jeanpierrejub
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Blog 68
L'AFRIQUE EN DEUCHE JOUR APRES JOUR
Je vous raconte mon expédition en Afrique : C'était en 2004, 6 mois d'aventures, 6 pays de traversés ( Maroc, Sahara Occidental, Mauritanie, Mali, Burkina Faso et Sénégal). Une boucle de 22000 kms parcourus en 2 cv.
Il s'agit ici du journal de route . En rentrant j'ai écrit un livre "L'AFRIQUE EN DEUCHE" qui retrace cette épopée dans un style romancé.
Voici quelques liens qui parlent de ce bouquin.
- Le site des éditions annickjubien.net : http://perso.orange.fr/weboffice
- Un reportage sur la deuche et moi : http://www.quaidejavel.com/citroen-55/livres/a...
- Des extraits du livre : http://www.ecrivains-voyageurs.net/pages/dossi...
- Pour acheter le livre sur internet : http://perso.orange.fr/weboffice ou http://www.priceminister.com/boutique/jpjub
Il est bien sûr disponible en librairie et dans toutes les Fnac.
Et si vous le voulez dédicacé envoyez un mail à : aj.net@hotmail.fr
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Samedi 17 juillet, J’accueille à l’aéroport de Bamako
Régine une amie parisienne venue passer ses vacances en ma compagnie. Ali m’attend planté devant le hall des arrivées. Ali je l’ai rencontré la veille alors que j’étais venu en repérage pour être sûr de ne pas louper l’arrivée de Régine. Il avait reconnu la Dyane orange qu’il avait déjà croisée à Bamako, il m’entraîna voir sa 2cv ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... ), un vieux modèle mais avec une très bonne mécanique. Mais il avait un problème avec la bobine qui était défectueuse, impossible de la remplacer car il ne trouvait pas la pièce. Je lui dis de me suivre et je l’emmène près de la Dyane, je sors du coffre une bobine que j’avais en pièce de rechange et je lui donne. De ma vie, je n’ai jamais fait autant plaisir à quelqu’un. Donc Ali est là et il me saute dans les bras et me prend par la main, on se fraye un passage dans la cohue des gens venus accueillir des voyageurs. Ali travaille à l’aéroport et, avec son badge, il me fait rentrer à l’intérieur et m’installe près du poste de douane. Régine est accueillie comme une VIP prioritaire au passage à la douane. Depuis on se téléphone de temps en temps pour parler de la 2cv.
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Jeudi 8 au vendredi 16 juillet, Je m’accorde une semaine
de répit à Bamako ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/exped... ) afin de recharger les accus en prévision de l’étape suivante qui s’annonce très, très sportive…
J’en profite pour faire la promo du disque d’Abdelhadi. A Nouakchott le contact avec le CCF (Centre culturel Français) avait été bon. Ici le courant ne passe pas et la directrice du CCF n’a même pas écouté le disque. J’en parle à Yaya Traoré ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/renco... ) l’adjudant-chef du mess des officiers où je passe tous les jours boire une bière. Il me fait rencontrer Boubacar Touré qui est responsable de la programmation de l’ORTM (La radio et Télévision du Mali), il est d’accord pour programmer le disque à la radio et pour passer un clip à la télé. Il veut même que j’intervienne à l’antenne pour parler de l’artiste, je lui dis « Ok pas de problème… » Le problème c’est que ne je sais pas quoi dire !
Bamako étant jumelée avec Angers, il y a une « Maison des Angevins » ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... ), je fais une visite de courtoisie et je rencontre une bande de jeunes qui est venue aux frais des contribuables angevins planter des arbres, ça n’a vraiment aucune utilité…
Je retourne voir la directrice du CCF, cette fois je me fais carrément jeter, elle refuse de me recevoir.
Vendredi, je suis l’invité ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... ) dans l’émission « Univers Jeune » de la chaîne 2 de l’ORTM qui a lieu en direct et qui est entièrement consacrée à Abdelhadi. -
Mardi 6 et mercredi 7 juillet, Retour à Bamako
Révision ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... ) des 10 000 Kms pour la dyane, Alain décide de rentrer en France. Je me réinstalle à la Mission Catholique de Badalabougou.
