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Supernocky

Garçon - 48 ans, N'djaména, Chad


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Articles avec le mot-clé 'humour' :


  • L’été à N’Djaména

    Pour les occidentaux et même pour beaucoup d’Africains du Mahgreb ou des zones côtières et forestières, cette période de vacances est la plus belle de l’année. Elle se prépare durant des mois. On choisit les sites et les destinations. On envisage des voyages, des aventures. On pense récupérer au maximum ? Sauf pour nous les habitants de N’Djaména. En effet, depuis quelques années, l’été nous arrive après de terribles canicules débutant parfois dès le mois de février. Après avoir été suffisamment rôtis par la chaleur, après avoir passé la plupart des nuits sans sommeil, à chercher la moindre bouffée d’air, après avoir enterré nombre de proches trop faibles et malades pour résister au fléau, les pluies nous surprennent comme des caravaniers.
    En d’autres termes, nous n’avions même pas pris le temps de nous préparer à l’arrivée des eaux d’en haut. Notre ville est une dépression plate et argileuse. L’évacuation des eaux usées comme des eaux de pluies a toujours été notre tendon d’Achille. Pas d’entente entre voisins pour faire les caniveaux. Certains estiment unilatéralement qu’aucune canalisation ne devrait passer devant leur portail ; pourtant l’inondation aura pleinement ce droit le moment venu. D’autres confondent tout simplement caniveaux avec dépôts à ordures ou toilettes. Les femmes jettent les ordures ménagères, surtout les fameux emballages plastiques appelés communément « léda », dans la rue. Les odeurs sont nauséabondes, suffocantes mais normales si vous êtes un Africain, un Noir, vous dira-t-on parfois. Les moustiques et les mouches font partie intégrante de la famille. Seules les ordonnances médicales qu’elles causent sont un problème.
    En été à N’Djaména, il n’y a pas d’activités culturelles. Si je vous invitais à venir passer quelques jours avec nous, où vais-je vous conduire sinon dans les bars ? Et comment vais-je vous promener dans la ville ? Il y a très peu de routes praticables, plutôt des mares immondes pleines d’algues infectes et de déchets nauséabonds. Comparer aux belles prairies dans lesquels notre ancêtre mythique Toumaï ou nos autres ancêtres plus vrais, les Sao auraient vécu, devrait-on parler de progrès ou de recul ?
    Si j’avais la réponse à cette question, je pourrai peut-être vivre un été 2007 plus heureux ?

  • LA VIE DE DEUX FRERES CONTRE LA VALEUR DE PNEUS USAGERS !

