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Trust Garçon - 60 ans, un peu plus à l'Ouest, France


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Blog 156

Des billets d'humeur, des poèmes, des nouvelles, si vous aimez, laissez un petit message ...
et si vous n'aimez pas ...

vous pouvez aussi vous exprimer !


  • Les mots interdits ...

    Saviez-vous qu'il existe des mots interdits sur Netlog ?
    Si si , je viens d'en faire l'expérience.
    Je voulais parler d'un célèbre tableau de Monet,dans une réponse à un commentaire. Vous savez ces tableaux célèbres où il a représenté des nénuphars. Mais il n'a pas appelé ces tableaux les Nénuphars mais d'un terme plus poétique, d'origine grec "Les Nym.... éas " qui désigne le nénuphar blanc ou lune d'eau (d'après le Robert (oups ! peut être que ce mot est tabou aussi !!! )
    Je ne cite pas le mot entier car je risquerais les pires ennuis de la part des modérateurs, ces jeunes gens très cultivés qui patrouillent dans le monde virtuel pour veiller srcupuleusement aux bonnes moeurs des netloguiens.
    S'ils lisent ce blog, aux moins ils patrouillerons moins c... au moins !

  • Vengeance

    Quand on interroge sa mémoire, on se rend compte combien le temps a paru long au cours de ces interminables années assis, comme on dit, sur les bancs de l’école. Il y a des années qui ont dû durer des siècles à une catégorie d’élèves, les souffre douleur. Il est vrai que les carrières de cancres ne sont pas mal non plus, rare étaient les instits qui les laissaient dormir près du radiateur. Mais ces élèves se rattrapaient à la récré. Ils avaient un charisme naturel et leur aura auprès de leurs camarades compensaient les moments pénibles où l’instit s’acharnait sur eux.
    Le souffre douleur, lui, n’avait rien. En classe, il était en général un élève assez médiocre et dans la cour alors la récréation avait tout de l’enfer. En général cet uniforme de bouc émissaire accompagnait le malheureux d’une année à l’autre. Sa seule échappatoire consistait à changer d’établissement., ce qui se produisait assez rarement : passage de l’école primaire au collège, passage du collège au lycée. Voire ! Il n’y avait pas de raison que les mêmes comportements se reproduisent et il n’était pas rare que la galère recommence avec d’autres camarades.
    Canard, c’était le sobriquet qu’on avait affublé à un de ces malheureux dans une classe de troisième. Pourquoi Canard plutôt qu’un autre animal de ferme, le mystère était entier. Le hasard sans doute. Il y a un moment comme ça où chacun se fait appeler par un nom bizarre et tout dépend de sa réaction.. Si l’intéressé n’y fait pas attention, alors tout le monde oublie très vite, mais il suffit qu’un élève un peu susceptible se rebiffe pour que le surnom soit aussitôt adopté par le reste de la classe.
    Une hiérarchie s’établit alors parmi les persécuteurs. Souvent il y a le harceleur en chef, avec lui tout une bande qui s’amuse à l’imiter. Parmi ces éléments, beaucoup sont trop contents d’avoir échappé au statut de souffre douleur, ce sont en général les plus féroces. Et puis il y a les indifférents. Ils n’ont pas envie de se moquer de leur camarade, mais ils n’iront pas non plus jusqu’à défendre l’infortuné.
    Georges était de cette bande de furieux. Il adorait se défouler quand arrivait la récré. Il suffisait d’une mauvaise note en maths ou en dictée et alors il se défoulait contre Canard pour oublier son infortune scolaire. Le pauvre palmipède se retrouvait au milieu d’un cercle de gamins déchaînés. Tous les quolibets y passaient, certains s’enhardissaient à lui donner des coups comme si les insultes ne suffisaient pas.
    La cour de récréation était pourtant surveillée mais les responsables, comme par hasard, regardaient ailleurs.
    Comment faisaient ces souffre douleur pour supporter un tel enfer ? Les mauvaises notes avec en prime le cauchemar à chaque récré. Une fois, même le prof de français s’y est mis. Alors qu’il l’interrogeait et que la réponse tardait à venir, il s’exclama : « il dort la tête sous l’aile » déclenchant une crise de fou-rire de toute la classe.

