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arradahmed

Garçon - 75 ans, Tizi-ouzou, Algeria
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  • Conférence débat sur le 8 Mai 1945 à la Maison de la Cult

    8 MAI 1945 - 8 MAI 2012
    Il y a 67 ans …,
    UN GENOCIDE PROGRAMME

    Avant tout, aujourd’hui, 67 années après nous nous devons d’interroger nos consciences et en tirer, au moins, le mérite de faire en sorte que les survivants de ce génocide qui a engendré des handicapés physiques ou mentaux ou ceux qui ont perdu, à jamais, les leurs, à la suite des exécutions sommaires, des incendies et des expéditions punitives organisées par les milices, la police ainsi que la légion étrangère sans en oublier les bombardements.

    Quel mérite aurions-nous, aujourd’hui, si les insurgés de Mai 1945 devaient disparaître sans auréole, broyés par la douleur du mépris et de m’anonymat ?

    Aujourd’hui, 8 Mai 2012, plus d’un demi siècle s’est écoulé, nous nous posons la question : ( Avons-nous fait l’effort nécessaire pour y apporter les vraies réponses à cet évènement tragique) ?

    Beaucoup reste à écrire sur cette douloureuse date, mais combien glorieuse, par le sacrifice consenti pour que renaisse l’Algérie si chère en nous tous.

    En effet, 67 années après des questions aussi lancinantes les unes que les autres demeurent enfouies dans les pénombres de l’oubli qu’il faut aujourd’hui, les en extraire pour les porter haut et fort par les générations montantes. S’il est admis que la France coloniale à tout fait pour que les criminels de guerre ne puissent être jamais poursuivis pour leurs forfaits, se permettant même de distribuer des promotions à bon nombre d’entre eux, qu’est-il advenu de ceux qui se sont insurgés contre ces ignobles bourreaux ?

    Nous avons le devoir de mémoire envers ces victimes et nous devons tous interroger nos consciences : Quel statut, avons-nous octroyé à ces martyrs ? Sont-ils des Moudjahidine de la Liberté autant que ceux de Novembre 1954 ou bien des victimes anonymes ?

    L’Algérie a perdu trop de temps envers ces martyrs et qu’il y a nécessité à les rétablir dans leurs droits, seule décision, à même de nous réconcilier avec notre passé, notre histoire….

    MAI 1945, UN GENOCIDE PROGRAMME

    Le 8 Mai 1945, c’est la capitulation de l’Allemagne nazie et c’est la signature de l’armistice en France, c’est la fête aux Champs Elysées. La France savoure et chante partout en France sa victoire sur l’armée d’occupation allemande.

    Oui ! Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale et comme tous les peuples colonisés qui avaient participé à l’effondrement du nazisme et du fascisme, les Algériens considéraient, à juste titre, non sans raison, la victoire des Alliés comme étant, en partie, la leur. Le prix du sang, élevé pour le triomphe de la liberté et de la démocratie, ne pouvait ne pas leur en donner le droit. Du moins, c’était ce qu’ils pensaient ; le peuple avait été fort imprégné par la charte de l’Atlantique et croyait vraiment aux promesses de libération. La certitude de la libération paraissait évidente par la présence des Alliés et par la perte de prestige de la France due à la défaite, ne faisait que confirmer la conviction des Algériens par le sacrifice du sang pour libérer la France. C’était, encore un fois, méconnaître la France coloniale. Les Algériens, une nouvelle fois, venaient d’être dupés.

    En Novembre 1944, 134.OOO Algériens étaient alignés dans les rangs des troupes de la « grande France » ce qui a permis à celle-ci de faire l’économie du sang français.

    La seconde guerre mondiale avait remis en cause l’équilibre politique et économique existant entre les puissances coloniales et leurs possessions d’outre-mer. Les courants nationalistes se propagent un peu partout. La France vaincue en 1940 a montré sa fragilité aux yeux de ses colonisés. Libérer la France, pour ceux-ci, c’était lui demander de tenir compte de leur spécificité, voire préparer leur propre émancipation.

    Comme l’écrivait, Abdelmalek BENHABYLES : « Le conflit mondial s’achevait avec la victoire des Alliés. La participation conséquente des Algériens à ce conflit à leur côté, mais à titre d’anationaux et de non-citoyens dans le cadre d’une souveraineté française disloquée, devait mener la logique de la tutelle coloniales jusqu’au bout de l’absurde ; Le colonisé appelé à la libération de son propre colonisateur ».

    Le 25 Mai 1944, Gaston MONERVILLE par cette phrase pleine de sens proclamait : « Sans l’Empire, la France ne serait qu’un pays libéré, grâce à son Empire, elle est un pays vainqueur ».

    Si pour la France, la reconstruction de la mémoire nationale devait inévitablement passer par l’évacuation de l’apport de l’armée d’Afrique, ce qui, sans être juste, pouvait s’expliquer, pour les Algériens, par contre, l’omission n’est point pardonnable. Pour montrer à quel point cette participation nous a été préjudiciable, il faudrait citer à titre d’exemple l’effort déployé par la propagande sioniste dans les conflits Israelo-Arabe ayant abouti à faire admettre l’idée selon laquelle les juifs étaient dans le camp de la liberté et les Arabes dans celui du nazisme.

    En sous-estimant cette dimension de notre contribution à l’effondrement du fascisme, nous avons réduit considérablement notre marge de manœuvre dans le monde. Nous avons été partie prenante. En Algérie, plusieurs de nos dirigeants nationalistes étaient condamnés ou assignés à résidence dans le sud par le gouvernement de Vichy.

    Contrairement à la majorité des colons pour laquelle le régime de Vichy avait constitué un âge d’or, les Algériens ont eu à vivre en plus de l’oppression accrue, les contrecoups occasionnés par l’effort de guerre, la crise économique et l’exploitation honteuse et sournoise du système colonial. Alors que la campagne algérienne subissait l’épouvante de la famine, de nombreux trafiquants parmi les colons doublaient ou triplaient leur fortune en exportant, en plus des minerais de toutes sortes, des produits alimentaires : blés, fruits et vins, vers le Reich. La situation des Algériens était des plus critiques ; rations dérisoires de 7,5 kg d’orge dans les campagnes alors que les colons recevaient pour leurs cochons un quintal par tête d’animal.

    La montée du mouvement national et la radicalisation de ses revendications avaient commencé à donner des sueurs froides aux colons et l’administration acquise aux thèmes ultra-colonialistes s’est mise à endiguer les réformes annoncées et obliger ainsi Paris à dissoudre les A.M.L ( Amis du Manifeste pour les Libertés ) initiateurs du projet des réformes.

    LA PREMEDITAION :

    C’est ainsi que le 8 Mai 1945 des manifestations organisées avec la complicité de la police un jour de marché afin de tirer dans le tas et d’en provoquer l’éclatement annoncé et ce afin que Paris renonce au projet des réformes soumis par les A.M.L ( Ferhat ABBAS). C’est ainsi que l’on a vu le gouverneur général de l’époque Yves CHATAIGNEAU dire ceci : « On est venu me dire : Les extrémistes des A.M.L sont en train de s’armer. Il faut les inciter à passer à l’action, ici ou là, de manière à les démasquer, les réprimer, et à créer en Algérie un climat qui obligera Paris, le Ministère de l’intérieur à interdire le mouvement séditieux. »

    La préméditation était là, flagrante et malgré les directives des A.M.L et du P.P.A de ne pas faire de provocations et de ne pas se munir d’armes et ne point transformer les manifestations en émeutes.

    Il est impossible de faire le récit de ces massacres de Mai 1945 sans en avoir la gorge nouée, sans en ressentir au plus profond de soi un sentiment d’une immense révolte.
    Il est également très pénible d’énumérer l’ensemble de ces crimes dont se sont rendus coupables les forces coloniales sous le régime de De Gaulle.

    Tout a débuté lorsque les policiers ont exigé la disparition des slogans nationalistes et de l’emblème national. Devant le refus, les policiers tirent sur la foule. Le jeune SAAL Bouzid portant le drapeau national tombe sous les balles assassines et c’est l’étincelle. Polices, gendarmes et gardes mobiles ouvrent le feu une nouvelle fois, des manifestants tombent, la foule s’éparpille sous la fusillade, confusion totale, et c’est l’émeute qui débute. Divers groupes en réponse, s’arment de couteaux et de hâches et se répandent en ville en s’attaquant aux Européens.

    La nouvelle, telle un tonnerre, se propage à Sétif, Guelma et se sont d’autres soulèvements à Ain El Kébira, Arbaoun et les Amouchas. Certains militants crurent que l’heure était venue de passer à l’action directe.

    Le soir du 9 Mai 1945, les autorités coloniales annoncent le chiffre de 103 morts et 110 blessés du côté européen et taisent le nombre de victimes du côté algérien plus de 45.OOO morts (soit un Français pour 4OO Algériens).

    La répression a été instantanée, sans commune mesure, une effroyable sauvagerie, rappelant les tristes souvenirs de la conquête coloniale. Blindés et artillerie, aidés par l’aviation pilonnent la zone de dissidence. Depuis la côte de Bougie, les canons écrasent les douars de toute la région d’Oued Marsa et Timimoun. On tire à vue, c’est la chasse aux Algériens. A Sétif, la plupart des civils européens sont armés. L’exécution individuelle est même tolérée. Dans un jardin, un bambin cueille des fleurs, un sergent français passe et le tue comme on tire sur un carton lors des fêtes foraines.
    On tue les Algériens trop instruits, ceux qui font de la politique, les syndicalistes, les scouts, les Oulémas. A Perigot ville, ils fusillent tous les Algériens qui savent lire et écrire. A Chevreuil, la milice exécute les « suspects » par groupe de vingt.
    Avant de mourir, les hommes sont contraints de creuser les fosses de ceux qui viennent d’être tués.
    L’élimination physique « indigène » prend très tôt l’allure d’un véritable génocide.

    C’EST UN VERITABLE NUREMBERG.

    8 Mai 2012, nous voilà rassemblés dans cette salle pour en rappeler comme un rituel cette tragédie.

    Ce mémorable souvenir qui nous rappelle à chacun d’entre nous « la colonisation positive ». La colonisation positive à la sarkozy votée par l’Assemblée Nationale française en février 2005 et des tenants de l’Algérie de papa. Cette glorification de la colonisation n’a pas eu dé réponse adéquate par l’Assemblée Nationale de notre pays.

    L’Assemblée Populaire Nationale qui a initié un projet de loi sur la criminalisation coloniale se devait d’aller jusqu’à l’aboutissement de celle-ci.

    Le 8 Mai 2010 un documentaire sur les tortures pratiquées par la France montrant les témoignages poignants de moudjahidine ayant subi ces dernières a été éloquent ( documentaire projeté à Sétif) et montrant un des visages de la France « grande, belle et généreuse » de De Gaulle. Ces méfaits ne peuvent et ne doivent demeurer impunis.

    La Cour pénale internationale n’intervient jamais quand il s’agit des grands de ce monde. C’est la justice à deux vitesses.
    Quand on entend par ci et par là des voix autorisées demandant à la France la repentance, il y a de quoi en rire. Ne serait-il pas mieux de faire notre histoire qui doit démontrer tous les méfaits du colonialisme depuis 1830 à 1962, seule réponse qui doit mettre à nu cette France dite « Pays des droits de l’Homme » aussi bien pour nos enfants et le monde entier en montrant pour toujours le vrai visage de la France coloniale.

    Mai 1945 n’est pas seulement un crime de guerre, mais un crime programmé pour étouffer tout esprit de révolte et qui s’était étalé jusqu’au 24 Mai 1945.

    Mai 1945 n’est pas seulement un crime contre les Algériens mais un VERITABLE CRIME CONTRE L’HUMANITE.

    Que tous ces martyrs connus et combien d’autres anonymes reposent en Paix devant l’Eternel. GLOIRE A NOS MARTYRS.

    Ahmed ARRAD
    Secrétaire National à l’O.N.M

  • 25 AOUT 1958 le journal LIBERTE

    Et la guerre fut transposée en métropole
    FEDERATION DE FRANCE DU FLN
    la fédération de france du FLN et le « second front »
    La révolution algérienne au cœur de la puissance coloniale
    Le 25 août 1958 : Une date tombée dans l'oubli

    L'ONM commémore un événement jusque-là “méconnu”
    LE 25 AOÛT 1958 FUT OUVERT LE “SECOND FRONT EN FRANCE”
    ABDENOUR BOUHIREBLiberté : 19 - 08 - 2007
    “Afin de faire connaître le fondement stratégique de la journée du 25 août 1958 en France, date de l'ouverture d'un second front par des actions d'envergure, décidées par le Comité de coordination et d'exécution (CCE), et ce, en plein cœur du territoire ennemi en Métropole”, l'Organisation nationale des moudjahidine (ONM) - Wilaya VII (ex-Fédération du FLN en France) compte organiser, du 22 au 27 août en cours, des activités commémoratives à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Rappelant dans son communiqué, rendu public hier, que l'ouverture de ce “second front” découlait de la volonté du FLN d'“empêcher l'envoi de renforts de troupes qui devaient rejoindre le contingent en Algérie”, l'ONM souligne sa volonté de “vulgariser cet important événement qui demeure méconnu”. En portant la lutte armée au sein de la France métropolitaine, en sus du retentissement mondial de la cause de libération nationale et de la visibilité de lutte du peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance confisquée, le FLN s'assurait aussi et surtout de la fixation des troupes françaises dans l'Hexagone, qu'il harcelait par une véritable subversion urbaine et compromettant leur déploiement en Algérie. Dans le sens de ressusciter cette page glorieuse de l'Histoire nationale, le secrétariat national de l'ONM a prévu une exposition non-stop qui durera du 22 au 27 août en cours et une conférence-débat pour la journée du 25 août ayant pour thème “Le second front et ses effets”. Une communication qui sera animée par MM. Haddad Hamada, dit Youcef, et Arrad Ahmed, respectivement secrétaire général par intérim et secrétaire national à l'ONM.
    ABDENOUR BOUHIREB

