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Blog / Le pauvre richard (Richard)
dimanche 2 décembre 2007 à 19:22
Voici un autre texte bien personnel qui a aussi été publié dans le journal L'Itinéraire. Merci de le lire et de me faire part de vos commentaires.
http://www.itineraire.ca/
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Le pauvre richard
Richard Hétu
Chroniqueur de la rue
Que diriez-vous de gagner un demi-million de dollars? C’est ce qui m’est arrivé un jour. Le ciel m’est tombé sur la tête avec une pluie de 500 000 piastres, sans même avoir acheté de billet de loterie! Voici mon strip-tease psychosocial : l’histoire du pauvre Richard devenu riche et redevenu pauvre.
Il y a environ huit ans, je vivotais sur l’aide sociale depuis plusieurs années à la suite d’une dépression majeure qui m’avait durement assommé. Mon ami Robert, connaissant mon goût pour l’écriture, m’avait suggéré d’écrire des textes pour L’Itinéraire afin de m’aider à sortir de ce marasme. J’y ai appris le métier de journaliste et j’ai rapidement pris plaisir à travailler en équipe malgré ma phobie sociale.
La vie suivait son cours jusqu’au moment où j’ai appris que mon vieil ami Georges était décédé et que j’étais l’héritier d’une somme de 300 000 $ et de deux superbes maisons! Évidemment, ce colossal héritage me catapulta vers un autre statut social. J’ai donc dû renoncer au programme d’insertion sociale de L’Itinéraire. C’est un peu à regret que je laissais cette belle gang et ce travail qui me passionnait, pour une nouvelle vie qui serait désormais faite de sexe tarifé, de drogues et d’abus de tous genres. La «grosse vie sale», comme disait mon amie Cylvie! Mon terrain de jeu s’était élargi et je menais la vie de pacha en dépensant à tour de bras.
Selon les volontés de mon ami Georges, une partie de cet argent devait être donnée aux démunis et aux blessés de la vie. Ce n’était pas une clause légale, mais plutôt une clause morale. Comme je suis généreux de nature, j’acquiesçai à cette demande en donnant de l’argent et des ordinateurs à de nombreuses personnes dans le besoin. J’arrosai aussi allègrement d’argent mes amis et ma famille. Certains, à l’appétit vorace, osaient m’en demander plus encore.
On pourrait penser que j’ai voulu m’acheter de nouveaux amis par ma générosité, mais ceux que j’avais déjà me convenaient parfaitement! Je ne cherchais pas à avoir d’autres amis, mais l’argent est comme un aimant. Cela dit, la plupart de ces nouveaux «amis» se sont éloignés depuis que je suis redevenu pauvre. Mais mes vrais amis sont demeurés.
Qu’est-ce qui explique ma folie de générosité excessive? Pauvre ou riche, j’ai toujours été généreux de différentes façons. Je crois que c’était une manière de me faire apprécier par ceux à qui je donnais. Il y a eu aussi, parfois, la tendance maniaque de ma maladie bipolaire qui accentuait ce besoin de donner aux autres. Dans certains cas aussi, le désir d’aider les jeunes, comme je l’avais été par Georges dans ma jeunesse.
À ma défense, par contre, je dois dire que cet héritage ne s’est pas seulement traduit par de folles dépenses. J’ai aussi acheté du matériel informatique de pointe et j’ai démarré une petite entreprise de conception de sites Web. Mais comme j’étais un mauvais administrateur et un piètre gestionnaire d’employés, ça n’a pas fonctionné et j’ai dû mettre la clé dans la porte.
Au cours des dernières années, j’ai vendu les deux maisons pour récupérer de l’argent et je me suis retrouvé en appartement. J’ai déménagé neuf fois dans des logements luxueux au début, puis de plus en plus minables à mesure que l’argent fondait. J’ai presque failli devenir sans-abri, si ce n’avait été de mon neveu Martin, le seul qui m'a vraiment aidé dans ma famille pendant cette période.