    Il se trouva que Georges, quinze ans après cette année déambulait dans les rues de Paris. Il fut interpellé par une voix qui lui était familière :
    - Salut Georges !
    Stupeur de Georges qui, en se retournant, reconnut Canard.
    - Ca me fait plaisir de te revoir, qu’est-ce que tu deviens demanda son ancienne tête de Turc.
    Georges, heureux que la conversation tournât de cette manière répondit très fier :
    - Eh bien je travaille à la télé. Je réalise des documentaires, tu as peut-être entendu parler de moi ?
    - Non, pas vraiment, je ne regarde jamais la télé.
    - Ah bon. Et toi que fais-tu ? se crut obligé de demander Georges.
    - Je suis inspecteur des impôts …
    Georges se décomposa sur place. Il avait l’impression que l’autre attendait ce moment depuis toutes ces années. Son heure de gloire avait sonné. Il semblait se délecter du trouble de son ancien persécuteur en prolongeant ce moment.
    - C’est vraiment génial de se revoir comme ça reprit Canard.
    Georges fouillait sa mémoire. Il n’avait aucune idée du vrai nom du fameux Canard.
    - Oui c’est vrai c’est super !
    - Il faut qu’on se revoie, tu es marié, tu as des enfants ?
    - Oui je suis marié et j’ai une fille.
    - Je suis marié aussi répliqua Canard mais je n’ai pas d’enfant. Faut que vous veniez à la maison, ma femme serait ravie de connaître un de mes copains d’école. On va échanger nos numéros de téléphone.

    Ils se quittèrent comme ça.. Depuis Georges n’a pas cessé de gamberger. Sur le repas d’abord. Qu’est-ce que son ancien souffre douleur avait dans la tête. Il imaginait le genre dîner de cons avec, pourquoi pas, un véritable guet-apens ?
    De toute façon, il devait s’attendre à un redressement fiscal de derrière les fagots.
    De retour chez lui, il n’osa rien raconter à sa femme, Ce faisant, il se mettait encore plus la pression : qu’est-ce qu’il allait lui expliquer quand l’invitation à déjeuner allait arriver ? Que dirait-elle quand elle apprendrait le comportement lamentable de son mari quand il était jeune ?

    Les années passèrent, rien n’arriva. Ni invitation à dîner, ni redressement fiscal.. Canard en ne se vengeant pas concrètement s’était en fait vengé de la manière la plus intelligente.
    Quarante ans après, il n’y avait pas un jour où Georges ne pensait pas à Canard.

  • Un repas deux cent cinquante fois bon

    Le magasin Lidl est juste en face de chez moi. C’est pratique pour faire les courses. Aujourd’hui, je parcours ses rayons, que je connais par cœur, avec un stylo et un petit carnet, car je ne suis pas là pour acheter.
    Il s’est passé quelque chose d’important dans ma vie. J’ai gagné au loto. Une somme rondelette : 120 000 euros. Nous sommes des petites gens, une telle somme, c’est un peu indécent.
    Avec Jean-Jacques, mon mari, nous nous sommes demandés ce que nous allions faire avec tout cet argent. On a pensé à un voyage, mais j’ai dit à mon mari :
    - Tu sais bien que tu ne supportes pas l’avion. Et puis qu’est ce que tu vas faire pendant tout ce temps au bord de la piscine à rien faire . Tu ne te baignes pas, tu ne lis pas, mais mon pauvre ami, tu vas t’ennuyer comme un rat mort. Et puis, on n’est pas bien ici ? C’est la paradis, tu as ton jardin, ton boulot, il ne faut surtout rien changer …
    Jean-Jacques a reconnu que j’avais raison, forcément..
    Et puis, ce matin, à la radio, on a entendu cette info : La cour des comptes épinglait le Président de la République pour avoir organisé un repas de chefs d’états qui avait coûté 5000 euros par personnes. Alors j’ai dit :
    - On va s’offrir un repas comme le Président.
    Au départ, mon mari n’était pas trop d’accord. Il pensait que c’était du gaspillage.
    - Mais mon pauvre ami, on n’en a pas besoin de ces sous. On va inviter nos meilleurs amis et on mangera comme les présidents, ensuite nous nous en souviendrons toute notre vie.
    - Mais alors, me dit Jean-Jacques, il va falloir qu’on dépense bien 5000 euros par personnes. On sera 6 ce qui fait pour ce repas la somme de 30 000 euros sinon notre repas sera raté.
    - Si le Président a mangé pour 5000 euros, on n’est pas plus bête que lui. Je pense même que question repas, je ne crains personne, j’ai préparé tellement de gueuletons dans ma vie !
    - Alors qu’est ce que tu proposes ?
    - Pour ça, il faut procéder avec minutie. Je vais aller à Lidl avec mon carnet et je vais noter ce que je dépenserais si je préparais un repas du dimanche pour six personnes. Ensuite on essaiera d’ajuster le menu pour arriver à la fameuse somme de 30 000 euros.
    Donc, j’ai déjà noté les entrées : des crudités en barquettes : céleris rémoulade, carottes rapées, champignons à la grec, mon mari aime bien. Et puis des barquettes pour un sauté de veau aux carottes. Du fromage. Pour le dessert, j’avais decidé d’aller à la Pâtisserie des platanes. Et puis une bouteille de champagne, c’est un repas de fête quand même !
    De retour à la maison, avec mon mari, on a fait le bilan. Je fais souvent ce repas pour recevoir des amis, mais j’avoue que je n’avais jamais calculé le prix de revient

