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nouyan

Garçon - 35 ans, Ille dans ma têt, France
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Blog 802

Entrez donc dans mon blog os,que dis-je? dans mon grand bazar,ça vous fera une sortie!

JJJJJJ,bref ci-gît ici,rien que du sans prêt,tension!
Que du vrac en vrac construit avec des briques...à brac mais pas allemand,nom d'un chien.
Là,vous n'y trouvez guère rien d'un thé récent,ni du Sri Lanka,donc d'ex Ceylan.
Rien que du partage et du free,même si je suis chez Orange.
Un tas monstrueux d'impros valant tout autant que le vaurien qui les a écrites sans les avoir lésées pour autant,d'un mec qui n'en est pas un,de pro,mais qui vise à scions.
Beaucoup de délires sans queue mais avec ma tête,car il faut qu'elle serve,elle;et qui ne font rire que moi qui m'amuse avec les mots,ma muse,et mes connes rient...
Des idées me passant à l'esprit.
La déco n'a d'...utilité que pour là,des gonades.
Attention... Action!
Voilà,vous hêtre prés venus.Donc des enfermés dehors.Ah cette prise on...la garde!

Petite précision cher Lecteur (silence les agneaux! ): Si j'arrive malgré moi à t'épater,promets moi que tu me donneras la paire rmiss et scion de m'en faire des sandwichs avec des corps,nichons et d' scélérats...au moins pour l'épique Nick,sinon cela risque de finir,en termes minés,comme le p'tit tas à Nick,de tomber à l'eau et donc de couler comme un bon vieux Camembert à eau c'est...sûr!.Ce qui entre nous,ne serait pas cool hé!


  • Retour du tabac/presse.

    Et bien voilà,je suis allé au tabac de mon village afin d'y acheter des timbres et des paquets de feuilles à rouler en chanvre bio et avec quoi reviens-je?
    Le dernier livre de Michel Onfray Apostille au Crépuscule que j'ai payé 6,50 euros.
    Et ayant vu qu'ils venaient,chez Le livre de Poche,de rééditer les fables de La Fontaine à un prix effarant: 3euros,je ne me suis pas gêné pour le prendre avec empressement,quand bien même je l'avais déjà dans une vieille édition.
    Enfin voilà,si l'on coupe des arbres raisonnablement pour fabriquer des livres,cela ne me dérange pas outre mesure.
    En revanche,ce qui me dérange un peu plus,c'est qu'à force d'acheter des livres,je n'ai pas fini de continuer à manger des pâtes à l'eau et à n'avoir que la peau sur les os.
    C'est vrai,me diriez-vous,puisque ce matin j'ai trouvé un pigeon mort devant le garage,j'aurai pu le faire aux pruneaux si j'avais les moyens d'en acheter.Mais vu l'odeur et les mouches,ne m'en veuillez pas trop d'avoir balayé vite cette idée saugrenue qui consisterait à me prendre justement pour un pigeon.
    Bref,une petite pensée pour J.J,car je sais qu'il aime et apprécie beaucoup La Fontaine et que j'ai donc pensé à lui,qui a en ce moment,sûrement disparu dans le triangle des bermudas.

  • Brouillon erghjklmijuhgfd

    Nous qui sommes nés dans ces cités
    Pas de doute que l'on soit aveugl' s
    Agissant qu' par vill' nécessité
    Avec chacun sa tirad' qu'on beugl'

    ...

  • xtryufgihojpk^hj

    Quand seules les lois de la Nature régneront
    Qu'il y aura bien moins du diable et de moutons
    Le monde sera évidemment enfin que bio
    Nous tous seront ensembles comme Eva Joli
    Plus verts de rage et rouges de colère oh!
    Mais tous à juger,êtr' l'avocat qu' c'est beau la vie!
    ...
    Pis lorsque le yannou a les yeux qui se ferment
    Il s'en va dans son lit qui est sa belle ferme.

    To be or not to be continued,d'façon je n'ai pas d'heureux freins,Fred.

  • Que pourrais-je bien né qu' rire?

    Alors je ne sais absolument pas de quoi je vais parler,mais ce n'est rien,parlons-en puisque vous êtes là.
    L'autre jour je me demandais pourquoi la télé étais talus mais... pourtant je n'avais rien bu.
    Tiens c'est l'autre matin
    J'ai vu un beau lapin
    Alors qu'hier au soir
    Rien j'étais dans le noir.
    J'aurai voulu ah! ça
    Etre sur ce coup-là
    Un magnifique chat
    Pour êtr' aussi pacha.
    C'est à ce moment là très précis que j'ai souri,comprenant que c'est la souris qui chasse le chat,dans le récit que voilà en tout cas.
    Tout ça n'a pas l'air de vous botter!?!
    Je prends donc sur le champs mes hottes de sept mieux et je m'en vais quérir ailleurs de l'amour à qui mieux mieux.

    Ps: Bah oui,mais on pourrait en parler des heures! Toute la vie même pour le pire et le meilleur.

  • P'tite dédicace pour mes amis du site...tu es mon ami(e).

    J'avais tenté en vain de la déposer ici l'année dernière,et ayant crée hier un compte YouTube,j'en profite.
    J'avais l'instrument depuis peu,donc j'ai simplement fait de mon mieux.
    Le son est ce qu'il est,mais savez-vous c'est bien connu,on fait comme on a avec ce que l'on peut.
    Un jour j'achèterai un pied pour le hand pan et un micro...
    Bref...je vous bise! Surtout vous les amies.
    Je suis certain que je suis presque sûr que certains de mes amis piquent les vilains comme moi pas rasés!

    http://www.youtube.com/watch?v=Wg6sxYAfVpM

  • John LOCKE (1686!!!!!!) Lettre sur la tolérance.

