mariaventurini
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Un autre extrait de "l'Avènement du Cinquième Monde
Maud, l'héroïne se retrouve en très mauvaise posture dans la Grande Pyramide...
Maud ouvrit lentement les yeux. Sa tête semblait prise dans un étau. Il faisait noir. Elle esquissa un mouvement et sentit des pointes acérées lui déchirer le dos et les fesses. « Où était-elle ? ». Elle glissa sa main sous elle et trouva le coupable. C’était une pioche ébréchée. Il y avait aussi d’autres outils. Des pelles, des clous, des scies…Un véritable attirail de chantier en mauvais état. Une forte odeur de renfermé, de fer et de poussière flottait autour d’elle. Où était-elle ? Elle fit le geste de lever la main et ses doigts rencontrèrent une matière dure et froide à quelques centimètres à peine de son visage. Affolée, elle tâtonna et comprit qu’il s’agissait d’une sorte de couvercle. En fait, elle était enfermée dans une caisse en fer. "Une caisse où l’on rangeait les outils défectueux". Comment était elle arrivée là? Brusquement, elle se souvint. Elle était dans un couloir de Kheops, lorsqu’elle avait reçu un coup sur la tête. Quelqu’un l’avait assommée et l’avait enfermée dans cette caisse!!! Mais pourquoi ? Et qui avait ça ? Elle tenta d’attraper son portable dans la poche de son pantalon, mais ne le trouva pas. Sa caméra, ainsi que son étui, avaient également disparus. Pas moyen de savoir l’heure, ni d’appeler du secours. De toutes façons, il y avait fort peu de chance pour que son téléphone capte un quelconque réseau. « Pourquoi l’avait-on enfermée dans cet endroit sordide? ». Etait-ce les trois voleurs ? Une pointe s’enfonçait dans sa hanche droite. Elle voulut la déloger et ne parvint qu’à ramener un vieux clou rouillé d’environ cinq centimètres. Elle avait de plus en plus chaud. L’air commençait à se raréfier. Elle s’efforça de respirer doucement, afin d’économiser un maximum d’oxygène, en songeant que bientôt, elle allait inéluctablement en manquer. Il ne fallait surtout pas qu’elle s’affole. Du moins pas encore. « Il y avait sûrement un moyen de l’ouvrir cette fichue caisse !».
Elle s’arc-bouta et poussa de toutes ses forces. Rien ne bougea. Le couvercle semblait avoir été scellé de façon hermétique. Elle chercha un loquet, une poignée…et ne trouva rien. Puisant dans ses dernières réserves, elle recommença. C’était vraiment trop dur. Elle n’y arriverait jamais. Elle s’épuisait inutilement. Alors, elle se mit à hurler…
Si elle avait pu se douter un seul instant qu’elle allait connaître une mort aussi horrible, jamais, elle n’aurait quitté sa chambre. "Quelle sotte!". Stan devait sûrement dormir. Comment pourrait-il se douter qu’elle était en train de vivre les dernières secondes de son existence ? Ne se souciant pas de son absence (logique ! puisqu’il la croirait retournée à Londres) il continuerait de travailler avec son père. Puis un jour, quelqu’un ouvrirait la caisse et on trouverait son cadavre à l'intérieur, complètement désséché…
Cette horrible perspective lui redonna des forces. Elle poussa de nouveau sur le couvercle en hurlant de rage. Mais rien n’y fit. Il ne voulut pas céder d’un millimètre.
Son corps devenait de plus en plus lourd. De plus en plus glacé. Sa bouche s’ouvrait désespérément pour tenter d’aspirer le peu d’air que contenait la caisse. Elle ne faisait que gaspiller le peu d’énergie qu’il lui restait en s'évertuant à soulever le couvercle. Des sanglots montèrent dans sa gorge. Le film de sa vie se mit à défiler dans sa tête. Elle revoyait son enfance, ses parents, son premier flirt, sa famille, l’école, ses amis, ses études, ses amants, le Journal, Stan…Lentement, elle sombrait, s’enfonçait dans un néant cotonneux…où elle se sentait bien.