    Entrées 12.60
    Viande de veau 35,45
    Carottes 5,18
    Fromage 14.70
    Gâteau 20,50
    Champagne 18,30

    Total 108.53 euros
    Alors il faut faire un petit exercice d’arithmétique. J’ai toujours bien aimé le calcul à l’école.
    Alors par personne ça fait 108.53/6 = 18.08 euros On va arrondir à 20, on prendra bien l’apéritif, avec des cacahouètes. Alors si je divise 500 par 20 j’obtiens 250.
    - Tu te rends compte Jean-Jacques, on va manger un repas deux cents cinquante fois meilleur que le meilleur repas qu’on a jamais mangé !
    - Je ne comprends pas très bien ce que ça veut dire. Deux fois, trois fois meilleur peut-être mais deux cent cinquante fois, c’est impossible. Tu crois vraiment que c’est une bonne idée ?
    - Je pense que c’en est une de bonne idée ! Le président il l’a bien fait lui !
    Ca lui a cloué le bec à mon mari ! A son air, je voyais bien qu’il était découragé d’avance.
    - Là on a pris que des produits Lidl, mais tu vas vois, on va acheter que du bio et des produits de luxe.
    - Des produits de luxe, mais tu vas aller chercher ça où. Il n’y a pas de magasin Fauchon ici !
    - Tu me fais rire avec Fauchon, c’est pas bon Fauchon. On va prendre le fromage au marché, les légumes chez le marchand bio et la viande à la campagne. On va refaire nos calculs.

    Avec mon mari, on a fait le marché avec notre carnet. Les commerçants ne comprenaient pas très bien ce qu’on voulait. Et puis mon mari m’a emmené chez un paysan qui vendait de la viande. Au lieu d’acheter du veau, on a hésité. Finalement on a noté les prix des pintades et de la viande de bœuf charolais. On a refait nos comptes

    Cette fois nous arrivions à 231,57 euros. On a arrondi à 250. Donc à diviser par 6 soit 41,66. Le repas à 42 euros, on était encore loin des 5000 euros . Il fallait encore que le repas soit 120 fois meilleur que ça !
    J’avoue qu’à cet instant j’ai eu moi aussi un grand moment de découragement. Il m’a fallu plusieurs jours pour me remettre au travail. J’en ai parlé à Elodie, ma meilleure amie. Au départ, elle a dit comme mon mari, qu’on n’y arriverait pas et qu’ils seraient très content qu’on les invite comme d’habitude. Mais j’ai insisté. Elodie a eu une idée.
    - Je crois que je vois pourquoi ça ne marche pas. Tu nous invite chez toi.
    - Oui bien sûr.
    - Et c’est toi qui fait la cuisine
    - Evidemment, tu sais bien que Jean-Jacques n’y connaît rien.
    - Je ne parle pas de ton mari. Réfléchis. Tu crois que le président va faire la cuisine pour les autres chefs d’état. Tu imagines la scène :
    - Je vous laisse un moment il faut que j’aille arroser ma pintade …
    J’éclatais de rire. Evidemment c’est bien sûr !
    - Et puis le président ne les invite pas chez lui, ils sont dans une salle qu’ils ont louée, décorée. Et ils se font SERVIR !
    - Je n’y avais même pas pensé. J’ai toujours servi les autres, moi. Je n’ai pas l’habitude d’être servi.
    - Tu vas aller te renseigner dans une restaurant. On se fera servir un excellent repas, voilà.
    - Tu crois ?
    - Oui, j’en suis sûre, renseigne-toi. Mais il ne faut pas aller dans des gargottes. Faut choisir un restaurant de luxe, un truc avec des étoiles. Achète le guide Michelin, tu verras.

