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Fille - 53 ans, Belgique


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Articles avec le mot-clé 'animaux' :


  • Axolotl

    Noooon, l'axolotl n'est pas une divinité aztèque.
    C'est la larve de l'amblystome, une salamandre de la région du Mexique.

    Elle présente la particularité d'être capable de se reproduire avant d'avoir atteint sa métamorphose. Malheureusement, dans ce cas, il est rare qu'elle atteigne son stade adulte.

    Et si les humains étaient les "larves" des Anges, cela expliquerait-il pourquoi on voit aussi peu d':)s par ici...???

    Pensez donc : Avec la violence éducative (ça passe mieux que "maltraitance", vous ne trouvez pas ? ) les humains ont beaucoup trop de chances de perdre leurs galons célestes avant même de les avoir gagnés... :)

    Certains d'entre vous ont sûrement déjà lu cet article.
    Ce qui compte, c'est la COMPARAISON et la leçon que nous pouvons tirer de cet exemple.

    Tout ce qui nous environne nous sert d'exemple, tant sur ce qu'il ne faut jamais faire, que sur ce qu'il faudrait faire.

    Nous avons tous nos propres valeurs.
    Certains ont des valeurs moins équitables que d'autres.

    Verront-ils qu'ils sont dans l'erreur ?
    Peut-on leur reprocher d'être responsables de leurs fautes ?
    Le peut-on, si on sait qu'ils n'ont rien appris d'autre ???

    Mais peut-on, pouvons-nous, tous ensemble, tolérer que ceux qui sont leurs victimes ne connaissent rien d'autre ???

    Je me pose très sérieusement la question si les psychologues connaissent ces mécanismes du conditionnement.

    Les personnes ayant subi la maltraitance dans leur enfance ne reçoivent une véritable aide que très exceptionnellement.

    Pire encore, ceux supposés les soigner leur parlent, envers et contre tout, de leurs "problèmes de personnalité", ce qui a, bien souvent, pour conséquence que celui qui cherche le soutien en tant que patient, commence à comprendre qu'avec la personnalité qu'il a, il est normal que ses parents aient été obligés de le traiter comme ils l'ont fait.

    Rares sont ceux capables de franchir le cap où ils acceptent la responsabilité de ceux qui les ont éduqués.
    Souvent, ce ne sont pas uniquement les parents, mais tous les intervenants de notre société.

    Ceux qui n'acceptent pas l'influence qu'ils ont subie sont, le plus souvent, ceux qui transfèrent sur les autres le pire de leur propre vécu.
    Progressivement, ils y trouvent un certain soulagement.
    Malheureusement, ce soulagement n'est jamais de longue durée, et plus ils répètent leurs actes ou répandent leurs mots de méchanceté, et plus ils se voient agressés, et plus ils ont besoin de se défendre...
    Ils ne voient pas combien ils sont blessants, ils blessent et se sentent sérieusement blessés eux-mêmes.
    Ils en deviennent vindicatifs, rancuniers... amers... de plus en plus habiles à ce jeu qui leur permet de vampiriser l'affectif de ceux qui les entourent.

    Leur esprit est mal renseigné à la base.
    Ils ont souvent été méprisé par des parents bien pensants, une mère qui ne se doutait pas qu'elle était abusive et non prévoyante, et qui, elle non plus, n'avait rien connu d'autre dans son enfance...
    Ils ont grandi avec le souhait de pouvoir enfin exister...
    Ils ont gagné le droit d'être adultes en se conformant au comportement de ceux qui les ont le plus marqués quand ils les ont éduqués...
    Ils ne peuvent pratiquement plus reculer...

    S'ils mettent des enfants au monde, ils reproduiront exactement ces conditions immondes...
    Mais un méchant papillon produit un méchant effet : celui de l'escalade...
    Chacun veut faire mieux que ses parents...
    Inondés de renseignements sur les mauvais enfants, abreuvés de la méthode pour permetre aux enfants de devenir grands, certains d'avoir fait le meilleur choix, comment pourraient-ils faire autrement que :

    - prendre pour base l'ensemble de ce qu'ils ont connu, cepuis l'enfance jusqu'à l'âge qu'ils ont
    - aggraver les conditions à partir de là, pour "mieux faire" que leurs parents

    ... comment pourraient-ils faire autrement ?
    Comment le pourraient-ils, si chacun, dans cette société leur enseigne, chaque jour de nouveau, que c'est vraiment ainsi qu'il faut comprendre les choses, et certainement pas autrement ???

    Juste une petite anecdote :

    Une mère accueille son enfant de neuf ans à son retour de l'école.
    "Aujourd'hui, j'ai cassé le bras à quelqu'un."
    "Ah, bon, dit la mère. A qui ?"
    "A Marco, un garçon de ma classe."
    "Et qu'avait-il fait pour que tu le lui casses, son bras ?"
    "Il m'a emmerdé pendant toute la récréation."
    "Es-tu allé te mettre à l'abri ? T'es-tu éloigné de lui ?"
    "Plusieurs fois. Mais à chaque fois, toute la bande venait me trouver. Et Marco me présentait des excuses pour que je revienne. Alors j'y retournais."
    "Et... ?"
    "A chaque fois, il remontait sur le muret, et à chaque fois, il recommençait à me dire des méchancetés. Alors j'ai disjoncté, je l'ai attrapé par un pied, je l'ai fait descendre du muret, et je l'ai fait tourner autour de moi. Il s'est cassé le poignet."

    Le directeur de l'école écrit à la mère, dans sa bonne conscience, qu'elle doit sanctionner son enfant pour lui apprendre à maîtriser sa violence.