  • 25 AOUT 1058. INFO SOIR du 29.08.2006

    L'ONM commémore un événement jusque-là “méconnu”
    LE 25 AOÛT 1958 FUT OUVERT LE “SECOND FRONT EN FRANCE”
    ONM
    Saïd Abadou tente de calmer les esprits
    Pour une autre lecture de l?Histoire de l?Algérie

    25 août 1958
    Une date historique, méconnue
    Chafaâ BouaïcheInfo Soir : 29 - 08 - 2006
    «L'Histoire de ces innombrables et merveilleuses épopées doit être extraite des fins fonds de l'oubli pour être écrite ici, maintenant et chez nous.» C'est ce qu'a déclaré, hier, Ahmed Arrad, secrétaire national à l'Organisation nationale des moudjahidine (ONM), lors d'une conférence débat organisée au Cercle culturel d'El-Moudjahid. L'ONM, Wilaya VII, a organisé cette conférence pour commémorer la date du 25 août 1958, jusque-là inconnue des Algériens. «Le 25 août 1958, conformément aux directives de la direction politique (CCE), des sabotages ont été entrepris sur l'ensemble du territoire ennemi», a déclaré M. Arrad. Le conférencier a précisé que le jour du 25 août, à 2 heures du matin, un garage de police a été attaqué au cœur de Paris. A 3 heures du matin, c'est le ciel du Midi de la France qui est illuminé par des explosions à Narbonne, à Toulouse, à Marseille… Par ailleurs, plusieurs forêts ont été incendiées. M. Arrad a rappelé qu'à l'époque des consignes strictes ont été données pour épargner les civils. Ainsi, le bilan des opérations menées par les militants de la Fédération de France du FLN était de 56 sabotages, 242 attaques contre 181 objectifs, 82 morts et 188 blessés. Pour le responsable de l'ONM, l'objectif recherché à travers ces opérations était de desserrer l'étau autour des maquis de l'ALN en Algérie. D'ailleurs, à la suite de ces attaques, «la France était obligée de mobiliser des dizaines de milliers d'hommes du contingent pour garder les nombreux points stratégiques qui parsemaient son propre territoire», a expliqué M. Arrad qui a ajouté que «le mythe de l'intégration s'est effondré puisque la discrimination raciale était flagrante». Par ailleurs, M. Haddad de la Wilaya VII a expliqué que les événements du 25 août n'étaient pas le fruit du hasard, mais l'aboutissement d'un travail de longue haleine. L'intervenant a comparé les événements du 25 août à ceux du 20 août 1955 du Nord constantinois. «Zighoud Youcef avait organisé les événements du Nord constantinois pour casser l'embargo imposé aux Aurès», a souligné M. Haddad. Lors de leurs interventions, les conférenciers ont souligné le rôle important qu'avait joué la Fédération de France dans la récolte des fonds et dans la sensibilisation de l'opinion publique française et internationale sur les massacres commis par les colons. «Nous recueilliions 400 millions de Francs français par mois. Notre objectif était de garantir une autonomie financière au Gpra», a précisé M. Haddad. Aussi, lors des débats, l'assistance a déploré le peu d'intérêt accordé à l'écriture de l'histoire. Pour clôturer la conférence, M. Arrad a rappelé à ceux qui disent que c'est le général de Gaulle qui nous a offert l'indépendance que «durant les 4 ans de règne de de Gaulle, l'armée française a tué 1,25 million d'Algériens»!

  • LE SOIR D'ALGERIE 25/03/2012

    Dimanche 25 Mars 2012
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    Actualités : AHMED ARRAD, SECRÉTAIRE NATIONAL DE L’ONM :

    «L’écriture de l’histoire dérange des gens qui sont toujours au pouvoir»

    «Demander à la France de se repentir est une c… ! Il faudrait plutôt écrire l’histoire pour montrer aux jeunes Algériens et au monde entier ce que la France a fait pendant 132 ans de colonisation», suggère Ahmed Arrad, ancien cadre de la Fédération du FLN en France et, actuellement, secrétaire national à l’Organisation nationale des moudjahidine.
    Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Il était hier au cercle national des moudjahidine de square Port-Saïd à Alger pour donner une conférence sur le rôle de la VIIe Wilaya historique, plus communément connue sous le nom de Fédération du FLN en France et ce, dans le cadre de la «caravane de la mémoire» que dirige le ministère de la Jeunesse et du Sport en collaboration avec l’association Machaâl Echahid. M. Arrad n’a surtout pas aimé le côté folklorique de la caravane occultant les choses sérieuses, à savoir, inculquer l’histoire aux jeunes. «On ne peut faire le tour de la question en 20 minutes», dira-til. Ahmed Arrad n’a donc pas eu le temps de tout dire, même ce qu’il a prévu pour cette conférence. Il assène en marge de la conférence : «L’écriture de l’histoire dérange bien de gens qui sont toujours au pouvoir. Il est temps de dépoussiérer les archives. Or, nous sommes dans la finitude des choses et bientôt il n’y aura personne pour témoigner.» Et de regretter : «J’ai lutté pour l’indépendance de ce pays mais je n’ai jamais eu ma liberté. Je n’ai pas lutté pour cette liberté. Je le regrette mais je le dis.» En ce qui concerne le rôle de la Fédération du FLN en France pendant la Guerre d’Algérie, Ahmed Arrad a effleuré les plus importantes étapes du combat sur le territoire français. «Je dis bien guerre et pas une révolution. Je ne l’admets pas le mot révolution parce que ça ne colle qu’aux soulèvements au sein d’une même société pour changer un ordre établi alors que nous, nous avions un ennemi devant nous, que nous avons combattu et chassé de notre pays.» Ahmed Arrad a souligné d’abord le sabotage orchestré par le MNA de Messali El Hadj, créé un mois après le déclenchement de la Guerre de Libération nationale, une guerre fratricide ayant coûté cher aux Algériens avant que l’immigration n’adhère au combat du FLN. Ensuite, le Congrès de la Soummam et le souffle qu’il a donné à la Fédération, passant désormais à l’offensive et la date décisive du 25 août 1958 où les commandos recrutés parmi les militants de l’immigration et formés par le FLN au Maroc ont exécuté les premières actions militaires sur le territoire français, contraignant l’état-major de l’armée française à réduire ses contingents affectés en Algérie pour protéger la métropole. Etait également présente à cette conférence, Zohra Drif, combattante de la zone autonome d’Alger et actuellement membre du Conseil de la nation du tiers présidentiel. Elle dira : «Que la France se repentisse ou pas, l’histoire retiendra qu’elle a commis de graves génocides en Algérie de 1830 à 1962. Les recensements de la population en Algérie établis par les Français eux-mêmes le prouvent : nous étions 10 millions en 1830 et nous sommes devenus 2,5 millions 40 ans après.» Il convient enfin de signaler que le coup d’envoi de cette caravane a été donné le 19 mars dernier, le principe est que des groupes de jeunes se rassemblent au chefs-lieux des six Wilayas historiques pour visiter les hauts lieux de la Révolution et autres musées et maisons des leaders de la Révolution. En plus du quota de l’émigration, ils seront 1 500 jeunes, précise Mme Zina Azzoug, sous-directrice, chargée du tourisme des jeunes au ministère de la Jeunesse et des Sports, à se rejoindre le 5 juillet à Alger pour les festivités programmées pour le cinquantenaire de l’indépendance.
    L. H.

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  • RESOLUTION WILAYA 7 HISTORIQUE

    المنظمة الوطنية للمجاهدين

    الولاية السابعة (7) التاريخية

    المؤتمر التمهيدي
    يوم 25 جانفي2012
    تعاضدية البناء – زرالدة –

    اللائحة العامة

    تقدم في المؤتمر الوطني للمجاهدين الحادي عشر(11)

    يومي: 17، 18 مارس2012

    اللائحة العامة
    اجتمع مندوبو الولاية السابعة (7) التاريخية الى المؤتمر الحادي عشر (11) للمنطقة الوطنية للمجاهدين ، بتاريخ 25 جانفي2012 بمقر تعاضدية البناء - زرالدة- و صادقوا على هذه اللائحة.
    - اعتبارا للمرحلة الحالية والحاسمة التي تمر بها الجزائر، من الأخطار المتعددة والتي تدعونا إلى التجنيد – أكثر مما مضى – لحماية وإنقاذ مبادئ ثورة نوفمبر، طبقا للعهد المبرم مع شهدائنا الأبرار.
    - استجابة لاشتغالات القاعدة فيما يخص مستقبل كياننا، والتغيرات الحاصلة والمتصاعدة ، هنا و هناك - في جميع الميادين ، والتي لا يمكن تحقيقها بغياب جيل نوفمبر، اذا أن المهمة ابعد من أن تكون قد تمت بالنظر إلى ما بقي من أن ينجز في ميادين : الكرامة ، الأخلاق ، المدنية، و الجزائرية كما هو مسطر في بيان 1 نوفمبر 1954.
    - اعتبارا للأحداث الهامة للقرن 21 على مستوى العالم، وخاصة ما يجري في العالم العربي، فإنه من الحكمة و النباهة أن نغتنم فرصة انطلاق الحرية واندفاعها، لإصلاح نظام الحكم الذي أعطى كل ما يملك و وصل إلى نهايته و حدوده.
    المقدمة:
    إن المؤتمر الحادي عشر(11) للمنظمة الوطنية للمجاهدين، هو المؤتمر الثالث (3) الذي ينعقد في إطار التعددية الحزبية، وينعقد – أيضا – في الذكرى الخمسين لعيد النصر، وعيد استرجاع السيادة الوطنية و الاستقلال، وواجب المنظمة الوطنية للمجاهدين،- بصفتها الحامية والحارسة للوطن-، أن تطرح السؤال : هل حققنا كل أهداف بيان 1 نوفمبر 1954؟
    إن جيلنا شارك في بناء الدولة الجزائرية العصرية، بعد قرون من الاحتلال والهيمنة، وعاش ليل الاستعمار المظلم.
    والتاريخ سيشهد على العمل المنجز، والتضحيات التي قدمها الشعب الجزائري منذ 1830، من أجل تحرير الوطن من نير الاستعمار، ليعيش في ظل الكرامة والعمل والحرية.
    اليوم فالوطن يتوفر على هيئات ومؤسسات دولة، كما تم انجاز تطور وتقدم في الميادين: الاقتصادية والاجتماعية والثقافية بالإضافة إلى النظام الإداري.غير اننا نشكو من نقص واضح في مناصب الشغل، والسكن الاجتماعي، وضعف القدرة الشرائية، حتى بالنسبة للطبقة الوسطى للمجتمع، سوء العناية والتكفل الصحي على مستوى الصحة العمومية، وكذا مجال المنظومة التربوية الموصوفة بالمنكوبة إلى جانب العديد من المشاكل الاجتماعية.
    إن المنظومة التربوية تحتاج إلى إصلاحات كبرى وعميقة حتى تصبح ملائمة، أي تكوين الكفاءات القادرة على إيجاد حلول للمشاكل التي تواجه البلاد في جميع الميادين، لاسيما تطوير التكوين والبحث الأساسي والعملي والمهني.
    كما نلاحظ ونلمس النقص الظاهر في الأدمغة الجزائرية و التي تغادر البلاد، لأنهم لا يجدون الظروف الملائمة لترجمة و ازدهار معارفهم على ارض الواقع، دون أن ننسى المشاكل المادية التي تعترضهم.
    إننا نشاهد و نعيش كل أنواع الاحتجاجات، لجميع شرائح المجتمع، وصولا إلى الإضرابات اللامحدودة، وهذا مؤشر على القلق، و الاضطراب، و غياب الحوار، و التكفل الوقائي للمشاكل. إن المجتمع في مجمله، وخاصة الشباب، غير مؤطرين من طرف الجمعيات المدنية، ولا الأحزاب السياسة . و كأن الشباب متروك لحاله، مما يجره إلى الانفجار. وتفكك النسيج الاجتماعي الذي يؤدي إلى ما لا يحمد عقباه، ومن ثم لا يمكن ترميمه.
    أمام هذه الوضعية الاجتماعية السياسية، يجب على المجاهدين أن يتفاعلوا، وان يقترحوا الحلول، إذ أنهم يشكلون شريحة في المجتمع، مازالت محترمة ومسموعة، والتي تستطيع – بالتأكيد- أن تجند القوى الحية للأمة، لاجتناب الأخطار المحدقة.
    يجب على المنظمة الوطنية للمجاهدين أن تقوم بدور اتحادي وتنظيم يلجأ إليه لحل المشاكل السياسية الكبرى. لا أن تحول أو تشبه منظمة أو جمعية خيرية للمجاهدين المتهمين – ظلما- أنهم يتمتعون بالامتيازات، التي تعتبر – في رأينا وبيقين – مثيرة للسخرية، والتي هي أقل بكثير مما يجب أن يتحصلوا عليه لضمان حياة لائقة وكريمة.
    هناك مسؤولية أخرى واجبة على المنظمة الوطنية للمجاهدين، وهي: مشاركتها في كتابة تاريخ البلاد.
    إن الأمانة الوطنية للمجاهدين لا تملك الوسائل المناسبة للأهداف المنوطة بها والتي ألزمتها بها لوائح وقوانين المؤتمر الوطني الخاصة بكتابة التاريخ.
    إن الهيئات المكلفة بهذه المهمة، تابعة لوزارة المجاهدين، أما المنظمة الوطنية للمجاهدين فيختصر ويقتصر دورها في الحضور الروتيني لمختلف التظاهرات و إحياء الاحتفالات والذكريات.
    حقا، إن المنظمة الوطنية للمجاهدين، يمكنها، ويجب عليها، أن يكون لها دور مهم في جمع الشهادات، والتحقق من صحتها وأصالتها. ويجب عليها - لتحقيق ذلك - أن تنشئ بنكا للمعلومات والمعطيات، وتكوين لجنة من المختصين في التاريخ لتحضير وتأليف وثائق مرجعية.
    كما يجب على المنظمة الوطنية للمجاهدين أن تعمل على تنظيم ندوات، وملتقيات حول مواضيع تتناول تاريخ الاستعمار، المقاومة، الحركة الوطنية، حرب التحرير الوطنية من جميع جوانبها العسكرية، والسياسية والاقتصادية، والاجتماعية، والأزمات والسلبيات، وكذا مكانة الثورة الجزائرية في حركة التحرر العالمية ضد الاستعمار، وترقية الشعوب.
    من أجل الفعالية، يجب الاحتفاظ بالعدد الحالي لأعضاء الأمانة الوطنية المتكون من ثمانية عشر(18) عضوا زائد الأمين العام الذي ينتخب من طرف أعضاء الأمانة الوطنية المنبثقة من المجلس الوطني.
    ويرجى إضافة العنصر النسوي في الأمانة الوطنية إذا أن المرأة الجزائرية قدمت تضحيات بنفس مستوى الرجل، وعليه تقترح أن تمثل بعضويين (2) على الأقل، يتم اختيارهما من طرف أخواتهما المجاهدات.