    C’est ce que nous avons fait. On ne voulait pas quand même faire trop de kilomètres, ça aurait été un peu bête de se fatiguer pour aller manger très loin.
    Avec mon mari, on a trouvé un restaurant deux étoiles dans la guide, à 30 kilomètres d’ici. Bon c’était quand même un peu loin, mais on a appelé.
    Nous avons demandé les menus les plus chers. Ca me faisait drôle quand même car j’ai toujours fait l’inverse toute ma vie. A notre grand désarrois, on nous proposait des menus à 250 euros, pas davantage. En insistant un peu et en prenant des vins plus chers, on arrivait à 300 par personne. 5000/300 = 16. Il fallait encore que le menu soit 16 fois meilleur que ça, c’était décourageant !
    Je suis allé voir Elodie, elle ne fut pas très surprise.
    - Tu te rends compte, c’est bien trop cher un repas à 5000 euros. !
    - Mais le président, il l’a bien fait lui.
    Elle m’énervait un peu Elodie. J’avais besoin de quelqu’un qui y croit, c’est tout, au lieu de ça, elle n’arrêtait pas de me décourager. Je le lui dis d’une manière un peu séche. Elle se radouçit.
    - Je sais ce qu’on va faire. On va se réunir tous les six. On va se creuser la cervelle tous ensemble. Un brain-storming, quoi !
    - Un quoi ? Je ne comprends rien à ce que tu dis
    - Laisse tomber, c’est pas grave. On dit, chez moi demain soir, ça te va ?
    - D’accord !
    Elodie avait bien préparé son invitation. Un apéritif dînatoire comme elle disait. Des canapés, ensuite des petits morceaux de quiche chaude, et puis des petits gâteaux, j’en arrivais à avoir des doutes, moi aussi sur l’idée même d’un dîner deux cents cinquante fois bon..
    On parlait de choses et d’autres, personne n’osait abordait le sujet qui nous réunissait ce soir. Il y avait Guy, le mari d’Elodie, Estelle et son mari Gérard. Gérard prit la parole :
    - Je crois qu’il faut qu’on aborde le sujet qui nous rassemble. Nous avons jusque-là raisonné par rapport à ce que nous connaissons bien. Il faut qu’on se mette dans la peau d’un chef d’Etat. Ils ne vont pas se déplacer au restaurant, pendant un sommet tel que celui-ci, c’est le restaurant qui se déplace à eux. Nous devons faire la même chose. On va louer une salle, engager un chef étoilé avec toute son équipe. Un décorateur pour la salle. Guy, Jean-Jacques vous êtes libres demain pour qu’on fasse une évaluation ?
    - Je peux me libérer répondirent en chœur Guy et Jean-Jacques
    Estelle n’était pas trop d’accord.
    - Voilà, ce sont les hommes qui prennent tout en charge, ça te plait Martine ? me demanda-t-elle.
    - On ne prend rien en charge se défendit Guy. On fait un devis, c’est tout, mais si vous avez une autre idée, allez-y …
    La tonalité de cette discussion ne me plaisait pas trop. Heureusement qu’Estelle plaisanta :
    - Eh bien, nous les femmes, on va aller faire les boutiques demain, comme ça il ne restera plus un sou pour le repas.
    - J’imagine les dessous affriolants qu’elles vont se payer dit Jean-Jacques.
    Et tout le monde éclata de rire, moi aussi, en rougissant.

    On ne fit pas les courses. On se contenta d’aller prendre le thé chez Estelle, en attendant le retour des hommes avec impatiences. C’était la dernière chance, j’avais un mauvais pressentiment.