    A peine Lyadish Ahmed et moi-même venons de spéculer sur la problématique soulevée par le Président de l’Assemblée Nationale du Tchad, Mr Nassour Guélendouksia, à savoir « Faut-il arrêter de tuer les tchadiens ? », que deux frères commerçants viennent de perdre bêtement la vie au marché dit « Sans fils » de N’djaména. Convoyant des pneus d’occasion pour lesquels ils auraient payé effectivement la douane, ils étaient loin de se douter hier matin que leur business et leur vie s’arrêteraient fatalement pour si peu. Les fameux « karang karang » ou combattants douaniers guettaient leurs victimes, comme d’habitude en plein centre ville, contrairement à tous les règlements classiques existants. Si c’étaient de vrais douaniers, soucieux de remplir les caisses poreuses du trésor public, ils ne se planteraient pas là. Mais cela fait trop longtemps que ce secteur administratif a été conquis, armes au poing, par ceux qui vivent de la guerre et du désordre.
    Les notes et directives administratives du Ministère des Finances restes des feuilles de choux pour ces citoyens entièrement à part. Maîtres de l’espace, ils aiment les rodéos en voiture qui emportent souvent la vie de pauvres citoyens en circulation sur certains axes névralgiques de la capitale. Même un représentant résident de la puissante Banque Mondiale avait perdu la vie pour s’être trouvé au mauvais endroit, en se promenant à pied le soir, renversé par l’une de ces Toyota destinées à la chasse urbaine contre « la fraude ». Un problème jamais résolu et personne ne pourra, dans l’état actuel des choses, le résoudre ? C’est comme le cas des fraudeurs lourdement armés et qui livrent régulièrement combat aux patrouilles de douane dans les environs de la capitale et sur les axes menant aux bords du Lac Tchad, passage de la grande fraude criminalisée. En cas de décès d’un fraudeur de suite d’échanges de tirs, c’est l’agent en mission et sa famille qui doivent payer « la dia version tchadienne », cette trouvaille, cette falsification honteuse d’une prescription sacrée du Coran. Et sans blague surtout !
    Depuis deux jours, les marchés de pièces détachées de Sans Fil et de la Rue de 40 m sont fermés et barricadés par les commerçants, touchés et solidaires des victimes de la bourde des « karang karang », certainement pas la dernière ni la plus spectaculaire. Avait-on besoin d’en arriver là ? Deux citoyens tchadiens qui vivaient de leur sueur, travaillaient durement pour nourrir leurs familles, tués pour rien… Tout le monde sait comment on devient « karang karang » : soit au retour d’un maquis (récompense), soit en s’entendant avec un parent haut placé qui répartit ainsi chaque jour les jeunes gens à sa charge dans les postes, en vue de faire la recette quotidienne familiale. Il ne s’agit ni de fonctionnariat régulier ni de réquisition de citoyens pour renforcer un corps administratif. Il y a suffisamment de jeunes instruits capables d’être formés et de remplir convenablement la tâche de douaniers professionnels. Mais l’Etat n’a toujours pas d’argent pour ça !
    Les bandits et tueurs à gage, eux, ont le loisir d’envahir en toute indifférence ces services publics juteux pour se faire la bourse, même au prix de la vie de leurs concitoyens. Les parrains de ces faux agents disposent d’une franchise totale sur leurs marchandises qu’ils font entrer sous bonne escorte en ville, sans être inquiétés et surtout sans rien payer comme droits et taxes à l’Etat. Il est vrai que l’Etat leur appartient, ils l’ont conquis comme un butin de guerre. Voilà la raison « légitime » de leur activisme criminel. Ce détail ferait-il aussi partie des sujets inscrits à l’ordre du jour des négociations séparées ou de dialogues exclusifs et inclusifs réclamés ? En attendant, nous adressons nos sincères condoléances aux familles des deux compatriotes tombés sur le « vrai champ d’honneur », celui du travail et de l’honnêteté !

