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En ligne Garçon - 26 ans, Montreal, Canada


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  • Un zoo la vie

    De temps à autre je publie ici des textes que j'ai écris pour le journal de rue L'Itinéraire (de Montréal). Je vous invite d'ailleurs à visiter leur superbe site. http://www.itineraire.ca/

    Ce texte est une histoire vécue, un genre de striptease psycho-social!

    Il a été publié en novembre 2005 et nominé comme meilleure chronique de l'année.

    J'espère que vous réagirez à mon texte et j'attend vos commentaires. Ce texte n'est pas une fiction, c'est mon expérience.

    Richard Hétu
    Chroniqueur de la rue
    richard_hetu@yahoo.ca

    Un zoo la vie
    Mon séjour en psychiatrie

    Richard Hétu
    Chroniqueur de la rue

    Il est près de minuit quand je commence enfin à m’endormir. Je suis soulagé de bientôt pouvoir fuir ma folie dans un sommeil sans rêves, mais un long cri déchirant me ramène à la conscience. Les cris à glacer le sang se répètent et s’intensifient. Je sors de ma chambre pour essayer de savoir ce qui se passe. On me dit que c’est la nouvelle patiente qui est en crise et qu’on a dû l’attacher dans la chambre de contention. Je demande à prendre un somnifère pour m’aider à dormir. Les cris continuent et d’autres patients sortent de leur chambre pour réclamer un calmant ou la permission d’aller fumer une cigarette.

    Ça fait trois jours que je suis ici et je ne suis pas encore sorti de ma coquille. Je ne prends pas ma douche. Je ne mange pas beaucoup, n’allant qu’aux soupers, car ça me déprime trop de devoir prendre mes repas dans la salle à dîner avec les autres patients. Comme les gens hospitalisés en psychiatrie sont ambulants pour la plupart on n'apporte pas les repas aux chambres et on doit manger tous ensemble. Peu à peu, je me joins à la communauté et je me nourris en silence. La semaine suivante, je commence à parler un peu aux autres et à participer aux échanges de nourriture. Qui veut mes tomates, ma soupe, mes saucisses ou mon pudding? Amusant.

    Y a pas grand chose à faire ici à part m’enfouir dans ma folie et ma dépression. Je n’ai pas la concentration pour lire, pas moyen de regarder la télé en continu avec les patients qui changent de poste à chaque instant, je suis nul au ping-pong, j’ai pas d’énergie pour marcher dans les corridors et pas question d’entamer la conversation avec quelqu’un pour l’instant. Plus tard viendront les séances d’ergothérapie et les activités à la piscine qui me feront le plus grand bien.

    Les départements de psychiatrie sont un des rares endroits publics où on a encore le droit de fumer. Il semble que ce soit essentiel de permettre cette “automédication“ aux psychiatrisés, fumeurs pour la plupart, et un fumoir est prévu à cet effet. Les patients doivent laisser leurs cigarettes au bureau des préposés et on le droit à une cigarette aux 60 minutes, à l'heure juste. On m’offre des cigarettes que je refuse d’abord et que je finis par accepter et aller faire la jasette (souvent décousue) dans le fumoir. Moi qui ne fumais pas depuis 5 ans j’y reprends goût. Merde alors!

    Ce qui me manque le plus ici c’est l’intimité dans ma chambre. À toutes les heures des préposés font le tour de l’étage pour observer et noter ce qu’on fait. Pas évident si je voudrais me masturber, pas évident non plus si on a un voisin de chambre qui se le fait 10 fois par jour! Mais le plus difficile c’est de partager sa chambre avec quelqu’un qui a aussi un problème mental qu’on doit subir. Si on peut attraper toutes sortes de virus de son voisin peut-on aussi attraper sa psychose? Plus qu’ailleurs dans l’hôpital on devrait avoir une chambre privée en psychiatrie.