    A 9 heures, ils n’étaient toujours pas arrivés. Qu’est ce que ça voulait dire ? La conversation entre nous prenait un tour qui ne me plaisait pas du tout. Mes amis trouvaient un peu bizarre mon idée et ce repas n’avait pas l’air de leur faire trop plaisir.
    Les hommes arrivèrent. Je me retins de leur sauter dessus pour savoir, mais j’attendis.
    Guy prit la parole, ils avaient sans doute organisé leur rapport :
    - Je crois qu’il vaut mieux que je le dise tout de suite, on a de mauvaises nouvelles à vous apporter. Nous avons fait notre possible et avec toutes les dépenses qu’on puisse imaginer pour un repas de grand luxe, nous arrivons à la somme de 2000 euros par personne. Pas moyen d’en rajouter.
    - Bien sûr on pourrait rajouter des plats pour augmenter la dépense dit Gérard. Mais il faut que ce repas reste extraordinaire, n’oubliez pas « un repas deux cent cinquante fois bon ! » Par exemple on aurait pu ajouter un saladier de caviar. Mais personne ici n’aime le champagne. Il n’y a que les riches, qui en ont mangé depuis qu’ils sont petits qui peuvent aimer ça.
    - Oui c’est comme les Africains qui mangent des sauterelles ajouta Estelle.
    Ce fut Elodie qui me porta l’estocade :
    - J’avoue que je suis un peu soulagée. Vous imaginez ce repas. Tous les 6 dans cette grande salle avec tous ces serveurs en grande livrée au garde à vous, prêt à se précipiter pour nous verser du vin, s’occuper de nous toutes les deux minutes ; bonjour la convivialité ! Je ne serais même pas capable de dire un mot dans ces conditions.
    - Alors c’est foutu dis-je.
    Les larmes envahissait mes yeux, je ne pouvais plus rien dire.
    - Tu viens, Jean-Jacques, on rentre.
    J’ai eu un peu honte de ma réaction. Mes amis n’étaient pas responsables, ils avaient fait tout ce qu’ils pouvaient. Aussi, le lendemain, je les appelais pour m’excuser et les inviter :
    - Dimanche à la maison, pour un repas deux cent cinquante fois moins bon, certes, mais on va se régaler. Un sauté de veau aux carottes !

    Le lundi matin, quand mon mari fut parti au travail, je pris une feuille de papier et écrivis :

    M. Le Président de la République

    Je me permets de vous écrire car vous êtes le seul qui puisse faire quelque chose pour moi. Je voudrais savoir comment vous vous y êtes pris pour organiser un repas à 5000 euros par personne.
    Je vous remercie par avance de votre réponse et je vous prie de croire, Monsieur le Président à ma considération très distinguée.

  • lettre de motivation

    Depuis le temps que je traîne chez moi à ne rien faire, en attendant un boulot, je suis content car j'ai enfin trouvé ma voie. C'est ma mère qui va être contente !
    J'ai envoyé ce matin cette lettre au maire de ma commune :

    Monsieur le Maire de ….

    Je me permets par la présente, de vous adresser ma candidature au poste de jardinier de la ville dont vous êtes le maire.

    Je vous explique. Je n’avais jamais éprouvé de velléité jardinière jusque là, enfin jusqu’à ce matin. En me promenant dans le jardin public dont vos administrés sont si fiers, je suis tombé sur un spectacle qui est à l’origine de cette vocation. Ce fut pour moi une révélation. Vous me voyez tel St Paul sur le Chemin de Damas.

    Autour d’un parterre s’affairaient quatre jardiniers.
    L’un d’eux - faudrait-il que je dise l’une d’eux ou d’elles puisque c’était une demoiselle fort bien de sa personne ma foi … enfin je ne sais pas trop c’est un cas grammatical qui va bien au delà de mes capacités linguistiques ; je n’ai pas étudié le mélange des genres (j’étais peut-être malade quand on a abordé cette question, je ne sais pas) ? - lançait un plant de fleur. Je l’appellerais le lanceur.
    Il y avait en face, le receveur-planteur dont la tâche, la plus complexe, consistait à attraper le plant, le placer dans le trou qu’il avait préalablement creusé, puis avec sa binette, préparer la cavité suivante en se repérant sur les marques qu’il avait dessinées sur le parterre d’après un plan complexe, et ainsi de suite...
    Et il y avait deux personnes qui regardaient, je les appellerais les observateurs.