    Cinq années plus tard, le garçon se souvient : "Tiens, j'avais oublié ça... Dans l'après-midi, on avait gymnastique, et le prof de gym m'a fait tomber, ma pris par un pied et m'a traîné trois fois autour de la salle de gymnastique pour que je comprenne ce que j'avais fait..."

    Notre mémoire est entachée autant de nos actes coupables que des souffrances qui nous ont profondément humiliés injustement et publiquement.

    Qui souffre le plus, selon vous ?
    Celui qu'on a provoqué jusqu'à ce qu'il perde le contrôle ?
    Ou celui qui a provoqué et a reçu une bonne leçon ?

    "Je deviens violent" pleurait ce même garçon, vers cette même époque où ce souvenir sinistre lui était revenu.
    En rentrant de l'école, en bus, par un trajet de près d'une heure, il avait subi les attaques d'une fille.
    Chaque jour, raconte-t-il, cette fille se choisit une autre victime.
    Et cette fois, c'était lui...
    Elle bombardait son épaisse chevelue avec des morceaux de papier mâché.
    Il lui a demandé de cesser, lui expliquant qu'avec sa tignasse de dread locks, qu'ils soigne affectueusement, il va en avoir pour une semaine entière à se débarrasser de ses acharnements.
    A plusieurs reprises, il avait gentiment, et avec humour, prié la jeune fille de le laisser tranquille...
    Rien n'y faisait, Yagoda continuait...
    Alors, le garçon a, une nouvelle fois, perdu le contrôle de soi...
    Il a saisi Yagoda par les cheveux, et lui a fait rencontrer le bus à plusieurs reprises...
    Est-il violent ???
    Yagoda, en tout cas, est intelligente, et aucun enseignant n'est intervenu entre ces deux jeunes gens.
    Ils se sont rapprochés depuis lors et sont devenus les meilleurs amis.
    Yagoda n'a plus jamais embêté personne, et tout le monde l'apprécie depuis lors.

    Un axolotl reste un axolotl...
    Un autre axolotl devient un amblystome...

    :)

  • Dont seul un psychologue pourrait parler...

    Tout ce qui se trouve sur ce blog provient de moi quand je n'ai pas écrit le nom de l'auteur en titre ou entre parenthèses.

    Quand j'invente quelque chose, je le mets à côté : "exemple fictif" ou "exemple imaginaire" ou encore "exemple composé à partir de plusieurs situations".

    J'ai lu quelque part sur un blog, où il était question de moi, que j'écris sur des sujets "que seul un psychologue peut faire des études sur".

    Ce que cette personne a oublié de mentionner est qu'il n'y a PAS que les psychologues qui font des études, et que certaines études proviennent de la vie des personnes.

    Mais si j'étais un écrivain, si j'écrivais des fictions, si je décrivais des personnages de telle manière qu'on peut s'y reconnaître, serais-je alors une personne autorisée à connaître, ces choses ?
    Et aurais-je eu besoin d'un diplôme pour les connaître, ces choses, que beaucoup trop de personnes croient réservées à une corporation ?

    Je suis devenue écrivain en même temps que j'ai appris à lire, ou presque.
    J'ai écrit une vie durant.
    J'ai toujours observé les gens, afin de ne pas mentir, dans mes fictions, sur ce que valent les gens vraiment, sur ce que sont leurs actes et paroles.

    Je ne l'ai pas fait exprès, qu'on ne me condamne pas : J'ai uniquement écrit une fiction pour supporter la maltraitance.
    Est-ce de ma faute maintenant, si je comprends tout ce qui, pour vous, n'a pas grande importance et devrait être laissé entre les mains de personnes qui ont étudié ce qu'elles ne connaissent même pas ou qu'elles nous décrivent différemment de ce que nous sommes et ressentons ???

  • Encore une histoire de chien dangereux...

    Nous nous laissons vite convaincre de ce que racontent les gens sur des histoires où un chien a défiguré un enfant, où ils ont été eux-mêmes mordus dans leurs enfance et où, depuis lors, ils ont peur des chiens...

    Prenez connaissance de ce qui suit, et dites-moi ce que vous en pensez.

    Quelques uns d'entre vous savent que j'ai un berger allemand, et qu'il est gigantesque, bien qu'il n'ait que 19 mois.
    C'est un gros bébé que j'éduque seule, et qui réagit merveilleusement à nos entraînements.

    En face de chez moi se trouve une grande pelouse qui fait partie de bâtiments administratifs.
    Dès que les fonctionnaires sont partis, nous y allons jouer.
    Cet immense terrain est jouxté par un parking, où les automobilistes viennent se garer, où deux familles ou même plusieurs peuvent se rencontrer, à l'écart de la rue, avec leurs enfants, qu'ils laissent courir, et où l'école proche dépose les enfants qui reviennent d'excursions.

    Je suis rarement seule dans ce pré avec Mardouk. Il y a presque toujours quelqu'un dans le parking, dont Mardouk ne s'occupe absolument pas.
    Nous en revenons à l'instant.
    Nous sommes allés nous entraîner au lancer de bâton en ce qui me concerne, et au rapporter en ce qui concerne Mardouk.
    Ce jeu est une thérapie pour lui désapprendre à faire des trous dans la pelouse, et ça fonctionne très bien.
    Nous étions déjà sortis une heure plus tôt, mais deux enfants y jouaient avec un chien trop petit pour mon éléphant dans un magasin de porcellaine.
    Alors nous sommes revenus un peu plus tard.