    John LOCKE (1686)
    Lettre sur latolérance.
    (Traduction française de Jean Le Clerc, 1710)
    Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay,
    professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi
    Courriel: jmt_sociologue@videotron.ca
    Site web: http://pages.infinit.net/sociojmt
    Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"
    Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_d...
    Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque
    Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi
    Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 2
    Cette édition électronique a été réalisée par Jean-Marie Tremblay,
    professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi à partir de :
    John LOCKE (1632-1704)
    Lettre sur la tolérance
    (Traduction française de Jean Le Clerc, 1710)
    Une édition électronique réalisée à partir du livre de John Locke
    (1667), Lettre sur la tolérance. Une traduction de Jean LeClerc, 1710.
    Polices de caractères utilisée :
    Pour le texte: Times, 12 points.
    Pour les citations : Times 10 points.
    Pour les notes de bas de page : Times, 10 points.
    Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft
    Word 2001 pour Macintosh.
    Mise en page sur papier format
    LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)
    Édition complétée le 10 mars 2002 à Chicoutimi, Québec.
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 3
    Table des matières
    Note sur la présente édition
    Lettre sur la tolérance (1686)
    Annexe. Préface de William Popple à la première édition anglaise de la Lettre sur la
    tolérance
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 4
    NOTE SUR LA
    PRÉSENTE ÉDITION
    Retour à la table des matières
    La date exacte de la composition de la lettre est incertaine: probablement la fin de
    l'année 1685 ou le début de l'année 1686. Elle a été publiée pour la première fois en
    latin, à Gouda, en mai 1689. Le livre était anonyme, mais il était précédé de la
    suscription suivante ad clarisimum virum T.A.R.P.T.O.L.A. scripta à P.A.P.O.I.L.A.;
    la signification de ces deux mystérieux sigles est élucidée dans une lettre de P. de
    Limborch à Lady Masham du 24 mai 1705 : le premier signifiait Theologiae Apud
    Remonstrantes Professorem Tyrannidis Osorem, Libertatis Amantem (à un professeur
    de théologie remontrant, ennemi de la tyrannie et amoureux de la liberté) ; il désigne
    le destinataire de la lettre, Philippe Van Limborch. Le second désignait l'auteur, de
    cette manière cryptée qui atteste le goût de Locke pour le secret et la dissimulation :
    Pacis Amico, Persecutionis Osore, Johanne Lockio Anglio (par un ami de la paix et
    un ennemi de la persécution, John Locke, Anglais). Dans son Éloge de M. Locke,
    paru dans la Bibliothèque universelle en 1705, Le Clerc affirme toutefois que les deux
    dernières lettres du premier sigle signifient non pas Libertatis Amantem, mais
    Limburgium Amstelodamensem ; toutefois, il semble que Limborch, en tant que
    destinataire de la Lettre, était en mesure d'être mieux informé que Le Clerc.
    La traduction française que nous reprenons ici est l'oeuvre de Jean Le Clerc en
    1710.
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 5
    LETTRE
    SUR
    LA TOLÉRANCE
    (1686)
    (Traduction française de Jean Le Clerc, 1710)
    Retour à la table des matières
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 6
    Monsieur,
    Puisque vous jugez à propos de me demander quelle est mon opinion sur la tolérance
    que les différentes sectes des chrétiens doivent avoir les unes pour les autres, je
    vous répondrai franchement qu'elle est, à mon avis, le principal caractère de la
    véritable Église. Les uns ont beau se vanter de l'antiquité de leurs charges et de leurs
    titres, ou de la pompe de leur culte extérieur, les autres, de la réformation de leur
    discipline, et tous en général, de l'orthodoxie de leur foi (car chacun se croit
    orthodoxe) ; tout cela, dis-je, et mille autres avantages de cette nature, sont plutôt des
    preuves de l'envie que les hommes ont de dominer les uns sur les autres, que des
    marques de l'Église de Jésus-Christ. Quelques justes prétentions que l'on ait à toutes
    ces prérogatives, si l'on manque de charité, de douceur et de bienveillance pour le
    genre humain en général, même pour ceux qui ne sont pas chrétiens, à coup sûr, l'on
    est fort éloigné d'être chrétien soi-même. « Les rois des nations dominent sur elles,
    disait notre Seigneur à ses disciples ; mais il n'en doit pas être de même parmi vous. »
    (Luc XXII, 25, 26.) Le but de la véritable religion est tout autre chose : elle n'est pas
    instituée pour établir une vaine pompe extérieure, ni pour mettre les hommes en état
    de parvenir à la domination ecclésiastique, ni pour contraindre par la force ; elle nous
    est plutôt donnée pour nous engager à vivre suivant les règles de la vertu et de la
    piété. Tous ceux qui veulent s'enrôler sous l'étendard de Jésus-Christ doivent d'abord
    déclarer la guerre à leurs vices et à leurs passions. C'est en vain que l'on prend le titre
    de chrétien, si l'on ne travaille à se sanctifier et à corriger ses moeurs ; si l'on n'est
    doux, affable et débonnaire. « Que tout homme qui prononce le nom du seigneur
    s'éloigne des sentiers de l'iniquité. » (Epist., Il, ad Timoth., 11, 19.)
    « Lors donc que vous serez revenu à vous-même, disait notre Sauveur à saint
    Pierre, affermissez vos frères. » (Luc, XXII, 32) En effet, un homme à qui je vois
    négliger son propre salut, aurait bien de la peine à me persuader qu'il s'intéresse
    beaucoup au mien; car il est impossible que ceux qui n'ont pas embrassé le christianisme
    du fond du coeur travaillent de bonne foi à y amener les autres. Si l'on peut
    compter sur ce que l'Évangile et les apôtres nous disent, l'on ne saurait être chrétien
    sans la charité et sans cette foi qui agit par la charité (ad Gal., V, 6), et non point par
    le fer et par le feu. Or, j'en appelle ici à la conscience de ceux qui persécutent, qui
    tourmentent, qui ruinent et qui tuent les autres sous prétexte de religion, et je leur
    demande s'ils les traitent de cette manière par un principe d'amitié et de tendresse.
    Pour moi, je ne le croirai jamais, si ces furieux zélateurs n'en agissent pas de même
    envers leurs parents et leurs amis, pour les corriger des péchés qu'ils commettent, à la
    vue de tout le monde, contre les préceptes de l'Évangile. Lorsque je les verrai poursuivre
    par le fer et par le feu les membres de leur propre communion, qui sont entachés
    de vices énormes, et en danger de périr éternellement, s'ils ne se repentent ; quand je
    les verrai employer ainsi les tourments, les supplices et toutes sortes de cruautés,
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 7
    comme des marques de leur amour et du zèle qu'ils ont pour le salut des âmes ; alors,
    et pas plutôt, je les croirai sur leur parole. Car, enfin, si c'est par un principe de charité
    et d'amour fraternel qu'ils dépouillent les autres de leurs biens, qu'ils leur infligent des
    peines corporelles, qu'ils les font périr de faim et de froid dans des cachots obscurs,
    en un mot, qu'ils leur ôtent la vie, et tout cela, comme ils le prétendent, pour les
    rendre chrétiens et leur procurer leur salut, d'où vient qu'ils souffrent que l'injustice, la
    fornication, la fraude, la malice et plusieurs autres crimes de cette nature qui, au
    jugement de l'apôtre, méritent la mort (ad Rom. 1, 29) et sont la livrée du paganisme,
    dominent parmi eux et infectent leurs troupeaux ? Sans contredit, tous ces dérèglements
    sont plus opposés à la gloire de Dieu, à la pureté de l'Église et au salut des
    âmes, que de rejeter, par un principe de conscience, quelques décisions ecclésiastiques,
    ou de s'abstenir du culte public, si d'ailleurs cette conduite est accompagnée de
    la vertu et des bonnes moeurs. Pourquoi est-ce que ce zèle brûlant pour la gloire de
    Dieu, pour les intérêts de l'Église et le salut des âmes, ce zèle qui brûle à la lettre et
    qui emploie le fagot et le feu, pourquoi, dis-je, ne punit-il pas ces vices et ces désordres,
    dont tout le monde reconnaît l'opposition formelle au christianisme ; et d'où
    vient qu'il met tout en oeuvre pour introduire des cérémonies ou pour établir des opinions,
    qui roulent pour la plupart sur des matières épineuses et délicates, qui sont audessus
    de la portée du commun des hommes ? L'on ne saura qu'au dernier jour,
    lorsque la cause de la séparation qui est entre les chrétiens viendra à être jugée, lequel
    des partis opposés a eu raison dans ces disputes, et lequel d'eux a été coupable de
    schisme et d'hérésie ; si c'est le parti dominant, ou celui qui souffre. Assurément ceux
    qui suivent Jésus-Christ, qui embrassent sa doctrine et qui portent son joug, ne seront
    point alors jugés hérétiques, quoiqu'ils aient abandonné père et mère, qu'ils aient
    renonce aux assemblées publiques et aux cérémonies de leur pays, ou à toute autre
    chose qu'il vous plaira.
    D'ailleurs supposé que les divisions qu'il y a entre les sectes forment de grands
    obstacles au salut des âmes, l'on ne saurait nier, avec tout cela, que « l'adultère, la
    fornication, l'impureté, l'idolâtrie et autres choses semblables, ne soient des oeuvres
    de la chair; et que l'apôtre n'ait déclaré, en propres termes, que ceux qui les commettent
    ne posséderont point le royaume de Dieu. » (ad Gal. V, 19 à 21) C'est pourquoi
    toute personne qui s'intéresse de bonne foi pour le royaume de Dieu, et qui croit qu'il
    est de son devoir d'en étendre les bornes parmi les hommes, doit s'appliquer avec
    autant de soin et d'industrie à déraciner tous ces vices qu'à extirper les sectes. Mais s'il
    en agit d'une autre manière, et si, pendant qu'il est cruel et implacable envers ceux qui
    ne sont pas de son opinion, il a de l'indulgence pour les vices et les dérèglements, qui
    vont à la ruine du christianisme ; que cet homme se pare, tant qu'il voudra, du nom de
    l'Église, il fait voir par ses actions qu'il a tout autre avancement en vue que celui du
    règne de Jésus-Christ.
    J'avoue qu'il me paraît fort étrange (et je ne crois pas être le seul de mon avis),
    qu'un homme qui souhaite avec ardeur le salut de son semblable, le fasse expirer au
    milieu des tourments, lors même qu'il n'est pas converti. Mais il n'y a personne, je
    m'assure, qui puisse croire qu'une telle conduite parte d'un fond de charité, d'amour
    ou de bienveillance. Si quelqu'un soutient qu'on doit contraindre les hommes, par le
