus illustre d'entre eux, le plus révéré aussi, le dalaï-lama.



    Être d'exeption longtemps entouré de légendes et de mystères, le quatorzième de la lignée, actuellement titulaire reconnu mais exilé du Trône du Lion, Tenzi Gyatso aura eu la lourde tâche d'être, pour son peuple, le guide spirituel à une époque d'épaisses ténèbres et le chef temporel à un tournant de l'histoire marqué tant par la dur épreuve de l'occupation étrangère que par la nécessité de l'ouverture du pays à l'extérieur et à la modernité. Et s'il est aujourd'hui un symbole particulièrement connu du bouddhisme tibétain à travers le monde, c'est bien ce moine au regard perçant et au sourire contagieux qui représente, aux yeux de l'opinion internationale, aussi bien sa foi vivante que le Tibet lui-même menacé dans sa survie. Quoiqu'il en soit, les tibétains de l'exil comme de l'intérieur du pays persistent à reconnaître en lui leur seule autorité spirituelle et temporelle. L'institution historique du dalaï-lama s'enracine dans la notion, fondamentale pour le bouddhisme, de réincarnation : tout être, quel qu'il soit, porte en lui le germe de l'éveil et finira par y accéder, même son cheminement doit se prolonger dans le temps. D'où l'impérative nécessité de la ronde des naissances pour y parvenir. Certains cependant sont plus habiles que d'autres, et à force de travail assidu sur eux-mêmes, y arrivent plus rapidement. Au fil de vies successives, ils s'affirment, devenant ainsi capables de choisir sous quelle forme revenir parachever ce devenir. C'est l'apanage d'un petit nombre, que les tibétais appellent des tulkus [littéralement "corps de transformation"], soit des réincarnations de maîtres qui reviennent dans un corps renouvelé afin de mener à terme la tâche qu'ils se sont assignée antérieurement.



    Cetta tradition s'est affirmée au Tibet au XIIIième siècle avec la découverte du deuxième karma-pa, chef de l'école kagyü, et s'est ensuite confirmée pour d'autres grands maîtres, assurant ainsi la pérénnité de la transmission des savoirs de génération en génération, mais aussi une continuité souvent mise à l'épreuve. La lignée dite des dalaï-lamas est plus tardive. Elle remonte au XVIième siècle, dans la foulée de l'affirmation de l'ordre des Geloug-pa fondé par le réformateur Tsong-Khapa. Mais le titre lui-même qui signifie "Maître à la sagesse plus grande que l'océan" (ou Océan de sagesse), vient de talé-lama, attribué par le prince mongol Altan Khan à son maître spirituel Sonam Gyatso. Ce dernier, alors à la tête de l'école des bonnets jaunes, l'accorda rétrospectivement à ses deux prédécesseurs dont le premier Gedun Drup (1391-1475) avait été l'un des plus proches disciples de Tsong-Khapa.
    C'est alors avec le Grand Cinquième Lobsang Gyatso (1617-1682) que se combineront inextricablement les pouvoirs spirituel et temporel afin de s'imposer sur la scène nationale tibétaine jusqu'à l'invasion chinoise de 1949/1950. La tradition des tulkus perdure dans l'exil, en dépit d'obstacles engendrés par les conditions particulières du moment, comme en a témoigné le différend qui a éclaté en 1955 entre le dalaï-lama et le gouvernement de Pékin à propos de la réincarnation du panchen-lama, deuxième hiérarque religeux du bouddhisme tibétain, dont le sort est étroitement lié à celui du dalaï-lama, donc à l'avenir même du Tibet.



    Nul doute qu'aux yeux des tibétains, le dalaï-lama est un être tout à fait à part. La tradition, son éducation, son charisme, son pouvoir, son érudition et la vénération dont il est entourée en font certe un être d'exception, mais il y a aussi autre chose : cette subtile alchimie d'un échange ininterrompu entre les siens et lui. Pour eux, non seulement il est le Protecteur, incarnation du bodhisattva de la compassion infinie, il est également la personnification d'un pays perdu et le gage de sa pérénnité, la promesse d'un retour.