    :) :)

  • La grève générale des travailleurs s'annonce rude!

    J'ai rencontré ce matin un leader syndicaliste qui m'a informé de la tenue des assemblées générales syndicales demain samedi, en vue de confirmer à la base le lancement de la grève générale tous les secteurs, dès le lundi 16 avril 07 sur l'ensemble du Tchad actif. Il prévient que le mouvement sera dure, face au refus déguisé du gouvernement d'accorder les augmentations substancielles de salaires aux fonctionnaires et des autres revendications touchant aux retraités notamment.
    Est-ce à dire que nous pourrions arriver à une situation comme la Guinée Conakry? Tout dépend du gouvernement qui ne peut plus se dérober cette fois-ci. il mène seul une sale guerre qui a englouti une grande partie des revenus et excédents pétroliers reçus ces derniers temps. Sous le couvert de la guerre, les mafias claniques et autres trafiquants ont pu se servir allègrement de pactoles incroyables sur le dos de la majorité silencieuse. Bientôt, les tchadiens se réveilleront trop tard pour constater les comptes vides ou rouges du boom pétrolier qui aura surtout augmenté les drames humanitaires, la corruption à grande échelle et la déliquescence des institutions, rien que sur ces deux années 06 et 07. Le système fonctionne désormais en solo et en sens unique, avec des cercles restreints et durs du pouvoir, arcqueboutés sur la préservation de leurs privilèges à nimporte quel prix pour le pays. Il semblerait que le gouvernement voudrait d'abord consulter les pays de la sous-région d'Afrique centrale, avant de décider de combien faudrait-il augmenter les salaires. Les syndicats répliquent en rappelant que la Guinée équatoriale n'a consulté personne avant d'octroyer 300% d'augmentation à ses fonctionnaires. Idem pour le Congo Brazzavile qui, malgré les séquelles de guerre civile, est allé jusqu'à 100% d'augmentation. Va-t-on se cacher derrière la Banque Mondiale pour mépriser le cri des travailleurs, quand cette institution est au coeur d'un scandale sentimental à coup de salaire faramineux?
    Les travailleurs se disent frustrés de voir comment les paresseux et les personnes intouchables amassent les richesses du pays de Toumaï en toute impunité quotidiennement. Alors que ceux qui versent leur sueur légalement sont traités avec mépris comme des citoyens de seconde zone ou des sujets d'une dynastie clanique? Ce sentiment général risquerait de dévoiler d'autres révendications plus politiques si, par sa cécité et son intransigence, le gouvernement encourageait la montée de la fièvre syndicale. L'exemple de la Guinée Conakry fait l'objet des conversations et pourrait inspirer plus d'un. Aucune armée au monde, aussi impitoyable que soient ses combattants, ne pourrait tenir à la fois face à des rebelles fortement armées et soutenus de l'extérieur, des populations révoltés en affrontement et des milliers de travailleurs dans les villes. A notre avis, si la logique de la violence et de l'agressivité ne saurait être abandonnée par les autorités, qu'elles aient la sagesse de satisfaire au moins les travailleurs, sinon sur quoi reposera le pouvoir et la gouvernance? Sauf si l'on tenait à ressembler intégralement à nos frères de Somalie? Nous n'en avons jamais été loin ces dernières années!
    Wait and see! :) :)