    Deux voitures étaient là, loin de nous, deux familles, avec au moins quatre ou cinq enfants, dont au moins deux n'avaient - vu de loin - que quelque deux ou trois ans.
    Mardouk a commencé à tranquillement jouer, enfin "tranquillement" n'est pas trop à prendre au mot : il court, il fait trois fois le tour de la pelouse avec le bâton avant de me l'apporter, et il en est, depuis aujourd'hui, à deux ou trois mètres de moi pour le déposer à terre.
    Nous avons fait beaucoup de concessions mutuelles pour en arriver là.

    Voilà que j'entends une voix de très jeune enfant crier "regarde le sssien", mais personne ne lui répond.
    Il crie encore "regarde le sssien", mais personne ne prend garde à lui.
    Le parking fait une cinquantaine de mètres, et les deux voitures étaient garées à l'autre bout.
    L'enfant l'a traversé, une petite balle jaune à la main.

    Je l'ai vu approcher, j'ai rappelé Mardouk, l'ai pris en laisse et l'ai fait coucher.
    L'enfant approchait.
    "Ne l'approche pas. Il est trop fort pour toi" ai-je dit au garçonnet, qui n'avait pas plus de trois ans.
    Je n'ai pas peur que Mardouk le morde, mais un coup de patte, un coup de boule ou même un coup de dent est vite arrivé, et le risque est d'autant plus grand que Mardouk ne connaît pas d'enfants aussi petits.
    Je n'ai pas envie de devoir faire piquer mon chien parce que personne ne me croirait qu'il n'a pas mordu, si jamais il cogne quelqu'un avec une dent !!!
    J'ai moi-même régulièrement des bleus, parce qu'une fois qu'il joue, il n'est pas particulièrement prudent.
    C'est un chien, pas un humain adulte !

    Voilà donc ce petit bout qui me regarde, mais qui n'a apparemment pas compris ce que je lui ai dit.
    Il l'ance sa balle vers Mardouk, mais, heureusement, Mardouk préfère les bâtons.
    Je fais lever mon chien, nous faisons une vingtaine de mètres, je le fais coucher à nouveau.
    "Ne l'approche pas, s'il-te-plaît, parce que je ne veux pas qu'il te fasse mal."
    "Il est messant ?" demande le petit.
    "Non. Il n'est pas méchant. Il est trop fort pour toi. C'est encore un bébé."
    Ce n'est évidemment pas entièrement exact, parce que Mardouk est physiquement adulte, même si, d'après le vétérinaire, "il doit encore se remplumer un peu aux flancs".
    Mais c'est une masse de près de cinquante kilos, qui écraserait l'enfant s'il lui fonçait dessus...
    On peut aussi se casser une jambe ou un bras en tombant...
    Je pense toujours à tout, mais j'attends trop souvent des autres qu'ils en fassent autant...

    Quand ils avaient cet âge, mes enfants savaient qu'il est imprudent d'aller au-devant de chiens qu'on ne connaît pas.
    Mes enfants ne m'ont jamais posé de question sans obtenir de réponse, au moins "oui, attends, je suis à toi dès que j'ai fini de parler (ou d'écouter)".
    Je n'ai jamais manqué à ma règle de toujours revenir sur ce qu'un de mes enfants (ou n'importe quel autre en ma présence) m'avait demandé.
    Je n'aurais jamais perdu un enfant de vue au point de le laisser s'approcher aussi dangereusement d'un chien aussi immense, qui pourrait lui briser les os rien qu'en lui rentrant dedans...

    Je regardais désespérément vers les deux voitures, où plus de quatre adultes étaient réunis avec ces enfants...
    Aucune réaction d'aucune sorte...
    Par quatre fois, je me suis éloignée du gamin d'une vingtaine de mètres avec mon chien pour éviter qu'un accident arrive.
    Je voyais comme ça faisait plaisir au gamin, ce jeu à cache-cache, mais je ne pouvais pas me permettre de m'approcher des deux voitures pour demander aux parents de récupérer leur enfant, parce que le risque était, là-bas, encore beaucoup plus grand, vu le nombre d'enfants, et surtout vu la présence des adultes...
    Mardouk sent les agressifs potentiels avant que je ne les repère, et il ne manque jamais de leur aboyer dessus.
    Ensuite, les agressifs réagissent envers moi comme s'il les avait mordus.
    Et le jour où l'un d'entre eux s'approche un peu trop de nous dans sa fureur, je suis sûre que Mardouk me défendrait...
    Et ensuite... ???

    Donc, j'ai eu recours à une stratégie : j'ai longé le terrain en direction des voitures. Le garçonnet a traversé sagement le parking avec sa petite balle en main et est allé rejoindre sa famille.
    Quant à Mardouk, il en est encore essoufflé actuellement, où je termine d'écrire, vu qu'après le départ du petit, nous nous sommes bien éclatés tous les deux à frisbee et bâton combinés...

    Maintenant, je vous demande, à VOUS, ce que vous en pensez, de ces adultes, qui, à en juger d'après leur NON-attitude, n'auraient pas manqué de crier au chien dangereux s'il était arrivé quelque chose...

    Lâchez-vous dans les commentaires.
    Je ne répondrai pas, mais prendrai vos arguments pour base de nouveaux articles :):):)

  • Éducation des chauves-souris

    Une maman chauve-souris a 5 petits qui ont l'âge de commencer à apprendre à se débrouiller seuls.

    "Voilà, les enfants" dit-elle, "vous avez quatre semaines, et il est temps que vous commenciez à aller à la chasse pour apprendre à vous nourrir par vos propres moyens. Alors partez, envolez-vous, amusez-vous bien, soyez très prudents, et revenez vite me raconter vos aventures."