    القوانين:
    للولايات التاريخية دور مهم وأساسي في جمع الشهادات وتأصيلها وتحقيقها، لتمكين المختصين في التاريخ من وثائق ذات مصداقية.
    إن كتابة التاريخ لا تختصر على نشر المذكرات والتراجم الشخصية، بل يجب أن يشمل - بالخصوص – المشاركة المتنوعة للشعب.
    يجب على الولاية التاريخية أن تشارك في تنظيم وتنشيط الندوات واللقاءات ذات الطابع التاريخي والثقافي، بالمشاركة وبالتعاون مع الولايات التاريخية الأخرى.
    ولتطوير هذه الأنشطة، يجب تزويد الولاية التاريخية بالوسائل الداعمة واللائقة: مقرات، مراكز توثيق، وسائل الإعلام الآلي، والسمعي البصري، بالإضافة إلى الأعوان التقنيين، وميزانية معتبرة.
    كما يجب على المسؤولين أن يولوا أهمية قصوى لهذه النشاطات بصفة تطوعية ودائمة.
    يجب تحديد مهام الولاية التاريخية عن طريق نظام داخلي يبين أهدافها ووظيفتها. مما يخفف العبء على الولاية الإدارية، التي سوف تتجه فقط لحل المشاكل الاجتماعية للمجاهدين وذوي الحقوق.
    وكما هو معلوم فإن مجاهدي الولاية السابعة 7 موزعون على كافة التراب الوطني، وتمثيلهم وهيكلتهم تتم على مستوى الولاية الإدارية كما هو مبين في المادة 35 من القانون السياسي، ومؤكدة في النظام الداخلي، ويتوفرون على مقرات ملائمة على مستوى مكاتب الولايات الإدارية.
    للإعلام فإن مجاهدي الولاية السابعة 7 موزعون كمايلي:
    سيدي بلعباس
    عين تموشنت
    تيسمسيلت
    الشلف
    غليزان
    مستغانم
    الهجرة باتنة
    خنشلة
    بسكرة
    الوادي
    تبسة
    وهران
    تلمسان ميلة
    جيجل
    سكيكدة
    قسنطينة
    قالمة
    عنابة
    أم البواقي الجزائر
    تيزي وزو
    البويرة
    بجاية
    برج بوعريريج
    سطيف
    المسيلة
    أي مجموع 27 ولاية بالإضافة إلى الهجرة.

    الملفات:
    ا) الاعتراف:
    إن الاعتراف بكل مناضل شارك في حرب التحرير، هو حق دائم وغير قابل للسقوط، وهو معترف به قانونا.
    إنه حق تاريخي، يمكن المطالبة به في كل وقت من طرف المعني، أو أبنائه. والتجميد الحالي للملفات على مستوى وزارة المجاهدين غير مقبول، ومخالف للتشريع المعمول به، رغم أن المؤتمر العاشر (10) صادق على لائحة في هذا الشأن. وهذا يعتبر خرق للقانون.
    ب) طلب التعديل:
    رغم كون للإجراءات الخاصة بالتعديل بسيطة وسريعة، إذ أن المطلوب هو تحديد المشاركة المسجلة على البطاقة القاعدية المطابقة للملف القاعدي للمعني، إلا أن التعديل مجمد كما هو الحال للاعتراف.
    مع ان الحصول على شهادة الاعتراف بالمشاركة في حرب التحرير الوطني، كان يكفي للحصول على الحقوق المرتبطة بصفة المجاهد.
    إن الالتزام والتجند في صفوف الثورة يعني التضحية بالنفس بالنسبة لمناضل الولاية السابعة 7 فإن وظيفته، وشغله، ونضاله، ومساهمته المالية، وتظاهره، يعدون من نشاطاته اليومية والدائمة. إن الشهداء، والجرحى، والضحايا، والسجون والمعتقلات تشهد بإسهاب على ذلك.
    و تجدر الاشارة أن هذا التجميد بالنسبة للولاية السابعة 7 قد همش مناضلين مسؤولين: خلايا ـ أفواج- أقسام، والذين لم يتم الاعتراف بهم إلا في أفريل 1996. (من تم منحه بيد أخذ بيد أخرى). ولتمكينهم من حقوقهم، يكفي الرجوع إلى الملف القاعدي لكل منهم.
    جـ) الإطارات:
    يوجد العديد من ملفات الاعتراف بصفة الإطار مجمدة ـ ظلما ـ منذ فترة طويلة وهذا غير مقبول. وبعد 50 سنة من الاستقلال فإنه من العاجل أن نعاين إنكار ورفض تاريخ لمجاهد إطار.
    فعلا، فان الملفات مدروسة من طرف لجان مختلفة للإطارات تابعة للولايات التاريخية، مازالت منذ سنوات مكدسة على مستوى وزارة المجاهدين.
    أنه لمن المؤسف أن نلاحظ وبمرارة هذا الرفض والإنكار لحق مشروع، بينما زملاؤهم (في نفس الهيئة سابقا) يتمتعون بحقهم، وهناك من فارقنا ولم ينل ما يستحقه من الجزائر.
    النقل:
    إن المجاهدين يقابلون بالرفض للاستفادة من مجانية النقل في إحدى وسائل النقل التابعة للدولة وهي مؤسسة مترو الجزائر. وهذا يتعارض مع النصوص الصريحة للقانون.
    الأراضي الفلاحية:
    يجب أن تبقى الأراضي الفلاحية تراثا للأمة. وهي غير قابلة للتنازل والتحويل، ولا بمكن استعمالها إلا في تطوير الفلاحة عن طريق التعاونيات و بتسيير ذاتي مستقل.
    إن قضية الأراضي الفلاحية يجب أن تدرس من طرف لجنة وطنية خاصة بالتعاون مع المنظمة الوطنية للمجاهدين.

    الإعلام:
    يجب على المنظمة الوطنية للمجاهدين أن تقوم بدور المحرك من أجل إنشاء مجلة تاريخية متعددة اللغات ( نصف شهرية أو صفة أخرى،......) تتناول وبدون مجاملة تاريخ بلادنا القديم والحديث، مع إبراز أهمية الحركة الوطنية، الثورة التحريرية 1954-1962، دور جيش وجبهة التحرير الوطني، ونضال الشعب الجزائري في المقاومة والكفاح ضد الاحتلال، وترقية الشعوب نحو الحرية والديمقراطية والتقدم.
    الخلاصة:
    إن طموحنا أن نرى مبادئ نوفمبر خالدة وسائدة ودائمة في وطننا.
    وأملنا أن نجعل من الجزائر بلدا ديمقراطيا، قويا، ومزدهرا، أين تسود فيه الحريات الفردية والجماعية، التي طالما حلم بها إخواننا وأخواتنا شهداء الثورة التحريرية.
    مهمتنا أن نفي ونقوم بواجبنا، حتى ونحن في خريف أعمارنا، ونوجه نداء ملحا لمؤتمرنا لنرتقي إلى مستوى مسؤولياته للمضي قدما ومن أجل مصلحة الوطن فقط.
    ونناشد ضمائر الذين واللواتي من بين إخواننا وأخواتنا المتقلدين لمختلف المسؤوليات ضمن مؤسسات الدولة للتمسك أكثر بمبادئ ثورتنا العظيمة والخالدة، وللاستحضار الذهني الدائم للعهد الذي قطعناه مع شهدائنا الأبرار والأطهار، والعمل دوما من أجل إرساء:
    ـ دولة القانون.
    ـ الديمقراطية المتعددة.
    ـ الحريات الفردية والاجتماعية.
    ـ حرية التعبير.
    ـ حقوق الإنسان.
    المجد والخلود لشهدائنا الأبرار
    تحيا الجزائر
    الولاية السابعة 7 التاريخية

  • RESOLUTION WILAYA 7 HISTORIQUE

    RESOLUTION

    Le 25 Janvier 2012, les délégués issus de la Wilaya Sept historique au congrès national de l’Organisation Nationale des Moudjahidine, se sont réunis en pré-congrès à la Mutuelle des Matériaux de Construction à ZERALDA et ont adopté la présente résolution.
    - Considérant l’étape que traverse, actuellement, l’Algérie par les nombreux dangers qui appellent notre conscience pour la mobilisation plus que jamais pour sauver et perpétuer les valeurs de Novembre qui nous lient au serment prêté à nos glorieux martyrs.

    - Tenant compte des préoccupations de notre base quant à l’avenir de notre entité et les changements qui s’opèrent, crescendo, ici et là, dans tous les domaines et qui ne peuvent être parachevés en l’absence de la génération de Novembre dont la mission est loin d’être achevée si l’on tient compte de ce qui reste, encore, à réaliser en matière de dignité, de morale, de civisme et d’algérianité comme définis par la déclaration du 1er Novembre 1954.

    - Considérant les évènements marquants du 21ième siècle à travers l’ensemble de la planète et particulièrement dans le monde arabe, il serait judicieux de prendre en compte cette poussée de Liberté et réformer le système de gouvernance dans notre pays qui a produit ses limites.

    INTRODUCTION

    Le 11ième Congrès de l’Organisation Nationale des Moudjahidine est le 3ième Congrès qui se tient dans le cadre multipartisme. Il se tient, également, au 50ième anniversaire de l’avènement de notre indépendance et l’Organisation Nationale des Moudjahidine, de par ce qui lui échoit en sa qualité, normalement, de gardienne du temple, se doit de faire une évaluation de son action en tant qu’Organisation de Moudjahidine et symbole mais, également, se poser la question : avons-nous atteint tous les objectifs de la proclamation du 1er Novembre 1954 ?
    Notre génération a participé à la création de l’état algérien moderne après des siècles de domination et a vécu la dure nuit coloniale. L’histoire, elle, témoignera du travail accompli et des sacrifices consentis par le peuple algérien depuis 1830 pour la libération du pays du joug du colonialisme afin de vivre, enfin, dans la dignité, le travail et la liberté.
    Aujourd’hui le pays est doté d’institutions étatiques, des progrès ont été réalisés dans les domaines économique, social et culturel sans compter l’organisation administrative. Cependant l’on se plaint du manque flagrant de travail, du manque de logement social, du très faible pouvoir d’achat d’une très grande frange de la société incluant, même, la classe moyenne, de la mauvaise prise en charge dans le domaine de la santé publique, de l’éducation que l’on dit sinistrée ainsi que de nombreux problèmes sociaux en général. Le système éducatif qui n’est pas en reste, appelle à de grandes réformes pour, enfin, qu’il devienne pertinent, c’est-à-dire : formation de compétences capables de résoudre les problèmes qui se posent au pays dans tous les domaines et, surtout, développer la formation et la recherche fondamentale, opérationnelle et professionnelle.
    Nous assistons, également, à une déperdition, qui ne dit pas son nom, de cerveaux algériens qui fuient le pays, car ils ne trouvent guère les conditions adéquates pour exercer leur savoir faire et s’épanouir sans compter les problèmes matériels qui sont très importants. Nous assistons à toute forme de revendications, tous corps confondus, allant jusqu’à des grèves illimitées, ce qui est un symptôme de désarroi et d’absence de dialogue et de prise en charge préventive des problèmes. La société, dans son ensemble et notamment sa jeunesse, n’est pas encadrée parfaitement par des associations et les partis politiques. Elle semble livrée à elle-même et court, ainsi, le risque d’être entrainée vers une explosion où la dislocation du tissu social peut engendrer l’irréparable.
    Les Moudjahidine devant cette situation socio politique se doivent de réagir et proposer des solutions, car ils constituent une frange de la société qui est toujours respectée et écoutée et qui peut, certainement, mobiliser les forces vives de la Nation pour en éviter les risques attendus. L’Organisation Nationale des Moudjahidine se doit de jouer son rôle de fédérateur d’organisation de recours pour les problèmes politiques majeurs. Elle ne doit jamais être assimilée et réduite à une organisation de bienfaisance des Moudjahidine qui son accusés, à tort, de jouir d’avantages qui, à notre avis, sont indéniablement ridicules et ne correspondent nullement à ce qu’ils devraient obtenir pour mener une vie décente.

    Une autre responsabilité qui incombe à l’Organisation Nationale des Moudjahidine est sa participation à l’écriture de l’histoire du pays. Le Secrétariat National ne possède pas les moyens correspondants aux objectifs qui lui sont assignés par les résolutions et statuts issus du 10ième congrès national quant à l’écriture de l’histoire. Les structures chargées pour ce fait, relèvent du Ministère des Moudjahidine en tant que tutelle et l’Organisation Nationale des Moudjahidine ne fait que la routine d’assister aux différentes manifestations et commémorations. Il est, certainement, vrai que l’Organisation Nationale des Moudjahidine peut et doit avoir un rôle important pour le recueil des témoignages en vérifiant leur authenticité, elle se doit de constituer, pour cela, une banque de données et créer un comté de spécialistes en histoire pour l’élaboration des documents de référence.
    Il est en outre indispensable qu’elle s’attache à organiser des rencontres et séminaires sur des thèmes traitant de l’histoire, de la colonisation, de la résistance, du mouvement national, de la lutte de libération nationale sur ses multiples facettes politique, économique, sociale, militaire, les crises et la place de la révolution algérienne dans le mouvement de lutte internationale contre le colonialisme et l’émancipation des peuples.
    Pour l’efficacité, le Secrétariat National doit être maintenu tel qu’il est en ce moment à 18 membres plus le Secrétaire Général qui doit être élu par ses pairs, à savoir le Secrétariat National issu du Conseil National. En plus, il serait souhaitable que la femme qui a consenti tant de sacrifices au même titre que les hommes , soit représentée par, au moins, 2 moudjahidates. Celles-ci issues de leurs consœurs.