    fer et par le feu, à recevoir de certains dogmes, et à se conformer à tel ou tel culte
    extérieur, sans aucun égard à leur manière de vivre ; si, pour convertir ceux qu'il
    suppose errants dans la foi, il les réduit à professer de bouche ce qu'ils ne croient pas,
    et qu'il leur permette la pratique des choses mêmes que l'Évangile défend; on ne
    saurait douter qu'il n'ait envie de voir une assemblée nombreuse unie dans la même
    profession que lui. Mais que son but principal soit de composer par là une Église
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 8
    vraiment chrétienne, c'est ce qui est tout à fait incroyable. On ne saurait donc s'étonner
    si ceux qui ne travaillent pas de bonne foi à l'avancement de la vraie religion et de
    l'église de Jésus-Christ emploient des armes contraires à l'usage de la milice chrétienne.
    Si, à l'exemple du capitaine de notre salut, ils souhaitaient avec ardeur de sauver
    les hommes, ils marcheraient sur ses traces, et ils imiteraient la conduite de ce prince
    de paix qui, lorsqu'il envoya ses soldats pour subjuguer les nations et les faire entrer
    dans son Église, ne les arma ni d'épées ni d'aucun instrument de contrainte, mais leur
    donna pour tout appareil l'Évangile de paix, et la sainteté exemplaire de leurs moeurs.
    C'était là sa méthode. Quoique, à vrai dire, si les infidèles devaient être convertis par
    la force, si les aveugles ou les obstinés devaient être amenés à la vérité par des armées
    de soldats, il lui était beaucoup plus facile d'en venir à bout avec des légions célestes,
    qu'aucun fils de l'église, quelque puissant qu'il soit, avec tous ses dragons.
    La tolérance, en faveur de ceux qui diffèrent des autres en matière de religion, est
    si conforme à l'évangile de Jésus-Christ, et au sens commun de tous les hommes,
    qu'on peut regarder comme une chose monstrueuse, qu'il y ait des gens assez aveugles,
    pour n'en voir pas la nécessité et l'avantage, au milieu de tant de lumière qui les
    environne. je ne m'arrêterai pas ici à accuser l'orgueil et l'ambition des uns, la passion
    et le zèle peu charitable des autres. Ce sont des vices dont il est presque impossible
    qu'on soit jamais délivré à tous égards ; mais ils sont d'une telle nature, qu'il n'y a personne
    qui en veuille soutenir le reproche, sans les pallier de quelque couleur spécieuse,
    et qui ne prétende mériter ces éloges, lors même qu'il est entraîné par la violence
    de ses passions déréglées. Quoi qu'il en soit, afin que les uns ne couvrent pas leur
    esprit de persécution et leur cruauté anti-chrétienne, des belles apparences de l'intérêt
    public, et de l'observation des lois ; et afin que les autres, sous prétexte de religion, ne
    cherchent pas l'impunité de leur libertinage et de leur licence effrénée, en un mot, afin
    qu'aucun ne se trompe soi-même ou n'abuse les autres, sous prétexte de fidélité envers
    le prince ou de soumission à ses ordres, et de scrupule de conscience ou de sincérité
    dans le culte divin ; je crois qu'il est d'une nécessité absolue de distinguer ici, avec
    toute l'exactitude possible, ce qui regarde le gouvernement civil, de ce qui appartient
    à la religion, et de marquer les justes bornes qui séparent les droits de l'un et ceux de
    l'autre. Sans cela, il n'y aura jamais de fin aux disputes qui s'élèveront entre ceux qui
    s'intéressent, ou qui prétendent s'intéresser, d'un côté au salut des âmes, et de l'autre
    au bien de l'État.
    l'État, selon mes idées, est une société d'hommes instituée dans la seule vue de
    l'établissement, de la conservation et de l'avancement de leurs INTÉRÊTS CIVILS.
    J'appelle intérêts civils, la vie, la liberté, la santé du corps ; la possession des biens
    extérieurs, tels que sont l'argent, les terres, les maisons, les meubles, et autres choses
    de cette nature.
    Il est du devoir du magistrat civil d'assurer, par l'impartiale exécution de lois
    équitables, à tout le peuple en général, et à chacun de ses sujets en particulier, la possession
    légitime de toutes les choses qui regardent cette vie. Si quelqu'un se hasarde
    de violer les lois de la justice publique, établies pour la conservation de tous ces
    biens, sa témérité doit être réprimée par la crainte du châtiment, qui consiste à le dépouiller,
    en tout ou en partie, de ces biens ou intérêts civils, dont il aurait pu et même
    dû jouir sans cela. Mais comme il n'y a personne qui souffre volontiers d'être privé
    d'une partie de ses biens, et encore moins de sa liberté ou de sa vie, c'est aussi pour
    cette raison que le magistrat est armé de la force réunie de tous ses sujets, afin de
    punir ceux qui violent les droits des autres.
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 9
    Or, pour convaincre que la juridiction du magistrat se termine à ces biens temporels,
    et que tout pouvoir civil est borné à l'unique soin de les maintenir et de travailler
    à leur augmentation, sans qu'il puisse ni qu'il doive en aucune manière s'étendre jusques
    au salut des âmes, il suffit de considérer les raisons suivantes, qui me paraissent
    démonstratives.
    Premièrement, parce que Dieu n'a pas commis le soin des âmes au magistrat civil,
    plutôt qu'à toute autre personne, et qu'il ne paraît pas qu'il ait jamais autorisé aucun
    homme à forcer les autres de recevoir sa religion. Le consentement du peuple même
    ne saurait donner ce pouvoir au magistrat ; puisqu'il est comme impossible qu'un
    homme abandonne le soin de son salut jusques à devenir aveugle lui-même et à laisser
    au choix d'un autre, soit prince ou sujet, de lui prescrire la foi ou le culte qu'il doit
    embrasser. Car il n'y a personne qui puisse, quand il le voudrait, régler sa foi sur les
    préceptes d'un autre. Toute l'essence et la force de la vraie religion consiste dans la
    persuasion absolue et intérieure de l'esprit ; et la foi n'est plus foi, si l'on ne croit
    point. Quelques dogmes que l'on suive, à quelque culte extérieur que l'on se joigne, si
    l'on n'est pleinement convaincu que ces dogmes sont vrais, et que ce culte est agréable
    à Dieu, bien loin que ces dogmes et ce culte contribuent à notre salut, ils y mettent de
    grands obstacles. En effet, si nous servons le Créateur d'une manière que nous savons
    ne lui être pas agréable, au lieu d'expier nos péchés par ce service, nous en commettons
    de nouveaux, et nous ajoutons à leur nombre l'hypocrisie et le mépris de sa
    majesté souveraine.
    En second lieu, le soin des âmes ne saurait appartenir au magistrat civil, parce que
    son pouvoir est borné à la force extérieure. Mais la vraie religion consiste, comme
    nous venons de le marquer, dans la persuasion intérieure de l'esprit, sans laquelle il
    est impossible de plaire à Dieu. Ajoutez à cela que notre entendement est d'une telle
    nature, qu'on ne saurait le porter à croire quoi que ce soit par la contrainte. La confiscation
    des biens, les cachots, les tourments et les supplices, rien de tout cela ne peut
    altérer ou anéantir le jugement intérieur que nous faisons des choses.
    On me dira sans doute, que « le magistrat peut se servir de raisons, pour faire
    entrer les hérétiques dans le chemin de la vérité, et leur procurer le salut. » je l'avoue;
    mais il a cela de commun avec tous les autres hommes. En instruisant, enseignant et
    corrigeant par la raison ceux qui sont dans l'erreur, il peut sans doute faire ce que tout
    honnête homme doit faire. La magistrature ne l'oblige à se dépouiller ni de la qualité
    d'homme, ni de celle de chrétien. Mais persuader ou commander, employer des arguments
    ou des peines, sont des choses bien différentes. Le pouvoir civil tout seul a
    droit à l'une, et la bienveillance suffit pour autoriser tout homme à l'autre. Nous avons
    tous mission d'avertir notre prochain que nous le croyons dans l'erreur, et de l'amener
    à la connaissance de la vérité par de bonnes preuves. Mais donner des lois, exiger la
    soumission et contraindre par la force, tout cela n'appartient qu'au magistrat seul.
    C'est aussi sur ce fondement que je soutiens que le pouvoir du magistrat ne s'étend
    pas jusques à établir, par ses lois, des articles de foi ni des formes de culte religieux.
    Car les lois n'ont aucune vigueur sans les peines ; et les peines sont tout à fait inutiles,
    pour ne pas dire injustes, dans cette occasion, puisqu'elles ne sauraient convaincre
    l'esprit. Il n'y a donc ni profession de tels ou tels articles de foi, ni conformité à tel ou
    tel culte extérieur (comme nous l'avons déjà dit), qui puissent procurer le salut des
    âmes, si l'on n'est bien persuadé de la vérité des uns et que l'autre est agréable à Dieu.
    Il n'y a que la lumière et l'évidence qui aient le pouvoir de changer les opinions des
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 10
    hommes ; et cette lumière ne peut jamais être produite par les souffrances corporelles,
    ni par aucune peine extérieure.
    En troisième lieu, le soin du salut des âmes ne saurait appartenir au magistrat,
    parce que, si la rigueur des lois et l'efficace des peines ou des amendes pouvaient convaincre
    l'esprit des hommes, et leur donner de nouvelles idées, tout cela ne servirait
    de rien pour le salut de leurs âmes. En voici la raison, c'est que la vérité est unique, et
    qu'il n'y a qu'un seul chemin qui conduise au ciel. Or, quelle espérance qu'on y amènera
    plus de gens, s'ils n'ont d'autre règle que la religion de la cour; s'ils sont obligés
    de renoncer à leurs propres lumières, de combattre le sentiment intérieur de leur
    conscience, et de se soumettre en aveugles à la volonté de ceux qui gouvernent, et à la
    religion que l'ignorance, l'ambition, ou même la superstition, ont peut-être établie
    dans le pays où ils sont nés ? Si nous considérons la différence et la contrariété des
    sentiments qu'il y a sur le fait de la religion, et que les princes ne sont pas moins partagés
    là-dessus qu'au sujet de leurs intérêts temporels, il faut avouer que le chemin du
    salut, déjà si étroit, le deviendrait encore davantage. Il n'y aurait plus qu'un seul pays
    qui suivît cette route, et tout le reste du monde se trouverait engage a suivre ses princes
    dans la voie de la perdition. Ce qu'il y a de plus absurde encore, et qui s'accorde
    fort mal avec l'idée d'une divinité, c'est que les hommes devraient leur bonheur ou
    leur malheur éternels aux lieux de leur naissance.
    Ces raisons seules, sans m'arrêter à bien d'autres que j'aurais pu alléguer ici, me
    paraissent suffisantes pour conclure que tout le pouvoir du gouvernement civil ne se