    Les cinq jeunes chauves-souris partent en vol, en ligne droite, à la sortie de leur grotte.
    La mère s'inquiète un peu, parce que c'est leur première sortie.

    Une heure plus tard, le premier bébé chauve-souris revient. Il a un peu de sang aux commissures des lèvres.
    "Alors ?" lui dit la mère, "raconte... Cela s'est bien passé ?"
    "Oh, oui" répond-il, heureux.
    "Raconte-moi ce que tu as fait, mon petit ! Raconte, vite, que je sache comment tu t'es débrouillé.."
    "Tu vois le château là-bas ?"
    "Oui."
    "Et bien, juste derrière le château, il y a un pré, et dans ce pré, il y a des moutons. Et, hmmm... Je me suis bien régalé."

    Deux heures après l'envol, le deuxième bébé chauve-souris revient. Il a un peu de sang aux commissures des lèvres.
    "Alors ?" lui dit la mère, "raconte... Cela s'est bien passé ?"
    "Oh, oui" répond-il, aux anges. "Tu vois le château là-bas ?"
    "Oui, je le vois."
    "Et bien, juste derrière le château, il y a un pré, et dans ce pré, il y a des moutons. Mais il y avait déjà mon frère en train de se régaler, alors je suis allé un peu plus loin. Et un peu plus loin, il y a un autre pré, et dans ce pré, il y a des vaches. Hmmm... Je me suis bien régalé... !"

    Trois heures après l'envol des petits, le troisième bébé chauve-souris revient. Il a un peu de sang aux commissures des lèvres.
    "Alors ?" lui dit la mère, "raconte... Cela s'est bien passé ?"
    "Oh, oui" répond-il en se frottant le ventre avec ses pattes antérieures. "Tu vois le château là-bas ?"
    "Oui, je le vois."
    "Et bien, juste derrière le château, il y a un pré, et dans ce pré, il y a des moutons. Mon frère s'y régalait, alors je suis allé voir un peu plus loin. Un peu plus loin, dans un autre pré, mon deuxième frère se régalait, alors je suis allé encore un peu plus loin. Un peu plus loin, il y avait un bosquet. J'en ai fait le tour, et j'ai trouvé un pré avec des chèvres. Et, hmmm... Je me suis bien régalé !

    Quatre heures après l'envol des petits, le quatrième bébé chauve-souris revient. Il a un peu de sang aux commissures des lèvres.
    "Alors ?" lui dit la mère, "raconte... Cela s'est bien passé ?"
    "Oh, oui" répond-il en faisant rouler des yeux émerveillés. "Tu vois le château là-bas ?"
    "Oui, je le vois."
    "Et bien, juste derrière le château, il y a un pré, et dans ce pré, il y a des moutons. Mon frère s'y régalait, alors je suis allé voir un peu plus loin. Un peu plus loin, dans un autre pré, mon deuxième frère se régalait, alors je suis allé encore un peu plus loin. Un peu plus loin, il y avait un bosquet. J'en ai fait le tour, et après le bosquet, il y avait un pré avec des chèvres, où se régalait mon troisième frère. J'ai continué un peu plus loin, j'ai trouvé un pré avec des chevaux. Et, hmmm... Je me suis bien régalé !
    La mère s'inquiète. Son dernier petit n'est toujours pas rentré. Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé de fâcheux...

    Cinq heures après l'envol des petits, le cinquième bébé chauve-souris revient, enfin. Il a la gueule complètement en sang.
    "Alors ?" lui dit la mère, soulagée, "raconte... vite... Je me suis inquiétée. Cela s'est bien passé ?"
    "Tu vois le château là-bas ?"
    "Oui, je le vois."
    "Et bien, moi, je ne l'avais pas vu.."

  • Coup de gueule...

    Bon, en ce qui me concerne, c'est un coup de gueule réchauffé...
    En réalité, ça m'arrive plusieurs fois par semaine, ce n'est pas nouveau, et le problème n'est pas réglé...

    Lorsque j'ai éduqué mon premier grand chien, j'ai voulu aller au dressage avec lui.
    Ce n'était pas une sinécure.
    Un Labrador dominant, gigantesque, qui voulait bien jouer paisiblement avec tous les autres chiens, tant qu'il n'était pas tenu en laisse, je peux vous raconter combien ça peut se déchaîner une fois l'entraînement commencé...
    J'allais, en plus, dans un club où j'avais été invitée.
    L'entraînement durait deux heures d'affilée...
    Quand nous sortions de là, mon chien autant que moi, on était complètement épuisés...

    Dès la toute première leçon, j'ai appris que, pour marcher au pied, le chien doit se trouver à gauche de son maître...
    Longuement, je me suis interrogée pour comprendre pourquoi il en était ainsi, d'autant plus que cela n'est vraiment pas la manière la plus prudente de se promener.
    Premièrement, la majorité des maîtres sont droitiers, et tiendraient vraisemblablement mieux leur chien de la main droite.
    Or, aux leçons, on apprend également qu'on doit le tenir de la main droite...
    Cela représente un certain handicap pour les gauchers...
    En plus, lorsqu'on croise les piétons sur les trottoirs, il me semble beaucoup plus dangereux de tenir le chien de leur côté que du côté opposé...
    Quand j'ai interrogé le maître chien du club où j'allais alors, pour savoir pourquoi on doit tenir le chien à gauche et non à droite, il m'a répondu "parce que c'est ainsi"...
    Même à mes enfants, je n'ai jamais répondu cela...