Après la deuche c’est l'homme ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... ) qu’il faut remettre en état, je vais consulter le docteur de mon quartier… Puis, je règle les problèmes administratifs, renouvellement du visa et prolongement d’un mois du laissez-passer de la voiture pour cela je dois arroser le douanier et son directeur.
EXTRAIT DE L'AFRIQUE EN DEUCHE :
"------En buvant de l’eau de la cruche de Bamba, j’ai consommé de l’eau fraîche certes, mais elle était également impure. Le bouton à la tempe est devenu aussi gros qu’un œuf au plat, ça me donne une tête de mort-vivant. L’œil est complètement fermé et toute la partie gauche de mon visage est déformée par un œdème. La pustule est infectée et lorsque j’y touche, ça me fait mal. J’en ai d’autres qui commencent à poindre sur le corps, aux fesses notamment. Je vais consulter un médecin malien, il diagnostique une furonculose, il faut immédiatement enrayer l'accroissement des furoncles, il me prescrit des antibiotiques à prendre pendant dix jours. Je décide de rester paisible à Bamako pendant la période de mon traitement.------" -
Samedi 3 au Lundi 5 juillet, retour difficile sur Bamako.
Le premier jour peu après Gao nous essuyons un vent de sable très éprouvant pour le deuche. Nous réussissons quand même à rallier Douentza sans problème.
Un collier d’échappement s’est dévissé, les boulons sont perdus, il faut réparer ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )avec les moyens de bord. Nous couchons à la belle étoile dans un hôtel de Ségou au bord de la piscine.
Il reste 245 kilomètres pour atteindre Bamako, le vent de sable du premier jour se fait ressentir, il y a du sable dans le réservoir d’essence, il faut nettoyer plusieurs fois les filtres d’essence. Puis le collier d’échappement se détache définitivement et l’on termine en échappement libre.
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Vendredi 2 juillet, j’avais prévu de rester à Bamba
jusqu’à lundi, jour du marché et rentrer à Gao en compagnie de Diallo avec le camion qui transporte les commerçants et leurs provisions. Je voulais faire des photos et un reportage vidéo sur Bamba. J’espérais aussi avoir la chance d’assister à l’arrivée d’une caravane de dromadaires qui en général le samedi apporte du sel. Mais en me réveillant ce matin, je ne me sens pas très bien, hier j’ai bu de l’eau du puits et j’ai laissé mes médicaments à Gao. Je décide de rentrer avec le 4x4 en compagnie d’Alain. Le retour à Gao ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/exped... )s’effectue sur un trajet ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )digne du Paris - Dakar.
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Jeudi 1er juillet, Bamba le village de Didier K,
nous sommes accueillis par les notables du coin, Maire, sous-préfet, chef de la Sécurité, etc… Diallo ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/renco... ) un ami de Didier est au petit soin pour nous. Nous rendons visite à une Association de femmes, qui se sont regroupées pour diverses activités dont la culture maraîchère. Bamba est menacé par l’avancé du désert et Diallo nous emmène voir les travaux entrepris pour dunes. Puis dans la soirée nous allons avec les notables sur la dune « Nicolas Normand » baptisée en l’honneur de l’Ambassadeur de France qui a visité récemment le village de Bamba.
Extrait du livre "L'AFRIQUE EN DEUCHE" :
" Diallo, un ami d’Alex, arrive à son tour et se met à notre disposition pour toute la durée de notre séjour. La délégation s’entasse dans le 4x4, nous allons être reçus par le sous-préfet. C’est un petit bonhomme avec une barbichette, il ne parle qu’en donnant des ordres : le chauffeur, Diallo, les deux maires reçoivent ses consignes. Nous-mêmes, nous sommes conviés à nous rendre dans la soirée sur la dune « Nicolas Normand » baptisée du nom de l’Ambassadeur de France au Mali qui a visité récemment Bamba.
– Tous les villageois seront là pour vous honorer, nous avertit le fonctionnaire.
Avant de nous congédier, Monsieur le Sous-préfet nous présente le chef de la sécurité à qui il demande de prendre place dans le cortège qui va nous accompagner dans tous nos déplacements « officiels. »
Une fois dehors, je m’approche du militaire :
– Avez-vous encore des problèmes d’insécurité dans la région ?