    LES STATUTS
    Les Wilayates historiques ont un important rôle et essentiel pour le recueil des témoignages et leur authentification pour fournir aux spécialistes de l’histoire une documentation fiable. L’écriture de l’histoire ne se résume point aux biographies des personnes mais, surtout, s’attacher à relater la participation multiforme de la population. La Wilaya historique doit participer à l’organisation et l’animation des rencontres à caractère historiques et culturels avec la participation des autres wilayates historiques.
    Pour développer ces activités, la Wilaya historique doit disposer de moyens logistiques adéquats : locaux, centres documentaires, moyens informatiques et audio visuels, ainsi que de personnel technique de base et d’un budget conséquent. Les responsables doivent se consacrer à ces activités de façon permanente et volontaire.
    La Wilaya historique doit être dotée d’un règlement intérieur qui déterminera son fonctionnement, ceci allègera les wilaya administratives pour se consacrer, uniquement, qu’aux problèmes sociaux des Moudjahidine et ayants droits.
    Etant entendu que les Moudjahidine de la Wilaya 7 résident sur l’ensemble du territoire du pays, leur représentation et structuration au sein des wilaya administratives comme défini à l’article 35 des statuts et consacrés dans le règlement intérieur et disposer de locaux adéquats au sein des bureaux de s wilayas administratives.

    Pour information, il est à noter que les Moudjahidine de la Wilaya 7 sont répartis comme suit :
    • ALGER
    • TIZI-OUZOU
    • BOUIRA
    • BEJAIA
    • BORDJ BOU ARRERIDJ
    • SETIF
    • M’SILA
    • MILA
    • JIJEL
    • SKIKDA
    • CONSTANTINE
    • GUELMA
    • ANNABA
    • OUM EL BOUAGUI
    • BATNA
    • KHENCHELLA
    • BISKRA
    • EL OUED
    • TEBESSA
    • ORAN
    • TLEMCEN
    • SIDI BEL ABBES
    • AIN TEMOUCHENT
    • TISSEMSILT
    • CHLEF
    • RELIZANE
    • MOSTAGANEM
    • EMIGRATION
    Soit dans vingt sept wilayates administratives en plus de l’émigration.
    DOSSIERS
    a) Reconnaissance :
    La reconnaissance de tout militant ayant participé à la lutte de libération nationale est un droit inaliénable et permanent et ce, consacré par la loi. C’est un fait historique qui peut être revendiqué à tout moment par l’intéressé et aussi ses enfants. Le blocage actuel des dossiers au niveau du Ministère est inacceptable et contraire à la législation en vigueur malgré que le 10ième congrès en est adopté une résolution dans ce sens. Ceci est un déni de droit.
    :) La demande de rectification :
    Malgré que la procédure d’étude relative à la rectification devrait être simple et rapide, car il s’agit seulement de préciser la participation inscrite sur la fiche de base conformément au dossier de base de l’intéressé, celle-ci est bloquée au même titre que la reconnaissance. Pourtant, le fait de posséder l’attestation de reconnaissance de participation à la lutte de libération nationale doit être suffisant pour accéder aux droits liés à la qualité de moudjahed. L’engagement, signifiait le sacrifice même de la personne. Pour le militant de la Wilaya 7, travailler, militer, cotiser, manifester constituait des actions quotidiennes et quasi-permanentes. Les morts, les blessés, les prisons et les camps l’attestent amplement.
    Il y a lieu de signaler et de préciser que pour la Wilaya 7 ce blocage a marginalisé les militants responsables : cellules, groupes et sections qui ont vu leur qualité reconnue qu’en Avril 1996 (ce qui a été donné d’une main a été aussitôt retiré de l’autre). Pour les rétablir dans leur droit, il suffit de consulter les dossiers de base de chacun.
    c) Les Cadres :
    Des dossiers de reconnaissance de cadres sont injustement bloqués depuis fort longtemps ce qui est inadmissible. Il est urgent 50 ans après l’indépendance de constater un déni d’histoire à un moudjahed cadre. En effet, des dossiers finalisés par les différentes commissions des cadres par les wilayas historiques sont depuis des années en souffrance au Ministère. Il est regrettable de constater, amèrement, ce déni de droit, cependant que leurs collègues (parfois d’un même comité), à l’époque, Jouissent de leur droit pendant que certains nous ont déjà quittés sans avoir obtenu ce que l’Algérie leur doit.
    TRANSPORT :
    Les Moudjahidine rencontrent un refus pour la gratuité du transport dans une structure de l’Etat, en l’occurrence, le Métro d’Alger. Ce qui est en contradiction formelle avec les textes de loi en vigueur.
    TERRES AGRICOLES :
    Les terres agricoles doivent demeurer patrimoine de la Nation. Elles sont incessibles et ne peuvent être utilisées qu’au développement de l’agriculture par des coopératives avec une gestion autonome. Ce problème doit être étudié par une commission nationale spécialisée en collaboration d’avec l’Organisation Nationale des Moudjahidine.

    INFORMATION :
    L’Organisation Nationale des Moudjahidine doit être le moteur pour la création d’une revue historique multilingue (bimestrielle ou autres, à définir) qui abordera sans complaisance l’histoire ancienne et moderne de notre pays, en faisant ressortir notamment l’importance du mouvement national, la révolution 1954 – 1962, le rôle du F.L.N – A.L.N et du peuple algérien dans la lutte coloniale sans oublier l’émancipation des peuples à la liberté, la démocratie et le progrès.

    CONCLUSION
    *Notre ambition est de voir, Novembre, se perpétuer.
    *Notre espoir est de faire de l’Algérie un pays démocratique, fort, prospère et, où doivent régner les libertés individuelles et collectives ainsi que la justice sociale dont on rêvé nos frères et sœurs martyrs de la révolution.
    *Notre mission est de nous acquitter de notre devoir, même à l’automne de notre vie et lançons un appel pressant à notre congrès à se hisser au niveau de ses responsabilités pour aller de l’avant et au seul service de la patrie.
    *Nous interpellons les consciences de ceux et celles parmi nos frères et sœurs qui exercent des responsabilités au sein des institutions de l’Etat pour se rapprocher davantage des valeurs de notre glorieuse et éternelle révolution et d’avoir, toujours à l’esprit, le serment prêté à nos valeureux chouhada et ancrer à jamais :
    -Un état de droit,
    -La démocratie pluraliste,
    - Les libertés individuelles et collectives,
    -Les Libertés d’expression,
    - Les droits Humains.

    Gloire éternelle à nos Martyrs
    VIVE L’ALGERIE
    La Wilaya historique 7

  • Ratonnades à Paris - 17 Octobre 1961

    Ce jour-là à Paris…au pays des droits de l’Homme, dit-on !

    Massacres à ciel ouvert

    Avant de commencer mon intervention qu’il me soit permis de rappeler cette citation : « Ne dit-on pas qu’un individu qui ignore son passé ne peut indéniablement pas laisser des repères pour que d’autres puissent édifier l’avenir ».

    Oui ! Oui !
    Il est des moments dans la vie où l’émotion par elle-même est facteur d’unité et la sagesse des peuples a raison de trouver dans l’union sacrée des hommes une force nouvelle et créatrice de sursauts. Je suis convaincu que les Algériennes et les Algériens sauront de nouveau relever le défi et parachever la construction de leur pays.

    Dans moins de 24 heures, ça fera exactement cinquante ans depuis l’éclatement de la grande manifestation pacifique de la communauté algérienne vivant en France. Pour celles et ceux ayant vécu cette action sanglante et qui sont encore de ce monde peuvent fort bien appuyer le bien-fondé de la loi de la relativité mise au point par le physicien américain d’origine suisse, Albert Einstein. Car, pour ces femmes et ces hommes, ces vielles et ces vieux ainsi que, bien sûr, ces filles et ces garçons ayant vécu dans leur chair et leur âme ces moments terribles, la journée du 17 octobre 1961 ne daterait que d’hier.
    La manifestation historique du 17 octobre 1961 à Paris avait un seul message adressé directement aux Français et au reste de la communauté internationale : Algérie algérienne et le Front de Libération Nationale était son seul et unique guide. D’aucuns n’ignorent les retombées directes et indirectes de cette action puisque six mois plus tard, le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A) réussit à imposer face à la 5ème République Française un cessez-le feu, soit le 19 mars I962 et trois mois et demi après que les canons et les mitrailleuses se furent tues : l’indépendance.
    Cette indépendance, chère à tous les peuples, que les Algériens et les Algériennes n’ont jamais cessé de revendiquer depuis que les premiers pas de l’envahisseur se firent à Alger, soit depuis 1830. Autrement dit, la manifestation historique du 17 octobre 1961 n’a été qu’une succession d’actions et combats menés par les Algériens à différentes époques.
    Cependant, la guerre de libération nationale dans laquelle s’inscrit justement la grande manifestation du 17 octobre 1961 a été réfléchie et conçue par les Algériennes et les Algériens selon des concepts modernes.

    Il me semble, par conséquent, juste et nécessaire, de faire, ne serait-ce qu’une esquisse, de cette période où le véhicule motorisé a remplacé le cheval, le tracteur a effacé dans les champs les bœufs, l’arme automatique a pris largement le pas sur le sabre et, bien sûr, les idées nouvelles et modernes d’inspiration marxiste et léniniste commencèrent à balayer les anciens schémas et modes de pensées et auxquelles les Algériennes et les Algériens ont réussi à s’y accrocher et à s’y adapter.

    En effet, l’on s’accorde à dire que c’est à partir de la première et la seconde décennie du 20ème siècle, émigration en France métropolitaine oblige, que les Algériennes et les Algériens, ont commencé à s’imprégner des nouvelles doctrines mettant en avant les droits de l’homme, les droits fondamentaux des travailleurs et un peu plus loin le droit des peuples.

    Dans cette France métropolitaine de ces années 1900 et 1910, les syndicats telle que la Centrale Générale des Travailleurs ( C.G.T ) constituaient de véritables écoles politiques et syndicales. Et les syndicalistes avaient fort à faire. Car ne l’oublions pas : le droit à la formation du syndicat et le droit à la grève, pourtant consacrés dès 1791, soit en pleine Révolution Française, ne furent reconnus qu’en 1864 pour le premier et en 1884 pour le second.

    C’est en somme cette rage de rattraper le temps perdu, le désir pressant de mettre un terme à l’asservissement dont été durant longtemps les travailleurs qui poussèrent les syndicalistes et les chefs de file des travailleurs à accélérer l’enseignement des droits des travailleurs et en général les droits fondamentaux citoyens. Je rappelle, encore une fois, que cette période charnière a été fort profitable sur le plan politique à cette première vague émigrée d’Algériennes et d’Algériens.

    Par ailleurs, la Grande Guerre (1914 – 1918), même si elle a fauché la vie à des milliers de ses siens, a été quand même fort profitable pour le peuple algérien.
    Et comment !

    Cette même France qui a opprimé le peuple algérien justifiait les centaines de morts d’hommes par jour sur le front de Verdun par le droit « inaliénable » d’un peuple à vivre dans la liberté et la dignité dans son sol.

    De ce fait donc, le concept de frontières et de territoire a été mis en avant et développé.
    Dans ce cas alors, ce principe universel des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes de leur territoire doit s’appliquer à nous aussi les Algériens, conclurent ces élèves algériens formés, bon gré, mal gré, à l’école française.
    Ce fut alors le début d’un combat politique et intellectuel dans la forme moderne pour les Algériens. Le cours de la seconde guerre mondiale a été également porteur de leçon concernant le manichéisme. Des deux côtés de la barrière, on dénombra plus de soixante (60) millions de morts. Mourir pour un idéal n’était pas le propre des Algériens. Que dire de la meurtrière seconde guerre mondiale sinon qu’au-delà de son origine cité ci-dessus, elle a permis d’élargir le camp des Algériens pensant que leur pays méritait aussi « la goutte de sang ».
    C’est ainsi que de l’Etoile Nord-Africaine (ENA) jusqu’au Front de Libération Nationale (FLN) via le Mouvement des Libertés Démocratiques (MTLD), tous les éléments devant justifier et nourrir la guerre d’indépendance étaient réunis. Nous voilà donc en automne 1954.

    Le Front de Libération Nationale est prêt à faire face à ses responsabilités. La tâche n’est pas facile mais n’est pas impossible non plus comme d’ailleurs le prouvera la suite. Mais peut-on parler de la guerre d’indépendance sans parler de la Fédération du FLN en France, auteur de la pensée et de l’exécution de la grande manifestation du 17 octobre 1961. Par fidélité absolue à l’histoire, je dois d’abord rappeler qu’en ce début de la révolution, le sol de la Métropole était composé majoritairement de militants du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques ( M.T.L.D) dirigé par Hadj Messali.
    Leur puissance a augmenté, notamment après la création du Mouvement National Algérien (M.N.A) en décembre 1954, plus exactement le 14 décembre.

    L’objectif de la création du M.N.A par Hadj Messali, comme le prouvera la suite des événements, était de « tuer » dans l’œuf le F.L.N. En tout cas, l’empêcher de s’implanter en France métropolitaine. A partir de cette donne déjà, il est facile de conclure la tâche ardue que devait accomplir la famille du F.L.N. Conformément aux directives du haut commandement du F.L.N, l’une des missions de la Fédération du F.L.N en France était de faire passer le message du F.L.N pour la communauté internationale, française particulièrement.
    Et parallèlement à cette mission de communication, il était également nécessaire d’alimenter le trésor de guerre du F.L.N.

