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Articles avec le mot-clé 'lundi' :


  • Samedi 3 au Lundi 5 juillet, retour difficile sur Bamako.

    Le premier jour peu après Gao nous essuyons un vent de sable très éprouvant pour le deuche. Nous réussissons quand même à rallier Douentza sans problème.

    Un collier d’échappement s’est dévissé, les boulons sont perdus, il faut réparer ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )avec les moyens de bord. Nous couchons à la belle étoile dans un hôtel de Ségou au bord de la piscine.

    Il reste 245 kilomètres pour atteindre Bamako, le vent de sable du premier jour se fait ressentir, il y a du sable dans le réservoir d’essence, il faut nettoyer plusieurs fois les filtres d’essence. Puis le collier d’échappement se détache définitivement et l’on termine en échappement libre.

    0. :) :) :) :)

  • Mardi 1er au lundi 7 juin, Nouakchott.

    La première chose qui surprend dans Nouakchott c’est l’état du parc automobile, c’est une véritable casse ambulante. Un jour dans le quartier où nous logeons nous discutions sur le trottoir avec trois Mauritanien, quand vint à passer un taxi une R12 complètement déglinguée et devant notre étonnement de voir cette épave roulante, ils nous racontèrent cette histoire surprenante. « Le chauffeur du taxi habite non loin de là et comme il n’a pas assez d’argent pour investir en carburant, il ne se sert plus du réservoir et il a installé près de lui une bouteille en plastique qu’il a reliée directement au carburateur par un tuyau. De cette façon quand il prend un client, selon la longueur de la course, il met le carburant nécessaire. Et si par aventure le calcul s’avère mauvais, c’est la panne alors le client doit finir le trajet à pied. »
    Alain est un fin négociateur et je lui laisse volontiers mener les marchandages car manifestement il jubile. La 2CV a souffert pendant la traversée du désert et elle a besoin de voir un mécanicien, Hassan nous y conduit, le mécano nous demande 30 000 ouguiyas (135 euros). Alain entame les négociations et l’on se met d’accord pour que la réparation coûte 28 000 ouguiyas. En rentrant au camping Pierre et Sylvain éclatent de rire et se moquent gentiment de nous, nous nous somme fait avoir, ça ne vaut pas plus de 8 000 ouguiyas. Alain est vexé et il me dit en aparté «, ‘ ils exagèrent ! ». Mais quand en fin de journée on va récupérer la voiture, il entraîne le mécanicien dans un coin isolé et le menace de ne pas payer le prix convenu en le traitant d’escroc. Le mécanicien reste de marbre et réplique « Tu es en Afrique tu dois payer le prix convenu ». Le ton monte et chacun campe sur ses positions, brusquement Alain se lève hors de lui et dit « Je vais chercher les flics » et il part sans qu’on puisse esquisser le moindre geste. Je retourne auprès de la voiture où il y a maintenant un attroupement et les discussions vont bon train, je les écoute sans donner mon avis. Alain revient dans une voiture de police et les flics embarquent le mécanicien pour que les deux antagonistes s’expliquent au poste. J’ai juste le temps de dire à Alain de ne pas aller trop loin dans sa démarche. Maintenant on me jette des regards plutôt sombres et je me tiens près de la deuche pour éviter des représailles sur la voiture. Enfin ils reviennent, Alain triomphant me lance « c’est 20 000 ! ». Je lui rétorque « non tu vas payer 28 000 ! ». Surpris, il me regarde sans comprendre et le silence se fait autour de nous, tout le monde attend les explications. Je dis « Tu as agi sans me consulter, je n’ai pas l’habitude de régler mes problèmes par flics interposés et nous avons passé un contrat avec ce mécano, tu dois payer le prix convenu ». Alain s’exécute, de retour au campement, on s‘explique et l’incident est clos.
    La traversée du désert a laissé des traces pour la 2CV c’est vite réparé. Alain a accusé le coup et ça m’inquiète un peu, il paraît fatigué et il a mal a une jambe. On va voir le médecin de l ‘ambassade de France qui diagnostique une para phlébite et prescrit des médicaments. Comme ceux-ci sont introuvables dans les pharmacies, nous allons à la consultation de l’hôpital où nous rencontrons un médecin qui veut nous convertir à l’islam mais qui est rassurant quant à l’état de santé d’Alain, ça ira mieux dans quelques jours et il peut poursuivre le voyage sans danger.
    Je rencontre au centre culturel français un directeur artistique qui s’occupe d’organiser des concerts. Je lui fais écouter le disque d’Abdelhadi, il trouve ça bien et il est prêt à prévoir trois concerts à Nouakchott, Nouadhibou et Attar. Il me donne également les coordonnées des CCF de Bamako, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, à suivre…
    Initialement, nous avions prévu de séjourner en Mauritanie tout le mois de juin pour visiter le pays. Mais Antoine a du mal à supporter la chaleur et il semble qu’à l’intérieur du pays, l’air est torride par rapport à Nouakchott qui est sous l’influence de la mer. Pour cette raison, nous décidons de nous rendre au Mali plutôt que prévu.

