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« No End In Sight », un documentaire choc en anglais de Charles Ferguson (1h 41' 54'')
(Nota Bene : traduction littérale, « pas de fin en vue » ou « pas de fin en perspective »)
Du 1er septembre au 4 novembre 2008, date symbolique puisque étant celle de l'élection présidentielle américaine, YouTube va diffuser un film documentaire nommé aux Oscars 2008 : No End in Sight... une première pour cette société. C'est en tout cas un canal de diffusion encore peu commun pour un long métrage auquel a consenti Ferguson, déclarant : « J'ai voulu que le film, et les faits sur l'occupation en Irak, soient accessibles au plus grand nombre. Mon souhait est que cela permettra de meilleures décisions en matière de politique étrangère pour aller de l'avant en Irak et ailleurs ».
D'ores et déjà prix spécial du jury au festival du film Sundance de 2007, ce courageux documentaire relate les premiers mois de l'occupation américaine en Irak et le désordre qui a suivi. Il a déjà été diffusé sur Canal+ sous le titre : « Irak, de la dictature au chaos ».
Premier film du genre à répertorier les raisons pour lesquelles la guerre en Irak a tourné en véritable cauchemar sans fin, en inextricable guerre civile, c'est une histoire ahurissante extraite de quelque deux cents heures de tournage auprès de 35 personnalités dont des anciens fidèles de l'administration Bush, y compris des officiers supérieurs et autres journalistes ou ambassadeurs, à présent très critiques envers ce qu'ils ont pu expérimenter au gré de leurs désillusions.
Ce document étudie la manière dont la politique des États-Unis - par son amateurisme consternant, par son manque de stratégie planifiée quant à l'après invasion militaire, par l'excès d'optimisme en ce qui concerne l'accueil qui serait réservé aux "libérateurs" par les chiites, par l'engagement de cadres sans pratique du terrain, par la destruction aveugle des sites culturels et historiques de Bagdad, par l'envoi insuffisant de troupes au départ de l'occupation de sorte que la loi martiale ne fut pas imposée et que les pillages se multiplièrent en créant une atmosphère plus pesante pour la population que leur ancien régime dictatorial, par l'absence de protection des dépôts d'armes et de munitions pourtant localisés et à merci des insurgés, par la dissolution des militaires irakiens (créant un vivier de 500.000 jeunes hommes sans travail ni rémunération), par l'emploi de matériel roulant inadapté à la guérilla urbaine, par l'exploitation de mercenaires privés assoiffés d'argent et parfois sans foi ni loi, (...) - a favorisé l'insurrection qui règne en Irak aujourd'hui, au détriment premier des citoyens modérés de ce pays qui subissent eux aussi les excès des islamistes radicaux nationaux et étrangers qui cherchent à profiter de cette instabilité providentielle pour mener leur djihad islamique.
Comme vous le savez, l'Irak, situé au Moyen-Orient dans le golfe Persique, est l'un des trois pays au monde les mieux dotés en pétrole, cette industrie représentant sa principale source de richesse, étant entendu que cet or noir suscite toutes les convoitises. Depuis l'invasion du Koweït par Saddam Hussein en 1990 et la première guerre du golfe, les relations entre Irakiens et Américains se sont détériorées. Ces derniers qui avaient pourtant économiquement et militairement soutenu l'Irak, en guerre contre l'Iran, suspendent toute livraison d'armes ; la Grande-Bretagne comme la France gèlent les avantages donnés à l'Irak, avant qu'un embargo international frappe bientôt une population irakienne déjà bien accablée par un dictateur que les USA avaient laissé s'installer.
George Bush junior est élu en 2000. L'attentat du 11 septembre 2001 exacerbe le sentiment d'insécurité des Américains et les premiers renseignements émanant du Congrès national irakien sur le programme d'armement en Irak corroborent leurs craintes que l'on sait à présent non fondées. Sans preuve tangible et sans l'appui de l'ONU, malgré l'avis de leurs propres experts qui auraient rédigé en vain des analyses poussées sur le sujet, les États-Unis décident en comité très restreint d'envahir l'Irak en mars 2003, soutenus par la Grande-Bretagne et une coalition de pays alliés.
Le réalisateur analyse comment l'administration Bush a causé, par son incurie voire son incompétence et son arrogance, 3.000 morts et 20.000 blessés du côté américain et le décès de centaines de milliers de civils irakiens. Le document déplore aussi la situation d'un pays au bord de la guerre civile, la montée en puissance de l'Iran, et la facture de près de 2 trillions de dollars (1.860 milliards $ = 1.315 milliards € au taux de change actuel = 53 mille milliards d'anciens francs belges !) de ce conflit sans fin voire sans issue, de ce véritable bourbier qui ressemble sans doute par certains points à celui du Vietnam.
De mon point de vue, cela vaut en tous cas la peine de visionner cet ouvrage cinématographique... nettement plus intéressant que ces innombrables téléréalités abrutissantes style "Star" "Academy" et autre "Secret" "Story" je crois...
http://www.youtube.com/watch?v=mZd5X...
Patrick Garnier
mercredi 24 septembre 2008 à 08:48


















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