Supernocky
Garçon - 48 ans, N'djaména, Chad
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Blog / L’été à N’Djaména
vendredi 27 juillet 2007 à 10:05
Pour les occidentaux et même pour beaucoup d’Africains du Mahgreb ou des zones côtières et forestières, cette période de vacances est la plus belle de l’année. Elle se prépare durant des mois. On choisit les sites et les destinations. On envisage des voyages, des aventures. On pense récupérer au maximum ? Sauf pour nous les habitants de N’Djaména. En effet, depuis quelques années, l’été nous arrive après de terribles canicules débutant parfois dès le mois de février. Après avoir été suffisamment rôtis par la chaleur, après avoir passé la plupart des nuits sans sommeil, à chercher la moindre bouffée d’air, après avoir enterré nombre de proches trop faibles et malades pour résister au fléau, les pluies nous surprennent comme des caravaniers.
En d’autres termes, nous n’avions même pas pris le temps de nous préparer à l’arrivée des eaux d’en haut. Notre ville est une dépression plate et argileuse. L’évacuation des eaux usées comme des eaux de pluies a toujours été notre tendon d’Achille. Pas d’entente entre voisins pour faire les caniveaux. Certains estiment unilatéralement qu’aucune canalisation ne devrait passer devant leur portail ; pourtant l’inondation aura pleinement ce droit le moment venu. D’autres confondent tout simplement caniveaux avec dépôts à ordures ou toilettes. Les femmes jettent les ordures ménagères, surtout les fameux emballages plastiques appelés communément « léda », dans la rue. Les odeurs sont nauséabondes, suffocantes mais normales si vous êtes un Africain, un Noir, vous dira-t-on parfois. Les moustiques et les mouches font partie intégrante de la famille. Seules les ordonnances médicales qu’elles causent sont un problème.
En été à N’Djaména, il n’y a pas d’activités culturelles. Si je vous invitais à venir passer quelques jours avec nous, où vais-je vous conduire sinon dans les bars ? Et comment vais-je vous promener dans la ville ? Il y a très peu de routes praticables, plutôt des mares immondes pleines d’algues infectes et de déchets nauséabonds. Comparer aux belles prairies dans lesquels notre ancêtre mythique Toumaï ou nos autres ancêtres plus vrais, les Sao auraient vécu, devrait-on parler de progrès ou de recul ?
Si j’avais la réponse à cette question, je pourrai peut-être vivre un été 2007 plus heureux ?
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