    Force est d'ailleurs de constater que la vie de Tenzin Gatso, reconnu quatorzième dalaï-lama à l'age tendre de deux ans et demi dans une modeste ferme du village de l'Amdo (à l'Est du Tibet, aujourd'hui incorporé à la province chinoise du Qinghai),n'a rien de banal. "Simple moine bouddhiste" comme il se définit lui-même, il n'en est pas moins un personage charnière de l'histoire contemporaine dont le rôle sur la scène internationale a été reconnu par la consécration en 1989 du prix Nobel de la paix.



    Né le cinquième jour du cinquème mois de l'an du Cochon-de-Bois selon le calendrier lunaire (6 juillet 1935) au village de Takster, le quatorzième dalaï-lama a été reconnu par une mission de hauts dignitaires religieux, puis ramené à Lhassa en octobre 1938 et intronisé en 1939 sur le Trône du Lion. Le bambin turbulent commence alors une formation rigoureuse et quasiment solitaire sous le regard vigilent de ses deux tuteurs, exceptionnels érudits. Mais au-delà du formidable rempart himalayen, les événements se précipitent, la lutte est acharnée pendant la Seconde Guerre mondiale. Des empires meurent, des pays naissent et la Chine est déchirée ente nationalistes et communistes. Mao et ses troupes prennent finalement le dessus et le nouveau pouvoir qui s'instale à Pékin en 1949 annonce aussitôt de "libérer le Tibet". Ce qui se traduit rapidement par l'invasion et l'occupation militaires, une mainmise qui monte encore en puissance . . .marquée en 1959 par une révolte populaire antichinoise noyée dans le sang. De là date également l'exil du dalaï-lama et d'une cetaine d milliers de tibétains essentiellement réfugiés en Inde,mais aussi disséminés sur tous les autres continents.


    Pour Tenzin Gyatso,ces années d'épreuves lui ouvrent le monde sans qu'il oublie un seul instant ce qu'il considère comme sa mission essentielle en ces temps diffciles pour son peuple et son pays : sauver le Tibet et sa grande civilisation, veiller à sauvegarder ses richesses spirituelles et son patrimoine singulier .
    Ayant renouer en quelque sorte avec la séculaire tradition du moine errant, le dalaï-lama n'est sans doute pas un pélerin tout à fait comme les autres. Certes, il est conscient qu'il y a encore bien es pierres à ôter du chemin, mais l'attention qu'il éveille chez ses interlocuteurs, l'écoute qu'il suscite et les réponses qu'il propose aux questions qui se posent à notre monde l'encouragent à persévérer dans son espoir de rentrer un jour chez lui et dans sa non-violence déterminée.



    Interrogé sur son propre avenir, le dalaï-lama répète à l'envie qu'il n'est qu'un homme, comme l'était le Bouddha, et que c'est vers ses semblables, les autres humains, vers leurs souffrances, que vont sa compassion et sa compréhension profonde. "Nous sommes en visite, dit-il, des touristes qui font des expériences, nous ne faisons que passer. Sans tolérance ni dialogue, nous nous rendons nous-même la vie invivable, et de plus nous dénaturons notre environnement. Alors que nous aurions juste un petit effort à accomplir pour rendre notre monde plus vivable à tous, libéré de la violence qui le ronge et détruit tout".
    Et de poursuivre: "Le Tibet peut parfaitement se concevoir sans dalaï-lama : il a fort bien vécu longtemps avant que l'institution n'existe en tant que telle, et en théorie, c'est tout à fait possible. Les institutions humaines passent, qu'elles continuent ou non est affaire de circonstances. Dans l'absolu, leTibet, sa nation, sa culture et même le bouddhisme sont tout à fait pensables sans dalaï-lama.Pour l'instant, le dalaï-lama est un symbole, un symbole du Tibet. C'est pourquoi il est important. Plus tard, dans trente ou quarante ans, je ne sais pas : tout change. Au demeurant, des êtres possédant toutes les qualités requises pour être dalaï-lama, il y en a toujours. L'incarnation d'un Bouddha ou d'un bodhisattva continue de se manifester quoi qu'il arrive, et pas seulement sous forme humaine . . ."