    Comme tout le monde j’ai une grande admiration pour le travail des infirmières, et j’en ai encore plus pour celles qui travaillent en psychiatrie. Mais ceux que j’admire le plus ce sont les préposés aux patients. Ils ont une patience à toute épreuve avec les fous que nous sommes. Une main de fer dans un gant de velours. La plupart sont sympathiques et savent désamorcer les situations dramatiques avec doigté. Chapeau!

    Après 3 semaines ici (entrecoupées de quelques sorties de 24 heures) mon aimable psychiatre et moi agréons que je suis prêt pour mon congé définitif. Avec ma nouvelle médication qui commence à faire effet ça devrait aller et si ça va mal de nouveau je peux toujours revenir ici. Ça m’angoisse un peu, mais je dois aller faire face au monde extérieur.

    Quelques jours avant mon départ j’écoutais une conversation entre un patient et un préposé. Le patient lui faisait part de son appréhension à retourner dehors, que c’est dangereux à l’extérieur et que ça lui faisait peur. Le préposé lui répondait qu’effectivement c’est la jungle au dehors. Je m’en suis mêlé pour ajouter que si à l’extérieur c’est la jungle ici c’est le zoo!

    Avant de quitter ce zoo humain le mammifère que je suis va saluer ceux et celles de ses congénères avec lesquels il a fraternisé. C’est un moment émouvant qui me donne du courage pour aller affronter les nombreux humanimaux de la jungle urbaine.

  • Travailleurs du $exe à Montréal

    $EXE$

    :) :) :) :) :) :)

    De temps à autre je publierai ici des textes que j'ai écris pour le journal de rue L'Itinéraire (de Montréal). Je vous invite d'ailleurs à visiter leur superbe site. http://www.itineraire.ca/

    Ce texte a été publié en juin 2006 dans ce journal où j'écris comme chroniqueur de rue et camelot. Le texte a reçu une mention d'honneur dans la catégorie meilleure chronique pour 2006. J'espère que vous réagirez à mon texte et j'attend vos commentaires.

    Salut... Qu'est-ce que tu fais de bon?
    Les travailleurs du sexe de la rue

    Richard Hétu
    Chroniqueur de la rue
    richard_hetu@yahoo.ca

    C'est une belle soirée d'été et le village gai est grouillant de sa faune habituelle. Je suis assis sur un remblai de ciment d'un trottoir de la rue Ste-Catherine et j'observe le ballet des prostitués et de leurs clients. Je traverse la rue, m'allume une cigarette et j'attends... Quelques minutes plus tard des jeunes hommes m'abordent avec les formules d'usage. Je leur réponds que j'attends quelqu'un, mais qu'on peut jaser. La plupart refusent, car ils doivent travailler, se trouver des clients.

    Le premier qui accepte de me jaser se présente sous le prénom de Félix: un mignon blondinet, souriant, enjoué et très communicatif. Il m'assure avoir 20 ans, même s'il a l'air d'un ado. Il peut sembler innocent et naïf, mais j'ai l'impression que la rue est son terrain de jeu et qu'il en connaît bien les règles. Il arpente un peu le trottoir en abordant des clients potentiels, mais sans succès, et il revient me faire la jasette. Il me dit qu'il aime ce qu'il fait: «J'apprécie ma liberté après avoir passé deux ans en centre d'accueil et je préfère louer mon corps que de laver de la vaisselle dans un restaurant». Il est conscient de sa valeur sur le marché du sexe, il sait qu'un garçon comme lui est très en demande: «Je veux faire beaucoup d'argent rapidement, puis après me consacrer au dessin et à la musique. Je ne dépense pas beaucoup, je ne prends pas de drogues et si tout va bien je devrais me retirer du métier dans environ deux ans».

    Après que Félix se soit accroché un client, je pars à mon tour à leur recherche pour discuter avec eux. Les clients sont en général plus évasifs et moins abordables que les prostitués, mais certains acceptent sans gène de me parler de leurs rencontres avec ces jeunes travailleurs du sexe.