Aujourd’hui, je suis de nouveau sur l’aide sociale, encore plus pauvre qu’avant cet héritage, et je repars où j’avais laissé en revenant à L’Itinéraire! L’argent a bien des avantages et peut ouvrir beaucoup de portes, mais dans mon cas cette fortune m’a isolé dans une bulle de rêve et de fuite qui a retardé mon évolution dans la société.
Malgré tout, l’expérience du pauvre richard a tout de même été enrichissante! J’ai appris et compris beaucoup de choses : sur la nature humaine, sur mes besoins affectifs et matériels, et sur mes valeurs.
Je suis heureux d’être encore entouré d’amis et je veux continuer de m’ouvrir au monde. Je suis satisfait du peu que je possède et je vais travailler pour en avoir un peu plus. Tout ce qui manque à mon bonheur, matériel c'est un ordinateur Mac mini et un branchement à Internet pour assouvir ma passion de la connaissance et de la création...
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Ce texte a été écrit il y a environ 1 an et demi, et depuis ma situation c'est beaucoup amélioré. J'ai mon Mac mini et une branchement internet. J'ai aussi de bons amis, anciens et nouveaux. Je profite de cette tribune pour remercier mes intervenantes de l'organisme en santé mentale L'Échelon, elles m'ont beaucoup aidées à me réinsérer dans la socité et à avoir un meilleure qualité de vie. Merci aussi au groupe Communautaire L'Itinéraire pour toute l'aide qu'on m'y a apporté.
Richard 
Commentaires 2 Trier les commentaires:
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L4scive (mardi 4 décembre 2007 à 10:54)
Très beau message. Je crois qu'on peut devenir riche en valeurs spirituelles, encore plus qu'en biens matériels. L'important, n'est-il pas le bonheur que l'on a dans notre coeur ?
Ce bonheur que l'on donne et que d'autres nous envoient également. Cette richesse n'a pas de prix.
Je te souhaite une belle fin de journée !
Gaétane
Annie Barrette (lundi 3 décembre 2007 à 19:26)
Bonjour,
Je m’appelle Annie, j’ai 25 ans et suis une ancienne vagabonde. Il y a de cela 10 ou 11 ans, j’étais accrochée à tout, sauf à la vie. La mescaline et la cokaïne n’était pas que des mots qui ont la même terminaison sonore pour moi. Effectivement, je devais avoir 13 ou 14 ans la première fois que j’ai consommé de la mescaline. Je peux également vous dire, que je n’avais pas encore fumer mon premier joint. Les «chums» ou plutôt les petits bums que je côtoyais, n’était peut-être pas les meilleurs influences que j’ai eu dans mon adolescence.
Dans ma descente, je suis allée jusqu’à vendre plusieurs sortes de drogues. Oui, à 15-16 ans, je faisais entre 500$ et 1000$ par 2 semaines + mon salaire de travail de 15-30 h/semaines, tout en assistant à quelques cours ici et là, quand le cœur m’en disait…Je me suis vite faite mettre à la porte de chez ma mère, un peu jalouse de mon argent. Puis celle du paternel, cette fois-ci à cause de mon attitude. Les buvards c’étaient comme des chips, les champignons magiques goûtaient les peanuts, la mescaline me servait de déjeuner, le pot de café et le hach de somnifère!!!