– Non, depuis 1996, c’est calme, mais le gouvernement maintient des garnisons dans tous les villages de la région. J’ai encore vingt-trois hommes sous mon commandement.
– Avant cette date, il y a eu des incidents ?
– Oui et de très graves, les rebelles attaquaient les villages, il y a eu de nombreux tués parmi les villageois pendant le soulèvement touareg. "
Plus d'info sur le livre : http://perso.orange.fr/weboffice/afriquendeuch... -
Mercredi 30 juin Nous allons à Bamba en 4x4
un village à la lisière du Sahara, 245 kilomètres de pistes, de sable et de dunes. Une seule bourgade entre les deux, Bourem, sinon quelques tentes de nomades et des paillotes plantées dans le sable. Le meilleur transport dans cette région est l’âne et l’on voit sur le bord des pistes l’homme qui tire un âne tandis que la femme assise sur la bête tient dans ses bras son enfant, je me dis qu’ici rien n’a vraiment changé depuis Bethléem.
Extrait de "L'AFRIQUE EN DEUCHE"
" La deuche pénètre dans le sable comme une planche surfe sur les vagues. Par endroits le sol devient moins mou, je lâche l’accélérateur, puis immédiatement j’écrase le pied au plancher ; la voiture reprend de l’élan pour à nouveau s’enfoncer dans le sable. Les portions résistantes deviennent plus nombreuses et plus longues, la deuche prend de la vitesse, j’embraye en quatrième. Parfois les traces se séparent, je dois en délaisser certaines au profit de celles qui, il me semble, me ramènent vers la piste. La deuche roule à nouveau sur une piste en bon état, son allure est vive, je suis satisfait d’elle, je la complimente :
– Tu es la reine du désert.
J’arrive à une bifurcation, pour Bourem, c’est à droite ou à gauche ? j’arrête la deuche et je coupe le moteur. Tout en réfléchissant, je m’accorde une pause « pipi. » A gauche, il y a le fleuve, la piste y mène certainement, mais elle doit se terminer en cul de sac et je vais buter sur le Niger infranchissable. A droite, la piste va vers l’est, je vais la prendre en espérant, qu’un peu plus loin, elle oblique vers le nord, là où est Bourem. Au bout de quelques hectomètres, nouvel embranchement, j’emprunte celui qui semble se diriger vers le nord, la piste se détériore, les traces sont moins visibles, les bancs de sable sont plus rapprochés et de plus en plus longs. La deuche persiste, trouvant toujours des parties dures pour reprendre de l’élan. Jusqu’au moment où elle s’enfonce dans les gravillons, ses roues brassent le sable, elle n’avance plus que centimètre par centimètre, puis elle s’arrête vaincue. Je descends, je marche devant la voiture, je suis sur une piste qui n’est plus fréquentée, le vent l’a recouverte de sable. J’avance sur une centaine de mètres, le passage n’est plus marqué, un peu plus loin j’ai sous les yeux un champ de dunes. Mon salut passe ailleurs."
lire plus... http://www.quaidejavel.com/citroen-55/livres/a...
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Samedi 26 au mardi 29 juin, Gao la grande ville du Nord
du Mali.
je visite le tombeau des Askia ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... ), la vielle ville de Saneye et je vais en pirogue jusqu’à la dune Rose. Au retour il fait nuit et je distingue dans la pénombre un hippopotame.
Le lendemain, je retourne sur les bords du Niger pour prendre des photos, brusquement un orage éclate et je me réfugie dans un village de pêcheurs. La pluie, le vent, tout vole autour de moi, sacs en plastique, bidons, chaises, etc… Je ne peux même pas rester debout tant le vent est violent et je suis obligé de m’accroupir parterre et me recroqueviller pour me protéger. En moi-même je me dis que je vais passer un mauvais quart d’heure, quand je sens sur mon épaule une petite main d’enfant, il me fait signe de le suivre dans une case non loin de là. La case est construite en banco (torchis) avec un toit en paille, elle mesure 4m sur 3 et elle est occupée ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )par trois femmes et une demi-douzaine d’enfants. Elle sert de cuisine et de chambre à coucher et elle est dénudée de meubles, seuls des tapis sont disposés à même la terre battue. Je m’assieds dans un coin et je commence à prendre des photos, les enfants sont très contents et ça les amuse beaucoup de se voir sur l’écran de l’appareil numérique. Je reste à l’abri plus d’une heure à attendre que la pluie se calme.