    Jusqu’à la tenue du congrès de la Soummam en août 1956, l’acheminement des finances en provenance de la communauté algérienne en France à destination de la caisse du F.L.N, gérée ici en Algérie, se faisait par des moyens détournés et, plutôt archaïques. En effet, par origine de villages et douars, le collecteur de fonds envoyait l’enveloppe financière au responsable du village, ici en Algérie, lequel à son tour transmettait l’argent à son responsable hiérarchique. Celui-ci remet à son tour l’argent à son supérieur et ainsi de suite jusqu’à sa destination finale. Ce cheminement d’argent prenait non seulement du temps mais constituait aussi un danger pour toutes les personnes concernées par cette opération financière.

    En dernier point, je relève la violence armée inouïe avec laquelle les messalistes ciblaient les éléments du F.L.N. Quand ils ont constaté que la campagne de propagande, pourtant virulente, menée contre le F.L.N ne donna rien, ils redoublèrent de férocité. De son côté, de sa passivité aux opérations armées des éléments du M.N.A contre la famille du F.L.N, la police française passa carrément à la complicité et à l’appui. De 1954 jusqu’à 1956, la Fédération du F.L.N en France a indéniablement subi le martyr.

    Mais nonobstant l’étau qui ne cessait de la serrer, elle réussissait à s’en défaire à l’ultime moment. Entre autres difficultés auxquelles a fait face la Fédération du F.L.N en France durant les deux premières années de la guerre était incontestablement l’arrestation de ses chefs et évidemment la persévérance sans cesse manifestée dans la tentative de convaincre certains messalistes que c’était les éléments du F.L.N-A.L.N qui menaient ici en Algérie les opérations militaires contre la France coloniale et non les messalistes comme tentaient de le leur faire croire leurs responsables. Par leur perspicacité et leur ténacité, les spécialistes de la communication de la Fédération du F.L.N en France ont réussi effectivement à convaincre des éléments du M.N.A à rejoindre le F.L.N.
    Concernant les arrestations des responsables de la Fédération du F.L.N en France, elles étaient telles que durant toute la période de la guerre, à quatre (04) reprises cette dite Fédération a vu le changement de sa direction. La composition de la première direction qui exerça ses compétences de 1954 jusqu’à mi- I956 a été ainsi :
    - Mourad Terbouche,
    - Noureddine Bensalem,
    - Ahmed Doum,
    - Abderrahamne Guerras,
    - Salah Louanchi,
    - Mohamed Mahdi,
    - Abdelkrim Souici,
    - Ahmed Taleb,
    - Mohamed Mechati.

    La deuxième direction exerça du second semestre I956 jusqu’au premier semestre I957 et sa composition était comme suit :
    - Mohamed Lebdjaoui,
    - Saïd Bouaziz,
    - Tayeb Boulahrouf,
    - Ahmed Boumendjel,
    - Kadour Ladlani,
    - Hocine Moundji,
    - Abdelkrim Souici,
    - Ahmed Taleb,
    - Youcef Bensiam,
    - Hocine El Mahdaoui,
    - Brahim Sid Ali Mebarek.

    La troisième, du second semestre I957 jusqu’au début de l’année I958 et sa composition était comme suit :
    - Omar Boudaoud,
    - Saïd Bouaziz,
    - Ahmed Boumendjel,
    - Mohamed Harbi,
    - Messaoud Guerroudj,
    - Kaddour Ladlani,
    - Hocine Moundji.

    La quatrième et dernière direction exerça ses compétences du début I958 jusqu’à l’indépendance. Sa composition était comme suit :
    - Omar Boudaoud,
    - Saïd Bouaziz,
    - Ali Haroun,
    - Kaddour Ladlani,
    - Abdelkrim Souici.

    Cette dernière direction eut longue vie du fait que, pour des raisons sécuritaires, fut transférée de Paris (France) à Cologne (Allemagne).

    En effet, c’était suite aux nombreux rapports envoyés par la Fédération du F.L.N en France au haut commandement du F.L.N mentionnant notamment l’élément d’insécurité touchant ses membres que la décision de son transfert à Cologne fut enfin prise. Cependant, dois-je relever, c’est le congrès de la Soummam qui insuffla une nouvelle dynamique à la fédération du F.L.N en France laquelle fut traduite par de nouvelles orientations. En voici la teneur de la correspondance du Haut Commandement du FLN adressée le 20 août 1956 aux responsables de la Fédération du F.L.N en France :
    « Les principaux responsables de l’Oranie, Algéreois et Constantinois réunis quelque part en Algérie, après avoir pris connaissance de votre rapport général non daté, vous renouvellent leur confiance et vous assurent d’un appui total dans votre travail de clarification, de consolidation du F.L.N en France et de liquidation des Berbéristes, Messalistes et autres contre-révolutionnaires qui continuent leur travail de sape et de division au sein de l’émigration algérienne.

    Nous tenons à vous informer qu’une entente parfaite règne au sein des dirigeants de la Révolution. Cette entente sera, nous en sommes convaincus, plus forte que jamais maintenant que l’uniformisation et la centralisation sont complètement réalisées.

    Les problèmes de doctrine et d’ « autorité » ont été étudiés et résolus. Les solutions seront rendues publiques dès que nous aurons obtenu l’approbation des frères intéressés qui sont à l’extérieur.

    Des instructions seront données aux responsables des villages et des douars qui adressent des lettres à des éléments du F.L.N en France afin que cet état de choses cesse. Nous vous communiquerons les adresses des collecteurs de fonds en France que vous contacterez avec le mot d’ordre suivant : « Je viens d’Alger ». A l’avenir l’argent vous sera ainsi directement versé et nous espérons qu’il n’y aura plus de malentendus.

    Nous recevons continuellement des plaintes émanant d’Algériens terrorisés par les bandes armées du M.N.A. Nous voudrions arriver à détruire ces bandes par n’importe quel moyen. Vous nous avez parlé d’une organisation spéciale ; Est-elle en mesure de s’attaquer et de détruire ces bandes ? Sinon, nous sommes en mesure de vous envoyer des hommes qui ont fait leurs preuves dans ce genre de travail et nous pourrons vous garantir qu’ils liquideront très vite le M.N.A, ses sbires et autres.

    Dans l’espoir qu’à l’avenir nos rapports seront plus étroits et plus fructueux, recevez chers frères nos salutations patriotiques.

    Signé :Larbi Ben M’hidi, Zirout Youcef, Krim Belkacem, Abane Ramdane, Lakhdar Bentobal, Omar Ouamrane, Si Chérif. ( Ali Mellah) » .

    Des résolutions du congrès de la Soummam, la guerre prit un nouveau tournant. La Fédération du F.L.N en France eut dès lors de nouveaux objectifs tels souhaités durant longtemps et qui sont, je le rappelle :

    -a- l’organisation de l’émigration algérienne en Europe ( présente dans des pays comme la Belgique, l’Allemagne, particulièrement en France),
    -b- le soutien financier à l’effort de guerre
    -c- la clarification et la sensibilisation de l’opinion française et étrangère sur la nature exacte du combat du F.L.N.

    Massacres à Paris

    Aujourd’hui, soit cinquante (50) ans après la répression sanglante de la manifestation de Paris ordonnée par le préfet, Maurice Papon, et cinquante-cinq (55) ans après la tenue du congrès de la Soummam, que la Fédération du F.L.N en France s’acquitta admirablement de sa mission.
    En effet, sur le plan organisationnel de l’émigration et grâce au géni de ses services de communication et de propagande, rien que le nombre d’Algériennes et Algériens structurés au sein de la structure F.L.N en France a dépassé 300.000 rien qu’au cours de 1958, année également connue pour l’ouverture du second front F.L.N en France.
    Sur le plan financier, c’est également un satisfecit.
    Et comment !
    Le budget du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A) est alimenté par l’émigration à raison de 80%. Quant au troisième point, à savoir l’éclairage et la sensibilisation de l’opinion internationale, française particulièrement sur l’origine de la guerre algéro-française, les résultats obtenus ont dépassé ceux espérés et attendus. En effet, suite à cette campagne de sensibilisation et de propagande menée par les services compétents de la Fédération du F.L.N en France, beaucoup de Françaises et de Français ont épousé corps et âme le combat du F.L.N. Le réseau de soutien, appelé communément « LES PORTEURS DE VALISES », réseau dirigé par Francis JEANSON en est la preuve tangible.

    En ce qui est de l’action armée, le rôle joué par la fédération du F.L.N en France que d’aucuns n’ignorent est prépondérant. Celle-ci fut foudroyante pour les bandes armées agissant au profit du M.N.A. Aussi, est-il nécessaire de préciser que c’est suite à la mise sur pied de l’Organisation Spéciale (O.S) que cela a été rendu possible ?
    Au cas où des pages d’histoire resteraient vierges sur ce volet, je réitère que, suite à sa proposition et l’accord que lui donna le congrès de la Soummam, la Fédération du F.L.N en France recruta pour son aile armée, après une sévère sélection, des hommes dont l’engagement a été prouvé. A chaque recrutement d’un groupe, il se faisait envoyer aux camps d’entraînement de Larache et Khemisset au Maroc pour y recevoir de très durs entraînements et formation militaires. L’ Organisation Spéciale (OS) brillera également lors de l’ouverture du Second Front du F.L.N en France, à partir du 25 août I958 plus exactement.

    Par l’action armée des éléments de l’Organisation Spéciale (O.S), la Salle Guerre d’Algérie s’est propagée sur le sol de la France Métropolitaine. Les Françaises et les Français, comme une seule personne, ont subitement découvert que leurs dirigeants leur mentaient depuis le premier novembre I954. Ce qu’ils leur présentaient par le biais des médias et des discours officiels comme de simples troubles causés par une poignée de bandits et de hors-la-loi était en réalité une guerre sanglante.

    Les Françaises et les Français ont définitivement jeté à la « poubelle » leurs dernières illusions quant à la politique du puissant général Charles de Gaulles mise en échec à chaque occasion où elle se confronta avec du celle du F.L.N. Les coups durs et successifs assénés par le F.L.N à la 5ème République sont également à trouver dans d’autres domaines tout aussi sensibles.

    C’est le cas de sa légitimité et de sa représentativité auprès des Algériennes et des Algériens. Les ordres et les orientations donnés par le F.L.N sont aussitôt rendus exécutoires par le peuple algérien. De là, la frustration de la 5ème République dont les effets étaient traduits par une répression féroce à l’endroit de la communauté algérienne en France.

    Et, face à celle-ci, la fédération du F.L.N en France devait s’ingénier à trouver des solutions. En Algérie, la guerre faisait plus que jamais rage. L’opération Jumelles en illustre, à elle seule, les horreurs. Cette opération, réfléchie et mise sur pied par le redoutable et non moins géni stratège militaire, le général Challes qui était, dois-je le rappeler, commandant de l’Organisation du Traité de l’Alliance Nord-Atlantique (O.T.A.N) avant d’être rappelé en Algérie par le général Charles de Gaulle, alors Président de la République française.

    Sur le territoire de la Métropole, la sale besogne ciblant la communauté émigrée algérienne fut confiée à la police, la gendarmerie et, évidemment, les harkis ramenés spécialement d’Algérie. Les horreurs réfléchies et ordonnées par le Préfet de Police, Maurice Papon, après qu’il eut reçu à cet effet carte blanche du sommet politique français étaient identiques, sinon plus dévastatrices que celles commises par la GESTAPO contre ses adversaires au cours de la seconde guerre mondiale.

    En effet, en sus du mitraillage à volonté des Algériens par la police, sans compter les contrôles d’identité des Algériennes et Algériens à tout moment de la journée ou de la nuit et en tout lieu, les arrestations massives et souvent sans justification sinon que le tort des victimes était d’être Algérienne ou Algérien, la communauté algérienne était soumise à un couvre-feu total, et ce, de 20 h 30 jusqu’à 5 h 30 du matin.

    Même en restant chez eux conformément à ce couvre-feu, les visites policières à domicile en pleine nuit étaient fréquentes. Les propos à connotation raciste et blessante des policiers à l’endroit des Algériennes et Algériens étaient fréquents. « A la ratonnade !!! », disait-on effectivement dans les commissariats avant de grimper dans les fourgons cellulaires pour aller à la chasse de l’Algérienne et l’Algérien. Dans même son subconscient, la police française a mis les Algériennes et les Algériens sur la même ligne que les rats.

    De tels faits témoignent que la grande manifestation du 17 octobre 1961 à Paris était loin d’être le fruit d’une improvisation pour satisfaire un caprice.

    Le 5 octobre 1961, le directeur général de la police municipale de Paris, le nommé Maurice Legay, portait à la connaissance de ses services la teneur de la note référencée I49/61 signée du préfet, Maurice Papon, que voici :

    « Dans le cadre des mesures prises pour neutraliser le terrorisme algérien et accroître la protection des personnels de police, j’ai décidé de prononcer le couvre-feu pour les Français musulmans d’Algérie, de 20h30 à 5h30 du matin. D’autre part, les débits de boissons tenus ou fréquentés par les Français musulmans doivent êtres fermés à partir de 19 heures. Enfin, tout Français musulman circulant en voiture doit être interpellé et en attendant la décision du commissaire de police ou du service de coordination des affaires algériennes, la voiture sera provisoirement mise à la fourrière (…) ».

    Deux jours plus tard, soit le 7 octobre 1961, le même directeur général de la police précisait à l’intention de ses services par le biais d’un document référencé 43/6I les modalités d’application de la circulaire du préfet Maurice Papon. Ces dispositions répressives augmentaient la surveillance et le contrôle des Algériennes et des Algériens jusqu’à leur interdire même la moindre libre circulation à partir de 19 h 30.