    Les années ont passé, et, voici un peu plus d'un an, on m'a offert un chiot Berger Allemand...
    J'ai repéré un club de dressage...
    C'est vrai qu'il me conviendrait, mais j'habite dans une petite ville, et le club est loin, je n'ai pas de voiture, les entraînements se déroulent pratiquement toujours à des heures où aucun bus ne circule... De toute manière, pour emmener un grand chien dans un bus, il faut désormais lui mettre une muselière...
    Cette muselière dans le bus est confondue par beaucoup de gens avec une obligation de muselière partout en ville...
    Mais je suis allée, une unique fois, voir dans ce club pour me faire une idée, et, par deux fois, j'ai parlé au téléphone au responsable là-bas.
    C'est lui qui m'a rappelé ce que je savais... mais ne savais pas...

    Retenez-le, soyez sympas, surtout lorsque vous croisez une personne qui tient un grand chien du côté gauche... :):):)

    La règle internationale du piéton est de marcher à gauche.

    Cela s'explique, et chacun de nous le sait, en plus : lorsque nous marchons sur une route sans passage protégé, nous devons obligatoirement marcher à gauche, pour voir arriver les voitures en face et ne pas risquer d'être heurtés par l'arrière...
    N'est-ce pas, vous le saviez tous...?
    Et bien, oui, moi aussi...
    L'unique chose que j'ignorais, pour faire le rapprochement avec le chien qui marche au pied, c'était que c'est une règle, et que cette règle est internationale...
    Bon, ça fait déjà deux choses que j'ignorais, je crois que je ferais mieux de me taire, moi aussi...

    Si vous avez un grand chien vous-même, et s'il vous arrive de le promener en ville, alors vous avez sûrement déjà remarqué combien il est difficile de "forcer" le passage qui permet d'être en règle...
    J'ai trouvé une astuce.
    Quand je vois que les personnes que je vais croiser maintiennent rigoureusement leur droite, je fais des signes de la main à mon chien, comme si je lui indiquais où il doit marcher...
    En réalité, il le sait déjà, et ce n'est pas à lui que je le montre... :)

    Quand le Sage montre la Lune,
    l'Imbécile regarde le doigt...


    Donc, il faut montrer le doigt à mieux informé, pour que l'imbécile puisse voir la Lune... :):):)

  • Les chats et moi...

    J'ai déjà dit que je dois beaucoup aux animaux, particulièrement aux chats, pour tout ce qu'ils m'ont appris depuis ma plus tendre enfance.

    Je ne me sens pas encore inspirée pour l'article qui devrait en parler, mais je réserve, ici même, l'espace...

    Pour commencer, je vous invite à visiter cette page...

    http://www.cleomede.com/categorie-132259.html

    :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :)

    Voilà, aujourd'hui, six jours après avoir réservé l'espace, je me sens suffisamment inspirée sur le sujet pour vous raconter ce qu'il en est vraiment de la relation entre les chats et moi.

    Mon père était extrêmement mal renseigné sur les besoins véritables des enfants. Il me soupçonnait de commettre les bêtises, dont il avait appris que tous les enfants les feraient. Il ne supportait pas que je le contredise, aussi, lorsqu'il me soupçonnait injustement, et que je lui répondais que je n'avais pas fait ce dont il était certain que je l'avais fait quand même, il était obligé de me corriger avec sa ceinture, pour m'apprendre à mentir.
    Moi, je trouvais ça plutôt injuste, et comme j'avais des yeux partout, j'avais également constaté que les chats ne donnent jamais de fessée à leurs petits.
    Je trouvais ça louche, que les humains doivent frapper leurs enfants, alors que les animaux ne le font pas et que, d'après moi, nous sommes issus de la même Nature que les animaux.
    J'ai demandé à ma mère pourquoi les chattes ne donnent jamais de fessées à leurs enfants.
    Il m'a été répondu doctement : "Parce que les chats n'ont jamais des enfants pas sages."
    Cela me semblait tellement bête comme réponse, que je n'ai même pas insisté et ai commencé à observer les chattes avec leurs jeunes, pour comprendre quand exactement les enfants ont besoin qu'on leur donne une fessée.
    Et bien, j'ai observé plusieurs portées de chatons, et j'ai pu constater que les seules fois où les mamans chat s'en prennent à leurs petits, c'est lorsque les petits s'en prennent à leur mère.
    Le petit devient exubérant et mord sa mère, sa mère le saisit tendrement entre ses pattes avant et le mordille, comme pour lui montrer : regarde, voilà, c'est ça que ça fait quand tu emploies tes dents.
    Le petit devient exubérant et donne des coups de patte à sa mère, sa mère lui donne un coup de patte avec tendresse, comme pour lui dire : regarde, voilà, c'est ça que ça fait quand tu emploies tes griffes.

    J'étais déjà particulièrement attentive aux moyens de communication, et j'ai compris que c'était vraiment ce qu'il se produisait : les enfants apprennent à se servir de leurs pattes, de leurs dents, et en premier, ils les essaient pour voir l'effet que ça fait.
    Comme ils n'ont pas conscience que leur mère n'est pas une prolongation d'eux-mêmes, il faut leur montrer le résultat de ce qu'ils font, et non pas les gronder pour qu'ils ne le fassent plus.
    Une fois ce message passé, le problème ne survient plus...