Pendant ce temps, Antoine souffre de la chaleur, il ne quitte pratiquement pas la chambre climatisée. Moi c’est le contraire la « clim » me donne des maux de tête et le matin la gorge me pique, je préfère la nuit dormir dehors à la belle étoile.
Photos :
Gossi, les chefs du village : http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ...
Sidi : http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ...
Le bac à Gao : http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... -
Vendredi 25 juin, nous couchons à Gossi
qui a la particularité d’être situé près d’un plan d’eau où les éléphants viennent boire, mais en cette saison ils ont migré au Burkina-Faso. Malheureusement pour nous, mais le villageois eux ne sont pas mécontents car les éléphants mangent les salades dans les jardins. Le lendemain matin avant de quitter Gossi, nous rendons visite aux chefs du village. ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )
Photos :
les abords de la route après l'orage ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )
la culture du mil ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )
les pleurs d'une petite fille ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )
Extrait du livre L'AFRIQUE EN DEUCHE :
" Le coin est désertique, pourtant j’ai à peine coupé le contact, qu’un homme s’approche de nous sur une bicyclette. Une petite fille est assise sur le porte-bagages, elle n’a pas plus de trois ans. Elle a une vilaine blessure, le dessus du pied, juste avant les orteils, a été profondément entaillé par un outil. La plaie est boursouflée et s’est infectée. Un morceau de tissu en lambeaux entoure son pied, il faut le retirer entièrement, pour cela Antoine est obligé d’entamer avec son couteau des morceaux de peau. La petite gesticule et crie, son papa la maintient difficilement. La scène est insoutenable, les cris d’horreur déchirent le silence du désert, buttent contre la montagne qui renvoie l’écho. Antoine a du mal à débarrasser la plaie de toute souillure et pourtant il le faut. Enfin le calvaire touche à sa fin, Antoine nettoie la blessure avec de la betadine et entoure le pied d’un pansement tout propre. Les cris diminuent, puis cessent, mais de grosses larmes continuent de couler le long des joues de la petite fille. "
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Jeudi 24 juin, nous atteignons Mopti
la Venise malienne ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... ).
Extrait du livre l'AFRIQUE EN DEUCHE :
" Notre passager s’appelle Sego Touré, il habite à Sévaré, il veut absolument nous emmener voir sa famille :
– Venez voir ma femme et ma petite fille, elles ne savent pas que j’arrive en permission.
La maison est faite de briques en terre empilées les unes sur les autres. Le toit est plat et les ouvertures dans la façade sont fermées par de grands stores en bambou. Deux pièces sont accolées l’une à l’autre et font face à une cour qui sert à tout. Au centre trône un tas de terre argileuse, il faut constamment colmater les murs en banco et chaque année refaire le crépi, car en cette saison, il s’effrite à cause des pluies d’orage. Notre hôte nous invite à entrer. A l’intérieur tout est en terre, sol, cloisons, plafonds. Des petits tabourets en bois et des nattes en paille constituent le mobilier. Des seaux et des bassines en plastique, des plats en inox et des cuvettes en émail composent la vaisselle. Une vieille femme dort tournée vers un mur. A côté, assis sur une natte, il y a une ribambelle d’enfants, une fillette, la plus jeune qui depuis peu a fait ses premiers pas, se détache du groupe et se jette dans les bras de son papa :
– Voici « Oumo », nous dit fièrement Sego en attrapant la petite fille.
D’autres femmes entrent et sortent de la pièce, l’une d’entre-elles doit être l’épouse de Sego. C’est vraisemblablement celle qui nous apporte un repas servi dans deux plats. L’un est rempli de riz, dans l’autre il y a une viande de mouton bouillie et arrosée d’une sauce verdâtre faite avec des feuilles de baobab. Sego se sert de sa main droite comme d’une pince en prenant de la nourriture qu’il met en boule en la malaxant avant de la porter à sa bouche. Oumo imite pour manger le geste ancestral appris de son père. C’est la couleur de la sauce qui m’empêche d’apprécier le mets, d’autant qu’un poulet ne cesse d’enjamber le plat, ajoutant à la confusion. Antoine, lui, est plein d’appétit et il ingurgite avec abondance".
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