    Si elles ne venaient pas à être contrecarrées, ces mesures pouvaient anéantir toute activité militante et combattante de la Fédération du F.L.N en France. En effet, celle-ci se faisait surtout le soir venu puisque durant la journée les militantes et les militants assuraient leur mission dans le cadre de leur travail salarial.

    C’est pourquoi, devant la gravité de la situation, le coordinateur principal, Mohand-Saddek MOHAMMEDI, le même jour, soit le 7 octobre 1961 adresse en urgence une correspondance aux membres du Comité Fédéral basé à Cologne (Allemagne) où il les a pressés de prendre des dispositions pour contrecarrer les décisions prises par le préfet Maurice Papon. Dans la même correspondance, Mohand-Sadek MOHAMMEDI faisait des suggestions à ses destinataires que voici : «
    - Les Algériens ne doivent tenir aucun compte des conseils, recommandations ou menaces du sieur Papon,
    - En conséquence, les Algériens devront sortir aussi nombreux que possible à partir de 20h30,
    - Toujours dans le même esprit, les Algériens sortiront au contraire par groupe de trois, ou quatre ou plus pour se promener le soir après une dure journée de labeur. En outre, nous pouvons envisager que les familles algériennes sortiront avec femmes et enfants, et ce, dans les agglomérations et quartiers à forte concentration algérienne. Dans ce cas, vous pouvez et nous devons, ici sur place, mettre sur le pied du mur le peuple français. Les partis politiques et syndicats démocratiques « conseilleraient » à leurs militants français de sortir aussi nombreux que possible, à partir de 20 h 30, pour s’intégrer s’il le faut aux paisibles promeneurs algériens et s’opposer, s’il y a lieu, aux provocations de la police ». Et trois jours plus tard, soit le 10 octobre1961, à Cologne (Allemagne), le Comité Fédéral se réunit afin d’examiner la situation créée par le couvre-feu et, naturellement, répondre à la demande de Mohand-Saddek MOHAMMEDI que et concluent que l’occasion est donnée par l’erreur commise par les autorités françaises pour exploiter au maximum cette situation, et ce, dans l’excellente perspective de relancer les négociations d’Evian I et, au même temps, et surtout, donner la démonstration de la force du F.L.N en France comme ce fut le cas en décembre de l’année d’avant à Alger ».C’est Ali HAROUN, responsable de la Direction de la Propagande et de l’Information (D.P.I) au sein du Comité Fédéral qui rédigea la circulaire ayant fait fonction de directive et c’est Kadour LADLANI en sa qualité de responsable à l’organique qui la signa.

    Sur convocation, Mohand-Saddek MOHAMMEDI se rend à Cologne (Allemagne) en se travestissant en mineur. Les directives qu’il reçoit de ses supérieurs sont claires : « Les manifestations doivent se dérouler pacifiquement. C’est un ordre ! ». Mohand-Saddek MOHAMMEDI, visiblement contrarié, pose la question : « Resterons-nous les bras croisés si la police tire ?
    Imperturbable et intransigeant, Omar Boudaoud lui répond sèchement : « Quiconque aura ne serait-ce qu’une épingle sur lui sera passible de la peine de mort !».
    Mohand-Saddek MOHAMMEDI trouve pénible d’exiger des militantes et militants désarmés de se laisser frapper sans riposter mais tient à respecter scrupuleusement les ordres. Au début, on a pensé à programmer un boycott pour la journée du 17 octobre en réponse au couvre-feu mais on a fini par opter pour une manifestation pacifique laquelle fut arrêtée pour la date du 17 octobre.

    C’était un mardi.
    Quand le jour « J » arrive, dès 2O heures, hommes, femmes, vielles et vieux commencent à envahir les rues et boulevards de la capitale, Paris Ils sont 10.000, puis 20.000, puis 60.000 puis encore plus de 80.000 à sortir et à marteler le pavé parisien. C’est une véritable marée humaine, dans une discipline remarquée et remarquable qui défia la circulaire du préfet Maurice Papon. Ce fut alors le début d’un véritable massacre.

    Cependant, les actes barbares de la France sont commis devant les projecteurs du monde entier.
    On estima à plus de 400 morts et 1.200 blessés et 14.094 arrestations. Le bilan de ces arrestations a été communiqué par le préfet de police le 27 octobre et confirmé au sénat le 31 octobre par le Ministre de l’intérieur.

    Les calculs et les analyses du Comité Fédéral ont donné leurs fruits. La France, a, encore une fois, été mise au pilori. Et ce n’est pas tout, car la manifestation du 17 octobre n’était pas une fin en soi.

    Les femmes algériennes continuèrent effectivement à défier la France un peu partout à travers ses grandes villes. A Lyon, Grenoble, Dijon, Metz, Forbach, Mézières, Lille, Rouen, Marseille, Nantes, Rennes et dans tant d’autres villes encore, elles prenaient d’assaut les préfectures et les commissariats en scandant des slogans mettant à mal l’autorité française :

    • A bas les mesures racistes et discriminatoires,
    • Libération des sœurs et frères détenus,
    • Négociations avec le G.P.R.A,
    • Indépendance totale de l’Algérie,
    étaient entre autres leurs slogans.

    Des centaines de ces Algériennes furent arrêtées et emprisonnées. Même les coups de matraque, les insultes et autres brimades à connotation raciale n’ont pas épargné beaucoup d’entre elles.
    La fédération du F.L.N en France, toujours prompte à canaliser ses propres forces continua de l’avant. Et sa prochaine bataille se porta au niveau des prisons et des camps de concentration.
    En effet, à l’appel de l’organisation, c’est l’ensemble des détenus politiques algériens dans les prisons et les camps de concentration de la France métropolitaine qui déclenche une grève de la faim illimitée. Elle durera dix-neuf (19 ) jours pour les détenus et vingt et un (21) jours pour les ministres du G.P.R.A. Ceux-ci étaient incarcérés au château d’Aulnoy. Hocine AïtAhmed, Ahmed Ben-Bella, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider et Rabah Bitat, s’associent à cette grève pour exiger de la France en prenant à témoin l’opinion internationale l’application de la Convention de Genève quant à la reconnaissance en qualité de prisonniers de guerre aux Algériennes et Algériens détenus en France et en Algérie.

    C’est ainsi d’ailleurs que chaque détenu du F.L.N en France adressa au Président de la république française une missive dans laquelle il porte à sa connaissance les raisons de son combat. A titre d’exemple, je cite la lettre datée du 1er Novembre 1961 d’un détenu du F.L.N en France et emprisonné à Nantes (Loire Atlantique) qui s’appelle Tahar ACHER.

    « Monsieur le Président de la République,
    - En ce jour du 1er novembre 1961, septième anniversaire de notre Révolution Nationale, j’ai l’honneur de vous adresser la présente lettre afin de vous faire connaître que j’observe la grève de la faim pour l’application par le Gouvernement français des points suivants :
    - 1) L’indépendance de l’Algérie,
    - 2) Reconnaissance de l’unité du peuple algérien,
    - 3) Reconnaissance de l’intégrité territoriale de l’Algérie, Sahara compris,
    - 4) Négociation immédiate avec le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, seul dépositaire et garant de la souveraineté du peuple algérien.

    En considérant, Monsieur le Président de la République, que vous vous daignez prendre en considération ma présente, je voue prie de croire en mon respect.

    T. ACHER ».

    Le mouvement de grève a été effectif dans l’ensemble des prisons et camps de concentration.
    Dans un geste du désespoir, la répression fut aussi au rendez-vous.

    Plusieurs détenus furent sauvagement tabassés. Plusieurs dizaines de blessés y sont dénombrés, et ce, un peu partout en France. Le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A), conscient de la situation et des enjeux, attire l’attention de la communauté internationale sur la situation préoccupante où se trouvent les détenus politiques algériens en France. La France, paniquée, et le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA), encouragé, voient les débats de l’O.N.U interrompus par les pays afro-asiatiques et socialistes en guise de soutien à la cause algérienne et expriment leurs vives préoccupations.

    Dans sa presque totalité, la communauté internationale approuve la légitimité de la grève, et, par conséquent, le droit du peuple algérien à son indépendance. La motion votée par l’Assemblée Générale de l’ONU le 15 novembre I961 dont suit la teneur fit l’effet d’un couperet sur la France grande, belle et généreuse de De GAULLE.

    L’Assemblée Générale,
     Profondément préoccupée par les graves répercussions internationales de la grève de la faim entreprise par des milliers d’Algériens, prisonniers en France, et par le sérieux danger que cette grève représente pour les perspectives d’un règlement pacifique et négocié de la question algérienne,
     Rappelant sa résolution du 10 décembre 1960 par laquelle l’Assemblée Générale reconnaît sa responsabilité de contribuer à une juste solution de la question algérienne,
     Rappelant en outre sa résolution du 19 décembre 1960 où elle souligne : « Il sera mis fin à toute action armée et à toutes mesure de répression, de quelque sorte qu’elles soient, dirigées contre les peuples dépendants, pour permettre à ces peuples d’exercer pacifiquement et librement leur doit à l’indépendance complète… »,
     Fait appel au Gouvernement de la France, conformément à la pratique internationale en usage et aux principes humanitaires, pour qu’il fasse droit aux légitimes revendications des prisonniers algériens en reconnaissant leur statut de prisonniers politiques, afin de rendre possible sans délai, l’arrêt de la grève de la faim ». Ce dur combat aboutit aux négociations d’Evian 2 dont les résultats sont connus.

    Aujourd’hui, soit quarante-neuf ans après l’indépendance de notre pays, la France officielle, toute honte bue, clame haut et fort le positivisme du colonialisme pratiqué en Algérie durant un siècle et trente-deux ans. Y aurait-il encore quelques nostalgiques en France ou ici – et –là de cette période la plus noire de notre histoire ?
    Aucun fruit ne peut coûter le prix de la campagne sanglante menée contre les Algériens par le maréchal Thomas Bugeaud pour ne citer que celui-ci. Nous lançons un défi aux partisans du « positivisme colonial français » d’avoir seulement le courage de reconnaître le nombre de morts d’Algériennes et d’Algériens par les canons français entre 1830 et 1962. Nous les dispensons de comptabiliser les autres injustices, du reste des plus innommables, commises sur le peuple algérien ainsi que les richesses, en valeur marchande, volées à celles et ceux considérés comme des indigènes.

    Que dit donc cette loi scélérate votée en 2005 qui va à l’encontre des principes énumérés par leurs propres grands-mères et grands-pères lors de leur révolution de 1789 ? N’est-ce pas le général Charles de Gaulle, en sa qualité même de chef d’Etat français qui désigna du terme méprisant « ce machin-là » l’institution onusienne en décembre I960 lorsqu’elle adopta la résolution portant le droit du peuple algérien à la libre détermination et à l’indépendance ?

    La France, pays des droits de l’Homme ? Cette France que dit-on pays des droits de l’Homme ou même berceau des droits de l’Homme est l’auteur d’assassinats à grande échelle d’Algériens et d’Algériennes lors de la conquête, des massacres du 8 mai 1945, des tirs au napalm contre non seulement des Moudjahidine mais aussi contre des populations civiles, les essais nucléaires où aujourd’hui la liste des victimes s’allonge et s’allongera encore durant de longues années, les mines anti personnelles causent jusqu’à maintenant d’horribles dégâts sur des personnes et sur des bêtes. La liste des crimes contre l’humanité commis par cette France dite « pays des droits de l’Homme » est encore longue, très longue même.

    Le pire est que c’est toujours au nom des droits de l’Homme que la France commet des actes contraires au principe universel des droits de l’Homme. L’agression de la Libye en est la preuve. Il n’est pas besoin d’être Jérémie pour savoir que la portée idéologique et politique de cette loi du 25 février 2005 n’est autre qu’une tentative de mise en pratique du néo-colonialisme.

    Et pour dire enfin les choses crûment, la reconquête de l’Algérie par la France relève de l’ I N A C C E P T A B L E.

    Je ne puis terminer sans ajouter ceci à ces nostalgiques de « l’Algérie de papa » : Notre pays dont le destin a constamment été perturbé, a déjà connu de graves situations. En effet, comme marqué par une étoile maudite, il a subi durant sa longue histoire bien des assauts du malheur. Mais chaque fois, il a su reconquérir la maitrise de ses destinées, parce que le triomphe de la force brutale est toujours aléatoire.
    De tout temps, les colonisateurs dans leur ignorance, croient pouvoir tuer la Liberté, pour mieux exercer leur tyrannie. Mais la Liberté est immortelle. Chaque fois qu’elle se sent menacée, elle se réfugie dans les consciences et forme une citadelle imprenable.

    C’est ce qu’elle a fait notamment chez nous, le 1er Novembre 1954.

    Gloire à nos martyrs,
    Vive l’Algérie libre et démocratique

    Ahmed ARRAD

    - Cadre de l’ex Fédération du F.L.N en France
    - Secrétaire National A l’Organisation Nationale des
    Moudjahidine

  • LE 25 AOUT 1958 ou L'OUVERTURE DU SECOND FRONT EN FRANCE

    Conférence débats tenue le 25 Août 2011 au Nadi El-Moudjahed square Port Said, Alger

    PREAMBULE

    L’histoire des résistances algériennes constitue un antre où s’endorment, encore de nos jours, des dates célèbres pourtant payées d’un lourd tribut et de bravoure de militants connus et de combien d’autres demeurés encore dans l’ombre.

    C’est une tanière où sont jalousement cachées de glorieuses épopées prêtes toujours à réveiller et provoquer le sursaut de l’honneur et de la dignité pour perpétuer à jamais, la grandeur de cette Nation. Nation fière d’avoir marqué le recouvrement de l’indépendance.

    Parmi les dates marquantes et immortalisées à l’instar des : 1er Novembre, 19 Mai 1956, 11 Décembre, 17 Octobre 1961, 5 Juillet 1962, 20 Août 1956, etc… un certain 25 Août 1958 plus un demi-siècle après, surgit de l’anonymat.

    C’est aussi une date à graver par des lettres d’or dans le parcours de la lutte menée par la communauté algérienne émigrée et ce, en plein cœur du territoire ennemi.