    M. le maire, en contemplant ces personnes travailler, j’ai ressenti une envie irrépressible de devenir observateur dans l’équipe de vos jardiniers. Je crois que j’ai toutes les qualités pour cette fonction sans vouloir me vanter. La preuve c’est que j’ai toujours aimé regarder par la fenêtre quand j’étais à l’école primaire. L’institutrice me rabrouait tout le temps d’ailleurs, vous pouvez lui demander, elle n’habite pas très loin de la mairie. Elle doit être en retraite maintenant cette chère Mlle Lavidure. C’est vrai qu’elle me l’a bien rendu la vie (dure).

    Au cas où vous n’auriez plus besoin d’observateurs, je pourrais éventuellement postuler pour emploi de lanceur. J’aime bien m’amuser sur la plage avec mon chien en lui lançant sa baballe. Je dois être assez doué parce qu’il la rattrape toujours du premier coup. Bon, il court c’est vrai et le receveur-planteur reste planté. Mais si j’arrive à envoyer sa balle à Youki en mouvement, je réussirais encore mieux en lançant vers un receveur fixe.

    Malheureusement je ne possède aucune des qualités qui feraient de moi un bon receveur-planteur. Je dois avouer sans fausse modestie, que c’est un travail qui dépasse largement mes capacités tant physiques qu’intellectuelles. Mais je crois que c’est une qualité que de savoir reconnaître ses limites.

    Votre ville a fièrement été décorée de la troisième fleur au concours des villes fleuries. Je me dois donc de faire à votre cité le don de ma personne pour contribuer à l’attribution de cette quatrième récompense qui couronnera tous vos efforts en matière d’embellissement florifère de votre commune.

    Je ne doute pas que cette lettre de motivation retiendra votre attention et en attendant votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire de … l’expression de mes sentiments les plus fleuris.

    Votre dévoué


    XXXXX

  • Hulotterie

    Je viens de voir (de subir) le film de notre Grand Maître es écologie Nicolas Hulot : Le syndrôme du Titanic
    Le film, il est ce qu'il est, bon, mais ce que je regrette c'est les 6,5 euros que j'ai dû dépenser pour aller voir ce fatras de n'importe quoi.
    Si vous avez 6,5 euros à dépenser, allez vous acheter une glace à la vanille, un cornet de marrons chauds, donnez-les à un clodo, ou à une bonne soeur tout ce que vous voudrez mais pas à ces multinationales qui ont mécénné (faut pas dire sponsorisé) le film.
    Se repeindre en vert quand on fait partie des principaux responsables du désastre décrit dans le commentaire lyrico-ridicule de notre aventurier ushuaïesque, voilà comment ce que ces criminels ont trouvé !
    Je dois dire que je suis un peu maso, je m'attendais à ce que j'ai vu, mais j'ai voulu de mes yeux voir

    J'ai vu !

  • salauds de pauvres !

    Après le "dérapage" d'Hortefeux sur les bougn ... ou (oups) ...enfin at ... les bougnats,

    déclaration de Balkany maire UMP de Levallois-Perret, piégé à la télévision dans un reportage jamais diffusé :

    "Nous n'avons pas de misère en France. Il n'y a pas ce que vous appelez les pauvres."
    "C'est des gens qui gagnent un peu moins d'argent. Donc ils ont les même logements que les autres, sauf que eux les payent moins cher."
    "Bien sûr, il y a bien quelques sans domicile fixe qui eux ont choisi de vivre en marge de la société. Et même ceux là, on s'en occupe."

    On ne sait pas s'il faut hurler de rire ou de colère. J'aime bien écouter Canteloup tous les matins, mais quand les originaux sont plus que leurs caricatures le pauvre humoriste va pouvoir prendre sa retraite.

    Il parait qu'on a la classe politique qu'on mérite c'est peut-être vrai ! ?

  • promesse

    J'ai trouvé ce matin, en lisant un texte sur un site d'auteurs amateurs que j'aime bien, cette phrase énigmatique :

    « On ira nulle part, je te le promets. »

    Est-ce l'absurdité de cette promesse qui me plait tant ?