    rapporte qu'à l'intérêt temporel des hommes ; qu'il se borne au soin des choses de ce
    monde, et qu'il ne doit pas se mêler de ce qui regarde le siècle à venir.
    Examinons à présent ce qu'on doit entendre par le mot d'Église. Par ce terme, j'entends
    une société d'hommes, qui se joignent volontairement ensemble pour servir
    Dieu en public, et lui rendre le culte qu'ils jugent lui être agréable, et propre à leur
    faire obtenir le salut.
    Je dis que c'est une société libre et volontaire, puisqu'il n'y a personne qui soit
    membre né d'aucune Église. Autrement, la religion des pères et des mères passerait
    aux enfants par le même droit que ceux-ci héritent de leurs biens temporels ; et chacun
    tiendrait sa foi par le même titre qu'il jouit de ses terres ; ce qui est la plus grande
    absurdité du monde. Voici donc de quelle manière il faut concevoir la chose. Il n'y a
    personne qui, par sa naissance, soit attaché à une certaine église ou à une certaine
    secte, plutôt qu'à une autre ; mais chacun se joint volontairement à la société dont il
    croit que le culte est plus agréable à Dieu. Comme l'espérance du salut a été la seule
    cause qui l'a fait entrer dans cette communion, c'est aussi par ce seul motif qu'il
    continue d'y demeurer. Car s'il vient dans la suite à y découvrir quelque erreur dans sa
    doctrine, ou quelque chose d'irrégulier dans le culte, pourquoi ne serait-il pas aussi
    libre d'en sortir qu'il l'a été d'y entrer ? Les membres d'une société religieuse ne
    sauraient y être attachés par d'autres liens que ceux qui naissent de l'attente assurée où
    ils sont de la vie éternelle. Une Église donc est une société de personnes unies volontairement
    ensemble pour arriver à cette fin.
    Il faut donc examiner à présent quel est le pouvoir de cette Église, et à quelles lois
    elle est assujettie.
    Tout le monde avoue qu'il n'y a point de société, quelque libre qu'elle soit, ou
    pour quelque légère occasion qu'elle se soit formée (soit qu'elle se compose de philoJohn
    LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 11
    sophes pour vaquer à l'étude, de marchands pour négocier, ou d'hommes de loisir
    pour converser ensemble), il n'y a point, dis-je, d'Église ou de compagnie, qui puisse
    durer bien longtemps, et qui ne soit bientôt détruite, si elle n'est gouvernée par quelques
    lois, et si tous les membres ne consentent à l'observation de quelque ordre. Il
    faut convenir du lieu et du temps des assemblées ; il faut établir des règles pour
    admettre ou exclure des membres; on ne doit pas négliger non plus la distinction des
    offices, ni la régularité dans la conduite des affaires, ni rien de tout ce qui regarde la
    bienséance et les autres choses de cette nature. Mais, comme nous avons déjà prouvé
    que l'union de plusieurs membres, pour former un corps d'Église, est tout à fait libre
    et volontaire, il s'ensuit de là nécessairement que le droit de faire des lois ne peut
    appartenir qu'à la société elle-même, ou du moins qu'à ceux qu'elle autorise d'un
    commun consentement à y travailler; ce qui revient à la même chose.
    Quelques-uns objecteront peut-être, « qu'une pareille société ne saurait avoir le
    caractère d'une vraie Église, à moins qu'elle n'ait un évêque ou un prêtre, qui la gouverne
    avec une autorité dérivée des apôtres eux-mêmes, et continuée jusques a ce jour
    par une succession non interrompue ».
    Je leur demanderai d'abord qu'ils me fassent voir l'ordre par lequel Jésus-Christ a
    imposé cette loi à son Église. Je ne crois pas même que l'on puisse m'accuser d'indiscrétion
    si, dans une affaire de cette importance, j'exige que les termes de cet ordre
    soient exprès et positifs. Car la promesse qu'il nous a faite, que partout où il y aurait
    deux ou trois personnes assemblées en son nom, il serait au milieu d'elles (Matth.
    XVIII, V, 20), semble signifier tout le contraire. je les prie donc d'examiner si une
    pareille assemblée manque de quelque chose qui lui soit nécessaire pour la rendre une
    vraie Église. Pour moi, je suis persuadé qu'elle ne manque de rien pour obtenir le
    salut ; et cela doit suffire pour l'objet que je me propose.
    Ensuite, si l'on prend garde aux dissentiments très prononcés qu'il y a toujours eu
    entre ceux-là mêmes qui ont tant fait valoir l'institution divine et la succession continuée
    d'un certain ordre de directeurs dans l'Église, on trouvera que cette dissension
    nous engage de toute nécessité à l'examen, et nous donne par conséquent la liberté de
    choisir ce qui nous paraît le meilleur.
    Enfin, je consens à ce que ces personnes-là aient un chef de leur Église, établi par
    une aussi longue succession qu'elles le jugent nécessaire, pourvu qu'elles me laissent
    en même temps la liberté de me joindre à la société où je crois trouver tout ce qui est
    nécessaire au salut de mon âme. Alors, tous les partis jouiront de la liberté ecclésiastique,
    et ils n'auront d'autre législateur que celui qu'ils auront choisi.
    Mais, puisque l'on est si fort en peine de savoir quelle est la vraie Église, je demanderai
    seulement ici en passant s'il n'est pas plus du caractère de l'Église de Jésus-
    Christ d'exiger pour conditions de sa communion les seules choses que l'Écriture
    sainte déclare en termes exprès être nécessaires au salut, que d'imposer aux autres ses
    propres inventions, ou ses explications particulières, comme si elles étaient appuyées
    sur une autorité divine, et d'établir par des lois ecclésiastiques, comme absolument
    nécessaires à la profession du christianisme, des choses dont l'Écriture ne dit pas un
    mot, ou du moins qu'elle ne commande pas en termes clairs et positifs. Tous ceux qui,
    pour admettre quelqu'un à leur communion ecclésiastique, exigent de lui des choses
    que Jésus-Christ n'exige point pour lui faire obtenir la vie éternelle, peuvent bien
    former une société qui s'accorde avec leurs opinions et leur avantage temporel ; mais
    je ne conçois pas qu'on lui puisse donner le titre d'Église de Jésus-Christ, puisqu'elle
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 12
    n'est pas fondée sur ses lois, et qu'elle exclut de sa communion des personnes qu'il
    recevra lui-même un jour dans le royaume des cieux. Mais, comme ce n'est pas ici le
    lieu d'examiner quelles sont les marques de la vraie Église, je me contenterai d'avertir
    ces ardents défenseurs des dogmes de leur société, qui crient sans relâche, l'Église,
    l'Église, avec autant de force et peut-être dans la même vue que les orfèvres de la ville
    d'Ephèse exaltaient leur Diane, je me contenterai, dis-je, de les avertir que l'Église
    témoigne partout que les véritables disciples de Jésus-Christ souffriront de grandes
    persécutions : mais je ne sache pas avoir lu, dans aucun endroit du nouveau Testament,
    que l'église de ce divin sauveur doive persécuter les autres, et les contraindre,
    par le fer et par le feu, à recevoir ses dogmes et sa créance.
    Le but de toute société religieuse, comme nous l'avons déjà dit, est de servir Dieu
    en public, et d'obtenir par ce moyen la vie éternelle. C'est donc là que doit tendre
    toute la discipline, et c'est dans ces bornes que toutes les lois ecclésiastiques doivent
    être renfermées. Aucun des actes d'une pareille société ne peut ni ne doit être relatif à
    la possession des biens civils ou temporels. Il ne s'agit point ici d'employer, pour
    quelque raison que ce soit, aucune force extérieure. Car la force appartient au magistrat
    civil ; et la possession de tous les biens extérieurs est soumise à sa juridiction.
    On me demandera peut-être : « Quelle vigueur donc restera-t-il aux lois ecclésiastiques,
    et comment sera-t-il possible de les faire exécuter, si l'on en bannit toute sorte
    de contrainte ? » je réponds qu'elles doivent être établies par des moyens conformes à
    la nature d'un ordre de choses dont l'observation extérieure est inutile, si elle n'est
    accompagnée de la persuasion du coeur. En un mot, les exhortations, les avis et les
    conseils sont les seules armes que cette société doive employer pour retenir ses membres
    dans le devoir. Si tout cela n'est pas capable de ramener les égarés, et qu'ils
    persistent dans l'erreur ou dans le crime, sans donner aucune espérance de leur retour,
    il ne lui reste alors d'autre parti à prendre qu'à les éloigner de sa communion. C'est le
    plus haut degré où le pouvoir ecclésiastique puisse atteindre ; et toute la peine qu'il
    inflige se réduit à rompre la relation qu'il y avait entre le corps et le membre qui a été
    retranché, en sorte que celui-ci ne fasse plus partie de cette Église.
    Cela posé, examinons quels sont les devoirs où la tolérance engage, et ce qu'elle
    exige de chaque individu.
    Et d'abord, je soutiens qu'aucune Église n'est obligée, par le devoir de la tolérance,
    à garder dans son sein un membre qui, après en avoir été averti, continue à pécher
    contre ses lois ; parce qu'elles sont les conditions de sa communion, l'unique lien qui
    la conserve, et que, s'il était permis de les violer impunément, elle ne saurait plus
    subsister. Avec tout cela, il faut prendre garde que ni l'acte d'excommunication ni son
    exécution ne soient accompagnés de paroles injurieuses, ni d'aucune violence qui
    blesse le corps, ou qui porte aucun préjudice aux biens de la personne excommuniée.
    Car l'emploi de la force n'appartient qu'au magistrat, comme nous l'avons déjà dit plus
    d'une fois, et il n'est permis aux particuliers que pour leur propre défense, en cas
    d'agression injuste. L'excommunication ne peut ôter à l'excommunié aucun des biens
    civils qu'il possédait, parce qu'ils regardent l'état civil, et qu'ils sont sous la protection
    du magistrat. Toute la force de l'excommunication se réduit à ceci : c'est qu'après
    avoir déclaré la résolution de la société, l'union qu'il y avait entre ce corps et l'un de
    ses membres est rompue, et que de cette manière la participation à certaines choses,
    que cette société accorde à ses membres, et auxquelles il n'y a personne qui ait un
    droit civil, vient aussi à discontinuer. Du moins l'excommunié ne reçoit aucune injure
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 13
    civile si, dans la célébration de la Cène du seigneur, le ministre d'une église lui refuse
    du pain et du vin, qui n'ont pas été achetés de son propre argent.
    En second lieu, il n'y a point de particulier qui ait le droit d'envahir, ou de diminuer
    en aucune manière les biens civils d'un autre, sous prétexte que celui-ci est d'une