    :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :)

    Mon fils aîné a essayé de me mordre, une unique fois. J'ai pris son doigt et y ai appuyé mes dents. Il n'a jamais recommencé, ni avec moi, ni avec quelqu'un d'autre.
    Mon fils aîné m'a "frappée", une unique fois. Je lui ai donné une "gifle" avec deux doigts, et je l'ai vu réfléchir et comprendre. Il n'a jamais recommencé avant d'avoir une petite chipie pour soeur...
    Mon fils aîné avait deux ans, lorsque j'ai reçu la visite d'un couple d'amis vivant en Allemagne. Ils avaient une petite fille, à peine deux mois plus jeune que mon bambin.
    La petite voulait le cheval à bascule de mon garçon, et pour l'obtenir, elle le mordait. Il venait chez moi pour se faire consoler, et la petite chipie lui prenait son cheval, son jouet favori.
    Il attendait sagement qu'elle ait assez joué, mais elle ne voulait plus s'arrêter. Il est allé lui demander qu'elle le laisse aussi jouer, mais elle n'a pas supporté, et elle l'a mordu.
    Ses parents levaient le doigt : Peut pas, Sylvie, Sylvie peut pas.
    Ils croyaient obtenir un résultat.
    Plusieurs fois, j'ai consolé mon gamin pour ces morsures brutales.
    Plusieurs fois, mes amis ont levé leur doigt ridicule devant leur enfant.
    J'ai abordé la question de la communication avec eux, et ils ont été choqués de ma méthode. Ils sont partis, et je ne les ai jamais revus.
    Mon premier bébé a eu une petite soeur, qui a appris à ne pas frapper par le même moyen, une unique fois, celle où ils voulaient savoir ce que ça fait, et où ils ne savaient pas encore que je n'étais pas eux...
    Ils ont eu un pretit frère, qui a appris de la même manière.
    Tous les trois sont résolument non violents, mais savent se défendre et sont également plutôt tolérants.
    Tous les trois comprennent mon point de vue et le trouvent moins inhumain que ce qui nous est généralement enseigné comme nécessaire.
    Le plus jeune m'a même confié qu'il constate régulièrement que les gens sont de l'avis que la méthode que je préconise est une barbarie.
    Mais nous, nous considérons que ce qui nous enseigné est un barbarisme, un précédent qui ouvre les portes à toutes sortes de brutalités.

    :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :) :)

    Et vous, quelle est votre opinion à ce sujet...?
    Les commentaires sont faits pour s'en servir... Allez, lâchez vos états d'âme... :):):) :):):)

  • Non mais…

    Non mais, z’avez vu un p’tit peu c’qu’ils nous font faire sur Netlog… ?
    Lancer le chat… Non, mais…
    Il faudrait avertir la Société Protectrice des Animaux, vous ne trouvez pas… ?
    Ou alerter Philippe Geluck, je ne sais pas, moi...

  • Pavlov et les rats...

    Ou : Le petit comportementaliste...

    Pavlov a fait des expériences sur les chiens.
    Quand j'observais les consatations pavloviennes, j'avais à peine sept ou huit ans, et je n'avais jamais entendu parler de Pavlov, bien évidemment.
    Mon père élevait des poules, et notre voisine trouvait cela très pratique pour se débarraser des restes des repas de sa famille.
    Elle venait jusqu'à la clôture avec une assiette en porcellaine et une fourchette, et balançait dans notre poulailler des feuilles de salade et des morceaux de pomme de terre. Pour vider proprement l'assiette, elle y donnait des coups de fourchette assez énergiques.
    Nos poules avaient vite compris, et elles accouraient dès que la voisine sortait de chez elle pour s'approcher de notre clôture.
    Et moi, je m'amusais, dans notre cuisine, à donner des coups de fourchette sur une assiette pour voir accourir nos poules...

    Pavlov était un scientifique, et moi, j'étais une gamine...
    Pavlov a donc scientifiquement déduit que l'homme pouvait conditionner le chien à saliver à la suite d'un coup de sonnette.
    Et moi, qui ne savais rien de Pavlov et de ses chiens, j'ai naïvement déduit que, tout comme moi-même, les poules raisonnaient et apprenaient par associations d'idées.

    Autant dire qu'aujourd'hui, je sais pertinemment que j'étais dans le vrai, et maître Pavlov à côté de la plaque.
    J'ai éduqué de nombreux chats, deux grands chiens et, accessoirement, quatre enfants, mon jeune frère et mes trois rejetons, et je me suis servie de cette compréhension sans discontinuer.
    Entre les chats et les enfants, il n'y a pratiquement qu'une seule différence : c'est le langage parlé.
    Il est pratiquement impossible d'éduquer un chat à faire ce qu'il ne veut pas faire.
    Avec un enfant, ce serait pareil, s'il n'existait pas le langage, qui permet d'impliquer le raisonnement de l'enfant lui-même.
    On peut argumenter et négocier, et on obtient de ce fait un meilleur résultat avec un enfant qu'avec un félin.

    L'erreur de Pavlov était de s'imaginer une supériorité humaine.
    De ce fait, il ne pouvait que se prendre pour le grand ordonnateur des réactions des chiens.

    J'ai également fait beaucoup plus qu'induire des réflexes alimentaires chez les animaux.
    J'ai constaté, par exemple, que les comportements non entretenus s'estompent rapidement.
    La mémoire est en cause et, sur ce point, le chien intervient immédiatement après l'enfant, poussant le chat à la troisième place.