    Un gros monsieur chauve vient s'asseoir à mes côtés sur le remblai de ciment. Cet homme jovial entame la conversation et me parle ouvertement de ses penchants pour les gars de la rue: «Je suis à la retraite depuis trois ans et une fois ou deux par mois je me paye un gars. Avant je faisais affaire avec des agences, mais c'est maintenant trop cher pour moi. C'est plus dangeureux avec les gars de la rue, mais je suis prudent». Le recours aux prostitués est pour lui un mâle nécessaire se justifie-t-il: «J'ai encore la libido forte et le seul moyen de me satisfaire c'est avec ces jeunes hommes. Je ne suis pas trop exigeant et je suis toujours correct avec eux».

    Je suis encore au coin de la rue en attente d'abordage, mais ce n'est pas long avant qu'un jeune homme vienne me parler. J'aime son approche sympathique et pas racolleuse. Je lui dis que je fais du lèche-vitrine pour le moment, mais qu'on peut jaser si ça lui tente. Il me répond qu'il a fait une soirée bien payante et qu'il a tout son temps. J'écoute ce qu'il me dit, mais je suis d'abord un peu déconcentré par son visage fin de latino et son sourire irrésistible.

    Ce gars est différent des autres, par son look plutôt ordinaire et négligé (grunge) et par son attitude atypique dans ce milieu. Je suis sous le charme de sa conversation et de sa personnalité attachante. J'apprends que son pseudonyme est Francisco, qu'il a 28 ans, qu'il est bisexuel et accro au sexe et qu'il aime lire et écrire de la poésie. Il me dit qu'il demeure en région et qu'il vient à Montréal les week-end pour se faire de l'argent afin de venir s'établir ici pour un nouveau départ: «J'ai des problèmes de drogues depuis trop longtemps, mais là je commence une thérapie et je suis déterminé à m'en sortir. Je veux arrêter de tirer le diable par la queue, suivre des cours et retourner sur le marché du travail.»

    Je jaserais encore longtemps avec ce poète de la rue, mais je dois aller recueillir un autre témoignage de client. Je le salue en lui disant qu'on se reverra peut-être plus tard et il me lance: «Tu me plais, j'aimerais ça aller avec toi. J'ai encore de l'énergie. Je te ferais un prix vraiment pas cher...»

    Je me dirige vers le parc au sud de Ste-Catherine où les rencontres se font aussi. Je remarque un jeune en conversation avec un homme plus âgé assis sur un banc et je vais m'installer près d'eux. Le gars est en colère contre l'homme et le quitte en l'injuriant. L'homme, grand et mince, du genre punk-rocker, éclate de rire et se tourne vers moi: «Pas commode le petit!» et il enchaîne: «Cherches-tu un gars?» Je lui dis oui pour établir une connivence, mais que c'est ma première fois comme client. «En tout cas je ne te recommande pas celui là, c'est un beau parleur, mais un crosseur, dans le mauvais sens du terme.» L'homme est sympa et volubile et me déballe ses histoires sans que je ne lui pose de questions: «Ouais, c'est pas facile d'être junkie et de devoir faire la pute... Je le sais, j'ai déjà passé par là dans ma jeunesse, je comprends ce qu'ils vivent. Je viens souvent faire un tour dans le coin et je parle aux gars, j'essaie de les aider si possible, de les orienter vers les ressources.»

    Je lui demande s'il y a beaucoup de prostitués de rue qui sont accros aux drogues dures: «Je dirais que les 2/3 le sont, à la roche (crack), à la cocaïne injecté ou autre chose, et que plusieurs sont hétéros». Gagner sa drogue à la sueur de sa queue c'est pas facile, surtout si on déteste ça: «Faire des fellations pour quelques dizaines de piastres, souvent dans une ruelle ou dans une auto, c'est pas toujours gai... Les gars ne sont pas tous honnêtes, mais y a aussi parfois des clients qui sont désagréables, véreux et malpropres». Mon interlocuteur est intarissable sur le sujet et il poursuit: «Mais le portrait n'est pas toujours si noir. Certains ont la chance d'aller à l'hôtel avec de généreux touristes ou se rendent chez des hommes sympathiques et chaleureux qui deviennent parfois des réguliers et presque des amis».