    autre Église, ou d'une autre religion. Il faut conserver inviolablement à ce dernier tous
    les droits qui lui appartiennent comme homme, ou comme citoyen : ils ne sont
    nullement du ressort de la religion, et l'on doit s'abstenir de toute violence et de toute
    injure à son égard, qu'il soit chrétien ou païen. Bien plus, il ne faut pas s'arrêter dans
    les simples bornes de la justice ; il faut y ajouter la bienveillance et la bonté. Voilà ce
    que l'Évangile ordonne, ce que la raison persuade, ce qu'exige la société, que la nature
    a établie entre les homme. Si un homme s'écarte du droit chemin, c'est un malheur
    pour lui, et non un dommage pour vous ; et vous ne devez pas le dépouiller des biens
    de cette vie, parce que vous supposez qu'il sera misérable dans celle qui est à venir.
    Ce que je viens de dire de la tolérance mutuelle que se doivent les particuliers, qui
    diffèrent de sentiment sur le fait de la religion, doit aussi s'entendre des Églises
    particulières, qu'on peut regarder, en quelque manière, comme des personnes privées,
    les unes à l'égard des autres. Aucune d'elles n'a aucune sorte de juridiction sur une
    autre, non pas même lorsque l'autorité civile se trouve de son côté, comme il arrive
    quelquefois ; parce que l'État ne peut donner aucun nouveau privilège à l'Église, non
    plus que l'Église à l'État. l'Église demeure toujours ce qu'elle était auparavant (c'est-àdire
    une société libre et volontaire), soit que le magistrat se joigne à sa communion,
    ou qu'il l'abandonne ; et, qui plus est, elle ne saurait acquérir, par son union avec lui,
    le droit du glaive, ni perdre, par sa séparation, celui qu'elle avait d'instruire ou d'excommunier.
    Ce sera toujours un droit immuable de toute société volontaire de pouvoir
    bannir de son sein ceux de ses membres qui ne se conforment pas aux règles de
    son institution, sans acquérir pourtant aucune juridiction sur les personnes qui sont
    dehors, par l'accession de quelque nouveau membre que ce soit. C'est pourquoi les
    différentes Églises doivent toujours entretenir la paix, la justice et l'amitié entre elles,
    de même que les simples particuliers, sans prétendre à aucune supériorité ni juridiction
    les unes sur les autres.
    Pour rendre la chose plus claire par un exemple, supposons qu'il y ait deux Églises
    à Constantinople, l'une de Calvinistes, et l'autre d'Arméniens. Dira-t-on que les uns
    ont le droit de priver les autres de leur liberté, de les dépouiller de leurs biens, de les
    envoyer en exil, ou de les punir même de mort (comme on l'a vu pratiquer ailleurs),
    parce qu'ils diffèrent entre eux à l'égard de quelques dogmes ou de quelques cérémonies;
    tandis que le Turc demeurerait tranquille spectateur de ces fureurs, et rirait de
    voir les chrétiens se porter à un tel excès de cruauté et de rage les uns contre les
    autres ? Mais, si l'une des deux Églises a ce pouvoir de maltraiter l'autre, je voudrais
    bien savoir à laquelle il appartient, et de quel droit ? L'on me répondra sans doute,
    que les orthodoxes ont de droit l'autorité sur les hérétiques. Mais ce sont là de grands
    mots et des termes spécieux, qui ne signifient absolument rien. Chaque Église est
    orthodoxe à son égard, quoiqu'elle soit hérétique à l'égard des autres ; elle prend pour
    vérité tout ce qu'elle croit, et traite d'erreur l'opinion contraire à la sienne ; de sorte
    que la dispute entre ces deux Églises, sur la vérité de la doctrine et la pureté du culte,
    est égale de part et d'autre, et qu'il n'y a point de juge vivant à Constantinople, ni
    même sur toute la terre, qui la puisse terminer. La décision de cette question n'appartient
    qu'au souverain juge de tous les hommes, et c'est lui seul aussi qui a le droit de
    punir ceux qui sont dans l'erreur. je laisse donc à penser quel est le crime de ceux qui
    joignent l'injustice à l'orgueil, si ce n'est pas même à l'erreur, lorsqu'ils persécutent et
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 14
    qu'ils déchirent, avec autant d'insolence que de témérité, les serviteurs d'un autre
    maître, qui ne relèvent point d'eux à cet égard.
    Il y a plus : supposé qu'on pût découvrir laquelle de ces deux Églises est véritablement
    orthodoxe ; cet avantage ne lui donnerait pas le droit de ruiner l'autre, parce
    que les sociétés ecclésiastiques n'ont aucune juridiction sur les biens temporels, et que
    le fer et le feu ne sont pas des instruments propres pour convaincre les hommes de
    leurs erreurs et les amener à la connaissance de la vérité. Supposons néanmoins que le
    magistrat civil incline en faveur de l'une de ces Églises, qu'il lui confie son glaive, et
    qu'il lui permette d'en agir avec les opposants de la manière qu'il lui plaira. Peut-on
    dire que cette permission, accordée par un empereur turc, donne le droit à des chrétiens
    de persécuter leurs frères ? Un infidèle, qui lui-même n'a pas le droit de les punir
    à cause de la religion qu'ils professent, ne saurait donner ce qu'il n'a pas. D'ailleurs, il
    faut entendre ceci de tous les États chrétiens. Ce serait le cas à Constantinople, et la
    raison en est la même, pour quelque royaume chrétien que ce soit. Le pouvoir civil est
    partout le même, en quelque main qu'il se trouve, et un prince chrétien ne saurait
    donner plus d'autorité à une Église qu'un prince infidèle, c'est-à-dire aucune. Peut-être
    aussi qu'il ne sera pas mal à propos de remarquer en passant que tous ces zélés
    défenseurs de la vérité, tous ces ennemis jurés des erreurs et du schisme, ne font
    presque jamais éclater le zèle ardent qu'ils ont pour la gloire de Dieu que dans les
    endroits où le magistrat les favorise. Dès qu'ils ont obtenu la protection du gouvernement
    civil, et qu'ils sont devenus supérieurs à leurs ennemis, il n'y a plus de paix, ni
    de charité chrétienne; mais ont-ils le dessous, ils ne parlent que de tolérance mutuelle.
    S'ils n'ont pas la force en main, ni le magistrat de leur côté, ils sont paisibles, et ils
    endurent patiemment l'idolâtrie, la superstition et l’hérésie, dont le voisinage leur fait
    tant de peur en d'autres occasions. Ils ne s'amusent point à combattre les erreurs que
    la cour adopte, quoique la dispute, soutenue par de bonnes raisons, et accompagnée
    de douceur et de bienveillance, soit l'unique moyen de répandre la vérité.
    Il n'y a donc aucune personne, ni aucune Église, ni enfin aucun État, qui ait le
    droit, sous prétexte de religion, d'envahir les biens d'un autre, ni de le dépouiller de
    ses avantages temporels. S'il se trouve quelqu'un qui soit d'un autre avis, je voudrais
    qu'il pensât au nombre infini de procès et de guerres qu'il exciterait par là dans le
    monde. Si l'on admet une fois que l'empire est fondé sur la grâce, et que la religion se
    doit établir par la force et par les armes, on ouvre la porte au vol, au meurtre et à des
    animosités éternelles ; il n'y aura plus ni paix, ni sûreté publique, et l'amitié même ne
    subsistera plus entre les hommes.
    En troisième lieu, voyons quel est le devoir que la tolérance exige de ceux qui ont
    quelque emploi dans l'Église, et qui se distinguent des autres hommes, qu'il leur plaît
    de nommer LAÏQUES, par les titres d'ÉVÊQUES, de DIACRES, de MINISTRES, et
    par tels autres noms. Ce n'est pas ici le lieu de rechercher l'origine du pouvoir ou de la
    dignité du clergé; je dis seulement que, quelle que soit la source de ce pouvoir, puisqu'il
    est ecclésiastique, il faut sans doute qu'il soit renfermé dans les bornes de l'Église,
    et qu'il ne saurait, en aucune manière, s'étendre aux affaires civiles, parce que
    l'Église elle-même est entièrement séparée et distincte de l'État. Les bornes sont fixes
    et immuables de part et d'autre. C'est confondre le ciel avec la terre que de vouloir
    unir ces deux sociétés, qui sont tout à fait distinctes, et entièrement différentes l'une
    de l'autre, soit par rapport à leur origine, soit par rapport à leur but ou à leurs intérêts.
    Quelque charge ecclésiastique qu'ait donc un homme, il n'en saurait punir un autre qui
    n'est pas de son Église, ni lui ôter, sous prétexte de religion, aucune partie de ses
    biens temporels, ni le priver de sa liberté, et encore moins de la vie. Car, ce qui n'est
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 15
    pas permis à toute l'Église en corps, ne saurait devenir légitime, par le droit ecclésiastique,
    dans aucun de ses membres.
    Mais il ne suffit pas aux ecclésiastiques de s'abstenir de toute violence, de toute
    rapine et de toute persécution : puisqu'ils se disent les successeurs des apôtres, et
    qu'ils se chargent d'instruire les peuples, il faut qu'ils leur enseignent à conserver la
    paix et l'amitié avec tous les hommes, et qu'ils exhortent à la charité, à la douceur et à
    la tolérance mutuelle les hérétiques et les orthodoxes, tant ceux qui se trouvent de leur
    opinion que ceux qui en diffèrent; tant les particuliers que les magistrats, s'il y en a
    quelqu'un qui soit membre de leur Église. En un mot, il faut qu'ils travaillent à éteindre
    cette animosité, qu'un zèle indiscret, ou que l'adresse de certaines gens allume
    dans l'esprit des différentes sectes qui partagent le christianisme. Si l'on prêchait partout
    cette doctrine de paix et de tolérance, je n'ose dire quel fruit il en reviendrait à
    l'Église et à l'État, de peur de faire tort à des personnes dont je voudrais que tout le
    monde respectât la dignité, et qu'ils n'y fissent eux-mêmes aucune tache. Il est du
    moins certain que c'est leur devoir; et si quelqu'un de ceux qui se disent les ministres
    de la Parole de Dieu et les prédicateurs de l'Évangile de paix, enseigne une autre
    doctrine, il ignore sa mission ou il la néglige, et il en rendra compte un jour au Prince
    de la Paix. S'il faut exhorter les chrétiens a s'abstenir de la vengeance, quand même
    on les aurait provoqués par des injustices réitérées, combien plus doit-on s'abstenir de
    toute colère et de toute action violente envers des personnes de qui l'on n'a reçu aucun
    mal, ou qui même ne pensent qu'à leurs véritables intérêts et à servir Dieu de la
    manière qui leur paraît lui être la plus agréable, ou qui enfin embrassent la religion où
    ils croient pouvoir mieux faire leur salut ? Lorsqu'il s'agit de la disposition des biens
    temporels et de la santé du corps, il est permis à chacun de se gouverner, à cet égard,
    comme il le juge à propos. Il n'y a personne qui se mette en colère de ce que son
    voisin gouverne mal ses affaires domestiques, ou de ce qu'il n'a pas semé son champ