Soudain, un tunnel lumineux s’ouvrit devant elle. Elle le regarda sans comprendre. Comment était-ce possible ? Elle tendit la main et fut étonnée de ne plus sentir le métal du couvercle. Celui-ci semblait avoir disparu. Elle aperçut alors une intense lumière blanche qui luisait, là-bas, au loin. Elle éprouvait l’irrésistible besoin de se lever, d’aller vers elle, de la toucher... Elle se sentait toute légère, subitement, et baignait dans une atmosphère feutrée pleine de sons merveilleux. C’était une musique extrêmement douce et belle qui venait de nulle part et de partout à la fois. Même d’en dedans d’elle même. Elle l’entendait dans sa tête, dans son cœur, dans tout son être. C’était vraiment magnifique et extraordinaire. Elle se leva et se mit à marcher vers cette lumière. Elle n’était pas aveuglante. Seulement très intense. Lorsqu’elle fut en son centre, une paix profonde descendit en elle. C’était comme si la lumière et la paix ne faisaient qu’un. Elle sentit une présence pleine de chaleur et d’amour. Elle la guidait, l’enveloppait d’une aura indéfinissable. C’était tellement fort, tellement inexplicable qu’elle se demandait si elle n’était pas en train de rêver. Jamais, elle ne s’était sentie aussi bien, ni autant aimée avec autant de force, autant de pureté. Elle vit que la lumière émanait d’un être étrange. Il se tenait devant elle et flottait dans une espèce de halot doré. Son regard limpide, transparent, exprimait un amour si intense, si immense, si incommensurable... Elle le ressentait dans chaque cellule de son corps. Elle était dans une joie, un respect, un amour absolu. C’était indescriptible, inimaginable, inexprimable…
« Qui es-tu ? ». S’entendit-elle penser.
« Je suis Celui qui veille sur toi », répondit l’être évanescent.
Ses lèvres ne remuaient pas et, pourtant, elle l’entendait très distinctement.
« Où suis-je ? ».
« Là où tu devras être. »
« Au Paradis ? »
« Pas encore...».
« Je suis si bien ».
C’était vrai. Elle se sentait merveilleusement bien. Elle n’étouffait plus. Elle respirait même très calmement, très amplement un air était doux, parfumé, printanier...Etait-elle en présence d’un ange ? A peine eut-elle émis cette pensée qu’elle en reçu la réponse.
« Je suis ton guide. Celui qui t’ouvre la voie ».
« Mon guide. » Répéta t-elle.
Elle n’avait encore jamais rencontré d’être aussi beau, aussi parfait, aussi aimant que celui-là. La lumière qui jaillissait de tous ses pores irradiait de l’intérieur de sa personne.
« Où dois-je aller ? ». Pensa t-elle. Que dois-je faire ? ».
« Tu as presque franchi le seuil, petite Maud. Mais tu dois repartir ».
« Non ! » S’entendit-elle hurler. « Je ne veux pas. Je veux rester avec toi ».
« Et pourtant. Tu dois t’en aller».
Il parlait sans commander. D’une voix extrêmement bienveillante.
« Non…Je t’en supplie. Je veux rester avec toi »
Elle était désespérée. Elle ne voulait pas retourner dans ce monde où personne ne l’aimait. Elle ne voulait plus réintégrer ce corps qu’elle trouvait si étroit.
« Ton heure n’est pas encore venue. »
« Ca ne fait rien. Garde moi. S’il te plaît…Je t’en supplie. »
L’être souriait avec une tendresse si palpable qu’elle se sentait fondre en lui. Mais il s’éloignait doucement, inexorablement. Ses contours devenaient flous. Lentement, il se dissolvait... Elle tendit les bras vers lui, désirant le retenir.
« Reste. Ne t’en va pas…Reste...»
- Maud ! Maud !
Une voix hurlait tout près de son oreille. Deux mains la secouaient rudement. Le tunnel s’estompait à vive allure. Il allait se refermer…
« Non ! » Hurla t-elle.
- Maud ! Réveille-toi. Bon sang ! Maud !
Deux lèvres chaudes recouvrirent soudain les siennes. Un souffle puissant déferla dans ses poumons.
- Tu vas vivre ! Cria Stan. Je ne te laisserai pas mourir.