Par conséquent, Je me suis agrippée à mon sac de hockey et j’ai pris la fuite sur le pouce en direction sud. Après avoir parcouru tout l’est de l’empire américain en 3-4 mois, je revenais en territoire newyorkais. C’est en Albany que j’ai croisé l’homme qui à dérouté mon itinéraire! Je cherchais quelqu’un à qui quémander une cigarette quand je l’ai vu qui en allumait une… Cet homme portait une camisole blanche qui laissait paraître ses multiples tattous et un blouson en cuire. Lorsqu’il m’a sourit, j’ai vu qu’il avait quatre dents en or. Il m’a demandé si je revenais de wood stock. Je lui ai simplement rétorqué que j’étais là parce que je courais le plus vite que je pouvais pour fuir mes problêmes et tout le reste. Il m’a regardé drôlement et m’a répondu : « Run has fast has you can won’t get you far!» Il m’a dit qu’il comprenait ce que je vivais, car on l’avait abandonné à l’âge de deux ans dans une station d’autobus (ça m’a fait une boule dans la gorge). Il m’a tendu dix dollars U.S., que je ne voulais accepter. Puis il a sourit, et m’a dit va manger en refermant ma main sur le billet, tu en as plus besoin que moi… Je me suis jurer dès lors de ne plus jamais fuir les obstacles. J’ai donc repris mon pack sac et plutôt que de me diriger vers l’ouest, je suis rentrée à montréal en autocar. Aussitôt arrivée, je suis sortie de la ville pour allez vivre en campagne… on n’arrête pas de consommer en ville!!!
L’écriture à toujours fait partie de moi, c’est ce qui m’a tenu en vie jusqu’ici et sans ça je ne m’en serait pas tirer… J'ai beaucoup voyagé par la suite ce qui a contribué à alimenté mes écrits aussi!
Je suis repartie des années plus tard faire le tour de l’Amérique du nord, sur le pouce avec mon calpin et mon sac de voyage! Cette fois-ci j’étais partie les idées claires, je ne fuyais rien, j’étais simplement à la recherche d’aventure. Je suis donc devenue une vagabonde pour 4 mois ½. J’ai vu les pires quartiers dans plusieurs cités et j’y ai rencontré des âmes usées par la société et son gouvernement! Des personnes âgées entre 16 et 50 ans, qui vivent ou plutôt survivent de leur boulot (souvent la quête) ou du «labor day», ainsi que de leurs drogues ou alcool. Grâce à eux j’ai appris beaucoup sur moi. Je consommais parfois pot, hach, alcool et mushroom avec eux, mais ce n’était plus pour me soustraire à la réalité… Je ne cherchais plus à me dérober de la vie; j’en mangeais! À pleine dents, j’ai mordu dans cette chienne de vie par laquelle une part de moi est morte pour mieux renaître. Je m’en ai sortie indemne et grandi…
À l’âge de vingt et un ans, je donnais naissance à la prunelle de mes yeux, ma fille Éryne. Ma plus grande réalisation personnelle à venir jusqu’à présent! Grâce à elle j’ai pu surmonter ma séparation avec son géniteur (alcoolique et violent) et est remis les pieds sur un banc d’école après 8 ans d’absences. J’avais choisi le D.E.P en électricité de construction. Mes cours débutait un mois moins deux jours après ma séparation. J’ai perdu 2 véhicules en une lune, sans toit sur la tête avec ma fille, sans revenu; je n’ai laissé personne ni circonstance m’empêcher de réaliser mes rêves. Le 23 décembre 2004, 4 jours après ma séparation, j’ai fait la promesse à ma fille, que jamais elle n’aurait à craindre le froid avec moi et que d’ici peu nous aurions une maison. La famille ne me croyait pas capable de réussir… Je leurs ai tous fait un pied de nez en obtenant non seulement mon diplôme, mais également, en étant nominée au concours «chapeau les filles» 10 ième anniversaires dénichant ainsi une bourse de 500$. Qui lu cru???
En mai dernier, je me suis dégotée un super boulot dans mon domaine. Je me suis défait de mon 3 et demi minable au troisième et est aménagée dans un immense duplex avec cour, dans le quartier Villeray. J’ai tenu parole…
J'ai la ferme conviction que mon histoire pourrait en aider d’autres à continuer de croire qu’il est possible que le vent tourne, si on a la volonté et la détermination nécessaire…En anglais, il disent : «Every dark cloud has a silver line in!» (Tout les nuages ont leurs percés de soleil!) C’est une phrase à ne jamais oublier lors des jours gris… J ’ adresse donc tout particulièrement ces mots aux jeunes et moins jeunes qui dormiront encore ce soir contre le sol encore trop froid des ruelles de la ville!
AnnieBarrette 02/04/2007 ©
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