    comme il faut, ou de ce qu'il a mal marié sa fille. On ne s'inquiète point pour ramener
    un homme qui se ruine par ses débauches ou au cabaret : qu'il édifie, ou qu'il renverse,
    qu'il prodigue son bien à tort et à travers ; tout cela est permis, et on lui laisse
    toute liberté. Mais s'il ne fréquente pas l'Église, s'il ne se conforme pas exactement
    aux cérémonies prescrites ; s'il ne présente pas ses enfants pour être initiés dans les
    mystères de telle ou telle communion, alors on n'entend dans tout le voisinage que
    murmures, que clameurs et qu'accusations ; chacun est prêt à venger un crime si
    énorme, et peu s'en faut que les zélés n'en viennent au pillage et à la violence, jusqu'à
    ce que le prétendu criminel soit traîné devant le juge, mis en prison, et condamné à la
    mort ou à la perte de ses biens. Sans doute, il est permis aux ministres de toutes les
    sectes de combattre les erreurs qui sont opposées à leurs croyances, et d'y employer
    toute la force de raisonnement dont ils sont capables ; mais qu'ils épargnent au moins
    les personnes. Qu'ils ne suppléent pas au manque de preuves solides, en recourant aux
    instruments de la force, qui appartiennent à une autre juridiction, et qui conviennent
    mal aux mains des gens d'Église ; qu'ils n'appellent pas au secours de leur éloquence
    et de leur doctrine le glaive du magistrat, de peur que, peut-être, tout en prétendant
    montrer leur amour pour la vérité, ce zèle trop ardent, qui ne respire que le fer et le
    feu, ne trahisse leur ambition, et ne découvre qu'ils cherchent la domination, plus que
    tout autre chose. Du moins, on aurait de la peine à persuader à des hommes de bon
    sens qu'on souhaite avec ardeur le salut de ses frères, et qu'on travaille de bonne foi à
    les garantir des flammes éternelles de l'enfer, pendant qu'on les livre ici-bas pour être
    brûlés vifs par la main du bourreau, et qu'on regarde cet affreux spectacle d'un oeil
    sec et d'un air content.
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 16
    En dernier lieu, il faut examiner quels sont les devoirs du magistrat à l'égard de la
    tolérance, et, certes, ils sont très importants.
    Nous avons déjà prouvé que le soin des âmes n'appartient pas au magistrat, s'il est
    vrai que l'autorité de celui-ci consiste à prescrire des lois et à contraindre par la voie
    des châtiments; mais tout le monde peut exercer la charité envers ses frères, les
    instruire, les avertir et les persuader par de bonnes raisons. Ainsi, chacun a le droit
    d'avoir soin de son âme, et on ne saurait le lui ôter. Mais, dira-t-on peut-être, s'il
    néglige ce soin? Mais s'il néglige la santé de son corps, et les affaires domestiques, où
    la société civile est beaucoup plus intéressée, faudra-t-il que le magistrat publie une
    ordonnance pour lui défendre de s'appauvrir et de tomber malade ? Autant qu'il se
    peut, les lois mettent les biens et la santé des sujets à couvert de toute insulte et de
    toute fraude étrangère ; mais elles ne sauraient les garantir contre leur propre négligence
    et leur mauvaise conduite. On ne saurait forcer personne à se bien porter, ou à
    devenir riche, bon gré malgré qu'il en ait. Dieu lui-même ne sauvera pas les hommes
    contre leur volonté. Supposons cependant qu'un prince veuille obliger ses sujets à
    acquérir des richesses et à se conserver la force et la santé du corps ; faudra-t-il qu'il
    ordonne par une loi qu'on ne consulte que les médecins de Rome, et qu'on n'ait à suivre
    pour sa diète que les règles qu'ils prescriront ? Faudra-t-il qu'on ne prenne aucun
    remède ni aucune viande, que ce qui aura été préparé au Vatican ou à Genève? et, afin
    que les sujets vivent chez eux dans l'abondance et dans les délices, seront-ils tous
    obligés à être marchands ou à devenir musiciens ? faudra-t-il qu'ils deviennent tous
    rôtisseurs, ou charpentiers, parce qu'il y en a quelques-uns qui se sont enrichis à faire
    ces métiers-là, et que leurs familles vivent dans l'aisance? On me dira, sans doute,
    qu'il y a mille moyens de gagner de l'argent, et qu'il n'y a qu'un seul chemin qui conduise
    au salut. C'est ce que disent, en effet, tous ceux qui veulent nous contraindre à
    suivre des routes opposées ; les uns celle-ci, les autres celle là : car s'il y en avait
    plusieurs, il ne resterait pas le moindre prétexte d'y employer la force et la violence.
    Si, par exemple, je veux aller à Jérusalem, et que, suivant la carte géographique de la
    Terre sainte, je prenne le droit chemin, où je marche de toutes mes forces, pourquoi
    me maltraite-t-on parce que je ne suis pas monté sur des brodequins, ou que je n'ai
    pas fait certaines ablutions et reçu quelque tonsure ; parce que je mange de la viande
    en chemin, et que je me sers de la nourriture qui est propre à mon estomac et à l'état
    faible et débile de ma santé ; parce que j'évite quelques détours qui me paraissent
    conduire dans des précipices ou des broussailles ; parce que, entre plusieurs sentiers
    qui aboutissent au même endroit, je choisis celui qui me paraît le moins tortu et le
    moins sale; que je préfère la compagnie de ceux qui me semblent les plus modestes et
    de la meilleure humeur; ou, enfin parce que j'ai pris, ou je n'ai pas pris pour mon
    guide un homme paré d'une mitre ou couvert d'une robe blanche ? Car, si l'on
    examine les choses de près, il se trouvera que ce qui divise aujourd'hui la plupart des
    chrétiens, et qui les anime avec tant d'aigreur les uns contre les autres, n'est guère plus
    considérable que tout ce que je viens de rapporter, et qu'on peut le pratiquer ou le
    négliger, pourvu que l'on soit exempt de superstition et d'hypocrisie, sans aucun préjudice
    à la religion et au salut des âmes. Ce sont, dis-je, des choses de ce genre qui
    entretiennent des haines implacables entre les chrétiens qui sont tous d'accord sur la
    partie substantielle et véritablement fondamentale de la religion.
    Mais accordons à ces zélateurs, qui condamnent tout ce qui n'est pas conforme à
    leurs opinions, que de toutes les circonstances que j'ai déjà marquées, il en naisse
    autant de chemins opposés, qui ont différentes issues ; que faudra-t-il conclure de là ?
    Est-ce que de tous ces chemins, il n'y en a qu'un seul qui conduise au salut? Eh bien,
    soit. Mais entre ce nombre infini de routes que les hommes prennent, il s'agit de
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 17
    savoir quelle est la véritable ; et je ne crois pas que le soin du gouvernement public ni
    le droit de faire des lois serve au magistrat à découvrir le chemin qui conduit au Ciel,
    avec plus de certitude que l'étude et l'application n'en donnent à un particulier. Si je
    suis attaqué d'une maladie grave qui me fait traîner une vie languissante, et qu'il n'y
    ait pour me guérir qu'un seul remède, qui est inconnu; le magistrat sera-t-il en droit de
    me prescrire un remède, parce que celui qui peut me guérir est unique en son espèce,
    et qu'il est inconnu ? sera-t-il sûr pour moi de faire tout ce qu'ordonne le magistrat,
    parce qu'il ne me reste qu'un seul parti à prendre, si je veux éviter la mort ? Ce que
    tous les hommes doivent rechercher avec tout le soin, l'étude, l'application et la
    sincérité dont ils sont capables, ne doit pas être regardé comme constituant la profession
    d'aucune sorte de personnes. A vrai dire, la naissance rend les princes supérieurs
    en pouvoir aux autres hommes ; mais par la nature ils sont égaux : et le droit ou l'art
    de gouverner les peuples n'emporte pas avec soi la connaissance certaine des autres
    choses, et beaucoup moins celle de la vraie religion. Car, s'il en était ainsi, d'où viendrait,
    je vous prie, que les rois et les souverains de la terre sont si peu d'accord sur cet
    article-là ? Mais accordons, si l'on veut, que le chemin qui mène à la vie éternelle est
    mieux connu du prince que de ses sujets; ou que du moins, dans l'incertitude où l'on
    se trouve à cet égard, il est plus commode et plus sûr pour les particuliers d'obéir à ses
    ordres. Cela posé, me direz-vous, si le prince vous condamnait à vous appliquer au
    négoce pour gagner votre vie, est-ce que vous refuseriez de lui obéir, sous prétexte
    que vous êtes incertain si vous réussirez ou non ? Point du tout : je lui obéirais, au
    contraire, de bon coeur, parce que, si le succès ne répondait pas à mon attente, il est
    assez puissant pour me dédommager d'un autre côté, et que, s'il a bonne envie de me
    tirer de la misère, comme il veut me le persuader, il lui est facile d'en venir à bout,
    quand même j'aurais eu le malheur de perdre tout mon bien dans le négoce. Mais il
    n'en est pas de même pour ce qui regarde la vie éternelle. Si je n'ai pas pris le chemin
    qui peut y conduire, si j'ai échoué dans cette entreprise, il n'est plus au pouvoir du
    magistrat de réparer ma perte, ni en tout, ni en partie. Quelle garantie peut-on donner,
    quand il s'agit du royaume des cieux ?
    L'on me dira peut-être, « que ce n'est pas au magistrat civil que l'on attribue ces
    décisions infaillibles auxquelles tout le monde est tenu de se conformer, sur les matières
    de la foi et du salut, mais à l'Église ; que le magistrat civil ne fait qu'ordonner
    l'observation de ce que l'Église a défini, et qu'il empêche seulement par son autorité
    que l'on croie, ou que l'on enseigne autre chose que la pure doctrine de l'Église ; en
    sorte que la décision est toujours au pouvoir de celle-ci, et que le magistrat ne fait
    qu'obéir lui-même, et qu'exiger l'obéissance des autres ». Mais qui ne voit que ce nom
    d'Église, qui était si vénérable du temps des apôtres, n'a servi bien des fois, dans les
    siècles suivants, qu'à jeter de la poussière aux yeux du peuple ? Quoi qu'il en soit, il
    ne nous est d'aucun secours dans l'affaire dont il s'agit. je soutiens que le chemin
    étroit qui conduit au ciel, n'est pas plus connu du magistrat que des simples particuliers,
    et qu'ainsi je ne saurais le prendre pour mon guide infaillible dans cette route,
    puisqu'il ne la sait peut-être pas mieux que moi, et que d'ailleurs il n'y a nulle apparence
    qu'il s'intéresse à mon salut plus que moi-même. Entre tous les rois des Juifs,
    combien n'y en eut-il pas qui abandonnèrent le culte du vrai dieu, et qui auraient
    engagé dans l'idolâtrie et la perdition tous les israélites qui auraient eu la faiblesse de
    leur rendre une obéissance aveugle ? Cependant, vous m'exhortez à avoir bon courage,
    et vous m'assurez même qu'il n'y a point de risque, parce qu'aujourd'hui le magistrat