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  • Lundi 24 mai, on quitte les Berbères pour entrer

    chez les Saraouis :)

    Extrait du livre L'AFRIQUE EN DEUCHE :

    " Nous entrons dans le Sahara Occidental à Laayoune, ce territoire appartenait aux Espagnols jusqu’en 1974, date à laquelle l’Espagne décide de se retirer. Aussitôt le roi Hassan II du Maroc s’entend avec la Mauritanie, pour se partager la région qui recèle d’importants gisements de phosphates. Cet accord secret n’est pas du goût du front Polisario, le mouvement de libération du peuple sahraoui soutenu par l’Algérie. Le Polisario organise des raids contre la Mauritanie, celle-ci se retire du conflit en 1979, puis contre le Maroc. Il y a encore peu de temps, pour traverser la région en voiture, il fallait s’organiser en convoi et être escorté par l’armée marocaine".

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  • Du samedi 15 au mardi 18 mai, Ikniouen

    ( http://perso.wanadoo.fr/weboffice/africa/journ... )
    On est lundi matin, j’écris de mon lit, je devrais dire de ma couche car ici les lits sont des couvertures que l’on empile les unes sur les autres. Je suis chez un instituteur dans un petit village en pays des berbères à 2400 m d’altitude dans le Haut Atlas
    Pour y aller, on part d’Ouarzazate, on fait 140 kilomètres en direction Er Rachidia jusqu’à Boulmane, puis 6 kilomètres plus loin on tourne à droite sur on route encore goudronnée qui devient bientôt une piste. On fait encore 40 kilomètres pour arriver à Ikniouen.
    Aujourd’hui je vais faire avec Rida, l’instituteur, un reportage photos des élèves de sa classe pour les mettre en ligne sur le net. Je vais photographier chaque enfant puis ils devront se livrer à un exercice d’expression orale sur des thèmes que nous avons choisis avec Rida. Ensuite j’enregistrerai la photo et le texte sur mon ordinateur et je transformerai tout ça en diaporama.
    J’espère reproduire ce travail plusieurs fois lors de notre périple et quand nous serons en France, j’irai dans quelques écoles de l’Ile de France pour montrer ces diaporamas dans le but de faire correspondre ces écoles avec les écoles africaines. La finalité de cette action est d’obtenir de l’aide pour les enfants africains qui sont démunis de tout.
    Ikniouen est un village, que j’évalue à moins de mille habitants, qui semble immobile entourée de montagnes recouvertes de petits arbustes qui leur donnent un aspect vert clair qui contraste avec la roche rouge. Les rayons de soleil sont filtrés par des nuages d’altitude ce qui donne une nuance de couleur étonnante, on a plus l’impression de contempler un paysage d’Ecosse que d’être dans le sud Marocain.
    L’hiver, il fait très froid, « je ne sais pas quel degré il fait », me dit Rida, « mais je mets trois pulls, un anorak et un bonnet tellement le vent est glacial ». L’été, il fait chaud, mais la chaleur est toujours supportable grâce à l’altitude.
    Nous sommes arrivés samedi dans ce village, Rida nous attendait, il avait été prévenu de notre arrivée, car il est préférable de signaler nos déplacements quand nous sortons un peu des axes touristiques. « Soyez les bienvenus, venez chez moi pour vous reposer et vous installer ».
    Rida a 24 ans, c’est son premier poste d’instituteur, il a étudié jusqu’au bac à Fès puis il a complété sa formation pendant deux ans à Casablanca. Il a été nommé ici pour 4 ans, il termine sa quatrième année. La vie en pays berbère pour un jeune instituteur sans expérience est terrifiante surtout la première année, il enseigne généralement dans un village encore plus isolé parfois à sept heures et demie de marche difficile d’Ikniouen, sans eau ni électricité, il vit dans des conditions sanitaires et d’insalubrité inimaginable pour nous européens. Il ne parle pas la langue berbère et très peu de Berbères comprennent l’Arabe. « J’ai vécu des moments terribles » dit Rida, « Je pense que maintenant je suis aguerri et que je peux supporter n’importe quel exile ». Il reste à Rida de cette période de déprime profonde des paroles de chansons qu’il a écrit dans les moments les plus désespérés et soudain il se met à les chanter en Rapp. Il parle d’amour déçu, d’exil, de chômage de désespoir sans jamais entrevoir une lueur d’espérance en quelque chose.
    Et puis tout d’un coup, il se met à parler, parler, rien ne semble pourvoir l’arrêter comme quelqu’un qui a retenu ses larmes et qui se met à sangloter brutalement. Il nous raconte sa vie à Ikniouen monotone et solitaire, le travail à l’école, la télévision, manger, dormir et le lendemain ça recommence indéfiniment. La méfiance et le rejet des Berbères vis-à-vis d’un Arabe qu’ils considèrent comme un étranger à qui il ne faut faire aucune concession pour le décourager à dessein en espérant qu’il partira pour laisser la place à un Berbère.
    Il parle du Maroc, des espérances qu’il place dans la nouvelle génération pour enfin mettre le pays dans la voie de la modernité. Mais il a l’impression que pour lui c’est déjà trop tard, pour cette raison aux termes de ses 4 ans à Ikniouen, il retournera à Fès pourquoi faire ? Il s’interroge, il ne se sent pas mûr pour fonder une famille dans la pure tradition musulmane. « J’ai peur de ne rien faire de ma vie » dit-il. Alors il rêve d’une vie meilleure en dehors du Maroc, il a des amis qui sont partis travailler en Italie et aux Emirats Unis et il veut les imiter. Lui il préférerait la France, «J’aime la France et je voudrais me marier à une Française, la religion n’est pas un problème pour moi, je suis musulman, elle restera chrétienne s’il elle le veut ». Il ne veut pas élever ses enfants dans la pure tradition marocaine, son père a fait à son égard un premier pas, il considère que c’est un encouragement à aller plus loin, sans renier ses origines « je désire construire une famille où ma femme sera libre de tenir le rôle qu’elle souhaite » déclare-t-il..
    On est loin, très loin de la réalité actuelle de la vie quotidienne des femmes du pays berbère dans ce petit village d’Ikniouen. Les femmes se lèvent tôt pour aller travailler dans les champs, on les voit à longueur de journée occupées à récolter, couper, ramasser légumes, herbes, bois secs puis rentrer au village chargées de leur lourd fardeau sur les épaules. Pendant que dans la pure tradition berbère l’homme se poste assis sur un rocher pour scruter l’horizon en veille d’un hypothétique visiteur empruntant la route conduisant au village. Puis considérant que tout « invasion » est écartée pour aujourd’hui, il regagne le village pour se rendre au café boire le thé et jouer aux cartes avec ses condisciples.