    Avant de survoler les particularités de cette journée historique et mémorable à plus d’un titre, il convient de revenir brièvement au rôle et à la place de l’émigration dans le parcours et la naissance du mouvement national algérien.

    L’Algérie dont l’histoire recèle d’inestimables évènements douloureux dus aux différentes occupations qui ont poussé ses enfants à un perpétuel combat contre les agresseurs et au sacrifice pour l’idéal de Liberté. Cette Algérie se doit de s’enorgueillir de toutes ces générations qui ont fait fermenter le levain qui a servi à retrouver la Liberté et la Dignité.

    Je me limiterai à rappeler succinctement la résistance au colonialisme français.
    Si les résistances, soulèvements et révoltes de l’Emir Abd El Kader aux Ouled Sidi-Chikh, en passant par Lala Fatma N’Soumer, cheikh Ahdad, el Mokrani et Bouamama sans oublier tant d’autres, d’autres régions du pays, qui se sont distingués par leurs caractères sporadiquess et isolés ; elles ont eu le mérite de constituer le berceau d’un véritable mouvement national sous forme d’une première organisation politique moderne, en l’occurrence : L’Etoile Nord Africaine qui est née sur le territoire français avec, pour revendication, l’indépendance des autres pays du Maghreb en 1926 ( Algérie, Maroc, Tunisie).

    L’ENA se consacre, dés sa naissance à la cause algérienne et un foisonnement de formations politiques et d’organisations se créent telles que : la Fédération des Elus,Musulmans d’Algérie l’association des Oulémas, l’UDMA, le PCA, le PPA, cette dernière formation voit son appellation devenir PPA-MTLD et qui créa en son sein et pour la première fois l’aile para militaire, l’O.S (Organisation Spéciale).

    Cet itinéraire a été marqué par deux facteurs déterminants :
    1)- La lutte sur le terrain politique a démystifié les allégations du colonisateur considérant le peuple algérien indigène, inculte et immature d’où la nécessité d’une action civilisatrice et évangélisatrice de la France humanitaire.
    Cette lutte a éclairé l’opinion publique française et internationale par le canal des syndicats, de la presse et surtout de la diplomatie.
    Elle a enfin constitué un cadre unifié englobant la population jadis cloîtrée dans l’ombre tribale et régionale.
    2)- La résistance a poussé le régime colonial à montrer sa véritable nature de spoliateur, ne reculant devant rien pour assurer et maintenir sa mainmise totale sur cette terre et son peuple, quitte à massacrer des populations entières, le génocide du 08 Mai 1945 en est édifiant, et ce, pendant que la France célébrait sa victoire sur les nazis grâce aux 134.000 algériens ayant concouru à cette libération.

    C’est de là que certains politiciens, militants aguerris et une partie du peuple ont compris que ce qui a été pris par la force n’est récupérable que par la force.

    Ces deux facteurs ajoutés à d’autres internes à l’organisation furent le déclic qui a donné naissance au Front de Libération Nationale et l’option pour la lutte armée.

    Notre lutte pour la liberté marquera le siècle et le monde par son génie et ses dimensions universelles.

    Si le F.L.N, a été accueilli par le peuple suffisamment préparé pour adhérer pleinement à son action, l’émigration se heurtait au phénomène Messaliste et la création qui en émanait le M.N.A, le 14/12/1954, qui a considérablement entravé l’implantation des structures du F.L.N en France. En effet, celui-ci est passé de la lutte fratricide à la collaboration pure et simple avec l’ennemi.

    Ce n’est que grâce à une lutte faite surtout d’explication et au travail en profondeur des premiers noyaux militants de la communauté algérienne qui a fini par faire la distinction et opter pour la partie véritable qui a déclenché le 1er Novembre 1954.

    Je ne m’étalerai pas davantage sur l’historique de la naissance de la Fédération du F.L.N en France dans un terrain terriblement hostile et plein d’entraves dûes à l’opposition du MNA, aux actions courantes des services de sécurité français et ensuite par le renforcement des harkis ramenés spécialement d’Algérie, ajoutées à l’indifférence des uns, à l’ignorance des autres et l’hostilité des pro -Algérie française.

    Les principales armes de la Fédération du F.L.N en France furent : conviction, volonté et ténacité d’un noyau de militants dont les efforts ont finalement abouti à la mise en place d’une véritable septième Wilaya, dès 1957, avec ses structures organiques, sa logistique, ses réseaux de communication, d’acheminement d’armes et ses finances.

    Cette Fédération, qui a su imposer la guerre en territoire français au sein même de sa propre capitale, PARIS, a permis d’assurer une mission qui a bouleversé les plans des politiques et des généraux français.
    En effet, la présence en France de structures du FLN outre les actions militaires et leur impact sur l’information, notamment en direction de l’opinion publique française, qui découvrait alors cette sale guerre d’Algérie, sur son propre sol. Celle-ci a concrétisé la règle qui classe l’offensive comme meilleure défense.
    La France s’est donc vue confrontée à un épineux problème de sécurité interne et ne peut donc plus se permettre de mobiliser tous ses moyens humains et matériels en Algérie. Cette rétrospective succincte nous démontre le degré d’efficacité de la Fédération et ses capacités d’assistance aux maquis de l’intérieur par le maintien en France du renfort qui devait être acheminé en Algérie.

    Pour revenir à l’évènement que nous évoquons, le 25 Août 1958, je le comparerai au 20 Août 1955 quand le chahid Zighout Youcef décide de mener des actions à travers le nord constantinois pour desserrer l’étau qui étranglait, alors, les Aurès. Ce 20 Août 1955 auquel nous devons associer le 20 Août 1956 où la guerre de libération marqua une nouvelle étape qui changea le cours de la révolution, deux dates charnières que nous célébrons aujourd’hui en tant que journée nationale du Moudjahed.

    J’ai évoqué déjà, l’aile para militaire de la Fédération du F.L.N en France, à savoir l’O.S (Organisation spéciale) dont un embryon existait depuis 1956 sous la dénomination de groupes de choc, mais ce n’est qu’en 1957 qu’elle prit véritablement son apogée.

    Constituée de militants aguerris, rompus à l’action militaire et dépassant les contraintes de la clandestinité, l’O.S menait particulièrement des actions extrêmement délicates et combien périlleuses.

    Elle avait comme objectif principal ; l’instauration d’un climat d’insécurité en France même, pour contraindre les autorités à y maintenir le maximum de troupes et de policiers ce qui avait pour but d’alléger le dispositif de guerre qui pesait lourdement sur l’A.L.N en Algérie.

    Pour ce faire, la Fédération du F.L.N en France, se devait d’entreprendre un travail de préparation militaire et de formation en envoyant spécialement des militants pour un entraînement intensif dans les camps de LARACHE et KHEMISSET au Maroc et ce, pendant plus d’une année.

    AOUT 1958 – LE CLIMAT POLITIQUE EN FRANCE

    Durant quatre ans, une crise politique, économique et sociale sans précédent a sévi en France et ce, en rapport avec le conflit. Des gouvernements tombaient sans cesse (pour rappel, Pflimlin a vu son gouvernement ne durer que 8 jours).Une instabilité criarde était à l’apogée, aucun gouvernement ne tenait et c’est le 13 Mai.

    En effet, le 13 Mai 1958, le Putsch des généraux d’Alger eut lieu et vit l’arrivée du général de Gaulle. Ce dernier, voulant en finir avec la guerre d’Algérie, devait renforcer le contingent déjà en place par l’envoi de 200 000 hommes supplémentaires pour venir à bout des combattants de l’A.L.N.

    Par ailleurs, le conflit devait venir à la 13 ème session de l’O.N.U prévue en Septembre et le gouvernement français voulait enterrer le dossier qu’il considérait alors comme problème interne à la France.

    Le C.C.E convaincu de l’opportunité du moment prit la décision historique de faire porter la guerre sur le territoire français. Ce fut d’abord un coup de semonce qui secoua l’apathie du peuple français et le sortit de sa tranquille accoutumance au drame algérien.

    C’est ainsi que la sale guerre d’Algérie, n’est pas seulement : dans l’Ouarsenis, dans le Djurdjura, à Mascara, à Constantine, dans l’Algérois, etc… mais transplantés en métropole : à Paris, à Melun, à Mourepiane, à Alès, à Marseille, à Toulon, au Havre, à Vincennes pour ne citer que ces lieux, 29 départements furent déclarés en état d’alerte maximale pour les services de sécurité.
    Ce n’est pas seulement le Fellah de la Mitidja, l’ouvrier d’Alger ou le Yaouled du square Bresson qui fait face à l’ennemi, mais l’Ouvrier de chez Renault ou Peugeot, c’est l’éboueur aux sales besognes, c’est l’ouvrier des ghettos de Nanterre, en un tout c’est l’ensemble de la communauté algérienne, hommes et femmes, pauvres ou aisés qui s’engage dans un combat inégal.

    L’on se rendit compte dans les capitales du monde entier que la guerre d’Algérie pouvait – lorsque les algériens le décidaient et quand ils le décidaient – gronder au cœur même de la capitale du colonisateur, Paris.

    Le 25 Août 1958, s’est imposé avec une rigueur nouvelle à l’attention des puissances mondiales. On s’est aperçu soudain, qu’une sale guerre était là, capable de contaminer tout l’Occident et se poursuivait.

    L’on comprit alors que son extension en plein territoire français n’était pas une simple vue de l’esprit. Le virus de la guerre d’Algérie qui minait la France et à travers elle toute l’Alliance atlantique avait franchi la méditerranée, et, c’est grâce aux sacrifices des militants au sein de l’organisation du F.L.N en France.

    LE 25 AOUT 1958
    Lorsque Omar Boudaoud responsable du Comité fédéral a été investi de cette responsabilité de la Fédération du F.L.N en France en plus des objectifs assignés par le congrès de la Soummam, il lui a été signifié, également, de préparer et créer un climat d’insécurité en France. L’objectif principal était de contraindre le gouvernement français à y maintenir une bonne partie du contingent qui devait rejoindre l’Algérie, en renfort de la force colossale déjà sur place. Pour ce faire, il fallait préparer des hommes aguerris, des moyens matériels et armés pour que le moment venu, transplanter la guerre en pleine métropole.
    C’est ainsi que des militants choisis furent envoyés, régulièrement, par groupe et ce, pendant toute une année dans les camps d’entrainement à Khemisset et Larache au Maroc.
    Cette organisation, structure nouvelle, appelée l’O.S (Organisation spéciale) qui succède aux G.A ( groupes armés) se devait d’être exemplaire aussi bien dans la discipline, l’abnégation et la maitrise des moyens mis en œuvre ( maniement des armes et explosifs) nécessaires dans la force des actions envisagées aussi bien dans la rapidité que le courage adéquat.
    La tâche n’était pas aisée ni facile, des efforts titanesques devaient être consentis. Il fallait cibler les objectifs, les repérer, identifier tous les aléas pour en faciliter l’exécution lorsque les commandos doivent passer à l’action. Rien, rien ne devait être laissé au hasard pour une réussite complète.
    C’est le mois de Juillet 1958 qu’eut lieu dans la banlieue de Cologne en Allemagne une réunion regroupant des membres du Comité fédéral avec les quatre chefs de Wilaya en France, réunion où Boudaoud explicite les objectifs qui lui ont été confiés par Abane Ramdane.
    Et c’est lors, justement, de cette réunion que la date du 25 Août 1958 a été choisie pour passer à l’action puisque l’ensemble des éléments concernant l’opération sont réunis. Hommes, moyens matériel, moyens d’acheminement, moyens armés sans compter les cibles choisies qui sont, pour rappel, économiques, militaires et policiers. Des ordres fermes sont donnés pour éviter d’atteindre les populations civiles.
    Le 22 Août, c’est dans une banlieue parisienne, plus exactement, à Sceaux, lors de la réunion ordinaire de la Fédération rgroupant 3 membres du comité fédéral :Bouaziz,Haroun et Ladlani en compagnie des 4 chefs de Wilayas : Kebaili, Ghezali, Haddad et Souami pour l’ultime vérification avant l’heure H des dispositions prises. Tout a été passé au crible et le résultat en est concluant, aucun imprévu n’est signalé, le planning élaboré est confirmé et tout le monde se quitte pour la mise en œuvre de l’opération.

    Pour chaque région de France des hommes aguerris son prêts et attendent impatiemment mais avec ferveur l’heure ultime qui doit sonner : ce sont près de 5OO hommes répartis en commandos, je citerai pour mémoire quelques-uns d’entre eux : Sadaoui, Azrara,Diafi,Messerli pour la région parisienne, en Normandie ce sera Tazbint, Ainouz, Skali, Nikem, Djillali, Tirouche et Seddiki, dans le Midi ce sera Aissaoui, Ouznani et Méziane Chérif et beaucoup d’autres demeurés à ce jour dans l’anonymat. Il est à noter que ceux qui avaient été arrêtés la plupart avaient été condamnés à mort lors des procès.

    Le 25 Août 1958, à la date convenue et à l’heure dite, les commandos entrent en action et ce, dans un ordre bien determiné et comme un horloge, elle sonne à O heure. L’Ordre venait d’être donné d’embraser l’ensemble du territoire français.
    Brièvement, voici le déroulement :
    - 2h15 : Le Havre, sabotage et incendie du dépôt de carburant et de la raffinerie de Notre Dame -d e-Gravenchon
    - 2 h 30 : Paris, boulevard de l’Hôpital, attaque et incendie d’un garage de la Préfecture de police ; 3 gardiens tués, un blessé.
    - 3 heures : Bois de Vincennes, échec du sabotage de la Cartoucherie ; un policier tué,
    - 3 h 5 : Marseille, sabotage et incendie du dépôt Shell.
    - 3h15 : Narbonne, sabotage et incendie du dépôt de carburant.
    - 3h15 : Saint-Mandé, une voiture tente de forcer un barrage ;
    - 3h15 : Port-la-Nouvelle, sabotage et incendie du dépôt de carburant.
    - 3h18 : Frontignan échec ou sabotage de la raffinerie ; 5 bombes découvertes.
    - 3h20 : Paris, porte des Lilas, une voiture tente de forcer un barrage ;
    - 3h 20 : Toulouse, incendie et sabotage du dépôt de carburant.
    - 3h35 : Ivry, incendie d’un dépôt de véhicules militaires.
    - 3h35 : Gennevilliers, incendie du dépôt de carburant du Port de Paris.
    - 3h43 : Marseille, bombes découvertes dans les dépôts de carburant des Aygalades et du cap Pinède.
    - 4 heures : Aérodrome Villacoublay, interception d’un commando, échec au sabotage des installations du terrain d’aviation
    - 5 heures : Salbris, découverte du sabotage de la voie ferrée Paris-Vierzon.