    n'ordonne pas au peuple de suivre ses règlements sur le chapitre de la religion, et
    qu'il ne fait qu'autoriser par une loi civile les décrets de l'Église. Mais de quelle Église
    me parlez-vous, je vous prie ? n'est-ce pas celle que le prince adopte, et alors ne juget-
    il pas de la religion, lui qui me contraint par les lois et par la violence de me joindre
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 18
    à telle ou telle Église ? Qu'importe qu'il me guide lui-même, ou qu'il me remette à la
    conduite des autres ? je dépends toujours de sa volonté; et, de quelque manière qu'on
    le prenne, il décide de mon salut éternel. Si un Juif, par l'ordre du roi, avait sacrifié à
    Baal, s'en serait-il mieux trouvé quand on lui aurait dit que le roi ne pouvait rien
    établir de son chef sur la religion, ni ordonner aucune sorte de culte à ses sujets,
    qu'avec l'approbation des prêtres et des docteurs de la loi ? Si la doctrine d'une Église
    devient vraie et salutaire, parce que ses prêtres, ses ministres et ses dévots en parlent
    avec de grands éloges, et l'élèvent jusques aux nues, quelle religion pourra jamais être
    déclarée erronée, fausse et pernicieuse ? La doctrine des Sociniens me paraît douteuse
    ; le culte des catholiques romains et des Luthériens m'est suspect ; y aura-t-il
    pour moi plus de sûreté à me joindre à l'une ou à l'autre de ces Églises par l'ordre du
    magistrat, parce qu'il ne commande et n'établit rien sur la religion que de l'avis et par
    l'autorité des ecclésiastiques qui les composent ? Quoique, à dire le vrai, il arrive
    souvent que l'Église (si l'on peut du moins donner ce titre à une assemblée d'ecclésiastiques
    qui dressent des articles de foi) s'accommode plutôt à la cour, que la cour à
    l'Église. Tout le monde sait ce que fut autrefois l'Église, sous des princes successivement
    orthodoxes et ariens. Mais si cet exemple est trop éloigné de notre temps,
    l'histoire d'Angleterre nous en fournit de beaucoup plus modernes. Sous les règnes de
    Henri VIII, de Marie et d'Elizabeth, avec quelle complaisance et quelle promptitude
    les ecclésiastiques ne changèrent-ils pas leurs articles de foi, la forme du culte, et
    toutes choses en un mot, suivant le bon plaisir de ces princes ? Cependant ces rois et
    ces reines avaient des idées si différentes sur la religion, qu'à moins que d'être fou,
    pour ne pas dire athée, on ne saurait prétendre qu'un honnête homme, et qui craint
    Dieu, aurait pu, en conscience, obéir aux ordres opposés qu'ils donnaient à cet égard.
    En un mot, soit qu'un prince suive ses propres lumières, ou l'autorité de l'Église, pour
    déterminer la religion des autres, tout cela revient à la même chose. Le jugement des
    ecclésiastiques, dont les disputes et les animosités ne sont que trop connues dans le
    monde, n'est ni plus sûr ni plus infaillible que le sien ; et tous leurs suffrages réunis
    ensemble ne sauraient donner la moindre force au pouvoir civil : outre que les princes
    ne s'avisent guère de consulter les ecclésiastiques qui ne sont pas de leur religion.
    Mais ce qu'il y a de capital et qui tranche le noeud de la question, c'est qu'en supposant
    que la doctrine du magistrat soit la meilleure, et que le chemin qu'il ordonne
    de suivre soit le plus conforme à l'Évangile, malgré tout cela, si je n'en suis pas
    persuadé moi-même du fond du coeur, mon salut n'en est pas plus assuré. je n'arriverai
    jamais au séjour des bienheureux par une route que ma conscience désapprouve. je
    puis m'enrichir à faire un métier qui me déplaît, et opérer ma guérison par l'usage de
    certains remèdes dont la vertu m'est suspecte ; mais je ne saurais obtenir le salut par la
    voie d'une religion que je soupçonne être fausse, ni par la pratique d'un culte que
    j'abhorre. C'est en vain qu'un incrédule affecte de professer extérieurement un culte
    qui n'est pas le sien; il n'y a que la foi et la sincérité du coeur qui puissent plaire à
    Dieu. C'est en vain qu'on me vante les effets merveilleux d'une médecine, si mon
    estomac la rejette d'abord; et l'on ne doit pas forcer un homme à prendre un remède
    que son tempérament et la nature de ses humeurs ne manqueront pas de changer
    aussitôt en poison. Quelques doutes que l'on puisse avoir sur les différentes religions
    qu'il y a dans le monde, il est toujours certain que celle que je ne crois pas véritable,
    ne saurait être véritable ni profitable pour moi. C'est donc en vain que les princes
    forcent leurs sujets à entrer dans la communion de leur Église, sous prétexte de sauver
    leurs âmes : si ces derniers croient la religion du prince bonne, ils l'embrasseront
    d'eux-mêmes ; et s'ils ne la croient pas telle, ils ont beau s'y joindre, leur perte n'en est
    pas moins assurée. En un mot, quelque grand empressement, quelque zèle que l'on
    prétende avoir pour le salut des hommes, on ne saurait jamais les forcer à se sauver
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 19
    malgré eux ; et après tout, il faut toujours finir par les abandonner à leur propre
    conscience.
    Après avoir ainsi délivré les hommes de la tyrannie qu'ils exercent les uns sur les
    autres en matière de religion, considérons ce qui leur reste à faire ensuite. Tout le
    monde est d'accord qu'il faut servir Dieu en public, et si cela n'était, pourquoi les
    contraindrait-on à se trouver aux assemblées publiques ? Puis donc qu'ils sont libres à
    cet égard, ils doivent établir quelque société religieuse, afin de se réunir ensemble,
    non seulement pour leur édification mutuelle, mais aussi pour témoigner à tout le
    monde qu'ils adorent Dieu, et qu'ils n'ont pas honte de lui rendre un culte qu'ils
    croient lui être agréable ; afin d'engager les autres, par la pureté de leur doctrine, la
    sainteté de leurs moeurs et la bienséance des cérémonies, à aimer la religion et la
    vertu; en un mot, afin de pouvoir acquitter en corps tous les actes religieux, dont les
    particuliers ne sont pas capables.
    J'appelle ces sociétés religieuses, des Églises, et je dis que le magistrat les doit
    tolérer; parce qu'elles ne font autre chose que ce qui est permis à chaque homme en
    particulier; c'est-à-dire, d'avoir soin du salut de leurs âmes : et il n'y a, dans ce cas,
    aucune différence entre l'Église nationale et les autres congrégations qui en sont
    séparées.
    Mais comme, dans toute Église, il y a deux choses principales à considérer, savoir
    le culte extérieur ou les rites, et la doctrine ou les articles de foi, nous traiterons séparément
    de l'un et de l'autre, afin de donner une idée plus claire et plus exacte de la
    tolérance.
    A l'égard du culte extérieur, je soutiens, en premier lieu, que le magistrat n'a nul
    droit d'établir aucunes cérémonies religieuses dans son Église, et encore moins dans
    les assemblées des autres; non seulement parce que ces sociétés sont libres, mais aussi
    parce que tout ce qui regarde le culte de Dieu, ne peut être justifié qu'autant que ses
    adorateurs croient qu'il lui est agréable. Tout ce qui se fait sans cette persuasion, ne
    saurait lui plaire, et devient illégitime. N'est-ce pas d'ailleurs une contradiction manifeste,
    que d'accorder à un homme la liberté du choix sur la religion, dont le but est de
    plaire à Dieu, et de lui commander en même temps de l'offenser, par un culte qu'il
    croit indigne de sa majesté souveraine ? Mais on conclura peut-être de là que je prive
    le magistrat du pouvoir dans les choses indifférentes, et que dès lors il ne lui restera
    plus rien sur quoi il puisse exercer son autorité législative. Point du tout : je lui
    abandonne de bon coeur les choses indifférentes ; et peut-être n'y a-t-il que celles-là
    qui soient soumises au pouvoir législatif.
    Mais il ne s'ensuit pas de là qu'il soit permis au magistrat d'ordonner ce qu'il lui
    plaît sur tout ce qui est indifférent. Le bien public est la règle et la mesure des lois. Si
    une chose est inutile à l'État, quoiqu'elle soit indifférente en elle-même, on ne doit pas
    d'abord en faire une loi.
    Au reste, quelque indifférentes que soient des choses de leur nature, elles ne
    dépendent pas du magistrat, du moment où elles regardent l'Église et le culte de Dieu,
    parce qu'alors elles n'ont aucune relation avec les affaires civiles. Il ne s'agit dans
    l'Église que du salut des âmes, et il n'importe point à l'État, ni à personne, que l'on y
    suive tels ou tels rites. L'observance ou l'omission de quelques cérémonies ne peut
    faire aucun préjudice à la vie, à la liberté, ou aux biens des autres. Par exemple,
    supposé que ce soit une chose indifférente de laver un enfant qui vient de naître, et
    John LOCKE (1686), Lettre sur la tolérance et autres textes. 20
    qu'il soit permis au magistrat d'établir cette coutume par une loi, sous prétexte que
    cette ablution est utile aux enfants pour les guérir d'une maladie à laquelle ils sont
    sujets, ou les en garantir ; me dira-t-on là-dessus que le magistrat a le même droit
    d'ordonner aux prêtres de baptiser les enfants sur les fonts sacrés, pour la purification
    de leurs âmes ? Qui ne voit, au premier coup d'oeil, que ce sont là des choses tout à
    fait différentes ? L'on n'a qu'à supposer qu'il s'agisse, dans ce cas, de l'enfant d'un juif,
    et la chose parlera d'elle-même. Car, qui empêche qu'un prince chrétien n'ait des juifs
    au nombre de ses sujets ? Si donc vous croyez qu'il est injuste d'en agir de cette
    manière avec un juif, dans une chose qui est indifférente de sa nature, et qu'on ne doit
    pas le contraindre à pratiquer un culte religieux qu'il désapprouve, comment pouvezvous
    maintenir que l'on puisse faire quelque chose de pareil à l'égard d'un chrétien ?
    De plus, il n'y a point d'autorité humaine qui puisse introduire des choses indifférentes
    de leur nature dans le culte qu'on rend à Dieu, par cela même qu'elles sont
    indifférentes, quelles n'ont ainsi aucune vertu propre et naturelle d'apaiser la divinité
    et de nous la rendre favorable, et que tout le pouvoir des hommes joint ensemble ne
    saurait leur donner cette efficace. Dans tout ce qui regarde la vie civile, l'usage des
    choses indifférentes, que Dieu n'a pas expressément défendues, nous est permis ; et,
    en ce cas, l'autorité humaine peut avoir lieu : mais il n'en est pas de même lorsqu'il
    s'agit de la religion. Dans le culte divin, les choses indifférentes ne deviennent légitimes
    que par l'institution de Dieu, qui a jugé à propos de les élever à cette dignité, et
    qui, dans sa grande compassion pour de misérables pécheurs, les veut bien recevoir
    comme des marques de leur ob