    Mon actuel compagnon canin a toujours des relations avec sa mère, et il reconnaît la maîtresse de celle-ci, même quand il ne l'a pas vue depuis plusieurs semaines. Il reconnaît même le moteur de sa voiture quand elle manoeuvre dans notre rue.
    Elle est sa môman et représente un agréable divertissement dans le quotidien de Mardouk. Dès qu'elle apparaît, je ne compte plus pour lui, mais je reste néanmoins celle à laquelle il obéit.
    Cela n'est rien d'autre qu'une question d'entretien de l'acquis.
    Chez un chat, la mémoire est beaucoup plus courte, surtout entre congénères. En trois semaines, deux grands amis félins ne se reconnaissent plus s'ils ne se sont pas vus, et les exceptions à cette règle sont... exceptionnelles.
    Chez les chats, et également chez les chiens
    et chez beaucoup d'autres espèces animales,
    il intervient, de plus, une notion olfactive
    liée à l'alimentation et au milieu où ils vivent.
    Ceci contribue au fait qu'ils s'acceptent mutuellement ou non.
    C'est donc une question "d'odeur de famille". Or, le sens olfactif
    a une implication beaucoup plus profonde sur la mémoire
    que le sens visuel ou auditif.

    Chez l'humain, la capacité de la mémoire varie d'un individu à un autre.
    On admet généralement que les adultes ont une meilleure mémoire que les enfants.
    Mais ceci est complètement faux.
    L'enfant se souvient beaucoup mieux que les adultes, ce pour deux raisons majeures :

    1) la mémoire de l'enfant a une capacité que la mémoire de l'adulte n'a plus, parce qu'il a déjà rempli une grande partie de sa capacité de stockage, qui reste encore un terrain vierge chez l'enfant ;
    2) les enfants ne refoulent de loin pas autant leurs souvenirs que les adultes.

    Par contre, à l'instar des animaux, les enfants oublient, les acquis qui n'ont pas été entretenus.
    J'ai trois enfants, et une de mes amies en a deux.
    Ensemble, nous avons fait beaucoup d'activités
    avec nos enfants. L'aîné de mon amie a l'âge de mon plus jeune,
    à deux mois près, et les cinq enfants étaient vraiment très liés.
    Puis j'ai déménagé, et nous nous sommes perdus de vue
    pendant quelque huit années.
    Quand nous nous sommes retrouvées, mon amie et moi,
    j'en ai parlé à mes enfants, et ils m'ont immédiatement
    demandé des nouvelles des enfants,
    en les citant par leurs prénoms. Tous les trois avaient
    encore en mémoire des événements,
    dont ils se souvenaient parfaitement,
    et mieux que moi-même, même si chacun
    avait ses propres souvenirs particuliers.
    Quant aux enfants de mon amie,
    ils ne se souvenaient ni de mes enfants,
    ni de moi, et nos prénoms ne leur rappelaient absolument rien.
    J'en ai débattu avec mon amie, et nous avons découvert ensemble
    l'origine de cette différence.
    Mes enfants et moi avons toujours parlé ensemble de nos relations
    et de nos souvenirs, tandis que mon amie était plus concentrée
    sur son actualité que sur le passé.
    L'enseignement selon lequel nous ne devons
    surtout pas "vivre avec notre passé"
    est donc un casse-mémoire d'une redoutable efficacité.

    CQFD : On n'oublie que ce qu'on veut oublier et ce qu'on ne rafraîchit jamais.

    Passons à présent à une expérience beaucoup plus récente, que je tiens d'un article de Sc&V.
    Des chercheurs américains ont joué à Pavlov à la manière du troisième Reich en exposant un groupe de rats à une expérience que je qualifie, personnellement, de franchement dégueulasse.
    Ils ont préparé la cage de telle manière que les mustélidés recevaient une décharge électrique quand ils se rendaient à leur mangeoire.
    L'expérience portait sur la durabilité de ce que ces abrutis persistent à appeler un "conditionnement", en écartant toute notion de raisonnement animal.
    Or, si le terme de "conditionnement" est parfaitement approprié, il ne faut pas oublier que le rat en particulier est l'un des animaux dont la mémoire et l'intelligence sont avérées.
    Nous avons donc là un phénomène de torture d'autant plus grave, du fait de son association avec l'une des fonctions vitales.
    On pourrait imaginer
    qu'un cobaye humain recevrait
    une claque ou une décharge électrique
    à chacun des battements de son coeur.
    Je parie que le coeur lâcherait par pur instinct de survie...!!!
    Et le paradoxe du conditionnement
    se trouve , précisément,
    dès que le conditionnement s'en prend
    aux fonctions vitales destinées à la survie.

    Les constatations de ces "grands scientifiques" (il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent) ont été qu'il suffisait de trois ou quatre décharges, pour que les rats deviennent craintifs quand ils s'approchaient de leur nourriture.
    Or, le rat est un animal très craintif par nature.
    Ensuite, les chercheurs ont voulu savoir pour combien de temps ces pauvres petites bêtes resteraient conditionnées, une fois que les décharges électriques avaient cessé.
    Cette durée était d'une année.
    Mais ce n'est pas tout.
    Ces "humanistes" complètement ravagés ont également voulu savoir ce qu'il arriverait après le déconditionnement, s'ils recommençaient à distribuer des taloches vivifiantes avec la nourriture.
    Et une seule décharge a suffi pour que nos braves petits rats - des volontaires à n'en pas douter :) - reprennent immédiatement leur crainte avec exactement la même intensité qu'auparavant.