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  • Lundi 10 mai, le mystère du mercure rouge

    et escale à Casablanca après un passage à Rabat :)

    Extrait du livre L'AFRIQUE EN DEUCHE :

    " Il est quatorze heures, à l’heure marocaine, quand nous entrons dans Mohammedia, une petite ville située entre Rabat et Casablanca. Nous avons faim et nous nous installons à la terrasse d’un restaurant pour manger un tajine.
    – Prenez-le avec des pâtes à la sauce tomate, c’est très bon, nous conseillent deux Maliens assis à une table voisine.
    Nous suivons leur avis et nous entamons une petite causette avec nos voisins. Une fois le tajine avalé Antoine demande :
    – Où peut-on boire une bière dans cette ville ?
    – Dans un bar non loin d’ici, répond l’un des Maliens.
    Chemin faisant, alors que nous marchons deux par deux, je questionne mon interlocuteur :
    – Que fais-tu comme travail ?
    – Je ne travaille pas, je fais des affaires, me rétorque-t-il.
    – Ah ! et quel genre d’affaires ?
    – Dans le mercure rouge, ça fait des billets…
    Et il joint le geste à la parole en frottant l’un contre l’autre son pouce et son index. Puis il ajoute immédiatement :
    – Si tu veux ce soir, je peux te montrer.
    Je suis pour le moins intrigué par ses propos, que veut-il dire par « faire des billets » ?
    Effectivement ils ont l’allure d’hommes d’affaires, ils sont élégamment habillés, en costume-cravate, ils parlent un français irréprochable. Nous entrons dans le bar, après avoir commandé nos bières, nous apprenons qu’ils demeurent à Mohammedia depuis trois mois et qu’ils ont loué un appartement en ville. Ils nous invitent à manger et dormir chez eux. Mon partenaire de tout à l’heure ajoute :
    – Comme ça je pourrais te montrer ! "

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