  • Hallali.

    Haro haro sus à l'ennemi! l'étranger,le voisin,
    Cet autre qui gagne plus,celui qui gagne moins,
    Battons-nous battons-nous! et soyons indignés,
    En avant combattants préparez les piquets!

    La tête du pauvre doit y être accrochée!
    Ce bandit,ce voleur,cet autre,l' foutriquet,
    A vos armes combattants l'ennemi est trouvé,
    Pauvre,à l'aurore,ta tête sera tranchée!

    Hâtons-nous hâtons-nous de châtier ce brigand,
    Qui pioche sans vergogne dans les aides sociales,
    Qui ose avoir faim,quel affront,quel truand!
    Le courroux du peuple ce soir est foutral ...

    Notre marche sanglante n'épargnera personne,
    Artisans et smicards soyez avertis,
    Le peuple divisé se rassemble pour juger,
    Gardez-vous de tricher,ou vous serez punis!

    Notre armée n'a que faire des cols blancs qui spolient,
    Notre haine de l'autre,viscérale,nous suffit,
    Du sang! du sang! des boyaux,de la lie,
    Enragés comme des bêtes sonnons l'hallali!

    En avant en avant! attaquons ces damnés!
    Qui pour leur saint père,n'ont aucun respect,
    Ces parias,ces maudits,humilions ces vauriens!
    A vos lances mes amis écrasons-les ces chiens!

    Ô pontif état,mon cher paternel vénéré,
    Guide nous et dis nous quoi penser et quoi faire,
    Fouette nous donc encore,nous n'en avons assez,
    Nous t'aimons tellement ô grand maître sacré!

    Peu importent ceux qui volent ceux qui mentent ceux qui tuent,
    Tant qu'ils ne sont pas pauvres leurs crimes sont permis,
    Notre bouc émissaire est commode et bien choisi,
    Pauvre,tiens toi donc prêt,nous te hacherons menu!

  • Les antimémoires.

    J'ai chanté pour des dames aux vertus périodiques
    J'ai chanté pour des tables,j'ai chanté pour des briques
    Chanté pour des poètes,chanté pour des marchands
    Chanté pour des prophètes,chanté pour des truands

    J'ai chanté dans des fêtes,j'ai chanté dans des champs
    Chanté des idées bêtes pour des adolescents
    J'ai chanté des sornettes à des vieux militants
    Chanté pour des bourgeois aux remords languissants

    Mais j'ai enfin compris qu' tout ça,c'était du vent
    Que pour gagner sa vie,faut pas être exigeant
    Élargir son public,ne plus tourner en rond
    Faire du panoramique à la télévision

    C'est bien plus sympathique de chanter pour les cons
    Faut bien les consoler de leurs vies symétriques
    De leur manque d'idées,de leur trouille chronique
    J'aurai dans peu de temps ma gloire de Prisunic

    J'écris des phrases creuses pour combler les grands vides
    Je souffre des valseuses et je grossis du bide
    On m'adule,on me fête,on me chante,on me siffle
    J'ai des amis partout et surtout chez les flics

    La connerie s'étend au-delà des frontières
    C'est sûr' ment pour cela que les hommes sont frères
    Les cons se reproduisent,contaminent et pullulent
    Sur d'autres galaxies,y a déjà des émules

    On n'est plus jamais seul, quand on est vraiment con
    On se sent très très fort, on est une Nation
    Je suis le roi des cons, je règne et j'en profite
    Que les intelligents se terrent dans leurs mythes !

    Bernard Lavilliers 1975 Album "Le Stéphanois"

    Probablement inspiré par La vie d'artiste de Léo Ferré.

  • Dédicace pour ma chatte...

    ...qui a ses chaleurs et qui comme le disait Brassens,me montre "L'endroit où le dos ressemble à la Lune". Bref petite parodie à améliorer un jour pour ma chatte que je n'ai pas fait Line,même si j'aime Renaud.

    Je suis venu te dir' qu'suis pas un minet
    Et tes miaul' ments n'y pourront rien changer
    Comm' dit si bien le chat qui est botté
    "vous serez tous hachés menu comme chair à pâté."

    Tu t'souviens des câlins et caresses anciens et tu pleures
    Tu m'prends pour un d' vous autres,tu miaules pour l'heure
    Des rêves à jamais
    Oui je suis au regret
    D' te dir' qu' j'suis pas un minet
    Oui je t'aime,oui,mais-
    Je suis venu te dir'qu'tu fais qu'rêver
    Tes miaul' ments longs n'y pourront rien changer
    Comm' dit si bien Cat Stevens "Back to Earth" hé!
    La zoophilie jamais jamais ne m'a attiré
    Tu t'souviens des câlins et caresses anciens et tu pleures
    Tu m'prends pour un glauqu',tu miaules juste pour un leurre
    Des rêves à jamais
    Oui je suis au regret
    D' te dir' qu' vais pas changer
    Car la zoophilie n' m'a jamais botté

    Je suis venu te dir' qu 'suis pas un minet
    Et tes miaul' ments n'y pourront rien changer
    Comm' dit si bien la nature ça va passer.

    Merci Serge!

  • lkujthgfdsrtryiytdull

    « La démocratie est le pire des dictatures, parce qu'elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité. » P.Desproges

    L'ennui est la marque des esprit médiocres. Ils s'ennuient dans la solitude parce qu'ils se rencontrent eux-mêmes.
    Albert 1er

    C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas.
    Hugo (Victor)

    L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu'on a fait de nous.
    Sartre (Jean-Paul)

    L'homme sage apprend de ses erreurs.L'homme plus sage apprend des erreurs des autres
    Confucius

    On s'étonne trop de ce qu'on voit rarement et pas assez de ce qu'on voit tous les jours.
    Madame de Genlis

    Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser comme on a vécu.
    Bourget (Paul)

    La parfaite valeur est de faire sans témoins ce qu'on serait capable de faire devant tout le monde.
    La Rochefoucauld

    L'union même de la médiocrité fait la force. » Homère

    « Rien de grand ne comporte la médiocrité. »
    Vauvenargues

    « L'âge moderne représente le triomphe de la médiocrité collective. »
    Gustave Le Bon

    « Les grandes routes du conformisme mènent à la médiocrité et au malheur. »
    Nicolas Hulot

    « Vous vous étonnez de quelques bizarreries originales, mais vous ne vous plaignez pas des médiocrités. »
    Jules Renard

    « Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l'âme, c'est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine. »
    Romain Rolland

    « La haine est sainte. Elle est l'indignation des coeurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la sottise. »
    Emile Zola

    « Si la médiocrité ne reconnaît rien qui lui soit supérieur, l'excellence, elle, reconnaît immédiatement le vrai génie. »
    Arthur Conan Doyle

    « La plupart des insitutions sociales paraissent avoir pour objet de maintenir l’homme dans une médiocrité d’idées et de sentiments qui le rendent plus propre à gouverner ou à être gouverné. »
    Chamfort

    « L'être humain n'est pas loin de se montrer désespérant. Il est toujours attiré par la médiocrité. »
    Yasmina Reza

    « Les rêves sont faits pour entrer dans la réalité, en s’y engouffrant avec brutalité, si besoin est. Ils sont faits pour y réinsuffler de l’énergie, de la lumière, de l’inédit, quand elle s’embourbe dans la médiocrité, dans la laideur et la bêtise. »
    Sylvie Germain

    Inventer en toute chose, c'est vouloir mourir à petit feu ; copier c'est vivre : Cruelle maxime à laquelle la société doit ces infâmes médiocrités chargées d'élire aujourd'hui les supériorités dans toutes les classes sociales ; mais qui naturellement s'élisent elles-mêmes, et font une guerre acharnée aux vrais talents.
    Pierre Grassou
    [ Honoré de Balzac ]

    "L'envie et la sottise n'admirent jamais sans restriction que la médiocrité."
    Goswin Joseph Augustin ; Pensées, maximes et réflexions - 1855.

    "Le plus affreux de la médiocrité, c'est qu'on finit par l'accepter."
    Marcel Pagnol ; Les marchands de gloire - Le 15 avril 1925.

    La médiocrité chérit la règle; moi je la hais. Je me sens contre elle et contre toute restriction, corporation, caste, hiérarchie, niveau, troupeau, une exécration qui m’emplit l’âme, et c’est par ce côté-là peut-être que je comprends le martyre.
    Correspondance, à Louise Colet, 7 septembre 1853
    Citations de Gustave Flaubert

    « Il est immoral de rester de plein gré dans la médiocrité. Qui se retire volontairement de la lutte est un lâche. Je voudrais qu'il fût puni par les lois comme criminel envers soi-même - et c'est le plus grand des crimes. » Romain Rolland

    « Les hommes sont extrêmement portés à espérer et à craindre et une religion qui n'aurait ni enfer ni paradis ne saurait guère leur plaire. »
    Montesquieu

    « Le moyen d'acquérir la justice parfaite c'est de s'en faire une telle habitude qu'on l'observe dans les plus petites choses et qu'on y plie jusqu'à sa manière de penser. »
    Montesquieu

    « Il ne faut point faire par les lois ce que l'on peut faire par les moeurs. »
    Montesquieu

    « Pour faire de grandes choses il ne faut pas être un si grand génie. Il ne faut pas être au-dessus des hommes. Il faut être avec eux. »
    Charles de Secondat, baron de Montesquieu

    « Dans un Etat c'est-à-dire dans une société où il y a des lois la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. »
    Charles de Secondat, baron de Montesquieu

    « Aimer c'est se libérer de la peur. »
    Charles de Secondat, baron de Montesquieu

    « La France se perdra par les gens de guerre. »
    Charles de Secondat, baron de Montesquieu

    « Il n'y a pas de mal plus grand et des suites plus funestes que la tolérance d'une tyrannie qui la perpétue dans l'avenir. »
    Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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