  • Les dangers d'internet

    Après avoir lu cette article, je commence à réfléchir sérieusement à mes activités sur le net. Cette histoire fait froid dans le dos !
    En témoigne cet article paru dans "Presse Océan" :

    Mis à nu par Internet
    [Cédric Blondeel avec Emmanuel Vautier - Presse Ocean - 14/01/2009]
    Des informations en accès libre sur le web ont permis à un magazine d’exposer au grand jour la vie privée d’un habitant de Saint-Herblain. Ses vacances, ses amis, son job. Un magazine a publié toutes les informations qu’il a diffusées sur la toile.
    « Quand j’ai appris l’existence de cet article, cela m’a fait sourire. Quand j’ai commencé sa lecture, cela m’a fait pâlir… » Deux pages pleines ! Le magazine Le Tigre dit tout – ou presque – de la vie de Fred (1), un Herblinois de 29 ans. Qui il aime ou a aimé, qui sont ses proches, où il travaille, quels sont ses goûts… Un véritable portrait brossé au millimètre près.
    Portrait à lire ici : http://le-tigre.net/Numero-28.html#page_37
    « Je te connais très bien »
    « Bon anniversaire Fred. Le 4 décembre 2008, tu fêteras tes 29 ans… Tu ne me connais pas, c’est vrai. Mais moi, je te connais très bien. C’est sur toi qu’est tombée la (mal) chance d’être notre premier portrait Google ». L’auteur de l’article paru dans ce bimensuel (2), prévient sa proie : « On prend un anonyme et on raconte sa vie grâce à toutes les traces qu’il a laissées, volontairement ou non sur Internet. » Facebook, Copains d’avant, Google, Flickr, Youtube… Autant de sites qui ont permis par exemple de savoir que Fred a joué dans un groupe de musique. Et s’est même produit en 2002 à l’Olympic, à Nantes, devant plus de 700 personnes. Fred a aussi un goût prononcé pour les voyages. Sont évoqués quelques-uns de ses clichés pris au Hard Rock Café de Bombay ou encore lors d’un week-end à Pondichéry.
    « J’ai perdu le sommeil »
    Salarié d’un cabinet d’architecture de la région nantaise, Fred a été alerté de l’existence de cet article par l’un de ses collègues. Et c’est là que le bât blesse. « L’entreprise pour laquelle je travaille est citée. Bonjour la discrétion… Je n’en ai pas dormi les nuits suivantes. Immédiatement, j’ai enlevé toutes les informations me concernant sur Internet. »
    Fred regrette la démarche de la revue. « J’ai appelé la rédaction pour dire ce que j’en pensais. » Lors d’un échange par mail, l’auteur s’est excusé d’avoir nommé son employeur. Mais ne regrette en rien d’avoir été au bout de son expérience : « Je n’ai travaillé qu’à partir de sources publiques. C’est bien tout le problème des informations que tu as publiées », écrit-il à Fred.
    Ses petites amies
    L’auteur justifie le moindre détail de la vie de Fred en citant sa source sur Internet entre parenthèses. Et comme pour enfoncer plus encore le clou, il a téléphoné à Fred en retrouvant son numéro de portable : encore pris dans la toile. Les affaires de coeur de Fred n’avaient même plus de mystères. Laura, Sandy pour ne citer qu’elles. Les goûts du garçon sont clairs : il apprécie « petits seins, cheveux courts et belles jambes… » Fred avoue avoir eu froid dans le dos. « C’est sûr, j’ai été un bon client car j’ai laissé beaucoup de choses traîner sur le Net. J’aurais seulement préféré que cela ne me tombe pas dessus. C’est une leçon à retenir. »?

  • Allez un petit blog d'humeur !

    J’avais deux choses à dire sur « Agité du bocal 1er » , vous l’avez reconnu !

    Bon je commence par la citation :

    « Si y’en a qu’ça démangent d’augmenter les impôts, y z’oublient qu’on est dans une compétition ». (authentique je l’ai entendu de mes petites noreilles !)