    DANS LES SALLES DE REDACTION

    Rien ne présageait l’événement. Dès 2h15, le premier flash arrive à l’AFP, le second à 2h30, le 3e à 3h00, le 4e à 3h05, c’est chaque minute , après c’est devenu le branle-bas – Flash sur flash annonçant une autre information plus importante que la précédente, à 8h00 c’était la mobilisation de l’ensemble des journalistes télétypistes, rédacteurs et commentateurs, le même branle-bas que lors de la mort du pape ou lors de la visite de de Gaulle pendant la tournée des popotes en Algérie. Même la censure, pourtant de mise, ne pouvait cacher les informations dans l’ensemble des salles de rédaction, l’Agence France Presse, l’Agence Reuter, United Press, Associated Press, et Tass pour ne citer que les principales, l’ensemble des médias étaient tous à l’affût et sur le qui vive qui dura longtemps.
    La guerre d’Algérie venait de franchir la méditerranée et venait de s’installer chez le colonisateur. C’est un exploit qu’aucune autre révolution n’a pu réaliser jusque là.
    L’évènement était de portée internationale. La sale guerre d’Algérie était en pleine métropole. Jamais, jamais les tenants du pouvoir en France ne pouvaient imaginer, un seul instant, que le F.L.N pouvait quand il le voulait mener cette bataille à Paris où toutes les représentations diplomatiques seraient les témoins de l’Histoire.

    Les militants de l’ex Fédération du F.L.N en France peuvent s’enorgueillir du rôle joué ce Lundi 25 Août 1958, quand ils transplantèrent cette sale guerre d’Algérie en plein territoire ennemi, étape combien glorieuse et qui restera gravée en lettre d’or dans l’histoire pour le recouvrement de leur indépendance.

    Le 28 Août, le gouvernement français décide de confier à l’armée la garde des points sensibles, les congés des policiers, sont supprimés, les contrôles systématiques des Algériens se multiplient, en une semaine 14.000 contrôles sont effectués et provoquent des centaines d’arrestations.
    Malgré ces contrôles et arrestations les actions continuent chaque jour apportant un peu plus son lot de destruction.

    Le même jour, 28 Août, Ferhat ABBAS, déclare à l’Associated Press : « La décision de porter les attentats sur le territoire métropolitain a été prise au lendemain des évènements du 13 Mai. Nous avons donné l’ordre que les vies humaines soient respectées. »

    C’est ainsi que le 29 Août, l’on note :
    La raffinerie de Grand-Quevilly est incendiée. A Paris, rue de Lyon, un sous-officier abattu. Le 30 Août, dans le 15ème arrondissement, un policier est attaqué, une usine est la proie des flammes à Conflans, l’établissement de forage de Saint-Pierre-du-Perray est détruit, une tentative de sabotage du port du Havre échoue.

    Le 1er Septembre, le CCE déclare à Radio Le Caire :
    « Les attaques effectuées la semaine dernière sur les réservoirs de pétrole en France constituent seulement une première offensive dans le cadre d’un plan qui consiste à transporter la guerre en territoire français pour la libération de l’Algérie ; le F.L.N ordonne aux commandos algériens de combattre furieusement l’ennemi. »

    Les consignes données par le CCE sont strictement suivies. Le même jour un militaire est abattu au métro Montparnasse, un autre poignardé rue d’Alésia ; un dépôt de matériel est saboté rue des Poissonniers, à Saint-Maur, une voiture de secours routier est attaquée. Une tentative d’incendie du dépôt d’essence de Port-Saint-Louis-du-Rhône. A Alès le dépôt de fuel est saboté, la tentative de destruction dirigée contre le gazomètre de la ville échoue.

    Le 2 Septembre, la circulation des Nord-Africains en région parisienne est interdite de 21h30 à 5h30, sauf pour motifs professionnels. Cette décision gêne peu le F.L.N.

    A Paris, un groupe de parachutistes est attaqué rue de Metz, un avion est saboté à Orly ; à fontainebleau, un soldat est agressé. Le lendemain un militaire français est assassiné rue de Metz, une voiture de police est mitraillée.

    La voie ferrée Paris-Le Havre est sabotée, ainsi que le paquebot Président-Cazalet à bord duquel l’explosion d’une bombe fait 7 blessés entre Marseille et Bône. Le 6 Septembre, deux commissariats de Lyon sont attaqués : un policier est tué, à Grenoble tentative de sabotage de la poudrière et de l’usine Péchiney. Le 8 Septembre, 2 sous-officiers sont tués à Paris, l’un, boulevard de Magenta, l’autre rue de Charenton. A Bègles deux bombes sont déposées dans un dépôt de carburant. Les tentatives contre la base aérienne de Villacoublay et la centrale électrique de Lyon échouent.
    Alors que 2 policiers sont blessés à Roanne, un autre l’est également à Elbeuf. Le 12 Septembre, un militaire français est poignardé au métro Montparnasse ; la voie ferrée Genéve-Lyon est sabotée (elle le sera de nouveau trois jours plus tard). Le 14, quatre bombes de 2 kg sont découvertes à Saint-Martin-d’Herres ; à Paris un agent est tué rue Montmartre, une voiture de police est mitraillée à Belleville. Le 15 Septembre, un officier est tué à Metz ; 3 soldats blessés à Joinville ; 2 agents de police attaqués à Lyon. Le 16 Septembre, l’attentat contre Soustelle échoue miraculeusement, une bombe fait trois blessés à la Préfecture de Marseille ; à Paris, rue Vieille- du-Temple, une voiture de police est mitraillée. Dans le nord de la France plusieurs fermes sont incendiées.
    Le pouvoir politique décide le 17 Septembre, le rappel de 15.000 réservistes de la gendarmerie. A Paris des brigades spécialisées sont constituées par la Préfecture de Police.

    A Marseille un engin explosif placé dans un char destiné à l’Algérie fait un tué, 5 blessés. Un autre engin est découvert dans le dépôt de carburant de l’avenue du Rove après l’attaque d’une sentinelle et un début d’incendie. Au Havre, une cuve d’acide sulfurique de l’usine Saint-Gobain est détruite à l’explosif. Un militaire est blessé à Villeparisis, un cocktail molotov lancé contre le commissariat de Sèvres. Le lendemain, c’est le dépôt de Primagaz de la Courneuve qui est l’objectif des groupes armés.

    Le 19 Septembre, alors que Soustelle déclare au Conseil des ministres : « Le Ministre de l’Intérieur a réclamé des moyens contre le terrorisme, il les a ! », en fin d’après-midi un agent de police est abattu à une station d’autobus du 14e arrondissement. Rue des Gravilliers, une voiture de police est mitraillée, au début de la nuit ; 2 blessés par balles, avenue de la Grande-Armée.

    Une tentative de sabotage contre un navire de guerre échoue à Toulon le 20 Septembre. Le 22, on découvre dans le 7e arrondissement de Paris, un cadavre dans une voiture. C’est un commissaire de police, le Commissaire Chenine. A Lyon, 5 policiers et 2 passants sont blessés au cours de l’attaque d’un commissariat. Un inspecteur de police est tué à Aulnay-sous-Bois. A l’Hay-les-Roses un car de police est mitraillé deux fois en une heure. Une voiture de police est attaquée au Havre où l’on signale une tentative de destruction de relais de télévision.

    L’usine de pneumatiques Kléber-Colombes est incendiée. Il y a 2 morts et 28 blessés parmi le personnel. Un agent est blessé à Aubervilliers.

    Le 24 Septembre, une femme de ménage découvre une valise piégée au dernier étage de la tour Eiffel. La promulgation des ordonnances antiterroristes du 25 Septembre 1958 ne changera rien. Malgré les changements opérés dans la hiérarchie policière, Verdier est nommé directeur de la Sûreté nationale, Hacq à la PJ, Vig aux RG.

    Avant la fin de Septembre, la voie ferrée Strasbourg-Bâle est sabotée ; une bombe explose dans le train Paris-Turin. Le central téléphonique de Chaville est attaqué à la bombe ; une patrouille de gendarmes est prise à partie à Marseille.

    Par ailleurs, plusieurs forêts ont été la proie des flammes.

    Ces offensives entrent dans un plan dont la réussite est spectaculaire. Sur le plan d’action
    ( respect strict des consignes d’épargne de la vie des civils).

    En effet, seuls sont visés les objectifs économiques et militaires.
    Pour mémoire, citons les chiffres éloquents suivants :
    • 56 sabotages
    • 242 attaques contre 181 objectifs.
    • 82 morts.
    • 188 blessés.

    Les objectifs attendus sont atteints :
    - La France est obligée d’immobiliser des dizaines de milliers d’hommes du contingent pour garder les nombreux points stratégiques qui parsèment son propre territoire ;
    - Les incendies des quatre dépôts de Mourepiane, Toulouse, Narbonne et Petit Quevilly ont vu brûler 21 millions de litres de carburants, soit une journée de consommation pour toute la France : (8.500 m3 à Narbonne et Toulouse, 5.000 m3 à Rouen, 8.000 m3 à Mourepiane) sans compter les dommages causés pour plusieurs mois aux installations ;

    - Le départ du contingent appelé en renfort en Algérie n’aura pas lieu, vu son maintien autour des points stratégiques en France ;
    - C’est bien l’unique exemple, d’un mouvement de libération qui porte la guerre sur le territoire même de l’ex métropole ;
    - L’avantage psychologique au crédit de la lutte de libération, auprès du peuple algérien et de son bras armé l’A.L.N, est indéniable.

    La France gaullienne a pris toutes les mesures devant lui assurer la victoire, mais elle a oublié la force de frappe du F.L.N, sur son propre territoire capable de lui imposer une guerre à laquelle elle n’était pas préparée.

    C’est ainsi que la date du 25 Août 1958 est entrée de plain pied dans l’histoire ; plus d’ un demi-siècle après et en hommage à ces glorieux militants de l’ombre disparus ou encore parmi nous, qui ont pu par leur courage et leur conviction, par leur sens du sacrifice ainsi que leur témérité, renverser l’ordre des valeurs militaires et stratégiques, face à l’ennemi, puissance mondiale incontestable.

    Comment à partir de cet exploit ne pas mesurer l’importance d’un tel évènement et rendre un vibrant hommage à ses auteurs ? La septième wilaya historique, par cet acquis, n’a fait qu’honorer, tout comme ses frères de l’intérieur, les mémoires et réhabiliter une partie de l’histoire souvent inconnue.

    Bien d’autres dates et évènements demeurent certainement ignorés, quand ils ne sont pas occultés, mais la vérité saura toujours résister au mensonge et les générations montantes sauront, un jour, les véritables et glorieuses épopées de leurs ancêtres et de Novembre.

    La reconnaissance des faits historiques, sera le témoignage toujours vivace de la nation envers elle-même et en direction des générations futures.

    GLOIRE A NOS MARTYRS
    VIVE L’ALGERIE LIBRE.

  • Conférence débats sur les évènements du 25.8.1958 en Fra

    ORGANISATION NATIONALE DES MOUDJAHIDINE
    SECRETARIAT NATIONAL

    C O M M U N I Q U E

    Dans le cadre de l’écriture de l’histoire et afin de faire connaître LA JOURNEE DU 25 AOUT 1958 par l’ouverture d’un Second Front en France par des actions de sabotages de grande envergure décidées par le Comité de Coordination et d’Exécution (C.C.E) dont le fondement stratégique était d’empêcher l’envoi de renforts de troupes qui devaient rejoindre le contingent sur place en Algérie.

    Pour vulgariser cet important évènement qui demeure méconnu ; L’ORGANISATION NATIONALE DES MOUDJAHIDINE, organise :

    • Une exposition non stop du 23 au 31 Août 2011
    • Une conférence-débats le JEUDI 25 AOUT 2011 à 11 heures sur le thème : « le second front et ses effets »

    Lieu : NADI EL- MOUDJAHED square Port-Saïd, ALGER

    Le Secrétaire National

    A.ARRAD

    LE PUBLIC EST CORDIALEMENT INVITE

  • INVITATION A LAPRESSE ECRITE ET PARLEE

    ORGANISATION NATIONALE DES MOUDJAHIDINE

    SECRETARIAT NATIONAL

    A LA PRESSE ECRITE ET PARLEE……………………………………- .………………
    ………………………………………….- ……………….

    INVITATION

    Dans le cadre de l’histoire de notre pays et afin de faire connaître le fondement stratégique de la JOURNEE du 25 AOUT 1958 en France, ouverture d’un second front par des actions d’envergure décidées par le Comité de Coordination et d’Exécution (C.C.E) et ce, en plein cœur du territoire ennemi en Métropole afin d’aboutir au maintien en France des renforts qui devaient rejoindre le contingent en Algérie.

    L’Organisation Nationale des Moudjahidine :

    O R G A N I S E

    AU NADI EL-MOUDJAHED : square Port Saïd, ALGER

    • Une Exposition Non Stop du 23 au 31 AOUT 2011
    • Une Conférence débats le : JEUDI 25 AOUT 2011 à 11 heures


    Thème : LE SECOND FRONT ET SES EFFETS.

    Vous voudrez bien avoir l’obligeance de couvrir
    cet important évènement

    Avec nos sincères salutations.

    Le Secrétaire National

    A. ARRAD

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