    Le petit comportementaliste que je suis transpose cela sous d'autres cieux de l'harmonie de la vie sur Terre.
    J'ai eu des rats pour faire plaisir à mes enfants.
    Par leur nature, les rats ont une vie de société extrêmement évoluée.
    Ils ont également une grande faculté d'apprentissage, et quelques autres particularités hautement intéressantes.
    Cependant, les résultats que nous avons obtenus avec eux ne pouvaient vraiment pas prétendre à une réussite aussi fulgurante que celle des barges du laboratoire américain.
    La constatation s'impose : L'apprentissage est beaucoup plus rapide avec la torture que sans elle, et également beaucoup plus profondément ancré.
    Ensuite, je voudrais mentionner le fait qu'un rat vit trois ans en moyenne.

    Transposons à présent ces données sur l'être humain, et poursuivons l'expérience, mais, je vous en prie, uniquement par notre raisonnement.
    Pour induire un conditionnement par l'éducation, il faut beaucoup plus de patience et de temps qu'il n'en faut pour l'induire sous la souffrance.
    L'oubli est au bout du chemin de tout acquis non entretenu.
    Pendant un an, le rat torturé demeure valablement conditionné, à savoir donc pendant un tiers de son espérance totale de vie.
    Un humain est "éduqué" durant une vingtaine d'années, ce qui représente également presque le tiers de son espérance totale de vie.
    Mais c'est évidemment le conditionnement qui prend aussi longtemps chez l'humain, et non le déconditionnement...
    À votre avis, quelles sont les chances pour l'humain de se déconditionner en de pareilles circonstances...?!?
    Si nous devons calculer la proportionnelle du rapport, on peut déduire au pifomètre, que c'est pour l'éternité que l'humain est conditionné, si jamais les vingt années sont faites d'une torture sans fin.
    Je laisse aux matheux le soin d'établir ces chiffres avec exactitude.
    Pour mon raisonnement, une approximation suffit largement.

    Et maintenant la cerise sur le gâteau.
    Mes enfants n'ont vraiment subi aucune contrainte, mais uniquement un apprentissage, où nous avons tout misé sur leur raisonnement.
    Pour que le raisonnement puisse mettre le turbo, il faut l'abreuver de renseignements, ce que nous nous sommes efforcés de faire.
    Bilan : À l'âge de 13 ans, la maturité était accomplie dans les trois cas, et tous les trois sont ce qu'on appelle des "personnes à haut potentiel intellectuel".
    Seul le plus jeune poursuit et maintient actuellement lui-même le flux d'absorption intellectuel. Les deux aînés rejoignent peu à peu une moyenne, celle des personnes plutôt cultivées.
    Mais affectivement et relationnellement, ils crèvent tous les plafonds et font mentir toutes les normes humaines.
    Et mon petit entomologiste déteste qu'on lui donne le sobriquet de "surdoué", parce qu'il se considère comme entièrement normal.
    Normal. Il n'a jamais connu autre chose.

    La preuve est donc faite que non seulement la violence conditionne plus durablement, mais également qu'elle est génératrice de connerie.
    Or, la cause majeure de la violence est indéniablement la bêtise humaine, et les deux s'autogénèrent mutuellement dans un circuit sans fin.
    Et c'est ce circuit-là que je me fixe pour objectif de rompre par l'information de tous ceux qui arrivent encore à le comprendre.

  • Greffiers

    Vivre avec des animaux peut être on ne peut plus instructif, à la condition de vivre avec eux, tout en les laissant vivre leur vie.

    La chatte a des petits. Ils naissent après environ 54 jours de grossesse.
    Leurs yeux sont fermés à la naissance. Ils ne s'ouvriront qu'après une semaine.
    Durant deux journées entières, la maman ne quitte pas ses petits. Elle appréciera qu'on lui apporte un peu de ravitaillement, mais pour rien au monde, elle n'irait se le chercher elle-même durant cette période cruciale.

    Le chien de la maison ne s'approche plus de la mère, et il regarde les petits en biais.
    Ce n'est pas d'eux qu'il a peur : Ils tiennent à trois dans une main.
    Mais la mère, d'amie, devient furie.
    Même le matou fait comme s'il ne la connaissait plus...

    Le cordon ombilical des chatons tombe après trois ou quatre jours.
    Quelques jours plus tard, les paupières des chatons commencent à se décoller et leurs yeux s'ouvrent.

    A trois semaines, les chatons commencent à marcher, maladroits et hilarants.
    Vers cinq semaines, ils commencent à manger de manière autonome, parfois même un peu plus tôt.
    Vers huit semaines, c'est la meilleure période pour les séparer de leur mère.
    Mais on en garde souvent un ou deux, parce que les amoureux des chatons réservé ont promptement changé d'idée...

    Si on a plusieurs chattes, et si le voisinage est bien fourni en matous virils, on peut se trouver en mesure de découvrir toute la merveilleuse organisation d'une société féline.
    Lors des absences de la mère, les adolescents, garçont et filles, s'occupent des petits chatons. Ils jouent avec eux, et c'est attendrissant, parce qu'on dirait qu'ils font exactement comme la mère, mais sans lui ravir sa place dans la hiérarchie.

    Une fois que les chatons ont trois ou quatre mois, le matou ressort de sa tannière : Il les éduque à l'extérieur.
    Il leur montre comment grimper aux arbres, et surtout comment en redescendre sans les pompiers.
    Et même Médor ose à nouveau s'en approcher.
    On peut alors voir comme les chatons se blotissent contre le Labrador ou le Saint-Bernard.

    Insérez une famille de rats là-dedans, et vous allez voir comme une chatte âgée de quinze ans peut pleurer pour un mulot mort, que les adolescents ont délicatement déposé sous le canapé, parce qu'elle s'imagine que c'est son rat préféré...
    Chez les humains, ce n'est pas encore gagné...

    J'aime les chats pour tout ce qu'ils m'ont enseigné...