    Le fond de cette phrase m’échappe un tantinet, mais je suis un piètre économiste je le reconnais.. Il me semble pourtant qu’augmenter les impôts permet aux moins favorisés de bénéficier gratuitement des prestations les plus élémentaires ; l’enseignement, la santé. On pourrait étendre à l’énergie, l’eau, les transports, que sais-je ce ne serait pas scandaleux. Bien sûr la recherche scientifique relève aussi de cette utilisation des impôts. Ceux qui peuvent payer donne un peu pour le bien de tous, c’est ça la solidarité (Je ne supporte pas ces shows humanitaires, où des vedettes qui s’exilent pour ne pas payer d’impôts viennent nous culpabiliser, la honte !!)
    Et justement ce système est un bon moyen de lutter contre les effets dévastateurs de cette fameuse compétition …
    Passons, … revenons sur la forme. Cette phrase a quand même été prononcée par le Président de la République. Je lui dis :

    Si n’en a que ça dérangent de lire la Princesse de Clèves z’y fr’aient mieux de le lire quand même, ça aide pour s’exprimer correctement ce qui devrait être un minimum syndical élémentaire d’une fonction aussi prestigieuse !

    Bon, me voilà défoulé, je passe à la deuxième remarque.

    C’était à la manif de jeudi. Une belle manif, soit dit en passant, à La Roche sur Yon. 15 000 personnes, elle avait de la gueule cette manif !
    Mais ce n’est pas de manif que je veux parler.
    En arrivant sur les lieux, en passant sous le pont de chemin de fer, je remarque plusieurs affiches où l’on voit notre cher président avec la mention :
    Un président à la hauteur des enjeux.
    Il y avait là un gars qui s’esquintait les ongles à arracher, enfin non, à enlever cette affiche, confetti par confetti …
    Je me suis retenu pour ne pas intervenir. Le pauvre ! J’avais envie de lui dire :
    « Va au super marché à côté et achète-toi un feutre.
    Sur l’une tu mets :
    Les enjeux ne doivent pas être très hauts alors, c’est pas trop dur !
    Sur l’autre tu mets :
    Avec des bonnes talonnettes alors !
    Sur la troisième :
    Pour ça, tu vas devoir enfiler les talons hauts de Carlita »

    Je suis sûr que bien lancé, il en aurait trouvé plein comme ça.
    Sans s’esquinter les ongles, dans l’heure qui suivait, il n’y aurait plus eu une seule affiche : ceux qui les avaient posées, les auraient eux-même enlevées se rendant enfin compte de la bêtise du slogan.

    Si on développait un peu l’humour dans les partis politiques, je prendrais ma carte tout de suite, mais je crois que ce n'est pas pour tout de suite !

    Snif, me voilà sans carte ... et sans parti … resnif !

  • Une démonstration imparable !

    Tous les matins, je me plonge avec délectation dans la lecture de mon journal favori (l’excellent Ouest France pour ne pas le nommer).
    Aujourd’hui je suis amusé à mettre en parallèle deux nouvelles. La première est le plan de relance économique de François Fillon. Je résume (on va dire que je caricature) En bref, travaux publics : constructions d’autoroutes, de ronds points, que sais-je, plein de trucs en béton, plus quelques milliards supplémentaires aux entreprises … on sait combien tout cet argent (des centaines de milliards d’euros quand même) a été profitable au pays depuis des années. Je me disais que la crise du capitalisme n’avait plus qu’à bien se tenir avec des dirigeants français aussi compétents (cons pétants … noooon ! ) . Des dirigeants que les Français on élu avec une belle majorité :53 %.
    Bon je viens à l’autre info, capitale celle-là, intitulée : « Au golf faut pas trop réfléchir » dans laquelle il est expliqué que trop réfléchir nuit à la qualité du swing.
    Alors je calcule (j’aime bien ça, déformation professionnelle)
    Nombre de personnes ayant voté Sarkozy à la présidentielle 2007 : 53%, pour 80,4% de suffrages exprimés et 42 millions d’électeurs. Je pose mon stylo et je retiens mon souffle …, ça fait …17.9 millions, bon … , on arrondit à 18 millions.

    IL Y A 18 MILLIONS DE GOLFEURS EN FRANCE

    Eh bien, ça doit se bousculer sur les fairways, heureusement que je ne suis pas golfeur, moi qui ai horreur de la foule, l’ai échappé belle !

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