    Je commence à être fatigué et je dois mettre un terme à cette discussion bien instructive. Je serre la main à cet homme averti, le remercie de ces informations et le salue. Je remonte vers la rue Ste-Catherine, m'assois une dernière fois sur le remblai et perdu dans mes pensées je regarde les passants avec l'espoir de revoir ce Francisco, mais il ne se présente pas. Je m'en retourne chez moi avec ces mots du poète Paul Chamberland en tête: L'amour est humilié. En ce moment même. En tous. Mais l'amour s'humilie comme une poussière. Et sa profonde ressource n'est jamais dispersée sous les crachats.

    Note: Pour un point de vue plus complet et objectif sur la prostitution masculine en général je vous suggère la lecture du livre Travailleurs du sexe, chez VLB éditeur, de l'auteur et professeur de sciences sociales Michel Dorais.

    Encadré

    Il existe une ressource pour les travailleurs du sexe (danseurs, escortes, masseurs et prostitués sur la rue). Le projet «Travailleurs du sexe» de l'organisme Action Séro Zéro existe depuis 8 ans et oeuvre sur la rue 7jrs/7 et dans un centre de soir ouvert 4 soirs par semaine, du lundi au jeudi. Les gars peuvent y manger, se reposer, socialiser et parler de leur vécu dans une atmosphère d'acceptation, d'ouverture et d'échange. Le centre offre aussi divers services: matériel de prévention (condoms et seringues), dépistage des ITTS (MTS) et du VIH, écoute, accompagnement et références. Pour plus d'informations: contactez Christian au 521-7778 poste 24 ou au centre de soir au 529-7777.

    Actuellement j'écoute :
    I Fell In Love With A Prostitute
    Par Rev. Jasper Williams

  • Notre planète vous tient à coeur?

    :) :) :) :) :) :) :)

    Je vous offre aussi ce poème que j'ai écris qui j'espère vous touchera.

    ANOTHER WAY OF LIFE

    Il y a ce voile jaune-orangé
    tissé de scènes de la vie quotidienne.
    Il y est question de parallèles, de méridiens,
    de gestuelles du bout du monde.

    Il y a une voix feutrée,
    un glissement de l’écriture,
    un chant de femme, un regard neuf,
    une toute petite planète.

    Il y a tes rires, ces pleurs
    et puis des cris du coeur,
    assez de frontières
    et trop du sang de nos frères.

    Il y a ces yeux en amandes
    des amants ivres,
    l’Histoire: un sourire hésitant.
    Et demain nous serons des milliards
    sur cette mer incertaine.

    Il y a, ailleurs,
    des enfants qui jouent au surhomme.
    Il y a ce voile de la vie quotidienne
    tissé de scènes jaune-orangé.

    Richard Hétu

    Je vous invite à regarder ce vidéo magnifique que j'ai trouvé sur MySpace videos. http://myspacetv.com/index.cfm?fuseaction=vids...

    :) :) :) :) :) :) :)

  • Hey les emos!

    Bonjour,

    Je suis journaliste pour le magazine de rue L'Itinéraire de Montréal http://www.itineraire.ca/ et je dois écrire un article sur les emos! Si vous avez des commentaires, suggestions, liens, etc. à me proposer écrivez-moi.

    Richie :)

    Pour m'amuser j'ai conçu un site Piczo pour les emos qui aiment écrire. C'est encore un work in progress, mais je vous invite à venir y faire un tour. Si vous voulez collaborer au développement du site par vos talents graphique ou d'écriture vous êtes les bienvenus. http://e-mots-violets.piczo.com

  • Des fourmis dans... la tête?!

    Allez voir de magnifiques photos! http://www.flickr.com/groups/ants/

    Come to read my blog about ants...
    http://blog.myspace.com/index.cfm?fuseaction=b...

  • Si vous aimez les pandas...

    Je vous invite à vous joindre à mon clan sur ces adorables créatures.

    http://fr.netlog.com/clan/les_pandas

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