  • Une Parade Originale à l’Immigration choisie de Sarkozy e

    Les Africains du terroir (c'est-à-dire ceux qui ne sont pas intéressés d’aller vivre en Europe), suivons avec intérêt le débat public sur l’Immigration en France. Pour éviter les amalgames, il faut distinguer certaines dimensions : 1) La dimension purement interne à la France que personne de censé ne saurait nier, à l’instar de tous les pays du monde qui connaissent, à un moment donné, croissance et prospérité ; 2) La dimension humanitaire parce qu’il s’agit d’êtres humains sujets à des traitements indignes, tant de la part des réseaux mafieux de passeurs de tout poil que des polices des frontières ; 3) La dimension géopolitique mettant en exergue les conditions de vie aléatoire et le désespoir qui règnent dans les pays du Sud, particulièrement de l’Afrique.
    On doit admettre que la France est dans son plein droit de refuser d’être envahie par des vagues d’immigrés dont elle ne serait pas prête à prendre en charge, qui ne lui rapporterait quasiment pas grand-chose. Pour ne pas prêter le flanc à certaines tendances gauchisantes, nous rappelons tout de suite qu’il y a eu des expulsions massives d’étrangers « sans papier ou dont les papiers ont été confisqués manu militari » dans des pays africains en croissance tels que le Nigeria, le Gabon entre autres. De ce point de vue, l’inhumanité de la manœuvre est largement partagée entre le Nord et le Sud.
    Concernant les traitements inhumains et dégradants dont sont victimes les candidats à l’Immigration, ils sont condamnables sans équivoque, nous sommes d’accord. Cependant, tant que la chaîne de l’Immigration, au départ du pays d’origine jusqu’à l’arrivée au quai de « l’Eldorado » européen, ne s’intègre pas dans un processus légalisé, organisé, normalisé, impliquant des accords entre les Etats, il ne faut pas s’attendre à ce que les candidats soient mieux traités. La brimade participe à la politique de répression de ce phénomène de la part des pays d’accueil et de transit.
    C’est la dimension géopolitique qui nourrit notre réflexion de ce matin. Il est question, du moins du bout des lèvres, de revoir la question du développement de l’Afrique comme parade durable à l’Immigration. C’est de la pure hypocrisie ! Pensez-vous que les dirigeants européens étaient ignorants de l’état miséreux et stagnant du continent africain ces quarante dernières années ? Croyez-vous à la pertinence d’autres programmes de coopération qui puissent mieux atteindre les populations africaines que tous ceux qui ont été expérimentés jusqu’ici ?
    Il y a un processus historique de pillage de l’Afrique qui a commencé depuis la traite négrière et la colonisation du Maghreb. Tout le système de la coopération Nord Sud a été conçu, amendé et consolidé de génération en génération par les Européens. L’Aide publique au développement et les relations avec les gouvernances locales tyranniques s’inscrivent dans cette logique de néocolonialisme perpétuel. L’Afrique devrait être la perdante dans tous les cas. La dette publique, les guerres, le sous-sol, la démocratie photocopiée sont orientés pour favoriser l’exil politique, scientifique et utilitaire, sous la pression d’une misère évitable. Les Accords de Partenariat Economique agités par l’Union Européenne consacre cette logique de maintien de l’Afrique comme un espace poubelle et mineur, sans possibilité d’affranchissement. Le seul Hic des Européens aujourd’hui est l’invasion irrésistible des moteurs asiatiques, indiens, chinois, coréens en Afrique, s’accaparant des potentialités économiques locales que l’Europe ne voulait pas mettre en valeur, au profit des peuples africains.
    Pour revenir à notre parade originale, nous voulons nous adresser aux Français d’adoption ou d’origine immigrée, puisque même Sarkozy s’est vu rappeler par le « vrai Français » Le Pen, ses origines hongroises. Au lieu de subir l’humiliation quotidienne des inégalités de fait dans votre pays, votre avenir pourrait être mieux assuré ailleurs, en Afrique par exemple. Ce que je propose, c’est que chacun de vous aie la possibilité de toucher ses allocations de chômage hors du territoire français. Ceux qui disposent d’une qualification professionnelle dans les secteurs où la demande est intacte et immense en Afrique (infrastructures, santé, éducation, agroalimentaire), devraient pouvoir s’expatrier aux frais de l’Etat français, en toute liberté, vers un pays africains où ils s’installeraient durablement. Sans créer des charges supplémentaires au trésor hexagonal, ils utiliseront leurs allocations chômage pendant au moins cinq années en dehors de la France. Converties en monnaie locale, en CFA par exemple, les allocations de ces Français les classeront au niveau des gens les plus nantis de nos pays. Ils auront suffisamment de quoi vivre, se nourrir, se loger décemment et même financer eux-mêmes leurs projets. Beaucoup ne feront que retrouver leurs racines vomies par Le Pen et les « vrais Français », donc n’auront pas de problème de dépaysement, de discrimination religieuse, de port de voile à l’école, etc. N’est-ce pas mieux ?
    Quant à M. Sarkozy, notre parade est de réclamer le dédommagement intégral des familles et des pays dont les ressortissants ont été absorbés par son Immigration choisie. Ce devrait se faire au cas par cas, comme les régularisations des sans-papiers. On prendra en compte : les frais engagés par les familles depuis la naissance du candidat à l’immigration choisie, ceux de l’Etat, et calculer sur toute une carrière ce que perd le pays d’origine par tête d’immigrés. Il serait intéressant de faire des simulations pour avoir déjà une idée claire de comparaison entre la promotion d’un partenariat réciproquement bénéfique entre le Nord et le Sud d’une part et le dédommagement au cas par cas que nous suggérons d’autre part.
    Le débat est ouvert…..

  • La Canicule tchadienne

    A cause de la chaleur insupportable de ce gros village appelé N'djaména, mal bâti et peu verdoyant, nous dormons à la belle étoile chaque jour. La lutte contre la chaleur, la transpiration, le délire se fait tant de jour que de nuit. En plus, il nous faut encore notre potion habituelle de mauvaises nouvelles sur les médias, à savoir la guerre qui reprend de plus belle à l'Est. Aujourd'hui, sommes-nous à un tournant avec l'accrochage direct entre les armées du Soudan et du Tchad? Et les affrontements inter-communautaires? Encore des morts, des blessés, des atrocités, des déplacés (femmes et enfants traumatisés et dépouillés), spectacle qui n'en finit pas! Juste à côté, de l'autre rive du fleuve Chari, la petite bourgade camerounaise vit un autre climat: la paix, la loi, l'ordre, le commerce florissant, la sécurité, les bonnes manières. Juste un fleuve entre nous et rien d'autre! Mais un fossé de siècle de valeurs. Quel est l'exploit que les tchadiens n'ont pas encore atteint et qui justifierait cette barbarie interminable de depuis plus de trente cinq années? La canicule qui fait dehors est moins chaude que celle qui ronge les cervelles de mes compatriotes dedans. Voilà un énygme bien difficile à résoudre, n'est-ce pas?
    Que faire?